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BLENNORRHAGIE

La blennorrhagie ou gonorrhée consiste en une inflammation de la membrane muqueuse de l’urètre, accompagnée d’un écoulement de matière puriforme, que l’on croit souvent être de nature spécifique et qui, comme l’on sait, est contagieuse. Chez les femmes la matière de l’écoulement est sécrétée par la membrane muqueuse du vagin, la partie interne des grandes lèvres, les petites lèvres et le clitoris ainsi que par la membrane qui tapisse le méat urinaire, et, d’après M. Ricord, quelquefois aussi par celle qui tapisse l’utérus lui-même.

Lorsque l’infection a eulieu,la ffennorrhagiese manifeste plus lût que ne le font les chancres; c'est-à-dire, en général, dans l’espace de huit à dix jours. Cependant, il arrive que certains individus en sont affectés au bout de deux ou trois jours; tandis que d’autres ne ressentent aucun symptôme de cette maladie avant qu’il ne se soit écoulé deux ou trois semaines. Le premier de ces symptômes est un chatouillement ou picotement que le malade éprouve à l’orifice de l’urètre, et qui parfois s’étend sur la totalité du gland; ce dernier, comme l’orifice du canal, paraît plus rouge que de coutume et un peu tuméfié. Le gland devient, par suite de la distension, tellement rouge et lisse, qu’on peut quelquefois le comparer à une cerise mûre. La sécrétion naturelle de la membrane muqueuse de l’urètre commence par perdre sa qualité visqueuse et devient plus claire; mais

bieutot elle acquiert plus de consistance, et, prenant les divers aspects du pus’ devient blanche, jaune ou verdâtre.

Al époque oùcommence l’écoulement, le malade ressent de la chaleur et de la douleur dans l’urètre, surtout lorsqu’il pisse. Le passage de l’urine produit une sensation brûlante, et est quelquefois très-difficile; ce liquide s’échappant par un jet moindre et saccadé, ou seulement par gouttes. Quelquefois l’irrilation est telle qu’elle amène une rétention d’urine complète. Dans les cas ordinaires, 1 inflammation ne s’étend qu’à un pouce et demi ou deux pouces de l’orifice de l’urètre : c’est ce que Hunter appelait ctencluc spécifique ; mais, dans les cas graves, l'inflammation gagne tout le trajet de l'urètre et affecte même la membrane muqueuse de la vessie. Quand il en est ainsi, les souffrances du malade augmentent considérablement et il éprouve des douleurs intolérables dans la région hypogastrique, le périnée et les hanches. En pareil cas, on peut souvent sentir le long du trajet de l’urètre de petites indurations constituées par des glandes augmentées de volume qui quelquefois s’enflamment et suppurent ainsi que les glandes de Cowper.

En général, la gonorrhée ordinaire augmente d’intensité ou du moins reste dans loute sa lorce pendant dix ou quinze jours : souvent alors l'écoulement commence à diminuer; la souffrance et la sensation brûlante qu’éprouvait le malade en urinant se calment, et au bout d’un mois ou de six semaines tous les symptômes peuvent avoir disparu. La blennorrhagie peut ainsi se guérir d'une manière spontanée. Quelquefois cependant il n’existe plus de symptômes aigus, tels par exemple que la souffrance et la sensation brûlante éprouvée par le malade eu urinant; la quantité de l’écoulement est aussi diminuée: mais l’urètre, au lieu de revenir à sa sécrétion muqueuse naturelle, laisse écouler une matière claire, incolore ou vert-clair, qui peut continuer à suinter par ce canal et constitue ce qu’on appelle une blennorrhëe.

