DETACHEMENT DU PERIOSTE DE L OS
Une autre pratique qu'il ne faut pas imiter est celle qui consiste à dénuder l’os de son périoste avec le bistouri aussi haut que les muscles le permettent. Sur ce point je continue encore à me ranger à l’opinion du savant et judicieux Petit, bien qu’un auleur moderne (2) ait consacré une partie de son livre à préconiser ce que je condamne ici. Le principal
(1) J.-L. Petit recommande fortement l’emploi do la compresse fendue; un chirurgien lui ayant dit un jour qu’il ne s’en servait pas parce que les dénis de la scie pouvaient s’y accrocher, il répondit : « 11 est vrai que cela peut arriver lorsqu’on ne sait pas la placer ; les meilleures manières d’opérer ont leur incon- • vénient si ou néglige les circonstances nui les font, réussir. » (Traité des maladies ; chirurgicales, t. m, p.452).— Dupuytren est encore une autorité imposante en faveur de l’usage de la compresse fendue.
Voyez Leçons orales, eic., <• lv> p. 2‘dlJ.
(2) H. J Brünninghauscn , hrlalirungen und Bemcrkungen «ber die Amputation, p. G7. Bamberg, 1818.
DE PATHOLOGIE
argument que Brünninghausen fait valoir en faveur de cette pratique est, qu’en séparant le périoste de l’os en haut , une portion de celte membrane
détachée restera encore jointe aux fibres musculaires ainsi repoussées en arrière , et pourra ensuite être rabattue en bas sur l’os scié. Cependant comme j’ai vu dénuder l’os dans une grande étendue sans que l’exfoliation en ait toujours été le résultat, je ne trouve pas, comme le faisait Petit, qu’une partie d’os doit être inévitablement frappée de mort après que le périoste en a été ainsi largement séparé, mais je regarde la séparation inutile et-mème nuisible de celte membrane comme une des circonstances qui l tendent à produire les exloliations dont sont quelquefois suivies les amputations. Quoi qu’il en soit, cette pratique est superflue, une scie aigue telle que celle qui doit être employée ne pouvant jamais être entravée dans sa marche par une membrane aussi mince que le péi rioste(l). Tout ce que l’opérateur doit ! faire est de couper avec soin la totalité des I parties molles jusqu’à l’os tout autour de i ce dernier. Ainsi une division circulaire du périoste se trouvera faite , et c’est là qu’on placera la scie.