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DES SONDES

Les unes sont destinés à être introdui-

d’exploralion signalés ici pratiquer la percussion de l’hypogastre, qui, dans l’état normal, doit toujours rendre un son clair; et qui donne un son mat dans tous les points occupés par la vessie, quand cet organe distendu par l'urine s'élève au-dessus des pubis. (Note du trait.)

tes dans 1 urètre de l’bomme et les autres dans le méat urinaire de la femme. On les divise encore d’une manière générale en sonde r flexibles et sondes non flexibles. Les premières, algalies de gomme élastique , comme on les nomme actuellement, sont maintenant arrivées à une grande perfection ; on les fait de dimensions à chacune desquelles correspond un numéro. Quelques-unes d’elles sont construites de façon à conserver leur courbure d’une manière permanente; et elles ont en outre l’avantage d être composées de matières propres à résister pendant long- temps à la chaleur et à 1 humidité de l’urèlre. Cependant il n’y a que les sondes de qualité tout à fait supérieure qui jouissent complètement de ces propriétés. Elles sont munies de slylets et de mandrins qui leur donnent le degré de fermeté nécessaire et la courbure particulière qu’elles doivent avoir au moment où on les introduit daus l’urètre. Celles qu’emploie sir Benjamin Brodie sont garnies d’un mandrin de fer résistant et d’un pavillon plat et large, semblable à ceux des algalies ordinaires, au moyen duquel le chirurgien peut diriger pins facilement le bec de la sonde. L’emploi des algalies de gomme élastique est souvent le seul moyen à l’aide duquel on puisse sauver la vie des malades affectés de rétentions d'urine dues à diverses causes; ces sondes doivent leur supériorité à ce qu’elles ont la propriété de se plier aux déplacements et aux contractions de l’urètre et à ce qu’elles peuvent être introduites dans un canal trèsétroit. Celles dont le diamètre est petit sont souvent les plus avantageuses à employer dans les cas de rétrécissements, tandis que les algalies plus volumineu-ses sont celles que l’on doit préférer’ dans les cas de rétention d’urine dus ai une maladie de la glande prostate. Généralement parlant, lorsque d’autres cir-constances ne s’v opposent pas, on doit: employer les sondes volumineuses plutôt!

que celles de petite dimension, parce; que ces premières distendent les parois-' de l'urètre et risquent beaucoup moinsde se trouver arrêtées par quelqu’une; des inégalités que la surface interne du! canal présente dans différents points (1).- On peut introduire la sonde de gomme;

(f) Voyez Th. Morton, de l’Anatomie chirurgicale du périnée, p. 62, in-8®.

Londres, 1S38.

DE PATHOLOGIE

élastique avec ou sans mandrin , où l’on peut encore, lorsqu'elle est introduite en partie, augmenter sa courbure d’une manière subite en retirant le mandrin en même temps qu’on fait pénétrer l’algalie plus avant dans le canal. Avant de faire passer les instruments dans l’urètre, on devra les oindre avec de l’huile douce ou de l’axonge.

On introduit les sondes non flexibles ou sondes d’argent de la même manière que les cathéters, soit en dirigeant d’abord la convexité vers les pubis si l’on préfère employer le procédé dit tour de maître-, soit en maintenant toujours la concavité de l’instrument en haut, c’està-dire tournée vers les pubis; soit encore en inclinant d’abord le pavillon vers l’aine gauche du malade, méthode que suit sir Benjamin Brodie et que je trouve souvent avantageuse.

Quelque procédé que l’on emploie, 4a sonde se trouve dans la même position, lorsque son bec a atteint le périnée, soit que l’on ait eu recours à la manœuvre du tour demaitreou que l’on ait employé une autre méthode. Il faut maintenant diriger ce bec à travers la partie de l’urètre circonscrite par le bord de l’ouverture existant dans l’aponévrose profonde du périnée, et, aussitôt que cela aura été fait, on devra amener doucement le pavillon de la sonde en avant et en bas; par cette manœuvre on fera pénétrer le bec dans la vessie en le faisant passer par les portions membraneuse et prostatique de l’urètre. Dans cette partie de l’opération on doit surtout s’efforcer de maintenir le bec de la sonde contre la paroi supérieure du canal ahn d’éviter le danger de faire fausse route. Si r on pous-ait l’instrument avec force et trop rudement vers la vessie sans avoir eu soin d’abaisser son pavillon au moment convenable, on occasionnerait certainement la rupture du canal.

