LUXATIONS DU POUCE
Elles sont difficiles à réduire, surtout celles de la première phalange sur l’os métacarpien. Cependant, il y a quelques personnes qui ont les ligaments de cette articulation si lâches qu’elles peuvent à volonté , non-seulement luxer la première phalange par l’action des muscles fléchisseurs, mais même la remettre à sa place par l’action des extenseurs. Dans ces cas de luxation et de réduction spontanées les ligaments sont extraordinairement lâches. Quelquefois cette disposition peut être le résultat d’une maladie ou de la négligence d’une luxation dans laquelle l’os a été réduit, mais point convenablement soutenu à sa place.
Dans la luxation ordinaire du pouce la tête de la première phalange est rejetéesur la partie postérieure de la tête de l’os métacarpien, de sorte que la première phalange se projette en arrière tandis que la tête de l’os métacarpien s’incline vers la paumede la main ; le pouce demeure dans 1 impossibilité d’être redressé et la seconde phalange reste dans la flexion. C’est
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ligaments latéraux que la réduction est si difficile. La tele cunéiforme de la première phalange glisse avec sa partie étroite dans l’ouverture existant entre les ligaments latéraux, et entraîne la partie épaisse entre ceux-ci. Ainsi la première phalange est complètement et solidement fixée à la manière d’un coin entre les ligaments latéraux, qui doivent conséquemment être considérés comme formant le principal obstacle à la réduction. Les muscles de la partie étant d ailleurs forts , ils offrent une certaine résistance à la réduction , surtout parce que la surface pour l’application des moyens extensifs est très- limitée. Par suite de ces causes diverses, on éprouve quelquefois tant de difficultés pour accomplir la réduction que dans un cas qui se rencontra à l’hôpital Saint George, , J ? .e1nvirtm puante ans, l’extension lut taite avec une telle force que le pouce fut arraché. C’est à ce cas que Ix,' .c Leeds lait allusion dans ses Observations pratiques sur la chirurgie.
traité élémentaire
Il y a quelque temps, un jeune homme qui Était affecté dune luxation de ce genre vint me consulter; il m’était envoyé par M. Hughes deHolborn, qui avait essayé en vain de la réduire. Désirant que M. Hughes fût présent à la réduction, je lui demandai de se rendre chez moi dans l'après-midi afin que nous pussions réunir nos efforts; mais, dans cet intervalle , le malade rencontra un de ses parents qui était chirurgien et qui réduisit la luxation. Je m’enquis de la manière dont il avait procédé et j’appris qu’il avait fixé un bout de ruban autour du pouce en faisant le nœud dit cloveliicch knot {nœud de. matelot), dont se servent souvent les marins ; il attacha alors une clef au ruban et put pratiquer l’extension avec une force considérable, ce qui fut suivi de succès. C’était à un moyen de cette nature que je complais en effet avoir recours. Sir Astley Cooper, dans son ouvrage sur les luxations, décrit ce mode de réduction. Il place d’abord autour du pouce un morceau de cuir doux mouillé pour empêcher la peau d’être froissée; il applique ensuite le ruban par dessus et le fixe par le nœud de matelot. Le nœud proposé par M. Hey serait encore convenable. Le nœud de matelot diffère surtout de celui de IM. Hey en ce qu’il y a deux tours ou nœuds au lieu d’un. Quelquefois, M. Hey a réussi sans faire aucune extension et en pressant la tete de la première phalange vers l’os métacarpien. 11 est en effet facile de comprendre que si la partie épaisse de l’os était emprisonnée derrière les ligaments latéraux, plus l’extension serait puissante, plus serait grande la difficulté d’effectuer la réductiou. S;r Astley Cooper recommande particulièrement de fléchir la première phalange avant de faire l’extension.
Lorsqu’on n’a pas pu réduire la luxation de la première phalange du pouce par des moyens ordinaires, on a proposé de diviser un des ligaments latéraux avec une aiguille à cataracte. Cependant, les chirurgiens les plus habiles rejettent cette pratique à cause de la fréquence du tétanos à la suite des lésions des tissus tendineux et ligamenteux du pouce. Sir Astley Cooper pense même qu’il est bien plus prudent de laisser subsister la luxation que de s’exposer à une maladie aussi terrible et aussi difficile à guérir que lo tétanos traumatique. D’autres chirurgiens recommandent de retrancher la tête de l’os métacarpien avec une petite
scie ou avec des pinces tranchantes, ce qui vaut peut être mieux que de diviser un des ligaments.
