TUMEURS ENKYSTÉES DES PAUPIÈRES
Elles sont assez communes, et ont généralement pour siège le tissu cellulaire qui unit les téguments de la paupière au muscle orbiculaire; mais elles peuvent être placées plus profondément de manière à être couvertes non-seulement par l’orbiculaire des paupières , mais par le muscle élévateur de la paupière supérieure. Les tumeurs qui contiennent la matière la plus liquide atteignent quelquefois la grosseur d’un œuf de pigeon ; mais celles de nature stéatomateuse sont d’une dimension qui dépasse rarement celle d’une aveline. Elles contiennent souvent, outre les matières que renferment ordinairement les tumeurs enkystées , des poils petils et courts , complètement dépourvus de bulbes et n’offrant pas de tubes.
Les tumeurs enkystées qui n’ont pas de connexions intimes avec le cartilage
(1) Il est assez curieux de remarquer que l’orgelet , qui est une tumeur de trèspetit volume, et paraît n’avoir pour siège que les follicules de Meibomius, semble presque toujours lié à une condition morbide générale de l'économie. Sans être exclusivement le partage des sujets scrofuleux , il se rencontre bien plus souvent chez eux, et coïncide fréquemment aussi avec un étal saburral de l'estomac. C’est pourquoi il indique généralement l’emploi des purgatifs, et, quand l’individu a les attributs de la constitution scrofuleuse, celui des toniques. On voit quelquefois les jeunes sujets en être affectés pendant long-temps; et il y a des orgelets qui , n’ayant point abcédé et s’élant indurés, demeurent à l’état de grêlon pendant plusieurs mois. Un petit emplâtre de V'igo cum mercurio est le meilleur résolutif à appliquer sur la tumeur. Parfois les malades se lassent de porter sur la paupière ce petit grêlon et le font extraire. On peut généralement s'en dispenser; et j’ai remarqué qu’au bout d’un temps suffisant . comme six mois ou un.
an, le grêlon le plus rebelle disparaît de lui-même. (Note du (rad.)
DE PATHOLOGIE
tarse doivent Être traitées d'après les principes qui s’appliquent aux tumeurs ordinaires de nature identique situées dans d’autres régions; mais si elles se trouvaient intimement lices au cartilage, il serait difficile d’en faire la dissection complète sans exciser une portion de ce même cartilage. Une opération de ce genre peut être rendue inutile si 1 on a soin de retourner la paupière et de pratiquer à travers le cartilage, dans le point où il paraît mh.ce et intimement uni à la tumeur, une ponction suffisante pour que son contenu, s’il est liquide, puisse s’échapper au dehors; mais s’il se trouve qu’il n’est pas liquide on convertira celte incision simple en une incision cruciale, et les quatre petits lambeaux qui en résulteront seront excisés d’un coup de ciseaux.
ECTROPION OU ÉVERSION IE LA PAUPIERE.
L’ectropion ou renversement de la aupière en dehors donne lieu à une inrmité fort gênante et à une grande difformité. La paupière inférieure est presque toujours alors malade, son bord tombant en bas et en avant, et s’écartant du globe de l’œil , qui ne se trouve plus convenablement couvert et protégé. Cette exposition de la portion inférieure de l’œil et de la conjonctive palpébrale à l’air, produit dans ces parties une inflammation accompagnée d’une souffrance et d’une rougeur constantes, et d’un épaississement de celte membrane, qui finit par se convertir en une substance dure et calleuse placée jusle sous le globe de l’œil. Comme il se trouve aussi un obstacle à l’écoulement des larmes vers l’angle interne de l’œil et par les points lacrymaux , elles tombent sur la joue qui peut finir par s’excorier.
L’ectropion peut provenir de différentes causes qu’il faut prendre en considération quand il s’agit du traitement, car il peut constituer une difformité permanente ou une difformité temporaire qui cessera d’elle-même lorsque l’inflammation qui y a donné lieu cessera aussi.
