‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 195 sur 242 · PONCTION DK LA VESSIE PAR LE RECTUM · texte numérisé non relu

PONCTION DK LA VESSIE PAR LE RECTUM

Le malade doit être placé dans la position recommandée pour la lithotomie.

Un aide presse sur l’abdomen juste audessus des pubis pour rendre la proéminence de la vessie plus distincte au doigt que le chirurgien a introduit dans le rectum. Un trocart courbe avec la pointe de son stylet rentrée à l’intérieur delà canule est introduit dans le rectum avec la main droite et guidé sur 1 index gauche qu’on a passé dans cet intestin, de manière à sentir la base ou partie postérieure de la glande prostate. On doit le tenir exactement sur la ligne médiane de la partie antérieure du rectum, et dès que l’extrémité de la canule a dépassé la glande prostate, ou doit abaisser son pavillon et pousser le stylet dans la vessie à travers la partie antérieure de l’intestin aussi près que possible du milieu d’un petit espace triangulaire limité sur les côtés par les canaux déférents et par les vésicules séminales qui I convergent vers la glande prostate, et en arrière par la liene que représente le péritoine en se réfléchissant de la vessie : sur le rectum. Si la ponction est faite dans le centre de cet espace juste au delà de la base de la glande prostate, tandis que la vessie est distendue, il n’y a de danger de blesser ni les canaux déférents, ni les vésicules séminales, ni le péritoine (l).

Après que l’urine a été évacuée, on doit fixer la canule à sa place au moyen * de deux bouts de ruban passés dans scs ! anneaux et noués sur la partie antérieure et sur la partie postérieure d’un I bandage placé autour du corps. On doit «la boucher avec un bouchon qui peut Hêtre retiré quand 1 occasion le réclame, «et Axé de nouveau avec une compresse |et un bandage en T. Dès que l’obstacle |existanl dans l’urètre a disparu la canule H doit être retirée, ou bien dans quelques 1 cas on peut l’enlever au bout de douze Hou vingt-quatre heures, et on laisse l’ujUine passer par la nouvelle ouverture.

( 1 ) Sir Astlcy Coopcr, Lectures, vol. 2, p. 31t. — üi aussi J.-M. Malgaigne, Manuel opérât., p. 682. Paris, 1834.

S, Coopcr.

La raison donnée en faveur de cette méthode, est qu’on se délivre de la présence de la canule dans le rectum. Les raisons à lui opposer sont que l’ouverture peut se fermer prématurément et que l’urine peut causer l’inflammation, l’ulcération et la gangrène du rectum.

Sir Astley Cooper reproche à cette opération d’exposer à ce que l’urine irrite le rectum et donne naissance à une inflammation et à une maladie de cet intestin, ainsi que cela arriva chez un sujet soigné par le docteur Cheston.

Quand la prostate est augmentée de volume, il est évident qu’on ne peut la pratiquer.

LITHOTOMIE.

La généralité des calculs vésicaux se forme primitivement dans les reins; de là ils descendent dans la vessie par les uretères, mais ils sont ou trop volumineux pour être rendus par l'urètre, ou bien ils sont empêchés d'entrer dans ce dernier canal par la saillie que forme une prostate augmentée de volume (1).

Cependant, lorsqu’un corps étranger rente dans la vessie, il s’incruste bientôt d’autres matières déposées à sa surface par l’urine et forme ainsi le noyau du calcul.

La composition des calculs est variée : — t. Acide Jitbique (acide urique). — i. Oxalale de chaux ou calculs muraux qui sont d’une couleur brune, très-durs, et ont une surface couverte d’aspérités et irrégulière. — 3. Phosphate ammoniaco-magnésien. — 4. Phosphate de chaux. Les calculs composés entièrement de cette substance se rencontrent rarement dans la vessie, et quand ils y existent les recherches du docteur Prout tendent à prouver qu’ils proviennent non de l’urine, mais des sécrétions de la vessie elle-même. — 5. Calculs constitués en partie par du phosphafe anitnoniaco-magnésien et en partie par du phosphate de chaux mêlés ensemble. — G. Lilhiile (urate) d ammoniaque ne se rencontrant guère que chez les enfants.

7. Lilhale (urate) de soude extrêmement rare. — 8. Oxide cvstique.

0. Carbonate de cliuux. Il est très-rare qu un calcul soit entièrement composé

(l)Sir benjamin Brodie, Maladies des organes urinaires, <id. 2, p. 209, in.So Londres 1835. *

de cette substance, bien qu’elle soit souvent mêlée en petite quantité à d’autres matières. — 10. Oxide xanthique. — 11.

Calculs fibreux. Ces deux dernières espèces, décrites pour la première fois par le docteur Marcet, sont rares (i ). On sait que les enfants et les individus âgés sont plus sujets à la formation des calculs qu’on ne l’est dans l’âge moyen de la vie. Dans les classes pauvres, la fréquence de cette affection chez les enfants est remarquable , mais dans les classes élevées elle est plus commune chez les vieillards que chez les jeunes sujets.

Le Muséum du collège de l’Université offre de nombreux exemples de la propension des individus affectés de maladie de la prostate à la formation des calculs. Leur vessie ne peut jamais se vider complètement, et, comme sir. Benjamin Brodie le remarque avec raison, si un petit calcul provenant des reins descend dans la vessie, il ne peut s’échapper par l’urètre, demeure dans le réservoir de l’urine et y acquiert de l’accroissement. L’acide urique (ou autrement dit lithique) et des particules de phosphate de chaux, ou toute autre substance pouvant agir comme noyau, devient aussi en pareille circonstance le point de départ de la formation d’une pierre dans la vessie. Dans les cas où la prostate est malade, la membrane muqueuse de la vessie s’enflamme quelquefois et le mucus qu’elle secrète dépose du phosphate de chaux en petites masses, dont chacune devient le noyau d’un calcul ; mais ces calculs peuvent se réunir et eu former de plus volumineux.

