‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 49 sur 242 · SUITE DU CHAPITRE PRÉCÉDENT · texte numérisé non relu

SUITE DU CHAPITRE PRÉCÉDENT

Lorsque l’inflammation de la membrane synoviale a déterminé une augmentation notable de sa sécrétion , il en résulte une sorte d’hydropisie de l’articulation que les auteurs ont appelée hydnrtlire ou hydarlhrose. Les membranes synoviales de toutes les articulations ne paraissent point également aptes à cette augmentation de sécrétion; ainsi l’articulation coxo-fémorale n’est jamais atteinte d hydarlhrose. Elle frappequtlquefois l’articulation de l’épaule , et alors la tumeur molle et fluctuante à laquelle elle donne lieu, proémine en avant vers l’intervalle celluleux qui sépare les muscles deltoïde et grand pectoral. Au coude, elle produit deux saillies oblongues sur les parties latérales de l’olécrane ; tandis qu’au poignet, c’est en avant et en arrière et fort peu sur les cotés que la tuméfaction se prononce.

Deux tumeurs oblongues et fluctuantes

(I) César Hawkins, dans la Gazelle médicale, l. xu, p. G53.

se dessinent autour des malléoles quand l’hydarlhrose affecte l’articulation tibiotarsienne. C’est à l’articulation du genou que l’hydarlhrose est le plus commune.

Elle donne alors lieu à deux tumeurs de chaque côté de la rotule ; cet os soulevé par le liquide est éloigné des condyles du fémur, et la pression rapide exercée sur lui le rapprochant de ces mêmes condyles produit un choc que la main perçoit. Dans les cas extrêmes, la distension de la capsule articulaire peut être telle que la tumeur s’élève jusqu'au tiers inférieur de la cuisse.

La nature du liquide contenu dans l’article n’est pas toujours la même ; le plus souvent c’est de la synovie pure, dans d’autres cas elle est mêlée de pus. La membrane synoviale est rouge, injectée; et si la maladie est tout à fait à son début, il peut y avoir fort peu de liquide, et des traces simples d’inflammation de la synoviale; mais lorsque la maladie estancienne, le liquide est d’une nature séro-purulente; la membrane vivement injectée, surtout aux environs des franges synoviales ; et dans les cas graves et fort anciens, les cartilages articulaires sont détruits, et les extrémités osseuses recouvertes de fongosités.

Au début, et lorsque les caractères inflammatoires dominent, des applications de sangsues et des cataplasmes émollients sont le seul traitement qu’il convienne de mettre en usage ; mais il est incontestable qu’au bout de quelques jours ils ne produisent plus aucun effet, et alors on tire un parti très-avantageux de 1 application de vésicatoires volants placés successivement sur l’articulation, en meme temps que l'on administre des diurétiques ; ce dernier moyen, que les praticiens emploient généralement peu , est un excellent auxiliaire dans le traitement des augmentations de sécrétion des membranes séreuses. Quoi qu’il en soit, je dois avouer ici que, deux malades ayant été , l’un traité comme je viens de l’exposer ci-dessus, et l’autre ayant gardé simplement le repos sans suivre le moindre traitement, le second fut aussitôt guéri que le premier. Il est cependant probable que les deux cas ne devaient point être dans des conditions pareilles , soit à cause du tempérament des malades , soit par suite de circonstances inappréciables au médecin , car généralement l’emploi des moyens mentionnés ici est suivi d’une prompte diminution de la collection liquide. Bell

a propose la compression à l'aide de compresses <t de bandes; ce qui réussit assez souvent. Certaines hydarthroses conservent le même volume, malgré l’emploi de tous les moyens dont je viens de parler; il est alors bon de recourir à l’application de cautères ou de moxas , en ayant soin de les placer un peu audessus de l'articulation : car, suivant la remarque de Dupuytren, les cautères ou moxas appliqués au-dessous du genou ou sur cette articulation ne sont suivis d’aucun résultat avantageux, tandis q l’un peu au-dessus d’elle ce praticien en a obtenu les meilleurs effets Quant à la ponction de l’article, je la regarde comme un moyen dangereux et qu’il ne faudrait au moins employer que dans des cas tout à fait exceptionnels , et en suivant d’ailleurs les règles tracées au chapitre de l'extraction des corps étrangers contenus dans les articulations. Enfin, lorsque les surfaces articulaires sont dégénérées ou détruites, ce qui peut arriver île plus heureux au malade est la formation d’une ankylosé ; autrement il faut pratiquer l’amputation.

( Chapitre additionnel. Delamare.)

Page 1