‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 196 sur 242 · DU CATHETÉRISME POUR RECHERCHER LA PIERRE · texte numérisé non relu

DU CATHETÉRISME POUR RECHERCHER LA PIERRE

L’instrument particulièrement désigné pour cet objet se nomme cathéter et n’est pas creux comme une sonde, mais est solide et fait du meilleur acier. La pierre étant généralement entraînée par

des considérations sur l’étiologie , le développement et la composition des calculs , ces matières ne pouvant être traitées en détail dans la partie de cet ouvrage qui est consacrée à la description des opérations. Je me bornerai à rappeler que les deux principales causes de la formation des calculs se trouvent presque toujours dans l’hérédité et dans le régime alimentaire. Je rapporterai à cet égard un fait dont la connaissance peut importer aux praticiens , il prouve combien est grande l'influence de l’alimentation sur la formation de certains calculs qui doivent nécessairement puiser dans l’usage de certains aliments une source de reproduction facilement explicable par l’emploi de ces mêmes substances nutritives. Un de nos plus savants chimistes, RI. Barruel , m’a rapporté qu’il avait vu autrefois, à l’hôpital de la Charité, un homme chez lequel on avait pratiqué sept fois l’opération de la taille à d’assez courts intervalles. Les calculs furent analysés; on les trouva composés d’oxalate de chaux. On interrogea avec soin cet homme sur ses habitudes et il déclara qu’il avait pour l’oseille un goût très-prononcé, et qu’il en mangeait au moins une fois par jour. On lui prescrivit de renoncer à l’usage de cette substance qui renferme, comme on le sait, une grande proportion d’acide oxalique, et, depuis ce temps, il ne se reproduisit pas de calcul. N’y avait-il là qu’une coïncidence et la disposition calculeuse s’était-elle épuisée spontanément au moment où le malade cessa l’emploi de l'oseille, ou bien avait-on tari la source des calculs en supprimant la cause productrice? Cette dernière hypothèse me paraît plus probable, et il me semble en pareil cas philosophique d’invoquer cet axiome dont on a tant abusé:

Post hoc erg ô propter hoc. C’est d’après les mêmes principes qu’on combat la déposition d’acide urique en diminuant la quantité des matières animales ou azotées dans l’alimentation en même temps qu’on introduit dans l’économie des carbonates alcalins afin de former des urates plus solubles que l’acide urique.

( Note du trad . j

son propre pouls à la partie inférieure île la vessie, le cathéter est moins courbé et un peu plus long- qu’une sonde, afin de pouvoir atteindre en arrière et audessous du col de la vessie. Comme c’est seulement une espèce particulière de sonde dont le principal usage est de fournir des lumières par l'intermédiaire de l'organe du toucher, l’extrémité qui est tenue dans la main doit être parfaitement polie afin qu’elle soit en contact avec les doigts par autant de points que possible. On l’introduit comme une sonde d’argent.

Quand son extrémité est dans la vessie, il faut d’abord l’incliner en bas afin de s’assurer si la pierre occupe sa situation la plus fréquente au-dessous de l’extrémité de l'instrument. Si le calcul ne peut être senti dans celte direction, le bout de la son ie doit être tourné doucement d’abord d’un côté puis de l’autre, et dans le cas oii on ne loucherait pas de calcul de la sorte, le pavillon de l’instrument sera abaissé et sou extrémité sera inclinée en haut et en avant pour constater si le corps étranger ne repose pas plus près du fond de la vessie. Souvent la pierre ne peut être sentie avant que la totalité de l’urine ait été évacuée et que la vessie se soit contractée ; et quelquefois on ne peut faire frapper l’instrument contre le calcul à moins qu’on ait élevé préalablement ce corps en le soulevant avec le doigt passé dans le rectum ; en faisant ceci, le chirurgien peut quelquefois sentir à travers les parois de l’intestin et de la vessie la pierre si elle est volumineuse. Cependant, comme cette pratique est rarement nécessaire, excepté quand le calcul est d’assez petite dimension, le praticien ne doit pas toujours s’attendre à le sentir avec le doigt à travers l’épaisseur de l’intestin , il ne faut pas non plus y attacher une grande importance pratique, parce que les documents qu’on obtient de la sorte sont plus sujels a induire en erreur que ceux fournis par la sonde ou cathéter, et si la pierre ne peut être sentie avec cet instrument, aucun genre de sensation communiquée au doigt introduit dans le rectum n’autoriserait à inciser la vessie.

Quand la pierre est petite cl repose sur l’un des côtés du col de la vessie, elle peut être difficile à frapper avec la sonde. Quand aussi, par suite d’inflammations répétées, des replis indurés, ou quand par d’autres causes, des poches

distinctes se sont formées à l’ intérieur de la vessie, le calcul se trouve quelquefois dans une dépression ou cavité et : 11e peut être senti avec l'instrument. En pareilles circonstances, avant qu’on introduise le cathéter, le malade doit retenir son urine jusqu'à ce que sa vessie1 soit tout a fait pleine, et s’il est possible '1 jusqu à ce qu’elle soit assez distendues pour effacer ou diminuer ses excavations^ anormales. Alors le malade doit urinerr le corps penché en avant, ce qui amè--nera le calcul vers le col de la vessie ett permettra qu'on le frappe avec l’instrument (1). J'ai vu plusieurs cas dans les-iquels le calcul put être touché avec unee sonde d'argent et ne put l’être avec le-, cathéter. On doit essayer des instruments de courbures et de longueurs différentes lorsque les symptômes de la pierre sont fortement exprimés et que ; cependant on ne peut sentir le calculJ] Toutes les lois que le chirurgien ne peut: aisément toucher la pierre, le malades doit être sondé dans différentes attitudes.

