‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 182 sur 242 · LUXATION DE LA ROTULE · texte numérisé non relu

LUXATION DE LA ROTULE

La rotule est sujette à trois luxations: la première en dehors sur le condyle externe; la seconde en dedans sur le condyle interne; et la troisième et dernière en haut avec rupture du ligament rolulien. Il y a aussi quelques autres sortes de déplacements : car, parfois, la rotule est simplement contournée , le bord interne étant en avant et le bord externe en arrière de manière à former une saillie considérable au-devant du genou; et quelquefois elle est rejetée sur le condyle externe et tournée sur elle-même.

Mais le genre de déplacemeut de la rotule le plus commun est celui dans lequel elle est rejetée à plat sur le condyle externe. Celte luxation se rencontre le plus souvent chez les individus dont les genoux sont considérablement inclinés eu dedans. On comprend facilement combien , chez les individus ainsi conformés, l’action des muscles extenseurs de la jambe entraîne l’os en dehors.

Lorsque des individus sont cagneux, comme on le dit vulgairement , et que le ligament de la rotule est remarquablement lâche , celte luxation est très-sujette à se produire , l’action des muscles extenseurs de la jambe étant souvent suffisante pour la déterminer sans leçon-cours d’une violence extérieure. Sir- Astley Cooper parle d’une jeune fille:

élevée par des bateleurs, chez laquelle les ligaments de l’articulation du genou i et de la rotule étaient si lâches aux deux jambes, que les deux rotules glissaient:! sur le côté externe du condyle externe : du fémur toutes les fois que les exten—i seurs entraient en contraction. Cepeu- I dant la luxation eu dedans est générale— | ment due à une violence extérieure oui à un coup sur le bord externe de la ro- -| tule qui l’entraîne en dedans. Ces deux jj luxations se réduisent d’après les mêmes 4j principes, savoir par le relâchement des-j extenseurs de la jambe et en poussant l’os déplacé en dehors ou en dedans suivant la direction du déplacement. La réduction n’est généralement pas difficile, il Cependant on a vu des cas dans lesquels on a rencontré de grandes difficultés. : M. G. Young en a observé un diaujl lequel néanmoins, en plaçant le pied du malade contre son épaule et en > pressant sur la rotule avec ses deux -

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mains , il pratiqua sans trop d’efforts la réduction , bien que les moyens ordinaires eussent échoué. La la xi té des ligaments chez certains individus, et l’obliquité extraordinaire de la surface articulaire de l’extrémité inférieure du fémur rendent quelquefois difficile de maintenir la réduction après qu’elle a été accomplie, et il devient alors nécessaire d’appliquer sur la rotule un bandage en 8 de chiffre pour la maintenir à sa place. S’il y avait beaucoup de gonflement cette bande roulée ne devrait pas être appliquée avant que l’inflammation ait été réprimée par les lotions froides, les purgatifs, les sangsues, etc.

Quand la luxation a lieu en haut par suite de la rupture du ligament rotulien, il y a généralement un gonflement considérable autour de l’articulation , car cette luxation rie peut être produite que par une violence directe considérable ou par des efforts extraordinaires des muscles extenseurs qui rompent la membrane synoviale, ce qui amène ordinairement une inflammation intense. Ici encore on doit observer le principe qui consiste à relâcher les extenseurs de la jambe en plaçant le membre sur un plan oblique s’étendant de la tubérosité de l’ischion jusqu’au talon. On ne peut appliquer de bandage au début, mais après trois ou quatre jours, quand l’inflammation et le gonflement sont diminués, une bande roulée doit être mise autour de la partie inférieure de la cuisse de manière à maintenir la rotule aussi près que possible du tibia. Après trois semaines environ il est bien de recourir au mouvement passif ou communiqué de l’articulation , c’est-à-dire qu’on, doit faire un peuplier et étendre la jambe par une autre personne chaque jour dans le but de prévenir l’ankylose.

Dans un des volumes de la Gazette médicale de Londres on lit les détails d’un cas dans lequel la rotule était nonseulement rejetée en dehors sur le condyle externe , mais tournée sur ellemême, de sorte que sa face antérieure regardait en arrière et sa face postérieure en avant, mais cet accident est beaucoup moins commun que la simple luxation en dehors.

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