‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 147 sur 242 · HYDROCÈLE DU CORDON SPERMATIQUE · texte numérisé non relu

HYDROCÈLE DU CORDON SPERMATIQUE

Celte hydrocèle est moins fréquente gne celle de la tunique vaginale, et elle est ordinairement décrite comine consistant en une accumulation de liquide formée dans un kyste mince et mernbra-

CHIRDRGICALE.

neux à l’extérieur de la gaine du cordon. Sir Benjamin Brodie considère cette hydrocèle enkystée comme elant exactement de la même nature que les kystes remplis de liquides qui se produisent dans d’autres organes, eL il signale les adhérences lâches qui l’unissent aux parties environnantes. Bien que sir Astley Cooper admette ce mode de formation , il pense cependant que, dans certains cas, la maladie est due à ce que les enveloppes péritonéales du cordon adhèrent imparfaitement en un point ; de sorte qu elles laissent une cavité entre elles. Cette explication est aussi celle donnée par Scarpa, qui a publié, il y a plusieurs années, un mémoire intéressant sur l’affection dont je parle ici. La tumeur est généralement oblongne ou globuleuse; et lorsqu’elle est située de telle sorte qu’on puisse la saisir et la pousser en avant, elle présente souvent une couleur légèrement bleuâtre accompagnée d’une certaine transparence et sa tension est considérable. Il y a peu d’exemples dans lesquels elle atteigne une dimension trèsnotable, car son volume ordinaire ne dépasse pas celui d'un œuf de pigeon. Elle n’est pas ordinairement accompagnée de douleurs. Cependant on entend parler quelquefois de cas clans lesquels des hydrocèles volumineuses de cette espèce renferment plusieurs onces de liquide et on lit parfois la description d’exemples de cette nature. Lorsqu’elle est située dans la partie du cordon qui est renfermée dans le canal inguinal, cette fumeur peut être prise pour une hernie, quoiqu’on puis e remarquer qu’elle est exemple de douleurs et n’olfre pas le bruit ni la sensation de gargouillement qui se rencontrent dans les hernies intestinales, et que les fonctions du canal alimentaire ne sont nullement troublées ni interrompues. Bien qu'on puisse repousser un peu la tumeur en haut dans le canal inguinal , nous ne pouvons cependant eti ob enir la coinpicle réduction. Quand la tumeur est sur le côté externe de l’anneau inguinal, on reconnaît sa nature, grâce à di s circonstances diverses. On remarque sa transparence, sa fluctuation; ou voit qu'elle ne donne pas d’impulsion subite au doigt quand le malade tousse, et qu'enftn elle n'a de connexion avec aucun des organes contenus dans l'abdomen, quoiqu’elle permette qu'on la repousse dans l’anneau.

Dans tous les cas, elle ne peut jamais être complètement rentrée dans l’abdo-

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men ; et quand on l’abandonne à ellemême, elle redescend bientôt à sa place habituelle au dessus de laquelle le cordon est complètement libre.

Le liquide de l’hydrocèle du cordon spermatique est généralement plus pâle, plus limpide que celui de l'hydrocèle ordinaire et il contient moins d’albumine.

Une des meilleures manières de traiter cette maladie est de faire une incision jusque dans la cavilé , et de remplir celle-ci avec de la charpie. A l’hôpital du collège de l’Université j’enlevai, chez un jeune garçon, une portion de la partie antérieure du kyste et la maladie fut bientôt guérie. Un autre mode de traitement, qui parait réussir, consiste à passer un séton composé de deux ou trois tilsou soies à travers la tumeur ; on peut les introduire, comme l’a recommandé sir Astley Cooper, avec une aiguille courbe ordinaire. Cette dernière mélhode a l’avantage d’être peu douloureuse et je pense qu’elle offre assez de certitude de succès , quoique peut-être elle en offre moins que le traitement par incision. Si l’on remplit la cavité avec de la charpie après l’avoir ouverte, il n’y aura point lieu d’enlever aucune portion du kyste et en suivant celte dernière mélhode on pourrait léser les vaisseaux ducordon.Par l’emploi de ces moyens la cavilé anormale suppure, il s'y développe des bourgeons charnus et elle s’oblitère.

L’hydrocèle du cordon, lorsqu’elle est peu volumineuse, ne produit pas ou ne produit que peu de gêne et, pour cetle raison, quelques praticiens la regardent comme méritant à peine qu’on pratique une opération pour la guérir. Si cependant la présence de cette tumeur tourmente perpétuellement l’imagination du malade, si elle est la source d’inconvénients de quelque nature, ou si elle montre de la disposition à s’accroître, il est rationnel de chercher à l’en débarrasser. Les injections ont tant de lois échoué dans le traitement de cette espèce d’hydrocèle, qu’elles sont maintènantabandonnées à Londres.