Quelquefois on introduit la sonde tandis que le malade se tient debout, son dos étant appuyé contre une colonne de lit ou contre la muraille. S’il est au lit il doit être couché sur un plan égal, tandis que ses genoux sont un peu relevés et séparés l’un de l’autre. M. Morton a parfaitement décrit la manière d’introduire la sonde. « L’opérateur se plaçant au côté gauche du lit saisit la verge avec le pouce et l’index de la main gauche et la relève doucement de manière à effacer la courbure ou angle qu’elle forme dans le point où elle se courbe en bas et au-

devant du scrotum. Tenant légèrement la sonde entre le pouce et les deux premiers doigts de la main droite, le chirurgien introduit sa pointe dans 1 orifice de l’urètre et fait pénétrer l'instrument jusqu’à ce que cette pointe atteigne le bulbe qui se trouve à environ un pouce audessous de l’arcade pubienne. Pendant ce temps, on dirige la concavité de l’ai— galie vers la symphise des pubis tandis qu’on maintient la portion de l’instrument qui est droite sur une ligne parallèle à la partie antérieure de l’abdomen. La pointe de cette sonde ayant atteint le bulbe, on change alors la position de son pavillon, que l’on avait tenu jusquelà dans la direction horizontale, et auquel on donne maintenant une position perpendiculaire de manière qu’il forme un angle droit avec l’axe du corps du malade. En imprimant ce mouvement au pavillon de la sonde, on fera sortir sa pointe du sinus du bulbe; après cette manœuvre on pourra avec sécurité pousser l’instrument plus avant en traversant le point qui correspond à l’ouverture du ligament triangulaire, et ainsi on le fera entrer dans la portion membraneuse du canal. A ce moment, en abaissant graduellement le pavillon de la soude un peu plus entre les cuisses du malade, on fera glisser doucement l’instrument, en lui faisant parcourir le reste de l’urètre pour arriver jusque dans la vessie ( 1 ),

Cet habile chirurgien a publié les remarques suivantes sur ce sujet. « Les obstacles naturels qui s’opposent le plus fréquemment au passage de la sonde, sont d’abord les lacunes de Murgagni et le sinus du bulbe; puis l’ouverture du ligament triangulaire. Lorsque ces obstacles ont été franchis, il reste encore le bord antérieur de la prostate, les orifices des conduits de cette glande, et le sinus pocularis, qui tous peuvent entraver l’introduction d’une petite algalie en arrêtant sa pointe ; et enfin la sonde peut s’anèter au rebord élevé qui indique le commencement du col de la vessie. On remarquera que tous ces obstacles naturels, qui s’opposent à l’introduction facile de i’algalie, sont situés sur la paroi inférieure de l’urètre, et que par conséquent la manière la plus sûre de les éviter est de diriger doucement la pointe de l’instrument contre la paroi supé-

(1) Voyez Morton’s Surgical Analomy of the perinæum , p. 62. J

rieure. Les bords de l’ouverture par laquelle l’urètre traverse le ligament triangulaire ne donneront aucun embarras, si l’on a présente à l’esprit la situation de l’ouverture circulaire par laquelle passe ce canal. Elle se trouve à environ un pouce au-dessous de l’arcade des pubis et à une distance égale des branches descendantes de ces os. Lorsque le bec de la sonde est arrêté dans la portion membraneuse ou la portion prostatique de l’urètre , on pourra tirer un grand avantage de l’introduction de l'index gauche dans le rectum, ce qui mettra l’opérateur à même de distinguer le lieu et vraisemblablement aussi la cause de l’obstacle, et de diriger l’instrument plus sûrement jusqu’à la vessie. » M. Morton prémunit avec raison les chirurgiens contre l’inconvénient qu’il y aurait à serrer la sonde avec trop de force, au lieu de la tenir légèrement comme on tient une plume ; et il dit que si l’on appuyait trop fortement l’extrémité de l’instrument contre la paroi supérieure de l'urètre, celte pointe pourrait se trouver arrêtée par le bord supérieur de l’ouverture du ligament triangulaire : ou si elle franchissait ce point, elle pourrait l’être par le bord de la glande prostate.

Les femmes sont beaucoup moins sujettes que les hommes à la rétention d’urine , parce que le méat urinaire est court et large, qu’il n’est pas sujet aux rétrécissements ni à aucune des conséquences qui, dans l’autre sexe, résultent des maladies de la prostate et des abcès situés près de l’urètre, et pressant sur ce canal (1 ). L'inflammation qui accompagne la blennorrhagie intense chez les femmes, ne produit pas comme elle le fait souvent chez l’homme la rétention d’urine. Néanmoins les femmes sont parfois affectées de rétentions d’urine par suite de causes très-différentes de celles qui déterminent cet accident chez les hommes. Les polypes de l’utérus ou du vagin, l’hydropisie de l’ovaire, le cancer de la matrice, les déplacements de cet organe, surtout celui que l’on nomme rétroversion, et l’inflammation du col delà vessie après l’accouchement sont les causes de ce désordre chez les femmes.

