RELEVER LES CHAIRS
Après avoir divisé complètement les chairs jusqu’à l’os, on doit prendre un morceau de linge un peu plus large que le moignon et fendu à une de ses extrémités, suivant sa partie moyenne, dans l’étendue d’environ sept ou neul pouces. On l’appelle (en anglais) rclrnctor ( rétracteur); on l’applique en plaçant la partie de l’os mise à nu dans la fente, et en tirant les deux chefs ou divisions de ce linge en haut de chaque coté du moignon/ De cette manière la compresse
(1) Observations pratiques sur la chirurgie de Iley, p. 52G, éd. 2.
(2) Des plaies d’armes à fou des extrémités, etc., p. 8G.
endue maintiendra évidemment toute la surface de la plaie hors du chemin que doit parcourir la scie. Dans les amputations circulaires j’ai vu la scie produire de tels désordres, parce qu’on avait négligé d’employer la compresse fendue, que quand on pratique l’amputation par l’incision circulaire ma conscience m’oblige à blâmer ceux qui emploient la scie sans faire usage de ce moyen simple pour proléger les parties molles. Je pense que personne ne reprochera à la compresse fendue de produire des acci- 1 2 dents, et je sais que plusieurs chirurgiens, qui ont été avec moi témoins des lésions faites souvent par la scie dans les amputations, regardent comme très-condamnable de ne pas se servir de la compresse. J’ai souvent vu les opérateurs diviser avec habileté les parties molles , et perdre ensuite tous leurs droits aux louanges que chacun était prêt à leur accorder en sciant, avec l’os , la moitié des extrémités musculaires divisées. Indépendamment de ce que la compresse fendue protège la surface du moignon contre les dents de la scie, elle met indubitablement l’opérateur à même de scier l'os plus haut qu’il ne pourrait le faire s’il ne recourait à ce moyen (1).