L’opinion de John Hunier était que la blennorrhée diffère essentiellement de la blennorrhagie en ce qu'elle n’est pas conlagieuse, et qu’elle consiste en un écoulement composé de globules mêlés avec la sécrétion muqueuse de la partie; tandis que la matière purulente de la blennorrhagie consiste en des globules

DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE

mêlés à un liquide séreux. Cette dernière affection, quand elle se présente sous sa forme la plus grave, est véritablement très-fâcheuse. Non-seulement l’inflammation peut s’étendre dans l’urètre jusqu’à la vessie elle-même ainsi que je l’ai déjà dit, mais encore il peut s’épancher de la fibrine dans le corps spongieux de l’urètre : de sorte que quand une érection survient, un côté de la verge s'allongeant moins que les autres, le membre viril se recourbe et se tord, ce qui a reçu le nom de chaudepisse cordée ; cet état est accompagné de vive douleur. L irritation qui existe dans la blennorrhagie excite les érections qui occasionnent bien plus de souffrances que l’ardeur déterminée par le passage de l’urine ou même que l’irritation de la vessie ellemême, surtout quand il s’agit d’une chaude pisse cordée.

Souvent l’inflammation s’étend au prépuce, qui s’épaissit, se gonfle et devient œdémateux, de sorte qu’on ne peut découvrir le gland. C’est cet état que l’on nomme phimosis.

Quelquefois l’affection s’étend à d’autres parties : telles que les glandes de l’aine et le testicule, qui deviennent le siège d’une inflammation aiguë. C’est ce qui donne lieu a la formation des bubons sympathiques et à l’augmentation de volume douloureuse du testicule absurdement nommée hernia humoralis (chaudepisse tombée dans les bourses), orchite blennorrhagique. On peut dire que la sensibilité des glandes de l’aine et des testicules accompagne ordinairement la blennorrhagie, si bien que, quand même un de ces derniers organes n’est pas actuellement affecté d’inflammation , il est souvent dans un état tel que l’usage d’un suspensoir procurera un grand soulagement au malade (l).

(1) Les bubons sympathiques sont seulement le résultat d’une irritation toute locale et nullement un symptôme de syphilis. Les bubons sympathiques ne sont ordinairement pas confondus avec les bubons syphilitiques; pareeque Ceux-ci sont accompagnés de chancres à la verge, dont ils paraissent même dépendre entièrement. Il ne peut donc y avoir lieu à aucune erreur. Cependant ! un cas présentant de l’obscurité peut se rencontrer. Il y a des bubons vénériens, dits bubons d’emblée, qui, comme nous i l’avons vu, ne sont ni précédés ni accompagnés de l’apparition d’aucun chan-

Plusieurs questions curieuses et intéressantes se présentent nécessairement d’elles-mêmes à notre examen au sujet de la blennorrhagie.

La première est celle-ci : cet écoulement dépend il d’un virus spécifique?

Tous les chirurgiens savent qu'une simple irritation de la membrane muqueuse de l’urètre augmente la quantité et altère la qualité de la sécrétion; ou même change la sécrétion muqueuse en une sécrétion de pus, de manière à déterminer un écoulement purulent. Quelques praticiens appellent les cas de ce genre blennorrhagie simple ou bénigne , et réservent l’épithète virulente ou vénérienne pour les cas où l’on pense que l’affection est due à un poison spécifique.

L’écoulement de matière purulente par l’urètre peut résulter de toute espèce d’irritation produite sur ce canal, telle que celle qui résulte de l’emploi des bougies ou de l’application de différentes sécrétions âcrrs et anormales à son orifice dans l'acte du coït. Ces sécrétions altérées peuvent se former à la surface de la muqueuse des parties génitales de la femme tout à fait exemple de syphilis. Les chirurgiens ne savent-ils pas que quand une petite fille a été violée il survient généralement un écoulement par suite de la violence qu’ont supportée les parties, lors même que celles-ci ne présentent aucune lacération? Il en résulte que l’homme qui s’est rendu coupable de ce viol est souvent accusé d’être malade quand il a commis le crime, bien que celte allégation soit loin d’être légitimée par cette seule circonstance que la petite fille présente un écoulement.

