‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 227 sur 242 · LIGATURE DE L’ARTERE INNOMINEE OU TRONC BRACHIO-CÉPHALIQUE · texte numérisé non relu

LIGATURE DE L’ARTERE INNOMINEE OU TRONC BRACHIO-CÉPHALIQUE

Ce vaisseau, qui est le premier que fournit la crosse de l’aorte, naît à la jonction de la partie ascendante avec la partie transversale de cette crosse et est situé derrière la première pièce osseuse du sternum, passant obliquement en haut jusque derrière l’articulation sternoclaviculaire droite où il se divise en artère sous-clavière et artère carotide droites. En haut, il est séparé de la première pièce osseuse du sternum par les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien, et en bas par la veine sous-clavière gauche qui le croise (1). Son côté externe est en contact avec la plèvre, tandis que son côté interne repose sur la trachée. La longueur de cette artère varie depuis un jusqu'à deux pouces; elle manque quelquefois, cas dans lequel la carotide et la sous-clavière droites naissent séparément de la crosse de l’aorte. Le nerf pneumo-gastrique et la veine jugulaire interne se trouvent à une certaine distance de son côté externe. Entre les muscles sterno - thyroïdien et sterno-hyoïdien et l’artère innominée existe un tissu cellulaire très-lâche dans lequel rampent plusieurs veines descendant de la glande thyroïde à la veine sousclavière gauche.

Dans la méthode opératoire que Ton conseille ordinairement, la peau, l’aponévrose superficielle, le peaucier, les muscles sterno-cléido-mastoïdien, sternohyoïdien et sterno-thyroïdien sont les principales parties divisées, mais aucun vaisseau et aucun nerf important ne se trouvent intéressés. Cependant si, au lieu de chercher l’artère innominée d’avant en arrière et plutôt de haut en bas en pensant à la position de l’articulation sterno-claviculaire, le chirurgien incisait trop loin en dehors, il s’exposerait à blesser les nerfs pneumo-gastrique et récurrent, la veine jugulaire interne et les principales branches de l’artère sousclavière.

Première méthode. — Le malade est placé sur le dos, la tète fortement étendue en arrière de manière à amener le tronc hrachio-céphalique aussi haut que possible. La première incision doit commencer immédiatement au-dessus du

(4 ) Voy. Eléments d'anatomie du doc* leur Quain, p. 432, 2* édit.

DE PATHOLOGIE

sternum au point moyen entre les deux muscles sterno-cléido-mastoïdiens , et 5 s’étendre sur les attaches du muscle > sterno-cléido-mastoïdien droit suivant la longueur de trois pouces vers l’épaule , droite, à la distance d’environ un demi- I pouce au-dessus de la clavicule. Ainsi ■ se trouvent divisés la peau, l’aponéi vrose superficielle et le peaucier. Une autre incision d’environ deux pouces de longueur est alors faite au bord interne du muscle sterno cléido-mastoïdien droit, de manière à rejoindre l’extrémité de la première. Il faut ensuite couper 1 attache sternale et une partie de l’attache claviculaire du muscle sterno-cléido-mastoïdien , ce qui peut s’exécuter sûrement à l’aide d’une sonde cannelée. Le lambeau est alors relevé en dehors. L’opérateur ia ainsi découvert à ses yeux l’aponévrose cervicale profonde et les portions externes des muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien, sous lesquels il faut passer une sonde cannelée, et on îles divise avec un bistouri boutonné.

Ensuite il ne faut plus employer d’instrument tranchant, mais il faut séparer l’artère de ses connexions à l’aide d’une sonde cannelée ou d’un autre instrument mousse, et, en détachant le vaisseau à sa partie externe et postérieure, il faut avoir grand soin de ne pas déchirer la plèvre. On doit alors porter l’aiguille à danévrysme entre l’artère, le nerf pneumogastrique et la plèvre d'un côté, et faire sortir sa pointe entre l’artère et la trachée de l’autre côté. M. Manec regarde l’incision verticale comme superflue, mais le docteur Mott et le professeur Graefe, qui ont eu occasion de lier l’artère innommée sur le vivant, ont fait tous deux l’incision au côté interne du muscle sterno-cléido-mastoïdien. Quant au résultat de l'opération pour les malades, l’un mourut le vingt-sixième jour après, l’autre le cinquante-sixième.

Dans un cas où M. Lizars fit cette ligature, la terminaison fut la même.

Seconde méthode. — Une incision de deux à huit pouces de longueur est d’abord faite près de la partie inférieure du bord interne du muscle sterno-cléidomastoïdien, et parallèlement à lui. L’opérateur sépare alors avec les doigts ou avec une sonde cannelée le tissu cellulaire interposé entre le sterno-cléidomastoïdien et les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien , puis il sépare aussi celui qui se trouve entre ces deux à muscles et la trachée. Quand on atteint

S. Coopcr.

le tissu cellulaire dans lequel se ramifient les veines qui viennent de la glande thyroïde, il faut les repousser de côté ou les diviser après les avoir liées. La tête du malade étant maintenant fléchie en avant , le chirurgien passe son index entre la trachée et le muscle sternohyoïdien et sent l’artère ; avec une sonde courbe et bien mousse , il la sépare de ses connexions , d’abord du côté droit , puis du côté gauche, et enfin au dessous. La ligature est maintenant appliquée , ainsi que je l’ai déjà expliqué.

Cette méthode, qui fut indiquée par feu M. King, n’a jamais été tentée sur le vivant.

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