ULCÉRATIONS DE LA GORGE
Un des symptômes consécutifs les plus ordinaires est l’ulcération de la gorge , des amygdales et du voile du palais , ce qu’on appelle souvent (en anglais) sore throat. On remarque que ce qui a été regardé généralement comme le signe le moins équivoque d’ulcération syphilitique de la gorge, survient sans être précédé d une inflammation notable ; commence sur la surface delà partie affectée , et s etend de plus en plus profondément , de sorte que , quand les amygdales sont le siège du mal , il semblerait qu’une portion de celles-ci a été
(1) Il y a des praticiens qui n’emploient contre les végétations qu’un traitement externe; d autres, sans aller jusqu’à la salivation toujours nuisible dont il est question ici, recourent au mercure dans tous les cas où il existe des excroissances. Avant de juger une question aussi sérieuse, il faut examiner les faits: certains individus portent depuis longtemps des végétations qui ont résisté à des traitements mercuriels complets, et qui ne se reproduisent plus si on vient à les détruire totalement avec l’instrument tranchant et les caustiques. Chez d’autres sujets ce traitement purement local est toul-à-fait insuffisant, et les végétations se reproduisent à mesure qu’on les fait disparaître, tandis qu’un traitement mercuriel bien fait et sans abus détruit leurs végétations pour toujours. D’autres fois les végétations se passent d’elles-mêmes ou sous I influence de moyens doux et de grandes précautions de propreté; quelquefois aussi les végétations sont longtemps rebelles à toute espèce de traitement. il me semble qu’il ne faut pas se comporter de même dans tous les cas.
truand un individu a contracté une aflection vénérienne, a eu des chancres, et que s étant confié à des gens ignorants et imbus de doctrines erronées, il n’a point an un traitement mercuriel complet pour (ia ku, r,r’ ^ est raisonnable de consisvrnn -PS v686,illlons comme un véritable menPce°rmne «yph-lis, et on peut com-
rid • par faire un traitement mcrcunet, s. on no réussit pas ainsi, on dé-
Coopcr.
truîra les végétations et verrues à l’aide de l’instrument tranchant ou du caustique, avec plus de certitude de succès et moins de chances de laisser subsister une source d’infection générale dans l’économie. Ceci s’applique à plus forte raison aux cas où Içs végétations coexistent avec des symptômes primitifs, le traitement mercuriel étant alors dirigé contre les deux variétés d'une même maladie. Si un individu qui a eu des chancres primitifs et a fait un traitement mercuriel complet, oflre plus tard des végétations sans avoir depuis cette époque contracté une nouvelle affection syphilitique, on devra d’abord essayer le simple traitement local, et n’en venir à celui mercuriel que dans le cas où le premier n aurait pas réussi. Enfin quand un individu présente des végétations ou excroissances sans avoir jamais été affecté antérieurement d’aucun symptôme primitif, il faut insister pendant long-temps sur un traitement purement local, une excessive propreté, et la destruction des excroissances avec l’instrument ou le caustique; cependant quand l'affection repullule opimâtrément, on est obligé de recourir au mercure, car il n’est pas sans exemple que les végétations surviennent comme symptômes uniques et primitifs d une affection vénérienne. Tels sont les principes qui me guident toujours dans la pratique. Quand on résèque les végéations^ il convient en outre de cautériser avec le nitrate d’argent la surface qu’occupaient celles-ci; on attaque les végétations peu saillantes et à base large avec le nitrate acide liquide de mercure ap. pbqué avec prudence et à diverses reprises , jusqu’à destruction complète Quand les excroissances se trouvent à 1 intérieur du prépuce ou sur le gland il fa toujours placer entre ceux-ci une je pièce de linge 5eç. {Note du trad.)
enlevée à l’emporte-pièce. L’ulcération a des bords proéminents et taillés à pics, et sa surface excavée est couverte d’une matière jaune et adhérente que l’on n’en sépare pas facilement. On croit communément qu'une ulcération de la gorge, de la nature de celle dont on vient de parler, est particulière à la véritable syphilis ou à la forme squammeuse de la maladie vénérienne, affection dont tous les symptômes sont quelquefois regardés comme réclamant plus spécialement qu’aucune autre variété de la vérole l’emploi de quantités considérables de mercure pour en obtenir la guérison.
