‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 39 sur 242 · CONTUSIONS · texte numérisé non relu

CONTUSIONS

Une contusion est une lésion des parties molles par cause mécanique, provenant d’un coup porté par quelque corps ou arme obtuse, ou du choc de quelque corps dur et mousse contre elles, sans que pourtant il se fasse aucune solution de continuité dans les téguments, ce qui, suivant l’expression technique , constituerait une plaie contuse et non une simple contusion. Une contusion offre des degrés différents , depuis la lésion très-

légère des parties sur lesquelles le coup a porté jusqu’à leur complète désorgani-

sation , dont nous voyons un exemple dans ces terribles effets de violence extérieure appelés à tort contusions par le vent clu projectile. Dans toutes les contusions graves, indépendamment de la compression soudaine et forcée des parties, indépendamment de l'inflammation ]ui suit nécessairement la lésion (le divers tissus , il y a rupture d’un nombre nnni de petits vaisseaux sanguins , et la îonnaissance de ce fait rend compte de a rapidité avec laquelle le gonflement ur vient souvent. Cela nous explique ussi la cause de la coloration noire deue ou livide qui suit ordinairement ts contusions , et est connue par les chiurgiens sous le nom à’ ecchymose. Nous •ouvons un exemple familier de cet effet es contusions dans ce que l’on nomme

(1) La description de chacune des luxa- ■ms en particulier ne se irouvo point '.parce que, conformément au plan de

ms |:'SR’ r"? doimM Êlr0 examinées 'n* la partie de tse dernierqui imite des 'aladies des organes et des régions.

(Note du (rad.)

vulgairement a black eye (un œil noir , trivialement un œil poché). L’ecchymose dépend donc de ce que le sang s’échappe des petits vaisseaux pour se répandre dans le tissu cellulaire. De nombreuses petites veines et artères sont rompues par la violence du coup, et du sang et du sérum sont immédiatement épanchés dans ce tissu. Cependant la cause des diverses colorations rouge , violette, verle et jaune qui se présentent dans différents degrés et à différentes époques de l’ecchymose, ne saurait être entièrement attribuée à l’extravasation de sang, mais à d’autres changements dont on n’a peutêtre pas encore bien découvert la nature. L’explicalion du docteur Macarlney est que les absorbants font d’abord disparaîlre la matière colorante, d’où il résulte, dit-il , que dans le commencement la couleur des parties contuses est d’un violet foncé ou noire •. parce que Je sang épanché ne larde pas à acquérir le caractère du sang veineux; et à mesure que la matière colorante est absorbée, la partie devient jaune.

Lorsq ue la peau demeure sans solution de continuité, le sang extravasé peut s’accumuler en quantité considérable; et, selon la remarque du docteur Mucartney , à moins qu’il ne soit nécessaire au travail de réparation, comme dans les fractures , il ne se coagule généralement pas , et est enlevé par les absorbants.

Les contusions produisent quelquefois la rupture de vaisseaux plus considérables, et alors l’hémorrhagie peut avoir dans certaines régions , des conséquences iatales. Ainsi , quand une contusion de la lele occasionne la rupture d’une des artères du cerveau ou de la dureinere, la compression du.sang épanché sur ect organe important meltra le sujet dans la position la plus périlleuse. Eh ce cas, le danger ne vient pas de la quantité de sang enlevé à la circulation; mais de la pression de ce liquide sur une certaine partie dont les fonctions ne peuvent s exécuter quand cetfe pression s exerce, sans compromettre Ja vie. Dans d autres cas, cependant, nous trouvons d énormes collections de sang et des extravasations considérables provenant de contusions sans qu’il en résulte aucun anger seneux, bien que pourtant elles produisent un gonflement énorme et une difformité remarquable. Ainsi une confusion de la te le, au lieu de rompre une artère du cerveau ou de la dure-mère peut seulement déterminer la rupture

d’une brancLc artérielle volumineuse sera probablement 6uivi. Dans ce but, il

sous le péricràne. Dans ce cas, le péri— crâne s’élèvera quelquefois de plusieurs pouces au-dessus du crâne ; et si on estimait l'importance du danger d’après le degré de gonflement et de difformité, on pourrait se tromper grossièrement dans son pronostic. Eu effet , l’expérience prouve que la plupart de ces collections de sang dans le tissu cellulaire, par suite de contusions, peuvent être dissipées par un traitement convenable, et cela en général sans faire aucune ouverture pour procurer l’issue de ce sang au dehors.

Les absorbants sont le plus ordinairement capables de le faire disparaître.

La gravité des contusions ne dépend pas seulement de la violence avec laquelle elles sont faites, mais aussi de la nature de la partie qu’elles affectent.

Ainsi celles du crâne sont toujours dangereuses, à cause du désordre qui en est la conséquence probable à l’intérieur de la tète. Une contusion à la région hypogastrique , dans un moment où la vessie est distendue par de l’urine, déterminera facilement la rupture de cet organe. Une contusion de l’abdomen , quand les intestins sont distendus , les lait quelquefois se rompre, et cause un épanchement mortel de ce qu’ils contiennent dans la cavité du péritoine. Les contusions des téguments situés directement sur la surface résistante d’un os causeront souvent la gangrène de ces téguments , tandis qu’une violence semblable appliquée à une portion de la peau différemment située n’occasionnera pas un égal désordre.

Les contusions sont quelquefois dangereuses par suite de l’effet qu'elles ont sur des parties plus ou moins éloignées de celles sur lesquelles la violence a immédiatement agi. Les Français nomment cet effet le contre-coup. Pott en cite un exemple chez un homme qui tomba avec une grande force sur les tubérosités de l’ischion , sans se frapper aucune autre partie du corps , d’où résulta une corn— e.aotion du cerveau (l).

Dans le traitement des contusions, la première indication est de prévenir et de diminuer l'inflammation dont 1 accident

(1) Dans ce cas, c’est par transmission de mouvement que le choc se propage aux différentes pièces du squelette. Ainsi, pour le cas cité par Pott, le choc reçu par les os du bassin s’étant transmis Je

conviendra de recourir au repos , aux fomentations, aux lotions légèrement volatiles froides, et, dans les cas graves , à la saignée, aux purgatifs , aux sangsues, et au traitement antiphlogistique général. Les muscles contus seront mis dans le relâchement. Les applications froides ont un effet avantageux en ce qu’elles s’opposent à la continuation de l’effusion du sang dans le tissu cellulaire.

La seconde indication est de procurer l’absorption du sang et de la sérosité extravasés en employant (après que la tendance à l’inflammation a cessé) des moyens destinés à activer la fonction des vaisseaux absorbants , des lotions contenant de l’bydrocblorate d’ammoniaque, de l’acide acétique dilué , et de l’alcool camphré ; et quand le cas est chronique, des liniments camphrés et la compression à l’aide de bandages.

La troisième indication est de redonner du tou aux parties et de faire disparaître toute disposition à l’œdème. Pour la remplir, il faut recourir à des liuimenls plus stimulants , contenant de l’iode ou de l’iodure de potassium , ou une forte proportion de camphre ou d’ammoniaque , l’eau de puits froide pompée sur les parties, le massage , les mouvements imprimés par une main étrangère, et un bandage.

Lorsque, malgré les moyens recommandés ici , les absorbants paraissent incapables de dissiper le gonflement causé par un épanchement de sang abondant , et que de la matière purulente se forme, il devient indispensable de pratiquer une ouverture, d’en faire sortir autant que pussible le sang épanché, et de se comporter pour le reste comme quand il s'agit d’uu iibcès ordinaire.

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