(1) J’ai cependant vu un 'abcès d’une des lacunes du méat urinaire donner ieu à une grande difficulté d’uriner et à des douleurs intenses.

La sonde dont on se sert pour les femmes est plus courte que celle que l’on emploie pourl’homme, et n’a qu’une légère courbure. On doit la passer sans découvrir la malade. Il faut tenir la sonde dans la main droite et passer l’index gauche entre les nymphes et sur la surface lisse qui les sépare, trois quarts de pouce environ au-dessous du clitoris; on sentira bientôt la papille qui indique l’orifice du méat urinaire, dans lequel H faut diriger l’instrument en haut et avec sa concavité en avant. Ici nous n’avons aucune des difficultés qui se rencontrent chez l’homme par suite de la longueur et de la courbure du canal, de la résistance que présente l’aponévrose profonde du périnée, de la facilité avec laquelle se laisse déprimer la portion membraneuse de l’urètre, de l’obstacle que forme la glande prostate, de l’arrêt que peut éprouver l’exlrémilé d’une petite sonde en s’engageant dans l’orifice d’un conduit de la prostate élargi, ou dans le sinus pocularis du verumontanum, ou dans le sinus du bulbe, ou enfin par suite du spasme des muscles du périnée.

Les hommes cl’ un âge avancé sont particulièrement sujets à la rétention d’urine, ce qui s’explique et par la fréquence des maladies de la prostate chez les vieillards, et par ce qu’après un certain âge la vessie perd de son irritabilité et de sa puissance contractile, de sorte que sa cavité ne peut plus revenir sur ellemême au delà d’un certain point. Il en i résulte que chez les vieillards l’expulsion de l'urine 11e se fait jamais d’une manière complète, une portion de ce liquide’ demeurant toujours dans la vessie après; chaque évacuation. A la longue, cette infirmité s’accroît, la quantité de liquide: évacuée chaque fois diminue; le besoini d’uriner devient de plus en plus fréquent,, et à la fin l'urine ne s’échappe que pari gouttes ou par jet intermittent.

Dans cet état, les souffrances ne sont! pas très-intenses; la tumeur formée audessus des pubis par la vessie est indolente, et si on la comprime une certaine: quantité d’urine s’échappe quelquefoisde l’urètre. En un mot, ceci est un cas^ de rétenlion incomplète ; car souvent la quantité de liquide évacuée dans les ■ vingt quatre heures est la même qu’è’i l’état normal, mais la vessie ne se video jamais. Cependant, les symptômes sont généralement moins pressants que danî d’autres cas ; parce que cette forme de<

DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE

la maladie n’amène pas comme les autres une interruption positive ou une suppression complète de la sécrétion urinaire, et n’occasionne pas la rupture de la vessie.

On ne peut jamais guérir une débilitation de la vessie produite par l’àge ; mais lorsqu’il y a une tendance plus marquée que de coutume à l’accumulation de l’urine dans cette cavité, on ne doit pas négliger l’emploi de la sonde : puisque par ce moyen on soulagera immédiatement le malade et l’on préviendra aussi un degré de distension qui pourrait amener une maladie incurable et une paralysie totale de la vessie, sinon une rupture de cet organe, et un épanchement d’urine qui occasionnerait la mort.

La rétention d’urine provient souvent de blessures et de maladies de \ï épine et du bassin , à la suite desquelles la vessie se paralyse; les cas de ce genre sont remarquables parla qualité fortement ammoniacale que l’urine acquiert bientôt, et par la propension que les tuniques de la vessie ont à se ramollir et à s’ulcérer. On doit dans le traitement de cas semblables recourir à l’emploi régulier des sondes, appliquer des ventouses sur la partie malade du dos, ou saigner le sujet au début de l’affection. On doit foire suivre ces moyens de l’administration des purgati s et appliquer des révulsifs comme les vésicatoires, lemoxa ou un cautère. Cependant les fractures de l’épine ou du bassin nécessitent un traitement particulier, qui consiste principalement à maintenir les os blessés dans ta plus grande immobilité possible.

