‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 165 sur 242 · DES FRACTURES EN PARTICULIER. — FRAC- TURES DES OS PROPRES DU NEZ · texte numérisé non relu

DES FRACTURES EN PARTICULIER. — FRAC- TURES DES OS PROPRES DU NEZ

Ces fractures ne sont nullement rares, ce qui s’explique par la proéminence que forment ces os et parce qu’ils sont peu protégés par des parties molles. La lésion ne peut être produite que par une violence directe et extérieure, telle que la réception d’un coup ou une chute faite sur la face. Non-seulement ces accidents sont accompagnés de marques de contu- i sions évidentes, mais encore il se fait j une hémorrhagie par le nez. et l’on peut I sentir de la crépitation par suite de la mobilité des fragments de l’os. Dansquelques cas ceux-ci 11e sont nullement déplacés ; mais dans d’autres exemples, lorsque ; la violence extérieure a été plus grande, 1 les os propres du nez sont enfoncés eu ! dedans vers les fosses nasales, et, s il . s’est écoulé assez de temps pour qu’il se;j soit fait un gonflement considérable dans? j les parties molles, on devra s’assurer de-M la lésion et de la dépression de l’os enij parcourant soigneusement les parties;!

avec les doigts , car le gonflement déro--i bera aux yeux la nature de l’accident, j! Quelquefois la fracture s’étend dans l’a- -I pophvse montante de l’os maxillaire su- l périeur (I) et traverse le canal nasal; elle est accompagnée d’une ecchymose con-j sidérable , du sang ressort par les points-t lacrymaux, et le passage des larmes dans le nez se trouve intercepté. Enfin la violence peu! être transmise par la lame;

(I) Mon ami M. Iloopcr suivit un casde ce genre il y a environ trois ans. La : lésion résultait de ce qu'une brosse avait ’; été jelée avec une très-grande force dansle visage du malade. H y eut aussi lésion du cerveau. La mort survint bientôt/

DE PATHOLOGIE

perpendiculaire de l’os ethmoide à sa lame criblée, qui quelquefois se brise, et il peut se développer des symptômes de compression ou de lésion du cerveau.

Dans d’autres cas il peut n’y avoir aucune fracture de la lame criblée, bien qu’il y ait commotion du cerveau.

Quand une fracture des os propres du nez n’est pas accompagnée de déplacement, la seule chose que l’on ait à faire est d’appliquer une lotion froide légèrement volatile ; mais si les fragments sont enfoncés vers les fosses nasales, on devra les replacer dans leur position naturelle en introduisant une sonde dans la narine et en ajustant ces fragments d’os à l’aide des doigts appliqués à l’extérieur.

Généralement , lorsque les fragments sont replacés, ils ne sont pas disposés à changer de position de nouveau ; mais on cite des cas dans lesquels il fut jugé nécessaire de les soutenir au moyen de charpie passée dans la narine. Quand les parties molles sont le siège d’un gonflement considérable, la saignée, les sangjl sues et les autres moyens antiphlogisti- ; ques sont indiqués.

FRACTURES DES OS MALAlRES ET DES OS MAXILLAIRES SUPERIEURS.

Ces fractures sont rares , excepté lorsqu’elles résultent de plaies d'armes à feu ou de toute autre violence mécanique i très -considérable exercée directement sur la face. Ainsi l’on voit quelquefois une fracture de l’os malaire ou de la pommette être produite par un coup de pied de cheval ou par un coup de marteau; dans des cas semblables il doit exisler des esquilles en plus ou moins grande quantité, et les parties molles doivent être confuses ou même lacérées.

Quelquefois certains individus tentent de se suicider en se déchargeant un pistolet dans la bouche. Dans les cas de ce genre les arcides alvéolaires et les dents se trouvent souvent emportées ainsi que les apophyses palatines des os maxillaires supérieurs , les os palatins, les cornets inférieurs, le vomer , et les portions latérales de l’os elhmoïde. Le sinus maxillaire se trouve alors ouvert. Dans un exemple rapporté par Dupuytren, le malade vécut jusqu’au quarantième jour, et après sa mort on trouva la lame criblée de l’os ethmonle fracturée, et l’on vit qu’une balle était logée i dans un des lobes antérieurs du cerl 'veau.

On doit suspendre toute action des muscles de la gorge, et ne donner au malade que des aliments liquides qu’on lui fait prendre à l’aide d’une cuiller ou qu’on lui injecte avec un tube de gomme élastique passé dans le pharynx par la narine droite. On devra réduire les portions déplacées du palais, enlever les esquilles, et combattre tous les symptômes cérébraux en se guidant d’apres les règles qui ont déjà été tracées à propos des lésion de la tête. On doit rétablir aussi bien que possible les parties molles dans leur position naturelle. Il est indispensable de recourir aux moyens antiphlogistiques, et surtout à la saignée par la lancette.

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