Ainsi on rencontre des cclropions dus à V inflammation aiguii de la conjonctive (1)... Quand il affecte la paupière
(1) Lorsque l’ectropion est dû à l’inflammation de la conjonctive , celle-ci présente un aspect qui fait aisément reconnaître la cause de la maladie. Dans
supérieure il est pour ainsi dite accidentel. Un enfant, par exemple, étant atteint d’ophtbalmie purulente aiguë, le chirurgien , afin d’examiner 1 œil ou de le débarrasser d’une quantité considérable de pus, retourne la paupière supérieure ; l’enfant crie violemment et toute tentative pour remettre la paupière dans sa position naturelle demeure sans effet. Elle devient bientôt fortement distendue par le sang; et même , si on peut la replacer, elle se retourne bientôt dès que l’enfant se met à crier. Lorsque cette variété de l’eclropion affecte la paupière inférieure il ne se produit pas de cette manière accidentelle, mais par le gonflement et la projection de la conjonctive enflammée en dehors.
Le traitement de l'ectropion du à V inflammation aiguë de la conjonctive nécessite : premièrement , la scarification de la conjonctive retournée en dehors; secondement, lorsque le gonflement des paupières a diminué, grâce à l’écoulement du sang , on peut en général ramener la partie à sa position normale; troisièmement, si l’inflammation n’est pas très-aiguë, on pourra s’opposer à ce que la paupière s’écarte de sa position naturelle au moyen d’une compresse ou d’une bande. Dans le cas contraire on devra éviter tout ce qui ferait pleurer l’enfant , et l’on doit apprendre à ceux qui prennent soin de lui la manière de replacer la paupière, s’il arrivait quelle se retournât de nouveau en dehors. On doit appliquer souvent un collyre contenant de l’alun et du nitrate d’argent ou du sulfate de cuivre, dans le but de réprimer l’écoulement purulent.
Lorsque les scarifications ne réussissent pas à faire disparaître ou à prévenir le renversement des paupières en dehors , on peut exciser une partie de la conjonctive gonflée. L’hémorrhagie qui s’ensuivra sera très-avantageuse. Ensuite
les cas les plus ordinaires, une partie seulement de la conjonctive oculaire se présente sous forme d’un bourrelet demicirculaire rouge dont le tissu a un aspect celluleux et réticulé. Dans d’autres cas, plus rares, toute la conjonctive est envahie , et forme un bourrelet circulaire au centre duquel on voit la cornée transparente qui paraît enfoncée. Ce bourrelet rouge repousse la paupière et expose à l’air une plus grande surface de la conjonctive irritée. ( Note du trad.)
on préviendra le retour du déplacement au moyen de bandelettes de diacliylon appliquées de la paupière supérieure sur la paupière inférieure, et d’une compresse avec un bandage.
L ’cctropion delà paupière inférieure dû au relâchement descelle partie est très-fréquent chez les vieillards, comme résultant de l’inflammation chronique de la conjonctive et des glandes de I eihomius. Par suite de son exposilion constante à 1 air, l’intérieur de la paupière retournée devient rouge, dur, presque insensible , et le point lacrymal inférieur se trouve déplacé en avant. Ces circonstances diverses produisent nécessairement le larmoiement et différents degrés d’inflammation du globe de l’œil luimême.
Le traitement de l'eclropion de la paupière supérieure dû au relâchement de cette partie, consiste, d’abord, à détruire l’inflammation des paupières et de la conjonctive , et ensuite à appliquer des escharotiques sur la conjonctive exposée à l’air, afin d'obvier h toute tendance au retour du déplacement. Après avoir scarifié la conjonctive enflammée, nous pourrions appliquer le sulfate de cuivre ou le nitrate d’argent, puis une compresse et une bande. Dans les cas invétérés on devra enlever une portion de li conjonctive épaissie et relâchée.