On distingue une autre rétention d’unne accompagnée aussi d’un état paralytique de la vessie, et qui ne dépend d aucune lésion de l’épine ou du bassin, mais de ce que la couche musculeuse de la vessie a souffert une distension lonmie et immodérée par suite d’une accumulation antérieure d’urine dans la vessie lue a une autre cause. On ne peut en :e cas recourir avec raison qu’à l’usage le la sonde , aux toniques, aux bains roids, à l’administration de la teinture le cantharides ou de la teinture de sesluichlorure de for, ou à l’application le vésicatoires sur la région du sacrum.

La rétention d’urine par suite d’inlammation dans l'urètre ou aux envions de ce canal, se montre souvent dans es cas de blennorrhagie intense ou d’inammation aiguë de la prostate et de la mrtion inférieure du rectum. Suivant

toutes les probabilités: lorsque quelques chirurgiens disent qu’une rétention d’urine vient de spasme ou d’irritation, ils parleraient plus correctement s’ils rapportaient ce désordre principalement à l’effet d’une inflammation développée en quelque point vers l’urètre ou le col de la vessie.

Quand une rétention d’urine vient d’une inflammation de l’urètre ou des parties environnantes, nous devrons d’abord essayer l’effet du traitement antiphlogistique et adoucissant, des purgatifs antimoniaux, des sangsues au périnée, du bain chaud, des fomentations sur la région hypogastrique, et recourir à la jusquiame ou à l’acétate de morphine.

Si ces moyens échouent, il ne faudra pas différer l’emploi des sondes.

La rétention d’urine provient quelquefois de la pression exercée par des collections de pus sur l'urètre. Dans les cas de ce genre, la première indication est d’évacuer l’abcès et de vider la vessie. Ensuite, à l’aide du traitement antiphlogistique, de la jusquiame ou de l’opium, et des bains chauds ou des fomentations, on pourra bientôt rendre au malade la possibilité d’uriner sans sonde. J’ai visité avec M. Holt un malade affecté d’une rétention d’urine complète et réfractaire, due à la pression exercée par une masse extraordinairement considérable de lymphe coagulable épanchée dans le corps spongieux à environ deux pouces de l’oritics de l’urètre. La maladie primitive était une gonorrhée virulente accompagnée d’incurvation de la verge (chaudepisse cordée). Dans le cas dont je parle, la saignée, les bains chauds, les narcotiques, la teinture de sesquichlorure de fer et les applications de sangsues au périnée n’empêchèrent pas qu'on ne fût obligé de recourir à l’emploi des sondes.

Il y a une autre rétention d’urine produite par des allections fongueuses et carcinomateuses de la vessie. Les cancers du rectum ou de l’utérus s’étendent quelquefois à la vessie. Dans les cas de ce genre, le traitement doit être seulement palliatif ; et l’on ne doit pas négliger l’usage des sondes.

Parmi les di verses formes de rétention d urine, on distingue celle qui dépend de la présence de corps étrangers dans la vessie .- tels que des hydatides, du sang coagulé, des vers ou des calculslesquels peuvent obstruer le passage dé l’urine de la vessie dans l’urètre /ou à

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travers ce dernier canal. Pour guérir la maladie, il faut alors enlever les substances qui causent l’obstruction. Lorsqu’il y a des vers, des hydatides ou du sang dans la vessie, il faut laver son intérieur, pourle débarrasser, avec uneseringue et une sonde de gros calibre.

Dans les cas où des vers se trouvent dans la vessie, l’emploi de la térébenthine est des plus utiles et des plus efficaces pour les faire rendre : et cette substance a cela de remarquable qu’elle arrive à la vessie quelques secondes après avoir été avalée (l). Les calculs situés dans l’urètre ou dans la vessie, lorsqu’ils ne dépassent pas un certain volume, peuvent être retirés avec les pinces urétrales, tantôt en s’aidant d’une incision de ce canal, tantôt sans y recourir.

On rencontre chez les enfants un genre de rétention d'urine qui résulte de ce que l'oritice du prépuce est étroit ou en d’autres termes de l’existence d’un phimosis congénial. En pareil cas, le prépuce est quelquefois distendu par l’urine en une large poche dont ce liquide s’échappe lentement et avec difficulté.

Petit cite des cas où la position du malade devint fort grave par suite de cet accident.