Indépendamment de ce genre d’hydrocèle enkystée il y en a d’autres variétés qui sont situées sur l’épididymc ouïe testicule. La première existe, comme l’a expliqué sir Benjamin Brodie, entre l’épididyme et le feuillet interne de la tunique vaginale , la seconde se trouve entre celle membrane et la tunique albuginée.

hématocèle.

Ce mot, en remontant à son élymologie, signifie simplement une tumeur composée de sang, mais aujourd’hui on l’emploie toujours pour désigner une collection de sang formée dans la tunique vaginale. La tumeur est piriforme comme l’hydrocèle dont elle diffère par son défaut de transparence, sa plus grande pesanteur , sa fluctuation obscure- et par la manière dont elle se produit ; car elle est ordinairement causée par la réception d’un coup sur le scrotum , par la blessure d’une artère ou d’une veine de la portion libre de la tunique vaginale ou par une lésion du testicule lui-même. Je suis porté à penser que quelquefois une veine augmentée de volume ou malade se rompt spontanément après que l’eau a été évacuée au dehors de la tunique vaginale, et je suppose que cette veine continuant à saigner dans la cavité vaginale occasionne la formation de l’hématocèle. Nous reconnaissons cependant, dans beaucoup de cas, qu’un vaisseau assez considérable a été blessé parce que le liquide qui s’écoule de l’hydrocèle est plus ou moins mêlé ou teint de sang. Si l’on emploie la lancette pour faire évacuer ce liquide , on augmente le danger de la production de l’hématocèle. Quelques individus ont été affectés de celte dernière maladie par suite de la réception d’un coup de pommeau de selle dans le testicule alors qu’ils montaient à cheval , et, dans les cas de ce genre, il est probable que l’hémorrhagieprovientsouvent des vaisseaux du testicule luimême.

Il y a quelque temps je visitais avec M. B. Cooper un malade qui portait une hydrocèle volumineuse de chaque côté du scrotum, et qui avait converti une de ces hydrocèles en une hématocèle par un moyen qu’il avait imaginé lui-même.

Voyant que tout ce qu’a à faire un chirurgien quand il donne issue au liquide est de pratiquer une ouverture à la tumeur, il crut pouvoir imaginer un instrument qui rendait inutile l’intervention d'un homme de l’art. Après un peu d’étude , il imagina un instrument qui avait une grande similitude avec celui dont les maréchaux vétérinaires se servent pour saigner les chevaux ; il était seulement de dimensions supérieures, la lame, qui sortait lorsqu’on touchait un ressort , ressemblait à une lame de poignard. Il perfora la tumeur avec cet in-

DE PATHOLOGIE

slrument, et en fit écouler l’eau; mais il blessa quelques vaisseaux sanguins , de sorte qu’en quelques heures la tumeur était plus volumineuse qu’auparavant et beaucoup plus douloureuse. En un mot, la tunique vaginale était distendue par du sang. Ce sang ne larda pas à se putréfier, les parties s’enflammèrent considérablement , la fièvre survint , et, tant par la perturbation générale de toute 1 économie que par l’imminence de la gangrène, la vie du maladejfut menacée. Si une incision prompte et large n avait pas été faite , je crois que l’état de ce sujet eût été bientôt désespéré. Celte opération ayant donné issue a une quantité considérable de sang putréfié , de pus, de gaz délétère, c’est-à-dire d’hydrogène sulfuré , le malade revint à la santé.

Une des deux hydrocèles fut radicalement guérie par ce moyen ; mais quoique l'inflammation fût considérable , elle n’eut pas pour effet de guérir l’autre hydrocèle.

L’hémalocèle n’est accompagnée de souffrances , que lorsqu’elle est compliquée d’inflammation ou qu’cdle est le résultat d’une lésion du testicule par cause mécanique. Ainsi dans quelques cas elle est douloureuse, tandis qu’elle ne l’est pas dans d’autres. 11 y a certains exemples dans lesquels l'hydrocèle se complique d’un hématocèle; ceci peut avoir lieu lorsqu’un individuall’ecté d’hydrocèle reçoituneforteconlusion sur le scrotum et qu’un ou plusieurs vaisseaux de la tunique vaginalese trouvant rompus par suite de cette violence le sang qu'ils laissentcchapper vient s’ajouter au liquide déjà renfermé dans la tumeur. On p.eut distinguer la nature de ce cas en s’aidant de la connaissance de l’accident arrivé antérieurement, en tenant compte de l’accroissement de volume subit survenu dans la tumeur après la blessure, et de l’opacité sombre de celte tumeur qui, lorsqu’on place une bougie allumée derrière elle, n’offre plus la transparence qu’elle présentait antérieurement.