L’eclropion de lu paupière inférieure provenant de l’excoriation de cette partie et de la joue, excoriation résultant elle-même d’une ophlhalmie du bord des paupières ou psorophtlialmie chronique, est une des formes les plus communes de cette affection. La conjonctive palpébrale s’épaissit par suite d'inflammations répétées et de longue durée ; tandis que la peau excoriée, ou même ulcérée.
revient sur elle-même, se rétracte et ainsi tire les bords de la paupière en dehors. Dans ce cas , les bords de la paupière s’arrondissent , les orifices des glandes de Meibomius s’oblitèrent en partie ou en totalité, les cils se détruisent, et une portion considérable de la conjonctive enflammée se trouve exposée à la vue. On devra s’efforcer de détruire fa psorophtlialmie parles moyens déjà indiqués. A l’égard du traitement tendant à faire disparaître l’inflammation chronique du bord des paupières, M. Lawrence pense qu’aucun topique n'est préférable a l’onguent de précipité rouge que l’on doit appliquer sur la surface épaissie et retournéeen dehors, ainsi que sur le bord
Ciliaire de la paupière. Cela réduira le gon ement de la conjoncth e et rendra a son état normal la sécrétion des follicuk's de> Meibomius. L’eclropion, lors meme qu il est accompagné d’un gonflement considérable de la conjonctive, peut etre guéri de cette manière. Dans beaucoup de cas rebelles on devra oindre a peau de la paupière retournée en dehors avec de l’onguent de zinc, puis scarifier et toucher la conjonctive exposée a 1 air avec le nitrate d’argent. Si ces moyens restaient sans effet, on devrait enlever une portion de la conjonctive.
Dans les cas fâcheux qui résistent à ce traitement, on adopte quelquefois la pratique qui consiste à exciser une portion du cartilage. La portion que l’on retranche devra avoir la forme d'un Y.
L ectropion de la paupière inférieure provenant de la désunion existant entre celle-ci et la paupière supérieure à l angle externe de l'œil se rencontre rarement , excepté chez les vieillards qui ont été pendant long-temps affectés d’inflammation des bords des paupières et d une succession d’ulcères près de la commissure externe. Le traitement nécessite une opération qui doit être faite d’après les mêmes principes que celle qui se pratique pour la guérison du becde-lièvre , cest-à-dire en excisant les bords de la commissure désunie et en rapprochant les parties ensemble au moyen d’une suture. Cependant on devra d’abord laire disparaître la maladie des paupières.
Ectropion dû à la rétraction d'une cicatrice. Il n’est pas rare de voir cette difformité se produire par suite d’une blessure, d’un abcès, d’un ulcère ou d une brûlure. Dans les cas peu importants, la simple opération consistant dans l’enlèvement d’un repli de la conjonctive, peut être suffisante; mais on rencontre quelques exemples présentant un renversement de la paupière en dehors très- considérable ; un accroissement notable de la longueur de la paupière dans la direction transversale, et des adhérences qui fixent la surface externe de celte même partie. Ici l’on doit commencer par diviser la cicatrice afin de permettre à la paupière de quitter sa position anormale et l'on doit ensuite enlever une portion de la conjonctive : mais afin de combattre l’allongement morbide de la paupière dans le sens transversal d’un angle de l'œil à l’autre , il est quelquefois nécessaire d’enlever une portion
BE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
du cartilage tarse dans toute son épaisseur, en donnant à'cetle, 'portion excisée la forme d’un Y, et de rapprocher ensuite les bords de la plaie ensemble au moyen d’une suture. Dans quelques cas encore nous pouvons imiter Jaeger en détachant complètement , de la joue ou du bord ciliaire la paupière retournée en dehors, ne la laissant adhérente qu’aux angles seulement. On peut trouver les détails de celte opération dans le traité de M. Lawrence sur les Maladies des yeux, p. 350 (IJ.
EHTROEION.
Parmi les nombreuses maladies des paupières , je dois maintenant en décrire une qui est exactement le contraire de la précédente , c’est-à-dire 1 ’entropion ou inversion des paupières, affection que présentent le plus souvent les vieillards, chez lesquels la peau de ces parties est lâche, distendue , dépourvue de l’élasticité convenable, et se ramasse en plis.