On diffère d’opinion sur le traitement qu’il convient d’employer dans la rétention d’urine par suite de rétrécissement de l’urètre. Beaucoup de chirurgiens commencent par le traitement antiphlogistique et adoucissant, recourent aux bains chauds, a la saignée, aux sangsues, aux purgatils doux à l’opium administré par la voie de l’estomac ou en lavements. Cette manière de faire est préférable si la rétention d’urine est tout à fait récente, et si le malade n’est pas dans un état de souffrance et d’anxiété. Dans le Cas contraire , il convient de recourir de

(1) M. Laxv de Penrith , Cumberland, eut la bonté de m’envoyer quelques prétendus lænias qu’une jeune femme confiée à ses soins rendait par l’urètre; mais suivant le rapport de M. Owen la malade était coupable de tromperie, car il trouva que ces pièces, que je présentai au College des chirurgiens, n'étaient que des imitations de tréma faites avec les intestins de quelque petit oiseau. H paraît que, poussée par une sorte de inonomanie, elle s’était introduit plusieur milliers de morceaux de ces faux taenias dans la vessie.

suite à l’usage de la sonde. Au lieu de suivre la méthode dont il est question , sir Benjamin Brodie prend une sonde de gomme élastique de petit volume, qui a été maintenue pendant long-temps sur un mandrin de fer courbe, et qui conséquemment devra conserver cette courbure après qu’on en aura retiré le mandrin. Il l'introduit sans le mandrin et maintient la concavité de la sonde dans la direction des pubis en attirant en même temps la verge. Il est probable qu’alors l’instrument traversera le rétrécissement et pénétrera dans la vessie, l'urine s'écoulera et le malade éprouvera un soulagement immédiat.

Si ce traitement échoue, nous essaierons de passer une petite bougie decorde à boyau. Nous l’inlroduirons aussi loin que possible; et alors nous allongerons l’urètre en attirant la verge sur la bougie, qui, dans la plupart des cas, pénétrera alors dans la vessie. Certainement, ainsi que l’a très-justement fait observer sir Benjamin Brodie, il n’est pas toujours nécessaire que cette bougie aille jusque dans l’organe ; il suffit qu'elle traverse le rétrécissement : si l’on parvient à la faire arriver dans cette partie de l’urètre, on devra l’y laisser jusqu’à ce que le malade fasse un violent effort pour pisser; il faudra alors la retirer et souvent l’urine sortira après elle.

Si ce moyen ne réussissait pas, nous pourrions prendre une autre petite bougie de corde à boyau et courber sa i pointe en hautavant de l’introduire dans ■ l’urètre; car ainsi il nous sera facile de' maintenir celte pointe contre la surfacesupérieure du canal, et d’éviter la surface inférieure où l’obstacle est dans; presque tous les cas, sinon toujours, plus; considérable.

Quelquefois, lorsqu’on ne réussit pasn à introduire une bougie de corde à:

boyau, on peut parvenir à faire passer-! une sonde d'argent ou une sonde de gomme élastique montée sur un mandrin de fer résistant. Quand le rétrécissement est récent, l’algalie doit être d uni volume tel qu’elle remplisse presque complètement l’urètre; mais quand il.

est de longue date, il faut que l’instrument soit beaucoup moins volumineux.

Sir Benjamin Brodie fait usage d unesonde plus courte et moins courbe que.

celle dont on se sert habituellement, et,, lorsqu’elle esl en argent, il conseille de fixer dans le tube une petite lige de bois offrant un pavillon au moyen duquel on

DE FATHOLOGIE CH1RDRGICALE.

pourra diriger sa pointe avec plus de douceur et de sûreté. Si l’on emploie une algalie de gomme élastique, il faudra que son mandrin de fer ait un pavillon semblable h celui d’une sonde ordinaire.

Les préceptes donnés par sir Benjamin Brodie sur ce sujet, me paraissent excellents. On doit introduire l’instrument jusqu’au rétrécissement, et alors, après l’avoir retiré d’un demi-pouce environ, on le fait de nouveau pénétrer dans l’urètre en le dirigeant vers la vessie et maintenant sa pointe contre la paroi supérieure du canal. Il ne faut employer aucune violence, car si l’on déchirait l’urètre on ne pourrait réussir. Je recommande bien de maintenir une pression égale et modérée conli e le rétrécis- : sement pendant un peu de temps car ] peut-être qu’ensuile l’obstacle commen- ■ cera à céder et l’instrument y pénétrera.