Cependant je ferai observer à cet égard que la doctrine que je viens de signaler n’est pas aujourd’hui en aussi grande faveur qu’elle l’était il y a quelques années. En effet , ce genre d’ulcération de la gorge a souvent été guéri à l’aide de la salsepareille et survient quelquefois à la suite de chancres qui n’ont aucune ressemblance avec le chancre k fond et à bords indurés. On croit aussi que quand celte espèce d’ulcération de la gorge est accompagnée ou d’une éruption squammeuse ou de douleurs dans la diaphyse des os longs, ou de véritables exostoses, elle recevra une influence plus favorable du mercure que de toute autre substance. J’emploie dans certains cas de petites doses de la pilule bleue associée à l’iodurè de potassium et à la salsepareille. A l’hôpital du collège de l’université nous ne jugeons point nécessaire de continuer le traitement mercuriel pendant huit ou dix semaines ainsi qu’on le recommande quelquefois encore aujourd'hui. Outre cette espèce d’ulcération de la gorge il en existe une autre consistant en des ulcérations superficielles, mais à fond sale et d’une grande étendue, qui se rencontrent dans les amygdales, le voile du palais, et la partie supérieure du pharynx; elles sont accompagnées de fièvre , de grandes souffrances et de la privation de tout repos- On appelle souvent celte affection, à cause de son aspect, excoriation ulcéreuse de la gorge. M. Carmichael croyait avoir reconnu que c’était un effet de ce qu’il nomme.fliaMc vénérienne papuleuse, ou ce qu’il regardait comme provenant du chancre primitif simple, de la production de plaques excoriées sur le prépuce ou de la gonorrhée virulente.
Quelquefois un malade se plaint de vives douleurs quand il essaie d’avaler ;
cependant le chirurgien ne découvre k la première inspection du gosier ni ulcère ni aucune apparence d’inflammation. Dans beaucoup de cas de ce genre il existe, k la partie postérieure du pharynx, un ulcère caché par le voile du palais qui se trouve au-devant de lui. «Nous devons donc» comme le docteur Colles nous y engage, «faire faire au malade une inspiration aussi forte que possible ; en se livrant à cet essai, il lève le voile du palais; et si nous regardons l’intérieur du pharynx, nous pourrons en général découvrir la partie inférieure d’un ulcère;» afin de le mettre mieux en évidence on doit déprimer la langue et élever le voile du palais avec une sonde courbe. L’ulcère est de forme circulaire , il est profondément enfoncé dans la substance du pharynx ; sa surface est sordide mais non gangréneuse, et l’inflammation environnante ne s’étend qu’a très-peu de distance de ses bords.
LJn ulcère situé k la partie inférieure du pharynx présente généralement une surface sordide et quelquefois gangréneuse ; et, suivant le docteur Colles , son bord inférieur est très-profond tandis que sa partie supérieure est superficielle.
Il se forme aussi quelquefois un chancre près la base du pilier antérieur du voile du palais. L’ulcère situé ainsi est profond et sordide, mais il n’est pas gangréneux.
On peut observer, dans quelques cas rares, que la voix devient très-nasale ; le malade ressent de la douleur en avalant, et le besoin fréquent de se débarrasser du mucus amassé dans la partie postérieure des fosses nasales ; et, en examinant celle matière muqueuse quand le malade l’a rejetée en toussant , on la trouve souvent légèrement teinte de sang. Cet état est généralement accompagné de fièvre. Dans les cas de ce genre F ulcère est situé derrière le voile du palais dans l'angle qui se trouve formé par le côté postérieur et le côté supérieur du pharynx ou a la jonction de ses portions occipitale et vertébrale (t).
Certains u/rères de la gorge ont un caractère véritablement pliagéde’nique, et peuvent souvent, sous l’influence d’un traitement irrationnel , détruire entièrement le voile du palais et étendre leurs
(1) Abr. Colles, ouvrage cité, p. 124-’
ravages au pharynx el parfois même jusqu’au larynx; ils causent la nécrose de ses cartilages et mettent la vie en danger. Dans ce genre d’ulcération de la gorge, quand l’économie est dans des conditions défavorables par suite de l’abus du mercure, il existe une tendance à la production de la carie et de la nécrose des os du palais et même de l’os maxillaire supérieur et des os spongieux , mais si la maladie est traitée convenablement , et que l’on évite l’emploi de J’hydrargyre en trop grande quantité, généralement le malade échappera à tous ces désordres graves. On doit distinguer des ulcérations vénériennes de la gorge les inflammations accidentelles de la gorge causées par le froid, les abcès ordinaires et l’augmentation de volume des amygdales qui survient d’une manière chronique chez les individus scrofuleux (I).
ir.ms.
Il existe une espèce d 'ir/'i/s ou inflammation de I iris que l’on classe parmi les symptômes consécutifs de la syphilis. L’ms s’enflamme quelquefois à la suite d afleclion de la peau ou d’ulcération de la gorge; je parlerai en même temps que d’autres maladies de l’œil de cette affection qui peut suivre ou accompagner diverses espèces d éruptions syphi-
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litiques, particulièrement celle papuleuse, et qui ordinairement coexiste avec des douleurs dans les membres et les articulations.