‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 220 sur 242 · MÉTHODE DE M. LISFRANC AVEC DEUX LAMBEAUX · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE M. LISFRANC AVEC DEUX LAMBEAUX

Dans cette opération, le chirurgien doit surtout se rappeler qu’entre l’acromion et l’apophyse coracoïde, il y a un espace triangulaire borné en arrière par la clavicule et ou l’arcade qui recouvre l’articulation est simplement fibreuse.

1° En supposant que ce soit le bras gauche qu’il s’agit d’amputer, on doit l’élever en l’éloignant du corps jusqu'à ce qu’il forme un angle presque droit.

Le chirurgien se tient derrière le malade et saisit la partie charnue de l’épaule avec sa main gauche en plaçant le pouce sur l’humérus, et l’index et le doigt du milieu sur l’espace triangulaire dont je viens de parler. Prenant alors un couteau à double tranchant et long de huit pouces, il l’introduit parallèlement à l’humérus, au côté externe du bord postérieur de l’aisselle, au-devant des tendons du grand dorsal et du grand rond, la lame étant dans une position telle que sa partie plate forme avec l’axe de l’épaule un angle de 35°, tandis que son

bord supérieur est tourné un peu eu avant. Le couteau est porté en haut, le long du côté postérieur et externe de l’humérus jusqu’à ce qu’il arrive sous l’acromion ; maintenant il faut abaisser sa pointe et relever son manche à la distance de deux ou trois pouces du bras jusqu’à ce qu’il forme avec l’axe de l’articulation un angle de 30° ou 35°.

Alors le chirurgien doit pousser directement sa pointe à travers l’articulation et la faire sortir au-devant de la clavicule au côté interne de l’acromion dans l’espace triangulaire cité plus haut. Ensuite, pendant qu’on maintient le membre presque dans l'imrnobili té, l’extrémité de la lame est portée autour de la tète de l'humérus de dedans en dehors et un peu de bas en haut, et dès que le couteau est dégagé de l’acromion et de : la tête de l’os, on le porte hardiment en : bas le long du côté externe du bras et on i taille un lambeau postérieur long d’en-viron trois pouces.

2° L’opérateur maintenant sa maint abaissée et coupant du talon de l’instru--j ment vers sa pointe, glisse le couteaut d’arrière en avant au côté interne de lai tète de l’humérus, abaisse le manche jusqu'à ce qu’il soit perpendiculaire à l'horizon , fait comprimer l’artère par uni aide et complète ainsi le lambeau antérieur.

Quand c’est le bras gauche qu'on ampute, le chirurgien peut, soit plonger le: couteau dans l’espace triangulaire indiqué plus haut et faire sortir sa pointe audevant du bord postérieur de l’aisselle, soit se tenir d’abord derrière le malade:’ pour tailler le lambeau postérieur et puisse reporter au côté du malade pour achever l'antérieur.

Il n’y a pas de méthode plus expédi— i tive que celle-ci. Dans le premier temps,, le chirurgien divise à la fois les tendonsdu grand dorsal, du grand rond, du petit rond, du sus épineux, du sous-épineux, une portion du deltoïde, la moitiée du ligament capsulaire, le tissu fibreux, sous-acromial, en un mol presque toutes* les parties attachées à l’humérus dont ont peut ensuite désarticuler immédiatement!

la tète.

Quand le malade est Agé de moins de; quinze ans, M. Lisfranc, rappelant qutf l’acromion doit se trouver dans un étalé cartilagineux , recommande une autre:

méthode à deux lambeaux dont le caractère particulier consiste à diriger h couteau de manière à enlever de cettti

DE PATHOLOGIE

partie de l’omoplate l’extrémité cartilagineuse. Mais, comme le fait justement remarquer M. Malgaigne, cçtte dernière manière de faire en diminuant la proéminence de l’épaule accroîtrait vraisemblablement la difformité résultant de l'opération.

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