‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 52 sur 242 · DE L ANKYLOSE · texte numérisé non relu

DE L ANKYLOSE

Les ankylosés sont de deux espèces :

elles sont complètes et incomplètes , ou, comme on le dit quelquefois, \raies et fausses.

L’ankylose complète ou vraie est celle dans laquelle les surfaces articulaires des os subissent une jonction solide et fixe au moyen de la matière osseuse. Lorsque les cartilages d’une articulation sont détruits par l’ulcération, et que les surfaces des os sontcariées, si nous parvenons à arrêter la maladie, la mobilité de l’articulation n’est généralement pas conservée, et les cartilages ne se reproduisent pas, mais les têtes des os sont jointes ensemble par la matière osseuse.

L’ankylose vraie, dans ce cas, doit donc être à peine considérée comme une maladie, mais plutôt comme le mode de terminaison d’une autre maladie. Les fonctions de l’articulation sont détruites à jamais par l’ankylose , mais la formation de celle-ci dénote la cessation de toute action morbide.

L’ankylose est un des modes de lerminaison les plus favorables que l’on puisse espérer dans la coxalgie , lorsque les cartilages et les ligaments des articulations malades sont détruits , dans la majorité des cas où l’affection est accompagnée de l’ulcération des cartilages et de carie des os, et particulièrement dans la carie scrofuleuse de l’épine. Dans quelques cas cependant, la coxalgie se termine par la formation d'une nouvelle articulation, ainsi que cela a déjà été expliqué; et parfois, après l’absorption du cartilage, il se produit une substance qui lui est substiluée et quel’on nomme, en raison de sa dureté et de son poli, déposition d'ivoire ou de porcelaine (ivory or porcellainous depusit). Dans lia carie des os , la maladie ne s’arrête jamais jusqu’à ce qu’une ankylosé comdète et vraie soit établie : c’est le seul m'-Je de guérison.

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membre dans la position qui sera ensuite la plus utile au malade.

On doit cependant redouter beaucoup l’ankylose lorsqu’elle est la conséquence de fractures voisines des articulations ou s’étendant jusque dans leur intérieur, ou lorsqu’elle résulte d’autres lésions par causes mécaniques amenant avec elles l’inflammation et la suppuration des articulations. Dans ce cas, la règle que l’on doit suivre pour s’efforcer de prévenir l’ankylose est, dans la première période, d’employer tous les moyens les plus propres à diminuer l'inflammation de l’articulation, tels que saignées, sangsues, calomel, lotions froides légèrement volatiles et repos de la partie malade ; dans la seconde période, lorsque l’inflammation a été ainsi réduite depuis un certain temps , d’imprimer chaque jour des mouvements modérés à la partie attaquée.

Lorsque des lésions par causes mécaniques ont sévi sur les grandes articulations ou dans leur voisinage, les principes dont je viens de parler ne doivent jamais être négligés.

Dans les Annales de la chirurgie sont décrits des cas oii toutes les articulations étaient ankylosées; et dans l’Histoire de l'Académie des sciences , année 1816 , on parle d’un enfant de vingt -trois mois qui était affecté d’une ankylosé universelle.

Généralement parlant , il existe une tendance naturelle à l’ankylose dans les articulations des individus d’un âge trèsavancé, chez lesquels les vertèbres et les têtes et tubercules des côtes sont fréquemment toutes jointes ensemble par la matière osseuse.

Par fausse ankylosé on entend une perle partielle ou une inlerruption considérable du mouvement d’une articulation par suite d’une cause quelconque d’ossification, ou d’une connexion des surfaces articulaires à l’aide d’une déposition de matière osseuse. Ainsi le gonflement et l’épaississement de la membrane synoviale et des autres parties molles, après les contusions, les fractures et les entorses, et la faiblesse et la perle de ton dans les muscles , peuvent produire vers l’articulation un degré de roideur allant jusqu’à constituer ce qu’on a nommé ankylosé incomplète ou fausse. A lors des mouvements imprimés avec douceur, des frictions, le massage, l’exposition de l’articulation à la vapeur d’eau chaude , l'aspersion de la partie

TBA1TÉ ÉLÉMENTAIRE

avec de l'eau froide ou chaude tombant d’une certaine hauteur, l’usage de liniments stimulants ou iodurés, et l’application d’un bandage pour soutenir les parties, constituent les meilleurs moyens de soulagement.

Quoique l’ankylose de la mâchoire inférieure soit un cas qui se rencontre rarement, on en a rencontré des exemples.

Eustachius en a cité un de ce genre, et un autre a été remarqué par M. Gruveilhier: il a offert une gravure représentant le crâne; l’ankylose existait dans l’articulation droite de la mâchoire inférieure. Le 9ujet sur lequel cela fut observé était une vieille femme qui, lorsque l’ankylose se forma , n’avait pas plus de huit ou neuf ans ; cet accident était résulté d’un coup reçu sur le côté de la face. La section de l’articulation que l’ou a représentée prouve qu’il n’existait pas simplement une déposition de matière osseuse à l’extérieur de l’articulation , mais que le condyle de la mâchoire et la cavité glénoïde de l’os temporal s’étalent consolidés île manière à former une masse solide. La malade parvenait , malgré l’ankylose, à mâcher assez facilement en pressant les aliments entre les alvéoles et la langue ; sa prononciation était parfaitement nette, et cette femme arriva ainsi jusqu’à l’âge de quatre-vingt-neuf ans sans aucune autre intirmité.

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