Tout le temps qu’une pierre contenue dans la vessie est d'un petit volume, unie, sans saillies anguleuses, il peut n’en résulter que peu de souffrance ; mais, lorsqu’elle dépasse un certain poids, qu’elle est rugueuse, de figure irrégulière, elle produit toujours plus ou moins de douleur. Cependant, les symptômes semblent recevoir une influence de la qualité de l’urine q ni peut offrir une acidité insolite, être alcaline, déposer du phosphate ammoniaco-magnésien.

Comme l’a remarqué sir Benjamin Brodie dans l’un ou l'autre de ces cas, ce liquide est trop stimulant et les symptômes produits par la pierre en seront

(1) Consultez sur ce sujet los ouvrages de Brande, Marcet , I’roul, Henry, Yelloly et Brodie.

aggravés. L’état de la vessie elle-même établit une différence considérable, rien n'augmentant l’intensité des symptômes comme l’inflammation de la membrane muqueuse. Quand cette dernière existe, un petit calcul cause infiniment plus de douleur que n’en occasionne un calcul volumineux dans les circonstances ordinaires (1). Une autre raison qu’il assigne à l’augmentation d’intensité des symptômes quand l’urine est alcaline, c’est que l’état de la santé générale quii cause l’alcalinité de cette sécrétion est ; accompagnée d’une sensibilité morbide:

du système nerveux en général. Une:

douleur sourde et tourmentante est res-sentie à l'extrémité de la verge, cequii excite les enfants à tirer continuellementt le prépuce qui s’allonge souvent d’uue:

manière remarquable. On éprouve une.

sensation de pesanteur dans le périnée,, il y a de fréquents besoins d’uriner,, quelquefois un sentiment pénible danss le rectum, du ténesme, ou même chez:

les enfants une chute de rectum. Unet petite pierre venant à tomber sur l’orifice interne de l’urètre peut arrêter subitement le jet d’urine, bien que la ves-isie en contienne encore une quantité:

considérable. L’évacuation de ce liquide: est accompagnée de douleur, surtoutl lorsqu’elle s’achève, au moment où lai surface interne de la vessie étreint pouri ainsi dire le corps étranger.

L’urine contient une grande quantité de mucus qui forme un sédiment, et?

quand le malade prend de l’exercice elle? est quelquefois aussi mêlée de sang. A’ une époque avancée, l’ulcération de kl.

membrane interne de la vessie survient!

et alors l’urine a une odeur fétide parce qu’elle devient putréfiée et ammoniacale et elle dépose un mélange de mucu.

et de pus joint à une plus on moto grande quantité de sang. Après quelque temps, les symptômes d'une maladie di vessie et des reins s’ajoutent à ceux d la pierre ; le sujet perd l’appétit, tombdans l’état hectique, et ses urines de viennent albumineuses. Souvent le ma?

lade, si l’on ne vient à son secours paj l’opération, meurt victime de i’iiiflanr motion de la vessie dont l’altération êta: déjà profonde. Quelquefois de vastes ait cès se forment dans le tissu ccllulaiii du bassin. Outre ces symptômes, o.

(1) Sir Benjamin Brodie , Maladies df organes urinaires» p- 225» éd. 2.

DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE

peut remarquer de l’engourdissement dans les cuisses, et les testicules sont souvent douloureux et rétractés. Chez un individu que soignaient dernièrement MM. Bransby Cooper, le docteur Rigby et moi, et qui mourut de la pierre, 1 un des reins était fortement augmenté de volume et l’uretère gauche, dont la communication avec la vessie à son extrémité inférieure s’était oblitérée, présentait une dilatation considérable et avait acquis la largeur d’un intestin grêle.

L’augmentation de volume de la prostate est accompagnée de symptômes plus ou moins semblables h ceux de la pierre, mais avec cette diflérence que le mouvement de la voiture et du cheval n accroît pas les douleurs quand il s’agit d’une maladie de la prostate, tandis que lorsqu’il y a des calculs dans la vessie, ces exercices augmentent les souffrances d’une manière intolérable et font souvent rendre de l’urine sanguinolente.

Les accès de douleurs que cause un calcul dans la vessie, surviennent généralement par intervalles, tandis que la douleur due à une maladie de la prostate n’est ni aussi inégale ni aussi aiguë.

Comine les symptômes de la pierre présentent une grande ressemblance avec ceux de plusieurs autres aflections, les chirurgiens ne doivent jamais se projnoncer définitivement sur la nature de

Ila maladie avant d'avoir introduit un instrument de métal, c’est-à-dire une sonde, dans la vessie, et d’avoir touché Ja pierre elle-même. Cependant, un praticien prudent qui peut ne pas sentir le calcul, aura soin de ne pas dire posili- I, vement qu'il n'existe point de pierre ^dans la vessie ; car, la prochaine fois que r le malade sera sondé, la position de ^ celle-ci peut être différente, et il sera j, possible qu’on la sente distinctement ^lavec l’instrument. A ce propos, nous devrons admirer la franchise de sir Astley ^Cooper, lorsqu’il dit: «J’ai sondé une Aiois moi-même un individu sans décou- ,.vrir une pierre que j’ai sentie ensuite. J’ai sondé et n’ai pas découvert une ! pierre qu’un autre chirurgien a ensuite trouvée. J’ai taillé un malade et extrait i trente-sept pierres de sa vessie , bien j qu’après l’avoir sondé on eut déclaré • qu’il n’avait pas de pierre (1) (2). »

A (i) Sir Astley Cooper’s Lectures , vol.

(2) Je ne crois pas devoir ajouter ici

Page 1