Mais, outre ces blennorrhagies provenant d’une simple irritation, on soutient

cre ; je dis de l’apparition, car il y a des praticiens qui pensent que les bubons d’emblée dépendent de l’existence d’un chancre non apparent : c’est-à-dire caché dans l’urètre. Quoi qu’il en soit, la même cause de confusion peut toujours exister entre les bubons sympathiques et les bubons d’emblée si d’autres symptômes n’éclairent le diagnostic. Il faut tenir compte d’une différence qui se remarque entre eux. Les bubons syphilitiques dépendant d’un chancre ou même survenus d’emblée se terminent tantôt par résolution, tantôt par suppuration; les bubons sympathiques se terminent toujours par résolution et ne suppurent presque jamais. (Note du trad.)

traité élémentaire

qu’il y eu a d’autres dues à l’influence d’un poison spécifique, et, comme le prétendent quelques chirurgiens, produites par le virus même qui donne naissance à la maladie vénérienne.

Comme nous ne savons ni ce qu’est le poison de la blennorrhagie, ni ce qu’est le poison syphilitique lui-même considéré abstractivement ; ni même s’il n’existe pas, ainsi que le pense M. Carmichael, diverses variétés de virus vénérien, il devient extrêmement difficile de déterminer celte question. S’il nous fallait juger de la nature des poisons syphilitique et blenuorrhagique par leurs effets généraux, et par les résultats de chacun d’eux, nous serions conduits à en inlérer qu’ils ne sont certainement pas identiques. Nous voyons dans la blennorrhagie en général, seulement un écoulement sécrété par la membrane muqueuse de l’urètre sans qu'il y ait ulcération ; il pousuit un certain cours cl se termine ordinairement de lui-même au bout de trois, quatre ou cinq semaines sans avoir été accompagné d’aucune éruption , ulcération de la gorge, ou affection des os. Dans la syphilis, nous voyons une maladie qui commence par l’ulcération d’un autre tissu; elle dure en général infiniment plus long-temps que la blennorrhagie, et est de nature à déterminer une série de symptômes consécutifs qui dénotent l’influence exercée par elle sur toute la constitution et qui souvent persistent pendant plusieurs mois.

Les arguments en faveur cle l’identité des deux poisons sont les suivants :

1° On a supposé que la maladie vénérienne avait été apportée d’un pays où elle sévissait, dans un autre très-éloigné où alors elle s’est montrée pour la première fois. Hunier a donc supposé qu’elle lie pouvait avoir été apportée pendant un voyage qui avait duré plusieurs mois, que sous la forme d’une blennorrhagie ; pensant qu’un chancre à la verge aurait, dans cet espace de temps, détruit l’organe.

2° ha survenance de symptômes consécutifs après la blennorrhagie. Hunter parle d’un individu qui eut trois fois la blennorrhagie que l’on traita sans mercure. Environ deux mois après chaque infection, il eut des symptômes consécutifs consistant en ulcérations dans la gorge et taches syphilitiques sur la peau.

3° Le résultat d’une inoculation avec

du pus blennorrhagique faite par Hunter lui-même, suivie de la production d’un bubon d’une ulcération de l’amygdale et de svphilides sur la peau ; symptômes qui tous se guérirent par un traitement mercuriel.

Si l’on examine avec attention les circonstances particulières de ce cas, on verra que Hunter s’écarte de quelquesunes des doctrines qu’il professe relativement à la maladie vénérienne. En premier lieu, les chancres primitifs résultant des inoculations se cicatrisèrent, dit-il, sans qu’on eût employé le mercure ; puis les ulcérations de la gorge, après avoir élé guéries par le mercure , reparurent et nécessitèrent de nouveau l’emploi de ce médicament. Mais si Hunter n'avait pas été préoccupé de l’idée de prouver l’identité des poisons blennorrhagique et syphilitique, il n’aurait probablement pas admis qu’un chancre primitif ait pu se cicatriser sans traitement mercuriel ; ni qu’un chancre consécutif, après avoir élé guéri, ait pu se manifester de nouveau , sans qu’il y ait eu renouvellement d'infection : car ce sont les principes contraires qu’il maintient dans d’autres parties de son ouvrage. Cependant, comme ils ne sont pas conformes à ce qui se passe réellement, ils n’infirment véritablement pas la conclusion que Hunter a tirée de ce cas particulier, mais prouvent seulement que cet illustre chirurgien n’a pas posé de règle qui serve à distinguer si une affection est ou n’est pas vénérienne.