I Si on a fait usage d’une sonde de gomme i élastique, on devra la laisser pendant un

Iou deux jours dans l’urètre, ce qui aura un effet puissant en guérissant le rétrécissement. Lors même que nous ne réussirions pas à faire pénétrer un instrument jusqu'à la vessie, la pression emi ployée pourrait encore avoir l’avantage de relâcher et de faire céder le rétrécissement; et, en retirant cet instrument, il peut être suivi du jet de l’urine. L’expérience apprend que les choses se passent souvent de la sorte; et quand on peut obtenir ce résultat on soustrait le malade à un état pressant et dangereux, et aux ■souffrances qu’entraîne nécessairement une rétention d’urine due à cette cause Supposant maintenant que dans un cas de rétention d’urine complète nous ne puissions soulager le malade à l’aide de la sonde, et que celui-ci soit fort et I pléthorique , nous devrions le saigner I d’abord, le placer dans un bain chaud et ‘ ensuite essayer de nouveau de le sonder,

Iou bien suivre une conduite plus applicable à tous les cas, c’est-à-dire, taire prendre un lavement composé d’un gros de teinture d’opium (l) et de deux onces de décoction mucilagineuse d’amidon ou de gruau ; il ne faut pas en faire prendre t une quantité plus considérable qui ne i pourrait être gardée. Dès que l’inLluence [•de l’opium commence à se faire sentir, j si l’on maintient exactement des lomeni tâtions sur la région hypogastrique, l’u- » rine commence quelquefois à sortir, et

(<), Celte quantité d’opium est, il me ! semble, bien considérable. (Note du trad.)

dans tous les cas , si l’on n’obtenait pas cet heureux résultat, on aurait toujours bien plus de chances de parvenir à souder le malade.

Si tous les moyens dont je viens de parler échouaient, et si la vessie continuait à se distendre au delà d’un certain point , cet organe ou une portion de l’urètre située derrière le rétrécissement de ce canal se rompraient, et l’urine s’extravaserait dans le tissu cellulaire du périnée et du scrotum. Ainsi, il en résulterait soit une inflammation rapide et fatale qui envahirait tout le péritoine, soit des abcès plus ou moins étendus et la gangrène du tissu cellulaire du scrotum, du périnée et (le l’intérieur du bassin. Dans ces cas malheureux, l’urine ne suivant pas les lois de la gravitation ne s’épanche point dans la eu ssc ou les fesses; mais s’étend le long du scrotum, du pénis, des aines et même plus haut jusqu’au nombril et jusqu’aux lombes.

Le liquide ne s’épanche pas dans les fesses parce qu’il est arrêté par la connexion de l’aponévrose profonde du périnée, avec celle superficielle et les branches de l’ischion et du pubis. Quand l’urètre se déchire, il se forme généralement une petite induration dans le périnée; laquelle se convertit quelquefois rapidement en une tumeur brune, livide, étendue, et envahissant rapidement le scrotum, les aines et le périnée. Quelquefois, comme je l’ai déjà dit, l'épanchement urineux s’élève beaucoup plus haut que le ligament de Poupart. Dans tous les endroits où l’urine s’épanche il est sur qu’elle amènera de la suppuratiou ou la gangrène, et quelquefois la totalité du scrotum tombe en eschares; laissant à découvert les testicules, qu’on voit pendant au cordon spermatique dépourvus de leurs enveloppes naturelles. Le seul moyen de prévenir ces désordres , c est à-dire l’épanchement de burine, est de faire sortir ce liquide de la vessie d une manière quelconque avant que la rupture de cet organe ou celle de l’urètre ne survienne.

Lorsque la cause première des accidents provient d’un rétrécissement , on peut facilement donner issue a l’urine en faisant une incision dans la portion membraneuse de l’urètre derrière ce rétrécissement ; cette partie de ce canal étant généralement dilatée de manière à constituer une sorte de tumeur due à sa distension par de l’urine que la vess pousse avec force en avant.

Lorsqu’il s’agit d’une maladie de la

prostate, et que le danger est pressant; si l’on n’obtient promptement des urines, il faut soit introduire une sonde dans la vessie à travers la glande tuméfiée , en combinant t’adresse et la force bien dirigée, ou ponctionner la vessie au-dessus des pubis, dernière ressource à laquelle il est cependant rarement nécessaire de recourir. J'ai pourtant eu occasion, dans un cas qui s’est présenté à l’hôpital du college de l’Université, d’adopter ce moyen ainsi qu’on le verra avec plus de détails lorsque je parlerai des moyens de ponctionner la vessie.

Mais si l'urine est déjà épanchée, le chirurgien ne doit jamais omettre de pratiquer de larges et profondes incisions pour son évacuation; et dans les cas où cela sera possible, il introduira une sonde de sorte que l’urine puisse facilement s’écouler et 11e passe plus dans le tissu cellulaire (1).

INCONTINENCE d'üHINE.