Quelquefois la luxation a lieu dans l’aulre direclion, et l’os métacarpien se trouve à la partie postérieure de la première phalange; alors la réduction n’offre pas de difficulté.
La seconde phalange est quelquefois luxée en arrière, et dans les cas de ce genre, avec sortie de l’extrémité luxée, sir Aslley Cooper recommande de retrancher la surface articulaire de la première phalange. Après avoir réduit l’une ou l’autre des luxations que l’on vient de décrire on doit soutenir l’articulation avec des morceaux de carton et un ruban de fil. Au bout de quinze jours on commencera à recourir au mouvement passif ou communiqué.
Les phalanges des doigts se luxent le plus ordinairement en arrière; l’extension modérée les remet bientôt à leur place.
Les luxations du pouce avec sortie de l’extrémité luxée au dehors déterminent souvent le tétanos, si souvent même que quelques chirurgiens ont conseillé d’amputer dans tous ces cas plutôt que d’essayer la réduction ; mais je ne saurais partager cet avis, car, d’après les observations que j’ai tracées à propos du tétanos traumatique, il paraît que l’amputation est an moyen très-incertain de prévenir ou de guérir celle affection.
LUXATIONS DES VERTEBRES.
Les vertèbres dorsales et les vertèbres lombaires ont des apophyses articulaires si étendues et des corps si larges , leurs ligaments sont tellement forts et membraneux et le mouvement entre deux vertèbres est si borné que leur luxation est difficile. Sir Astley Cooper dit même qu’il n’a jamais vu de luxations de vertèbres dorsales ou lombaires qui ne fût accompagnée de fractures d’un ou de plu- i sieurs corps vertébraux ou des apophyses obliques ou articulaires. 11 n’a jamais vu cet accident arriver par le simple déchi- j rement de la substance intervertébrale.
Généralement, il y a fracture des apo- t physes articulaires et d’un ou de plusieurs corps vertébraux en même temps que luxation de l’apophyse articulaire d’une vertèbre sur l’apophyse articulaire de la vertèbre suivante. On peut regar* der comme impossible la luxation par le seul déchirement de la substance inter-
DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
vertébrale à la partie inférieure de l’épine; mais à la partie supérieure de la colonne vertébrale il peut y avoir luxation des vertèbres sans fractures, parce que les surfaces articulaires des corps des vertèbres cervicales sont moins étendues et les apophyses épineuses et articulaires moins obliques. A l’hôpital Saint- Bartholoinewil y a une préparation dans laquelle une portion de la substance intervertébrale est déchirée entre la cinquième ou sixième vertèbre cervicale, avec une séparation partielle de ces os entre eux, et une luxation des apophyses articulaires des deux côtés. 11 y a au Muséum de ce même hôpital un cas de fracture partielle des corps des deux vertèbres cervicales inférieures accompagnée de la luxation des apophyses articulaires. Mais : le cas dans lequel il y avait luxation et i non fracture des apophyses articulaires ou obliques est suffisant pour prouver j qu’il peut y avoir luxation des vertèbres j supérieures sans fracture d’aucun genre.
\ Une des personnes qui suivaient mes le-
Içons me mit à même de montrer au cours de chirurgie du collège de l’Université un exemple de luxalion complète de la partie moyenne des vertèbres cervicales sans fracture. L’individu qui avait fourni cette préparation avait été tué instantanément en allant se heurter j contre le haut d’une porte cochère tandis ; qu’il était assis sur l’impériale d'un ora- 1 nibus qui était lancé avec une grande j rapidité.
Dans un des derniers volumes des Transactions médico-chirurgical es on cite
>un cas dans lequel le corps d’une des vertèbres dorsales fut fracturé en même Il temps qu’il se fit une luxation d’une des ! apophyses articulaires de cet os sur l’ail pophyse articulaire de la première verj tèbre lombaire sans fracture de celle-ci.
, Vivant Desault et autres chirur- | giens , les luxations des apophyses arti- 1 culaires de certaines portions de l’épine 1 ont quelquefois été réduites.