4° Le développement fréquent de symptômes consécutifs lorsque la blennorrhagie amène l’ulcération de l’orifice de l'urètre ou de l’intérieur de ce canal. D’après les recherches faites par M., Ricord à l’aide du spéculum, et d’après ses expériences par l’inoculation, la blennorrhagie chez les femmes serait beaucoup plus souvent accompagnée de l’existence d’une ulcération ou d’un chancre véritable dans le vagin ou dans quelque autre endroit peu accessible à la vue , qu’on ne le pense communément; ce praticien déclare que c’est seulement quand il existe une ulcération de ce genre que l’on peut inoculer l'a syphilis avec la matière de l’écoulement et que des symptômes consécutifs peuvent se développer à la suite de la blennorrhagie. Comme il affirme la vérité de ce fait pour les femmes, il trouve que l’on en peut conclure que la même réunion d un écoulement de l’urètre de l’homme avec

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un véritable chancre dans ce canal n’est pas chose rare; et qu’elle peut servir à expliquer comment on a souvent soutenu des doctrines si opposées sur la question de savoir si la blennorrhagie et la syphilis viennent de la même espèce de virus. M. Ricord a trouvé que la fosse naviculaire est de toutes les parties de l’urètre celle où l’on rencontre le plus souvent un ulcère vénérien primitif.

Tous les chirurgiens ont rencontré des chancres situés précisément a 1 orifice de ce canal.

Si l’on admet la vérité de ces faits, on en conclura non pas que les poisons de la blennorrhagie et celui de la syphilis sont identiques; mais bien que la première est une maladie complètement différente de la seconde, et qu’à moins qu’il n’existe un chancre dans l’urètre aucun écoulement sécrété par ce canal, aucune blennorrhagie simple ne pourra donner lieu à la production de symptômes consécutifs.

Quelques chirurgiens ne remarquent pas de différences notables entre les symptômes consécutifs relativement trèsrares de la blennorrhagie, et ceux plus fréquents de la syphilis; tandis que d’autres praticiens, et particulièrement M. Carmichael, se sont efforcés de définir plus minutieusement ces différences : ce dernier chirurgien attribue à la blennorrhagie les éruptions papuleuses, les chancres de la gorge, les douleurs qui se produisent dans les grandes articulations, l'iritis, et les tumeurs inflammatoires développées sur les os superficiellement placés.

Quelquefois, bien qu’on rejette la doctrine d’après laquelle la blennorrhagie proviendrait d'un poison spécifique, on admet que cette maladie puisse être causée par quelque stimulus mécanique ou chimique et que de cette sorte puisse s’engendrer de la matière contagieuse qui, dans les circonstances données, communiquera des affections syphilitiques aussi bien que des affections blennorrhagiques. Cette manière d’envisager la question paraît impliquer deux choses , car, d’après cette doctrine, on nie l’existence d’un virus blennorrhagique spécifique et l’on admet que la blennorrhagie peut, si elle détermine l’ulcération,donner naissance à la syphilis cilemème. On s’imagine quelquefois que celte hypothèse doit être rapprochée des anomalies nombreuses que présente l’histoire de la maladie vénérienne, et en par-

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ticulier de l’opinion d’après laquelle son origine olîrirait une multiplicité infinie dans tous les pays où on se livre sans réserveau commerce sexuelavec des individus différents ; elle tend encore à expliquer des particularités très- remarquables , telles que celle où, des soldats s’étant successivement livrés au coït avec la même femme dans un espace de temps très-rupproché, les uns ont contracté la blennorrhagie, d’autres des chancres primitifs de différentes espèces et tous de la même source d’infection : ce sujet a été déjà discuté à propos de la syphilis. Pour ma part, je ne suis pas éloigné d’adopter les conclusions que M. Ricord a tirées de ses expériences par l’inoculation et à l’aide duspéculum.

