‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 163 sur 242 · DU PANARIS · texte numérisé non relu

DU PANARIS

Le panaris est l'inflammation des tissus qui entrent dans la composition des idoigls. Au lieu de reconnaître, ainsi que le font beaucoup d’auteurs, un grand nombre de variétés du panaris, et de décrire à part le panaris érysipélateux, le panaris phlegraoneux, le fibreux, le tendineux, etc., ce qui sépare mal à propos des éléments qui appartiennent à un seul ^et même sujet, il ne faut diviser le panaris qu’en panaris profond, et panaris [Superficiel; et encore, celte division ne oeut-elle se justifier que par la différence dans l’intensité des symptômes, et lans la profondeur et l’étendue qu’il convient de donner aux incisions pratiquées jour guérir la maladie.

Causes. — Les piqûres, les pressions irolongées de la pulpe du doigt, le séour d’épines, de petits fragments de lois ou de verre qui sont restés dans a plaie étroite qu’ils ont faite aux Loigts, telles sont les causes les plus orlinaires du panaris ; d’aulres fois cette iffection survient sans lésion extérieure :t parait alors liée à un état saburral des voies digestives.

Symptômes. — Lorsque le panaris est •uperficiel, c’est-à dire qu’il n’attaque fue la peau ou tout au plus le tissu crlulaire qui lui est immédiatement sousacent, il est souvent borné à l’une des ihalanges, et c’est alors presque toujours a dernière qu'il affecte; cependant, il ’ étend, dans bien des cas, à deux ou aux rois phalanges. Le doigt est d’abord senible an toucher , le malade y éprouve le la chaleur , quelques heures ou un our plus tard le gonflement s’y manieste, il prend une couleur rouge, des laltements s’y font sentir, il devient rès-doulourcux et d’un volume consif érable; en même temps, il y a de la » lèvre, de la fatigue générale , et ordinairement, de l’inappétence, surtout si

0 i maladie est liée à l’existence d’un em- ■arras gastrique, cas dans lequel on dé-

" igné vulgairement l’affection sous le ijiom de mal d'aventure par opposition ceux où elle c=t due à quelque bles- « ure du doigt. Quand le panaris est pro- • on<f. l’inflammation comprend noneulement la peau et le tissu cellulaire

1 ous-cutané mais s’étend même dans la

gaine des tendons fléchisseurs; alors les symptômes sont plus graves que dans le cas précédent, mais la marche est la même. Le doigt, d’abord douloureux, commence à se gonfler, et ce gonflement arrive souvent à un degré très-considérable; il rougit; des battements artériels violents marquent chaque pulsation, la douleurest vive et profonde; le malade est en proie à une fièvre ardente, il peut même avoir des vomissements, du délire; sa langue est chargée, sa tête chaude, et, suivant l’intensité du mal , on observe des symptômes plus ou moins marqués de réaction sur l’eslomac et sur l’encéphale. La marche du panaris superficiel, surtout lorsqu’il existe à la dernière phalange seulement, est plus prompte que celle du panaris profond; souvent dès le second jour la suppuration est formée. Lorsque le panaris est borné à la dernière phalange, on l’appelle tourniole; et, dans un assez grand nombre de cas, au lieu de se trouver à la face palmaire il est à la lace dorsale du doigt, et entoure la matrice de l’ongle. La suppuration de cette espèce de panaris est très-souvent séreuse. En ouvrant plusieurs tournioles, j’ai été frappé de la fluidité de la matière qu’elles fournissaient : il est à remarquer qu’alors cette matière est très superficiellement située; mais dans d’autres cas le panaris superficiel fournit un pus bien lié et franchement phlegmonenx. Lorsque le panaris est profond, que l’inflammation a gagné la gaine des lendons, l’affection est beaucoup plus grave et l’étranglement des parties fibreuses est considérable si un traitement énergique n’est mis en usage, et si surtout des incisions suffisamment étendues et profondes ne débrident ces parties et ne donnent issue à la matière purulente qu’elles renferment. Si on néglige de recourir à ces moyens de bonne heure et avec énergie, des abcès peuvent se former jusque dans la paume de la main et dans le bras, ou bien les os des phalanges se nécrosent et sc carient , enfin la gangrène peut survenir. Il est encore une sorte de panaris limité et circonscrit qui mérite à peined’être mentionné particulièrement et que je désignerai sous le nom de paît a ris Juron: aLr ux . Il consiste en effet en une sorte de furoncle violacé et livide, qui contient un bourbillon ; il se développe sur les côtés ou sur le dos du doigt , et a peu de tendance à s’étendre vers la base de celui-ci: c’est un véri-

table furoncule, et il doit être traité Comme tel.

