LUXATION DU GENOU
L’articulation du genou ne lire pas beaucoup de force de la conformation des os , mais on en trouve une considé-
rable dans le nombre, la force et l’arrangement de ses ligaments; cette force est telle que ses luxations sont rares et qu’aucune articulation également exposée aux violences extérieures n’est luxée aussi rarement. Néanmoins les luxations du genou peuvent avoir lieu dans quatre direçlions. La tête du tibia peut être déplacée en dedans ou en dehors , mais quand la luxation est dans l’une ou l’autre de ces directions elle est toujours incomplète et l’accident est extrêmement rare. Les luxations latérales de l’articulation du genou sont plus rares que celles dans lesquelles la tète du tibia est rejetée soit en arrière, soit en avant, il y avait à Guy’s Hospital un cas dans lequel le tibia lut luxé en arrière et les condyles du fémur furent luxés en avant; le tibia déplacé exerçait une telle pression sur l’artère poplitée que la pulsation de l’artère tibiale antérieure ne se sentait plus au coude pied. Toutes les luxation's du genou sont extrêmement rares , cependant on en rapporte quelquefois des exemples dans les auteurs, et peut être dans le cours de vingt ans n’en rencontrerait-on qu’un cas dans un grand hôpital. On n’éprouve pas de difficulté à les reconnaître , car la saillie du tibia et du fémur les rend évidentes. Lorsque le tibia est luxé en avant, il y a généralement quelque rupture des muscles jumeaux et poplité. Sir Astley Cooper a rencontré un cas de luxation incomplète de l’articulation du genou dans laquelle le condyle externe avait été rejeté de la tête du tibia en avant , et le condyle interne en arrière ; il trouva que dans ce cas il n’v avait point eu de rupture des ligaments croisés, mais si le tibia était complètement luxé en arrière, les ligaments croisés et latéraux, ainsi que les muscles dont je viens de parler, pourraient être déchirés.
Pour pratiquer la réduction il faut fléchir le genou de manière à relâcher les muscles puissants du mollet, et , tandis que le fémur est fixé, en faisant 1 extension on pousse la tète du tibia dans la directioirconvenable.
Luxation des condyles du Je mur liors des ‘cartilages semi-lunaires. — Quelquefois les bandes ligamenteuses qui fixent les cartilages semi - lunaires dans leur position naturelle deviennent plus allongées et plus lâches que d’habitude, et cela peut surtout arriver lorsqu’il y a une collection de liquide dans l’articulation. Si , en pareille circon-
TKA1TÉ ÉLÉMENTAIRE
stance, l’individu vient à mettre en marchant sou pied en contact avec quelque obstacle, l’un des condyles du fémur ou tous deux à la lois peuvent se luxer hors de leur cartilage semi-lunaire correspondant; il en résulle que le malade ne peut étendre sa jambe en droite ligne et qu’une douleur très vive se fait subitement sentir dans l’articulation. La méthode adoptée par M. Iley consiste à étendre fortement la jambe et à la plier aussi loin que possible. J'ai essayé ce moyen avec succès. Dans quelque cas, pourtant, il ne réussira pas et alor^il faudra en employer d’autres. L’un d'eux consiste à fléchir la cuisse et à tourner subitement sur elle-même la jambe en dehors ; on a quelquefois réussi de la sorte. Sir Asiley Cooper cite un malade qui ne pouvait jamais replacer les condyles sur les cartilages setni-lunaires à moins d’employer ce procédé; il avait l’habitude de se placer sur le plancher, et alors en fléchissant la cuisse, et en tournant lu jambe en dehors, il pouvait toujours accomplir la réduction et faire cesser immédiatement sa souffrance. Une fois arrive, cet accident est sujet à se reproduire ensuite : il est donc souvent prudent de faire porter au malade une genouillère lacée qui maintienne le genou parfaitement soutenu.
LUXATION DU PERONE.
La tête du péroné est rarement luxée par une violence extérieure; je n’ai vu aucun cas qui fût arrivé de la sorle, mais la tête du péroné se luxe quelquefois par suite d’une maladie , et alors elle est rejetée en arrière. Cependant ce cas est rare. Le traitement consiste à employer les remèdes propres à arrêter le travail morbide qui se fait dans l’articulation, et qui est généralement de nature scrofuleuse ; il faut appliquer des vésicatoires sur la partie, et, lorsqu’on a arrêté le progrès de la . maladie , on peut employer la compression pour fixer la tête du péroné à sa place.