‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 166 sur 242 · FRACTURES DE L’OS MAXILLAIRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

FRACTURES DE L’OS MAXILLAIRE INFÉRIEUR

Il peut y avoir fracture du corps de cet os, de ses branches , de l’ apophyse coronoide , ou du col d’un de ses cnndyles. Qelquefois il se fait une fracture près du menton , rarement dans le lieu, précis de la symphyse, mais généralement dans quelque point situé entre la symphyse de l’os et l’attache du muscle masseter. De cette insertion musculaire jusqu’à l’angle de la mâchoire en arrière, ou jusqu’à la base de l’apophyse coronoïde , l’os est couvert en dehors parle muscle masseter, et en dedans par le plérygoïdien interne; circonslance qui explique le moins de fréquence des fractures dans cette portion de l’os.

Cela explique encore un autre fait :

c’est que, lorsque des fractures se font dans ce point, elles ne sont pas très-sujettes au déplacement, parce que les muscles dont nous venons de parler se servent d’antagonistes l’un à l’autre.

L’os maxillaire inférieur peut se briser dans deux points à la fois, c’est-à-dire de chaque côté de la symphyse ; et dans ce cas il est difficile de maintenir le fragment du milieu dans sa situation propre, parce que plusieurs des muscles destinés a ahaisser la mâchoire sont attachés à cette partie de l’os maxillaire et l’entraînent en bas et en arrière.

Les fractures de la mâchoire inférieure peuvent être perpendiculaires , obliques ou transversales , c'est-à-dire parallèles à la base de l’os. Ces dernières sont moins communes que les fractures perpendiculaires et obliques, mais on les rencontre parfois ; elles détachent du reste de l’os une porliou des arcades al-

TBAITÉ ÉLÉMENTAIRE

véolaires et les dents qui y sont fixées.

Les fractures de la mâchoire inférieure sont quelquefois comminulives, l'os étant brisé par fragments souvent nombreux.

Lorsque la fracture est située près du menton et que l’os est brisé d’un seul côté ou des deux côtés à la fois , le fragment comprenant la symphyse se trouve entraîné en bas et en arrière vers l'os hyoïde par l’action des muscles digastrique , mylo hyoïdien , génio-hyoïdien et génio glosse.

Les fractures de la branche de la mâchoire ne sont pas très-communes, parce que cette partie est protégée par l’apophyse zygomatique et le muscle masseter. Les fractures du col du condyle sont plus fréquentes que celles de l’ apophyse corono'ide, elle condyle lui-même peut se trouver entraîné en avant et déplacé par l’action du muscle ptérygoïdien externe. Quand la branche de la mâchoire est fracturée , les fibres des muscles masseter et ptérygoïdien interne, étant attachées aux deux fragments de l’os, empêchent tout déplacement considérable.

Lorsqu’une fracture de la mâchoire inférieure est accompagnée de déplacement , on reconnaît facilement la nature de l’accident par l’inégalité de la ligue que présente la base de la mâchoire; par l’irrégularité de l’arcade que forment les dents; par l’inclinaison d’un côté delà bouche relativement à l’autre , et par la crépitation qu’il est aisé de distinguer au toucher. Lorsque les gencives sont lacérées ou que la portion lésée de l’os se trouve mise à découvert par suite d’une blessure, ainsi qu’il arrive souvent, ce qui constitue une fracture ( conipound ) avec sortie de l’extrémité des fragments, la nature de l’accident est encore plus évidente.

Quand la branche de la mâchoire ou le col d’un des condyles a été brisé, le malade ressent des douleurs intenses dans l’oreille ; et quand la mâchoire subit un mouvement , l’on peut sentir la crépitation.

On opère aisément la réduction d’une fracture de l’os maxillaire inférieur en introduisant les pouces dans la bouche et en appliquant extérieurement les doigts sur la base de l’os. Le chirurgien doit attirer le fragment déplacé en haut et un peu en avant, de manière à le placer sur le même niveau que le fragment qui a conservé sa position naturelle. 11 peut toujours juger si la réduction est parlaitc

en examinant avec attention la ligne que doit former la base de la mâchoire et la régularité ou irrégularité que présente l’arcade des dents.

Quelque aisé que soit l’accomplissement de cette réduction, il est parfois difficile de maintenir la fracture réduite; parce que pour arriver à ce but il faut que l’arcade des dents de l’os brisé demeure invariablement appliquée sur celle des dents de la mâchoire supérieure. C’est pourquoi , lorsque les dents sont naturellement irrégulières ou que le malade en a perdu, certains praticiens conseillent d’introduire un morceau de liégeentre les dents qui restent, afin de maintenir la mâchoire inférieure contre une surface unie et égale. D’autres chirurgiens renferment la partie fracturée de l’os maxillaire dans du carton que l’on doit amollir avec de l’eau chaude la première fois qu’on l’applique, afiude l’adapter à la forme de la partie. Que l'on fasse ou non usage de carton , il faut soutenir avec soin la mâchoire brisée et la maintenir immobile avec une bande roulée; ou, ce qui est encore préférable, avec le bandage à quatre chefs ou fronde, dont on doit appliquer le centre sur le menton et attacher les chefs antérieurs sur l’occiput et les chefs postérieurs sur le front. On est souvent obligé de recourir à l’emploi d’une compresse appliquée sous la partie qui tend à être entraînée en bas et en arrière. 11 faut empêcher le malade de mâcher et de parler, ce qui causerait de nouveau des déplacements dans la fracture. C’est pourquoi ou ne doit permettre au malade que les aliments que l’on peut prendre avec une cuiller. Dans les cas graves de fracture avec sortie de l’extrémité des fragments , on trouve quelquefois utile d’employer une sonde de gomme élastique pour l’administration des aliments et des médicaments.

Il est très-difficile de maintenir réduites les fractures situées près de la symphyse, à cause du mouvement incessant occasionné dans cette partie de 1 os par les muscles qui s’attachent à celle-ci et à l’os hyoïde. Ces muscles sont : le digastrique , le mylo-hyoïdien , le génioiiyoïdien et le génio-glosse, qui tous sont mis en action dans l’acte de la déglutition. M. Lonsdale a inventé pour les cas de ce genre un instrument, simple mais ingénieux, qui saisit la base de la mâchoire et l'arcade des dents de manière à maintenir la fracture très-sûrement réduite. Divers chirurgiens français et al-

DE PATHOLOGIE

! lemands ont aussi inventé des instruments agissant d’après le même principe.

Ces moyens ne sont pas applicables aux fractures de la branche de la mâchoire, de l’apophyse coronoïde ou du condyle.

Quand le col du condyle est brisé , le condyle lui-même se trouve entraîné en dedans et en avant par l’action du muscle ptérygoïdien externe; et comme il ne peut être replacé , on doit maintenir ce col incliné vers le condyle en faisant agir le bandage particulièrement sur l’angle de la mâchoire à l’aide d’une compresse.

On cite des cas dans lesquels le condyle détaché au lieu de se réunir fut évacué au dehors par un abcès formé dans la partie à une époque subséquente.

Sanson assure que lorsque l’apophyse coronoïde est brisée la fracture ne se réunit jamais; mais il dit que la mastication s’accomplit parfaitement, les muscles masseter et ptérygoïdien remplissant alors l’office du muscle temporal.

fractures ( compound) de la mâchoire

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