Celte affection, qui consisle dans l’impossibilité de conserver l’urine dans la vessie, présente trois espères. Dans l’une, le liquide s’écoule continuellement sans faire éprouver le moindre besoin de le rendre ni aucune sensation qui révèle son évacuation. Dans la seconde, le malade peut retenir son urine jusqu’à un

(1) Toutes les fois qu’il y a une solution de continuité, soit à la vessie, soit à l’urètre, il convient de laisser une sonde de gomme élastique à demeure. Cependant lorsqu’il s’agit d'une solution de continuité de Y ur kir e seulement, on peut, si le malade ne supporte pas la sonde à demeure, si le cathétérisme est facile et peut être pratiqué aussi souvent que le besoin d’uriner se fait sentir, ne pas laisser la sonde à demeure et évacuer l’urine chaque fois qu’il sera nécessaire ; mais toutes les fois qu’on peut laisser la sonde à demeure, cela est beaucoup plus sûr. Cette sonde doit avoir un volume suffisant pour remplir l 'urètre et 11e pas permettre à l’urine de s’infiltrer entre les parois de ce canal et la sonde; car s'il passe quelques gouttes d’urine par une plaie de l’urètre ou par une fistule urinaire, cela suffit pour les empêcher de se cicatriser. Lorsqu’au contraire on empêche complètement le liquide de les traverser, les ouvertures anormales des voies urinaires tendent toujours à se fermer. (Note du trad.)

certain point; mais le besoin de la rendre survient si fréquemment , si subitement et si irrésistiblement, qu’il est nécessairement forcé d’uriner. La troisième espèce d’incontinence n’a lieu que quand le malade est dans le sommeil.

Dans le premier cas, l’incontinence d’urine dépend de la faiblesse ou de la paralysie totale du muscle sphincter de la vessie. Le col de cet organe étant constamment ouvert, chaque goutte d’urine s’échappe par l’urètre dès qu’elle est descendue des uretères; et par conséquent elle ne demeure pas du tout dans la vessie. Quelquefois, la faiblesse ou la paralysie du sphincter est une affection tout a fait locale ; mais, le plus souvent, elle est symptomatique de quelque autre maladie. Dans le premier cas, elle survient fréquemment à la suite d’un accouchement difficile pendant lequel le col de la vessie a été long-temps comprimé; l’incontinence d'urine peut encore résulter de la formation de communications fistuleuses entre le vagin et la.

vessie. Quelquefois elle dépend d’un vice de conformation des voies urinaires, , et elle est congéniale. Cette affection est souvent un effet de l’apoplexie, des blessures et des maladies de l’épine, etc.

Ce n’est pas une maladie dangereuse,, mais elle est excessivement incommode et désagréable parce que les vêlements sont continuellement mouillés par l’urine, qui exhale une mauvaise odeur, et qui même excorie les parties sur lesquelles elle s’écoule.

Quand l’affection est locale, les toniques et tes astringents sont indiqués; et les remèdes principaux sont les bainsfroids, le quinquina, les vésicatoires appliqués sur le sacrum ou sur le périnée,, la teinture de cantharides, les douches,, l’électricité et les frictions sur l’épine et le sacrum avec des liniments stimulants.

Quand l'incontinence d’urine n’estl que l’effet d’une autre maladie, c’est sur celte dernière que doit se fixer principalement notre attention.

La seconde sorte d’incontinence d'urine est d’une nature spasmodique et dépend ordinairement de quelque irritation produite sur la vessie. C’est pourquoi!

l’indication est de s efforcer de découvrir la cause de cette irritation et de la détruire s’il est possible. Cette maladie, peut être due à des affections bémorrhoïdales , à la suppression des menstrues, à la présence d’une pierre dans la

DE PATHOLOGIE

vessie, à l’existence d’une fistule à l’anus, etc. Quand on ne peut reconnaître d'où provient cette irritation , on doit prescrire les antiphlogistiques et les .antispasmodiques : tels que la saignée par Ja lancette, l’opium, les bains chauds, les fomentations, etc. Il est quelquefois utile d’employer l’uva ursi ( raisin •d’ours) , on peut donner un scrupule ou un demi-gros de ce médicament trois fois par jour.

Cette sorte d’incontinence d’urine n’est souvent qu’un symptôme d’épilepsie ou d’hystérie. Quelquefois elle est produite par une pression quelconque exercée sur la vessie -, et par conséquent elle peut résulter de l’existence de polypes dans l’utérus, d’une descente de matrice, ou d’une parlurition difficile (1).