Le traitement varie suivant les cas.

Lorsque la quantité de sang est peu considérable , il ne faut pratiquer aucune opération, niais on doit s’efforcer de hâter son absorption'au moyen de purgatifs actifs cl de lotions contenant du vinaigre, de l’alcool et de l’hydrochloratc d ammoniaque. Il ne faut pas s’attendre a la résorption d’une quantité plus abondante de sang épanché dans la tunique

vaginale ; car on parle de cas où le sang demeura pendant près de vingt ans dans la tunique vaginale quoiqu’il eut beaucoup changé d’aspect et se fût, converti en une substance lamelleuse d un brun pâle semblable à celle qu on renconhe dans un anévrisme ancien. Sir Astley Cooper cite un exemple dans lequel il incisa une hématocèle qui remontait à dix-sept ans et dans laquelle le sang primitivement épanché demeurait encore, quoique dans un état d’altération. Lorsqu’une hématocèle est due à un coup, le traitement antiphlogistique au début est le plus prudent à employer. U faut maintenir le malade couché et en repos , et recourir aux purgatifs , aux sangsues , à la saignée, au régime doux, aux lotions froides légèrement volatiles. A une époque plus avancée, si la tumeur continue à avoir un volume notable ou menace de de suppurer, de se gangrener, et présente quelque symptôme inquiétant ou urgent, on devra pratiquer une large incision dans la tunique vaginale, évacuer le sang qui s’y est réuni en collection, et ensuite appliquer des cataplasmes émollients : à moins qu’il n’y ait tendance au renouvellement de l'hémorrhagie; car dans ce dernier cas l’application d’un linge trempé dans l’eau froide ou la lotion d’extrait de salurne , serait préférable aux topiques chauds.

Si la maladie était compliquée d’une hydrocèle, ou survenait après la ponction de cette dernière tumeur, j’ouvrirais la tunique vaginale , j’évacuerais le sang, et j’appliquerais ensuite des topiques chauds ou froids, suivant que je verrais ou non de la tendance au renouvellement de l’hémorrliagie. Dans presque tous les cas d’hémalocèlc qui nécessitent une opération , il est indispensable d’employer les antiphlogistiques au début; j’ai vu plusieurs cas dans lesquels l’inflammation et les désordres survenus dans l’économie ont nécessité d’abondantes saignées et l’emploi d’autres moyens déplétifs. Dans les cas où l’épanchement de sang survient après la ponction de l’hydrocèle, c’est-à-dire lorsqu’il se forme une communication entre. la cavité de la tunique vaginale et l’extérieur, le sang se putréfie bientôt et devient la source d une grande irritation, la suppuration se forme; il y a tendance à la gangrène, de l’hydrogène sulfuré se produit dans la tumeur, le danger devient urgent, et le seul moyen de sauver le malade est de

pratiquer immédiatement une large ouverture dans la tumeur (1).

VARICOCÈLE OU CIRSOCELE.

Cette affection consiste dans l’engorgement variqueux des veines spermatiques; elle se développe plus communément du côté gauche que du côté droit, parce que, suivant l’explication de Morgagni , la veine spermatique gauche se termine dans la veine rénale gauche, et que dans cette dernière le cours du sang ne suit pas la direction de la veine spermatique gauche, comme il le fait du côté droit où la. veine spermatique suit la même direction que la veine cave dans laquelle elle se jette. Autrefois la première île ces dénominations était généralement restreinte à une simple dilatation variqueuse des veines du scrotum, affection qui ne mérite aucune description particulière , tandis que l’expression cirsocèle était employée pour désigner plus particulièrement une varice des veines spermatiques ellesmêmes, afl’ection qui mérite l’attention

