‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 212 sur 242 · MÉTHODE DE M. LISFKANC AVEC DEUX LAMBEAUX LATERAUX · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE M. LISFKANC AVEC DEUX LAMBEAUX LATERAUX

Premier temps. — On doit comprimer l’artère crurale dans le po nt où elle aassc sur le pubis. Quand il s’agit d’amxuter le membre gauche, le chirurgien loit se placer au côté externe de celui- :i ; le malade est dans le décubitus , les ubérosites de l’ischion saillant un peu ui delà de la table h opération. Le membre doit, s'il est possible, être placé dans inc position moyenne entre l’adduction ït l’abduction, et on se rappellera avec >oin la situation des points anatomiques tpécifiés plus haut relativement à l’artii; mlation, et particulièrement les direc- - ions qui assurent la position précise de a partie antérieure et externe. A cet ;1:ndroit,on introduit un couteau long, droit, mais fort, et à pointe très-aiguë ^ vec son tranchant dirigé vers le souir'i net du grand trochanter. Sa pointe étant ? r rivée sur la tête du fémur, on lui fait i) :ontourner le côté externe rie celle-ci ; nais, à mesure que la pointe pénètre dus avant, le manche doit ôlre incliné ; m dehors et en haut, de manière à ce jiue la pointe puisse sortir quelques lignes au-dessous de la tubérosité de l’isbinon. Afin de remplir cet objet, un iude ou le chirurgien lui-même doit

saisir et tirer en dehors les téguments et les muscles à la partie postérieure du membre. Le membre ayant été complètement transpercé, le couteau, avec son tranchant encore tourné vers le sommet du grand trochanter, est porté en bas le long de l’os plutôt par un mouvement analogue à celui de la scie qu’en pressant beaucoup sur lui, et on forme ainsi le lambeau externe, il faut immédiatement relever celui ci, faire comprimér par les doigts des aides les artères qui fournissent beaucoup de sang et les lier avant de procéder au reste de l’opération.

Secondtemps. — Le chirurgien pousse alors avec sa main gauche les parties molles en dedans et inlroduit la pointe du couleau au-dessous de la tète du fémur au côté interne du col de cet os, le tranchant de l’instrument étant tourné directement en bas. Alors le couteau doit être porté sous le col du fémur, et on lui fait traverser le membre sans toucher les os du bassin à l’angle postérieur et supérieur de la plaie. Etant tenu perpendiculairement, il est porté en bas dans l’étendue de deux pouces contre le fémur en évitant cependant le pelit trochanter; et dès que l’incision offre une place suffisante un aide comprime l’artère fémorale contenue dans le lambeau, et le second temps de l’opération est accompli en donnant à ce lambeau interne une longueur correspondante à celle de l’externe.

Troisième temps. — Le chirurgien saisissant alors le fémur avec sa main gauche divise largement, à l’aide d’un scalpel, Je ligament orbiculaire au rôle interne de l’articulation et cela étant fait on peut aisément atteindre et couper le ligament rond avec l’extrémité de l’instrument tranchant. Enfin celui-ci, étant tenu perpendiculairement, est appliqué au côté interne de l’articulation et porté de dedans en dehors de manière à diviser le reste du ligament orbiculaire, et tous les faisceaux de libres musculaires qui sc seraient trouvés épargnés par le tranchant dit couleau.

( Quand c’est le membre droit qu’il s agit d amputer, le chirurgien doit se placer au coté du malade afin de pouvoir opérer avec la main droite.

La méthode de M. Lisfranc est avantageuse en ce qu’on exécute l’opération rapidement, ainsi que je l’ai souvent démontré sur le cadavre au collège de l’Université ; en ce qu’elle occasionne

une perte de sang aussi faible que possible, les artères du lambeau externe se trouvant liées avant que l’on ait taillé le lambeau interne, et l’artère crurale étant comprimée par un aide avant que ce dernier lambeau soit complété. Les lambeaux se rencontrent parfaitement, et cette plaie étendue permet qu’on la ferme complètement; ce qui s’accomplit avec des bandelettes de diachylon aidées, s’il est nécessaire, de trois ou quatre points de suture.

Quand, par suite de la nature de la blessure ou de la maladie, on ne peut conserver d’un côté du membre un lambeau suffisant, on doit tailler le lambeau de l’autre côté proportionnellement plus long.

MÉTJIODK DE BECLARD.’

La cuisse étant placée dans un état de demi-abduction, le scrotum relevé avec soin et l’artère comprimée dans le point où elle passe sur le pubis, le chirurgien placé au côté externe du membre reconnaît avec le doigt la position du grand trochanter et introduit la pointe du couteau un pouce au-dessus de lui. Le tranchant doit raser l’os aussi près que possible au côté interne du membre, et la pointe doit sortir dans le point précisément opposé à celui par lequel elle est entrée. Le couteau est ensuite porté en bas le long de la face antérieure de l’os, plus de trois pouces au-dessous de l’articulation ; point où l’on termine le lambeau antérieur. On divise ensuite transversalement la capsule et toutes les parties molles qui la recouvrent et on coupe le ligament rond. Le couteau doit ensuite passer d’avant en arrière autour de la tête du fémur jusqu’à la partie postérieure de cetos, sous lequel il doit cheminer dans l’étendue d’environ trois pouces au-dessous de l’articulation. Ainsi se trouve complété le lambeau postérieur (1). D’après M. Velpeau, Béclard faisait le lambeau antérieur après avoir taillé le lambeau postérieur.

M. Liston préfère aussi avoir des lambeaux- antérieur et postérieur. « Le membre est traversé avec un couleau dont les dimensions sont proportionnées à celles du membre, l’instrument suivant une direction presque demi-circu-

(1) J. -F. Malgaigne, Manuel de méd.

opératoire , p. 358.

laire de manière à comprendre autant de parties molles que possible, et un lambeau antérieur est formé en incisant de haut en bas. Pendant le passage de l’instrument en travers de l’articulation, l’aide fait éprouver au membre un léger mouvement de rotation, de manière à faciliter la sortie de l’instrument avec sa pointe convenablement tournée en dedans. Pour le membre gauche, cette rotation devra avoir lieu en dedans ; pour le membre droit, elle devra avor lieu en dehors. Après la formation du lambeau, l’aide porte le membre dans l’abduction forcée et appuie sur lui en bas; l’articulation est ouverte, le ligament rond coupé, la capsule divisée et la lame du couteau passe derrière la tête de l’os et le grand trochanter, le lambeau postérieur est alors taillé rapidement. Après ; que le membre est déjà traversé pour former le lambeau supérieur, et quand l'incision par un mouvement analogue:

à celui de la scie n’est encore que peu. avancée, l’aide, qui fait la compression, change la main qu’il a placée dans l’incision immédiatement derrière le dos dm couteau, et ainsi saisit solidement lai partie qui contient l’artère crurale avant! la division de celle-ci (I). » Comme:

celte artère ne peut maintenant laisser : échapper de sang, M. Liston lie les autres artères avant elle.

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