Les arguments contre Viclenlité des poisons blennorrhagique et syphilitique sont les suivants :

1° La rareté des symptômes consécutifs après la blennorrhagie et leur fréquence après un chancre vénérien primitif.

2° Les différences existant entre les symptômes consécutifs de chaque affection quand ces symptômes surviennent.

3° Si le poison était le même dans les deux cas, pourquoi le pus blennorrhagique ne produirait-il pas ordinairement des chancres sur le gland et Je prépuce ; parties avec lesquelles il est dans un contact si fréquent et si long?

4° Pourquoi la blennorrhagie seraitelle une maladie sur laquelle le mercure n’aurait aucune action?

5° Si l’on veut expliquer la différence d’effet, par l’application du poison à une surface de sécrétion ou muqueuse ; pourquoi le virus syphilitique produit-il des chancres sur la surface muqueuse de la couronne du gland et quelquefois bien qu’on ait soutenu le contraire à l’intérieur de l’urètre lui-même? et pourquoi les femmes ont-elles des chancres puisque généralement le poison est chez elles appliqué à une surface muqueuse?

On croit généralement que les divers degrés d'intensité que présente la blennorrhagie indiquent seulement la période et l’étendue de l'inflammation, qui, partout où existe la susceptibilité naturelle, est excitée par l’introduction d’une sécrétion irritante quelconque.

Toutes ces remarques sont parfaitement exactes, cependant nous voyons que des individus ont des chancres sécrétant du pus près de l’orifice de l’urètre sans qu’il eu résulte de blenuorrha-

gie. Ce fait n’est pas moins contestable, mais que tend-il à prouver? Non que les deux maladies dépendent du môme virus, mais seulement que la matière sécrétée par un chancre n’irritera généralement pas l’urètre d’un individu qui porte cette plaie sur le pénis. El généralement, elle ne produit ni ulcération ni chancre sur les parties environnantes de la verge. Si l’on admet que le faitdont il s’agit puisse apporter quelque lumière sur celte question , je dirai qu’il prouve positivement que ces deux maladies ne sont pas dues à la même sorte de virus (1).

(1) Aux arguments cités ici en faveur de l’identité des causes d’infection syphilitique et blennorrhagique on a opposé ceux qui sont favorables à l’opinion contraire et qui paraissent infiniment plus probants ; du reste, les arguments invoqués pour prouver l’identité de la syphilis et de la blennorrhagie sont faciles à réfuter. Le premier repose sur la supposition que la syphilis a dû être apportée d’un pays lointain, et sous la forme d’une blennorrhagie : parce qu’autrement, si l’affection avait été apportée sous la forme d’un chancre, celui-ci aurait eu le temps de dévorer la verge ; mais il faudrait d’abord prouver que la syphilis nous a été transmise de la sorte, et nous sommes déjà arrivés à conclure, quand nous nous sommes occupés de la maladie vénérienne, que le transport de la véroled’Amérique en Europe était trôsproblcmatique, et même improbable, et que la vérole, suivant toutes les apparences, avait dû exister de tout temps dansles lieux où un grand nombre d’individus des deux sexes se livrent au coït avec des sujets différents. D’autre part nous savons que la blennorrhagie peut prendre naissance chez un homme et une femme parfaitement sains qui se livrent au coït entre eux seulement mais d’une manière très-répétèe , et que cette blennorrhagie parfaitement simple ne sera jamais suivie chezeux de symptômes consécutifs. Pourquoi alors, en suivant l’hypothèse de Hunier, en serait-il autrement de la blennorrhagie à l’aide de laquelle ce célèbre chirurgien suppose que la vérole nous a été transmise d’Amérique, si cette blennorrhagie était dans son état de simplicité, et pourquoi aussi la blennorrhagie qui a dû exister chez nous de leut temps, puisque, comme je viens de le dire, elle se produit parfois entre deux individus parfaitement sains, n’aurait-elle pas déjà développé en Europe la syphilis avant la découverte du nouveau continent; puis-

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