(1) 11 est vraiment curieux de remarquer combien le sang épanché dans la tunique vaginale peut resier de temps sans s’altérer en certains cas; cela dépend de la non-communication de l’air extérieur avec le foyer, car, dans ceux où l’hémalocèle résulte de la ponction faite pour l’hydrocèle, je suis porté à penser que le sang doit se putréfier bien plus vite par suite de la communication que celte ponction établit avec l’extérieur. Il n’a été question ici que de l’bématocèle de la tunique vaginale, c’est-è-dire de l’hèmntocèle véritable. Quelques auteurs donnent encore le nom d’hématocéle à l'épanchement de sang dans le scrotum à la suite de coups. Lorsque les résolutifs précédés par quelques déplétions sanguines n’amènent pas la résorption de ce liquide, ou qu’aprôs avoir déterminé la résorption d’une partie il reste un noyau qui menace de causer de l'inflammation et de la suppuration, il faut inciser sur ces caillots et les faire sortir. Cette résorption est quelquefois trèsprompte ; chez un malade ù qui j’ai donné des soins un épanchement de sang considérable dans le scrotum disparut en trois semaines. Dans un autre cas que j’ai observé, une hématocèlo, due à un coup, ayant été ouverte, le testicule devenu squirrheux dut être enlevé peu do temps après. (Note du trad.)

des chirurgiens, parce qu’ils sont souvent consultés pour elle, et qu’elle donne lieu à une tumeur qui a fréquemment été prise pour une hernie. Aujourd’hui ces deux mois sont presque toujours employés comme synonymes; et lorsqu’un chirurgien moderne parle d’un varicocèle c'est presque invariablement pour exprimer une augmentation de volume morbide des veines spermatiques et non des veines du scrotum. Lorsque les veines du cordon sont ainsi altérées elles deviennent ilexueuses, leurs parois s’épaississent beaucoup, et les vaisseaux sont noueux au toucher, en même temps il semble au doigt qu’ils sont remplis d’une plus grande quantité de sang audessous de l’anneau du côté malade que du côlé sain ; le sujet éprouve plus ou moins de gêne eu ce point, un sentiment de pesanteur et parfois une douleur intense dans le testicule, le canal inguinal et les reins. La tumeur est quelquefois volumineuse, d’une forme pyramidale, et ayant sa base juste audessus du testicule. Quand on examine un varicocèle en le prenant entre les doigls on sent un paquet de veines variqueuses qui offrent au loucher ce que l’on éprouverait en prenant un amas de vers. On peut distinguer un varicocèle d’une hernie en plaçant le malade dans le décubitus et en poussant le sang de bas en haut dans ces veines volumineuses , ou en faisant rentrer Jes viscères herniés de manière à réduire la tumeur; on applique alors les doigls sur l’anneau inguinal, et l’on fait lever le malade taudis qu’on demeure ainsi en maintenant fortement les doigts sur l’anneau.

S’il s’agit d’un varicocèle, les veines spermatiques se remplissent de nouveau et se distendront comme avant, dès que le malade se remettra dans la stalion debout, bien que l'anneau inguinal soit maintenu et comprimé ; mais si c’est une hernie, aucun viscère ne sortira tant que nous aurons les doigls appliqués sur l’anneau et par conséquent , aussi long-temps que nous maintiendrons les doigts dans celte position , la tumeur ne pourra se reformer , bien que le malade quitte le décubilus pour la station debout. La tumeur du varicocèle, quand elle reparaît , se reproduit aussi d’une manière plus graduelle que la hernie des viscères abdominaux.

Dans la généralité des cas , le varicocèle n’est pas une affection très-douloureuse et le malade peut se soustraire

DE PATHOLOGIE

à toute gène causée par cette maladie, en portant un suspensoir ou un filet de soie , au moyen duquel le testicule se trouve soutenu ; en baignant le scrotum et l'aine avec des lotions froides et en maintenant la liberté du ventre. Si cette affection occasionnait une gène plus notable ou des souffrances plus intenses, il devrait, outre les moyens indiqués plus haut, garder le décubitus et appliquer des sangsues. Dans quelques rares exemples, les souffrances causées par le varicocèle ont été tellement lortes que le malade s’est soumis à la castration ; mais j’ai peine à croire qu’auïourd’hui, au point où est arrivée la chirurgie, on puisse être autorisé à agir ainsi. On a fait une autre expérience, c’est celle qui consiste à passer uue ligature autour de la plus volumineuse des 'veines variqueuses; mais en agissant ainsi on exposerait le malade au danger de la phlébite, et l’un des individus traités pour celte affection par feu sir Everrarcl Home a failli perdre la vie à la ssuiie de celte opération. Quelques praticiens ont eu recours à un autre traitennent ; après avoir divisé les téguments ils comprimaient les veines les plus distendues entre les mors de pinces construites à cet effet , et ainsi ils oblitéraient leurs cavités. Le procédé de Frick consiste à passer un séton de trois ou quatre fils à travers le paquet de veines variqueuses. Une des conséquences les plus fâcheuses qui résultent quelquefois de cette maladie et de son traitement au moyen des pinces , est 1 atrophie du testicule.

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