On comprendra comment en sondantt il est possible de prendre une vessies épaissie et indurée pour une pierre contenue dans cet organe, quand on se rappellera que Cheselden, avec toute son expérience et ses lumières, ne tailla pas ■ moins de trois malades qui n'avaient pas de pierre au moment où on leur fit l’opér.ition. D’autre part, le cas du célèbre chirurgien français La Peyronie prouves d’une manière incontestable qu’on peut:

ne pas découvrir une pierre d’un volume-' même considérable, bien qu’on ait in-.-l troduil plusieurs fois la sonde.

Les auteurs reconnaissent générale-ment trois mélhodes de traitement desaffections calculeuses, la première consiste à tenter de dissoudre la pierre, lsseconde a pallier les symptômes, et Lj troisième à extraire le calcul de la vessies par une opération chirurgicale. Cbeï:

les femmes ce dernier but peut souvent! être atteint en dilatant le méat urinaires sans se servir d’aucun instrument tramchant (2); mais chez l'homme la lon-

IqJ

(1) llicliler Anfangsgr. t. vu, p. 103.

(2) Malgré les autorités imposantes qui' sont en faveur de cette pratique, quelques hommes du plus haut mérite lu reprochent d’être plus longue, plusdou-:

loureusc et d’exposer plus, par la suite à une incontinence d’urine que l'emplo

DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE

ueur considérable, le petit diamètre, le trajet tortueux et l'irritabilité remarquable de l’urètre rendent plus difficile l’extraire les calculs par ce canal, et aême de les saisir dans la vessie avec un nstrument introduit par l’urètre. Ce— endant les succès qu'ont obtenus sir rstley Cooper, sir Benjamin Brodie, et .'autres encore en extrayant de la vessie

■ es calculs de volume assez peu consiérable, avec les pinces urétrales contruites par MU. Weiss, et les heureux ésullats auxquels conduit souvent la tholritie à l’aide de laquelle on réduit es pierres volumineuses en de petites articules qui peuvent être rendues avec urine, ont déjà fait une profonde imression sur l’esprit de tous les prali-

liens désireux de voir diminuer la fréuence d’une des plus douloureuses et es plus dangereuses opérations de la lirurgie. Il faut aussi savoir que, lorsie le calcul est au-dessus d’un certain alume ou que la vessie est malade et

■ capable de supporter l’irritation qu’ocisionnent les fragments, la lithotritie fre encore plus de chances de mort ie la taille. Quand les reins sont malais, on n'a plus d'espoir de guérison, >it qu’on emploie l’une ou l’autre mélodr opératoire.

Bien que le calcul puisse avoir été çnti avec une sonde à une époque ou à ijne autre avant le moment fixé pour >pération, il est de règle en chirurgie ; ne jamais pratiquer l’opération de la ille à moins d’avoir bien clairement appé la pierre avec une sonde ou un .théter immédiatement avant de la •mmencer. Un homme peut avoir une erre dans la vessie aujourd’hui, et le ’ ûrurgien la frapper si clairement avec cathéter que les assistants l’entendent 1 <ssi sûrement que le chirurgien en ‘ ;rçoit la sensation avec ses doigts, et f' :main la pierre peut sortir entre les ■’ isceaux musculeux de la vessie entraî- • mt avec elle une poche formée par la Membrane muqueuse de ce viscère; •' ns cette circonstance, la pierre n’est r us dans la cavité de la vessie, et con-

^ l'instrument tranchant. Le célèbre iein, qui a tenté les deux méthodes et ti’3',* > en 1810, taillé soixante-dix-neuf aladcs , est de celte opinion. Voyez atische Ansicliten der llcdeuiendslen îirurgiachen Operationen auf eigene ■fatirungen gegründet von D. T. Klein, 21, 2 tes. lleft, 4 to. Stutlgart 1810.

séquemment ou ne peut ni la sentir avec le cathéter ni l’extraire par l’opération de la taille.

Sir Benjamin Brodie rapporte un cas curieux dans lequel un calcul était renfermé dans un sac composé de la membrane musculeuse aussi bien que de la membrane muqueuse , et déterminait une vive douleur toutes les fois qu’il passait, ainsi que cela arrivait de temps en temps hors du sac pour rentrer dans la cavité de la vessie.

Dans bien des cas, il n’y a qu’un seul calcul dans la vessie, dans d’autres il y en a plusieurs et quelquefois trente ou quarante. Quand il y en a plus d’un, leur frottement l’un contre l'autre leur donne une surface polie.

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