Dans la dernière espèce d’incontinence d’urine, le malade laisse échapper involontairement ce liquide la nuit, pendant son sommeil. Celte infirmité se rencontre surtout chez les jeunes garçons et les petites filles, et presque toujours elle disparaît spontanément à l’approche de la puberté. Ces jeunes sujets doivent éviter de boire aucun liquide à l’approche du moment où il se mettent au lit et avoir soin d’uriner avant de se coucher (2).

(1) La rétention d’urine provenant d’une paralysie de la vessie est une affection dans laquelle le malade laisse échapper involontairement ce liquide par gouttes lorsqu’il n’est pas sondé dans le temps convenable , et souvent elle a été prise pour une incontinence d’urine. Dés que la vessie estdistendue jusqu’à un certain point, l’urètre n’étant pas obstrué, il en résulte que le liquide que les reins continuent à sécréter passe par le canal naturel au lieu d’occasionner la rupture de la vessie. L’écoulement de l’urine empêche le chirurgien inattenlif de soupçonner la nature de la maladie; mais s’il introduit une sonde, la quantité d’uririe qui sortira de la vessie 1 ’é— ■clairera immédiatement sur le véritable caractère de l'affection.

(2) Lcsjeunessujelsqui sont affectés de celtegrave incommodité présentent généralement les apparences de la débilité ou du moins ils sont ce que l’on appelle vulgairement retardés; ils sont ordinairement pâles, et souvent on acquiert la certitudequ’ils sont enclins à la masturbation. 11 est vrai que l’incontinence d’urine dont ils sont affectés finit par disparaître avec 1 âge, mais cette dégoûtante infirmité,

Lorsque, chez les adultes, celle affection ne cède pas aux précautions dont je viens de parler, on peut employer avec avantage un quart de grain de poudre de cantharides que l’on donne chaque soir avec du lait d’amande. On ])eut aussi essayer d’un grain d’opium ou de deux grains d’ipécacuanha administres chaque soir un peu avant que le malade se mette au lit. Lorsque l’on ne peut obtenir la guérison, le meilleur appareil que j’aie vu employer pour retenir l’urine consiste en un long tube de gomme élastique ou d’autre matière imperméable et flexible, et capable de contenir environ une peinte et demie de liquide. Il cause peu de gêne, et, comme il est assez étroit pour être caché dans le pantalon, il ne donne lieu à aucune difformité apparente.

Il y a une incontinence d’urine particulière qui résulte de la formation d une communication anormale entre la vessie et le vagin. Cette communication est ordinairement la conséquence de la

qui rend souvent le lieu où ils couchent horriblement infect et fait d’eux un objet de dégoût pour ceux qui les approchent , mérite bien qu’on lâche d’en abréger la durée par une hygiène et des soins convenables. Il se peut que dans quelques cas il y ait un certain élat d’irritation chronique au col de la vessie, mais je crois que généralement ce qui prédomine c’est l’adynamie; conséquemment les fortifiants devront être employés : on pourra aussi tirer avantage des applications toniques et non excitantes; ce qui est fort différent, surtout en pareil cas. Chez un jeune homme dont l’infirmité se prolongeait d’une manière véritablement déplorable, j’ai employé avec succès les bains locaux et les fomentations de vin; ce traitement local, qu’il suivait quotidiennement, ayant suspendu l'affection , il l’abandonna trop tôt : ce qui me donna l’occasion dé juger de son efficacité, car l’incontinence d’urine reparut au bout de quelque temps; les fomentations et les bains vineux furent alors repris et continués plus long-temps et l’affection disparut complètement. Une bonne alimentation, un exercice quotidien et régulier pris en plein air, le soin de ne pas boire avant de se mettre au lit, et, pour ceux qu’on soupçonne de masturbation, une surveillance active, exercée s’il se peut à l’insu du jeune malade, sont autant de moyens qu’on ne devra point négliger. (Note du tratl.)

traité élémentaire

chute d’une eschare et résulte quelquefois d’accouchements laborieux. L’écoulement continuel de l’urine par l’ouverture, s’oppose généralement à la cicatrisation; maisen faisant coucher long-temps la malade sur le ventre on empêche ce liquide de s’échapper constamment et quelquefois l'ouverture se ferme. On peut parfois faire cicatriser les ouvertures fisluleuses en scarifiant leurs bords , en les maintenant ensuite en conlact à l’aide de la suture entortillée, et en faisant coucher autant que possible la malade sur le ventre pendant deux ou trois jours. Dans les cas les plus défavorables qui offrent encore quelque chance de guérison, peut-être le cautère actuel appliqué avec beaucoup de précaution et de modération est-il le meilleur moyen à employer. On cite bien des cas qui altestent sa fréquente efficacité.

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