TONCTION DE LA VESSIE
Le cinquième, le sixième et le septième jour à dater du commencement de l’obstruction totale, sont ceux dans lesquels l’urine doit vraisemblablement s’échapper de la vessie; conséquemment sir Charles Bell recommande de lui donner issue le quatrième jour (I).
Bien que je ne sois pas d’avis de remettre l’opération après que les moyens plus doux ont décidément échoué, je pense que ceux-ci réussiront presque toujours entre des mains habiles et qu’on peut généralement l’éviter. Aujourd’hui on remplace souvent cette paracentèse par la pratique excellente qui consiste à faire une ouverture dans la portion membraneuse de l’urètre, qui, dans les cas de rétrécissements réfractaires, est ordinairement dilatée derrière l’endroit resserré du canal.
ün peut ponctionner la vessie par le périnée, au-dessus des pubis ou par le rectum. Je ne parlerai pas de la première opération, qui est aujourd’hui généralement abandonnée. Ceci s’adresse à l’ancienne méthode de pratiquer une ouverture à la vessie avec un trocart entre son col et l’insertion des urelères, car il se présente souvent des cas dans lesquels il convient bien plutôt d’évacuer l’urine par une incision au périnée que par une ponction faite à la vessie, soit par le rectum, soit au-dessus du pubis. L’opération que je conseille n’est pas un coup hasardeux de Irocart en un point quelconque entre le col de la vessie et l’insertion des uretères, point qu’on ne peut jamais être sûr d’atteindre, mais une simple incision dans la portion membraneuse dilatée de l’urètre. Dans les rétentions d’urine par suite de rétrécissement auxquelles on ne peut porter remède par d’autres moyens, sir Astley Cooper aime mieux faire une ou-
une action assez prompte pour qu’on puisse en une ou quelques heures, et souvent dans la même séance, la séparer des tissus environnants par une véritable dissection. Cette méthode, que met en pratique le docteur Bourdin , et dont il m’a communiqué quelques résultats curieux, diffère tout à fait de celle dans laquelle on désorganise et fait tomber successivement toutes les parties qu’il s’agit d’enlover en les touchant avec des escharotiques. (Note du trad y) (1) Chirurgie opérât., vol. 1, p. 515.
cessité chez les individus du sexe mas- culin. Chez eux, la rétention d'urine, provient presque toujours de rétrécisse-ment ou d une maladie de la prostate..
Parmi les cas de celle dernière nature, , sir Astley Cooper n’en a jamais vu uni dans lequel une sonde de forme et de .volume convenables ne pût être intro-duite (l). « Si un homme avait un rétrécissement de l’urètre, dit sir Charles; Bell , et si les parties environnantes^ étaient indurées de manière à ce qu’on i ne pût espérer de faire disparaître immédiatement cet obstacle à l’aide dui caustique ou de la bougie, et si dans ces : conditions il est survenu une obstruction soudaine au cours des urines, si la , vessie s’est élevée dans l’hypogastre et a perdu sa force de contraction, et s’il ne reste point d’espoir de soulagement t spontané ou par des remèdes plus doux, je crains alors qu’il soit préférable d'ouvrir l’urètre dans le périnée derrière le: rétrécissement. Ceci doit être fait immédiatement si les symptômes indiquent; une rupture de l’urètre et un épanchement d’urine (2). »
A l’hôpital du collège de l’UniversitéJ.
j’ai suivi un cas dans lequel une maladie? de la glande prostate donnait à la portion de l’urètre que comprend cette ; glande une forme parfaitement spirale, de sorte qu’on ne pouvait y faire passer: qu’une petite sonde flexible, et à la fin la pointe de cette algalie pénétra dans la . substance de la prostate, dont on trouva une partie extrêmement molle à l'au — topsie. Si la sonde s’était enfoncée un quart de pouce plus profondément, elle aurait atteint la cavité de la vessie. . Comme les symptômes étaient pressants,, je ponctionnai la vessie au-dessus des; pubis et j’évacuai une quantité d'uriner considérable. Le sujet ne se rétablit pas^l et, en examinant les parties après la mort,
(t) Obs. chirurgicales, vol. 2, p. CI. • Londres, 1818. — Si l’urètre s’est déjài rompu et si l’épanchement a eu lieu,,!
il semble qu’il n’est nécessaire de faire que des incisions extérieures larges.
(2) Lectures, vol. 2, p. 515. — Sir Astley Cooper parait devoir revendiquer le mérite d’avoir le premier remis en vi-y gueur ce procédé oublié bien qu’excel* -f lent, dont je trouve des traces dans l’ouvrage dcL.-L. Petit, intitulé JJes rnalad. çhir., t. jn. Paris, 1790.
DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
il sembla qu’une petite quantité d’urine avait suinté entre la canule et les parois de la plaie, et avait excité l'inflammation qui s’était étendue au péritoine.
Gn voit, sur la préparation qui est conservée dans le Muséum du collège de l’Université, que le trajet du trocart se i trouve au-dessous du point où le péritoine se réfléchit sur la vesde, et l’aug- I mentation de volume de la glande prostate présente cette particularité qu’elle a eu lieu principalement dans la direction du rectum.