Traitement. — Lorsqu’on est appelé au début, on doit recourir aux antiphlogistiques avec énergie. Des applications de sangsues seront faites successivement et d’une manière très-rapprochée à la base du doigt ; la main sera baignée dans une décoction de guimauve et de têtes de pavots à peine tiède et dont la température sera entretenue la même avec le plus grand soin : dans l’intervalle de ces applications de sangsues et de ces bains, le doigt devra être enveloppé de cataplasmes tièdes et le bras sera mis en écharpe. Comme souvent la langue est chargée , la limonade sera prescrite comme boisson ordinaire. L’alimentation devra, suivant les cas, être nulle ou très-légère ; et si les signes d’embarras gastrique sont évidents, on pourra donner avec avantage quelque purgatif doux comme l’eau de Sedlitz ou l’huile de ricin. Bien que je ne néglige jamais le traitement antiphlogistique local au début, je dois avouer qu’il réussit rarement à faire avorter l’inflammation et que dans la plupart des qas il faut en venir à l’incision. Cependant, je persiste dans cette pratique; parce que je crois que dans la plupart des cas elle modère les symptômes inflammatoires, et que dans quelques autres, rares il est vrai, elle fait se terminer la maladie par résolution : mais il ne faut pas perdre dans l’emploi de ces moyens un temps précieux ; et si Ion ne voit pas diminuer l’intensité des symptômes promptement par leur usage, on doit de bonne heure inciser la partie malade. 11 est bien entendu que si 1 on n’est pas appelé au début de l’affection , et si l’on trouve déjà les parties tresgonflées , rouges, étranglées , il faut de primea bord faire cette incision. Lite doit toujours avoir une profondeur proportionnée à celle à laquelle se trouve le siège du mal : ainsi , quand le panaris est superficiel, il suffit qu elle comprenne la peau et le tissu cellulaire sous-cutané; ou quand il s’agit dune tourniole arrivée à maturité complote , seulement la peau amincie qui recouvre la matière purulente. 11 ne suffit pas de donner issue à cette matière, il faut toujours que l’incision soit à peu près d une longueur égale à l’étendue des parties enflammées. Quand le panaris est profond , il faut non-seulement inciser la peau et le tissu cellulaire, mais encore fendre en meme temps la gaine des ttn-

dons. Cette large incision, faite de bonne heure, donne souvent issue à une grande quantité de pus ; et si celui-ci n’est pas encore formé, elle est toujours très-utile : parce qu’elle lève l’étranglement des parties et procure une saignée locale, de telle sorte que, en ouvrant un panaris à quelque époque que ce soit de l’affection, on est toujours sùr d’agir dans l’intérêt réel du malade. Voici comment se fait celte opération : la face dorsale de la main est étendue à plat sur une table, un aide la maintient ainsi et fixe le poignet; le chirurgien incise le doigt longitudinalement sur sa face palmaire dans toute l'étendue des parties enflammées, et à une profondeur suffisante pour atteindre le siège du mal. Des cataplasmes; tièdes jamais à nu, et toujours entre deux i linges, devront être appliqués et renou-velés souvent jusqu’à ce que l’inflamma— tion soit tout à fait passée et la cicatrisa-tion de la plaie très-avancée. Ou doitt éviter de laisser la plaie longtemps à découvert, surtout quand l’incision a étéé profonde, afin de s’exposer le moins possible à l’exfoliation des tendons. Dess doigts du volume le plus énorme et dont! la perte paraissait imminente sont ainsïj ramenés bientôt aux conditions les plusfavorables, et, à moins qu’ils ne soient gangrenés ou que leurs os ne soient profondément frappés de nécrose ou de carie, on est bien rarement dans la nécessité de les amputer. Il y a deux ou front ans je rencontrai un cas dans lequel deu.

chirurgiens des hôpitaux voulaient défi articuler l’annulaire : je conseillai da différer cette opération, bien que le doi|« eût déjà été incisé antérieurement, et jj le fendis dans toute sa longueur , jus. que sur les os des phalanges. Ce doip! s’est guéri, il est seulement resté un pe plus volumineux et surtout moins mi bile que les autres doigts; mais il es>. et traîné par eux dans les mouvements « flexion et d’extension , et il sert dans préhension des objets. — Si des abcès sont formés dans la paume de la main < dans le bras , il faut les ouvrir parallè! ment à l’axe du membre. Durant tout traitement, le bras ne devra point et laissé pendant et sera constamment tel en écharpe.

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