PREMIERE INCISION
L’opérateur se place au côté droit du malade, qu’il s’agisse d’amputer le membre droit ou gauche. Par ce moyen il a l’avantage d’avoir toujours à proximité de la plaie sa main gauche prête à lui i offrir une assistance très-essentielle. Cet
[avantage compense au delà l’inconvénient pour l’opérateur d’avoir le membre droit placé entre lui et celui qu’il I- coupe lorsque c’est la cuisse gauche qu’il s’agit d’amputer.
Un aide, saisissant fortement la cuisse i avec les deux mains, attire la peau et les : : muscles en haut pendant que le chirurgien il fait aussi promptement que possible une incision circulaire qui comprend les téguments jusqu’aux muscles. Lorsque les téguments sont sains dans le lieu de l’inci-
Îsion et au-dessus d’elle, leur rétraction par un aide avant de les couper, et une ü- très -légère division des bandes de tissu I cellulaire avec le tranchant du couteau à amputations vers sa pointe, conserveront généralement une quantité suffisante de peau pour couvrir conjointement avec les muscles divisés de la manière qui va être décrite plus bas , l’extrémité de l’os ; et la méthode douloureuse qui consiste à séparer par la dissection la peau de l’aponévrose et à la retourner avant de diviser les muscles, peut-être regardée comme inutile et mauvaise dans toutes les amputations !<le la cuisse quand la peau conserve sa mobilité et son élasticité naturelles.
M. Guthrie pense que, dans les amputations immédiates, c’est-à-dire celles pratiquées de bonne heure après une blessure d’arme à feu pendant que la partie du membre où l’on doit faire les 'incisions est dans l’état naturel et que la peau est mobile, « i sera suffisant de toucher la membrane mince ou aponé-
(1) "Voyez Eléments de chirurgie, part.
H lu, p. 561-302.
vrose adhérente au-dessous, avec la pointe du même couteau (le couteau à amputations), pour donner de quoi recouvrir amplement un moignon parfaitement fait, sans soumettre un malade aux douleurs qu’il subit quand on lui pince la peau et qu’on la dissèque en arrière dans l’espace de deux pouces pendant quatre ou cinq minutes. » Il insiste en même temps particulièrement sur l’utilité de diviser l’aponévrose et les téguments ensemble; par ce moyen ces derniers peuvent être rétractés beaucoup plus haut qu’ils ne le seraient si on suivait une conduite opposée.
Cependant dans les opérations pratiquées du troisième au douzième jour après la réception de la blessure et près des parties lésées, M. Guthrie admet qu’il est convenable de séparer dans une petite étendue les téguments de l’aponévrose par la dissection , parce que dans ces cas la rétraction effectuée par l’aide et l’élasticité naturelle de la peau ne feront pas conserver assez de celle-ci pour bien recouvrir la surface du moignon ; néanmoins dans ce cas encore il désapprouve la pratique qui consiste à retourner en arrière à la manière d’un gant les téguments séparés , ainsi qu’on le fait souvent. « Dans les amputations consécutives, dit-il, à l’exception des cas dans lesquels il faut pratiquer l’opération suides parties qui ne sont pas actuellement saines, les téguments peuvent être suffisamment rétractés sans qu’on les sépare de l’aponévrose sous-jacente par une dissection préalable (1). »
J’ai dit que le chirurgien doit commencer l’opération par faire une incision qui comprend l’épaisseur de la peau tout autour du membre. La généralité des chirurgiens, considérant avee raison cette partie de l'opération comme une des plus douloureuses, la font avec autant de rapidité que possible, et par conséquent décrivent avec le couteau tout le tour du membre d’un seul coup, la main qui tient l’instrument étant portée autour et au-dessous du membre jusqu’à ce que le tranchant arrive perpendiculairement sur la peau qui recouvre les muscles extenseurs. Cependant, excepté l’apparence d’une plus grande adresse
(1) J. -Guthrie, Des plaies d’armes à feu des extrémités réclamant les différents modes d’amputalion , avec leur traitement consécutif, etc., p. 81,85 in. 8». Londres, 1815. ’ ’ ,n
et un peu plus de promptitude, cette méthode, pour diviser la peau tout autour du membre d’un seul coup de couteau , n’a pas d’avantage marqué sur celle qui consiste à faire celte incision en deux coups de l’instrument tranchant.