Quand la paupière supérieure est retournée en dedans à quelque faible degré que ce soit, il en résulte une irritation considérabledel’œil; mais quand une grande partie de la paupière éprouve ce déplacement la maladie devient véritablement fâcheuse. Le frottement des cils contre l’œil est incessant et accompagné de douleurs très-intenses; l’œil lui- même s'enflamme, la cornée s’ulcère ou devient opaque, et la vue finit par se détruire.
Le renversement de la paupière en dedans peut être ou temporaire ou permanent ; le premier de ces deux états affectant particulièrement la paupière infé-
(1) L ectropion qui n’a pas sa source dans une inflammation avec boursouflement de la conjonctive, et qui est produit par une lésion de la paupière ellemême, donne souvent lieu à l’inflammation avec boursouflement qui, dans ce cas, est un effet, tandis qu’il était une cause dans Peclropion de l’autre espèce. A. moins qu’il n’y ait des adhérences cicatricielles fortes, Scarpa conseille presque toujours d’exciser avec des ciseaux un repli de la conjonctive que l’on forme en saisissant avec des pinces cette membrane près du point où elle se réfléchit du globe de l’œil sur la paupière; il dit que ce moyen , employé de prime-abord, ,,.'1 dans bien des cas où l’ectropion dépend de la lésion de la paupière elleume- [Noie du trud.)
rieure et se produisant dans l’ophlhalmie chronique des parties les plus externes de l’œil , et quelquefois dans des cas encore pins aigus. Le bord ciliaire se rétracte par suite d’une inflammation répétée, il se produit une action spasmodique du muscle orbiculaire , et la paupière, étant ainsi poussée en dedans, conserve sa position anormale. On peut généralement remédier à l’inversion temporaire en appliquant une petite compresse sur la partie inférieure de la paupière et en l’y fixant avec du diachylon placé transversalement sur la compresse.
Si l’on continue l’emploi de ce procédé pendant l'espace de douze à vingt-quatre heures, le renversement de la paupière en dedans ne se reproduira pas.
L’enlropion permanent peut presque toujours être guéri par l’excision d’un repli des téguments près du bord du cartilage tarse. Nous devons d’abord saisir une partie de ces mêmes téguments avec des pinces à enlropion et observer si la portion retenue ainsi dans les pinces est suffisante pour ramener la paupière dans sa position normale; s’il en est ainsi, nous exciserons cette portion de tégument avec une petite paire de ciseaux courbes , et nous réunirons les bords de la plaie au moyen d’un ou deux points de suture que l'on peut retirer le jour suivant, la réunion ayant alors eu lieu.
Un autre mode de traitement consiste à produire une rétraction de la peau de la paupière, en appliquant avec soin dans sa partie centrale un peu d’acide sulfurique au moyen d’un morceau de bois mince qu’on y aura trempé, et que l’on frottera sur un espace ovale un peu plus long que l’étendue de l’inversion et d’une largeur de trois à six lignes. Il suffira généralement de trois ou quatre applications.
Mais on rencontre quelquefois des cas plus difficiles à traiter et résultant d’une altération dans la forme du cartilage de la paupière. Pour ceux-ci, les méthodes oïdinaires ne sauraient convenir, et nous devrons en essayer d’autres. 11 y en a une qui consiste à faire une incision perpendiculaire dans le grand bord du cartilage tarse de chaque cô:é de la partie retournée en dedans, et à inciser ensuite 1 1 ansvei sa lem en t a travers la conjonctive palpébrale, de l’extrémité d’une de ces premières incisions à l’extrémité de l’autre. On doit alors rendre à sa position normale la portion du cartilage re-
tournée en dedans qui se trouve ainsi comprise entre les incisions, cil y maintenir avec du diachylon.
On a quelquefois pratiqué l’excision totale du cartilage tarse lorsque sa forme vicieuse rendait impraticable son adaptation à l’œil.
Il semble quelquefois que l’enlropion dépend de ce que le cartilage est trop court; car si l’on pratique une incision à la commissure externe, la paupière ne pressera plus contre l’œil. Une autre opération adoptée par Jaeger de Vienne, consiste à enlever le bord du cartilage tarse retourné en dedans.
TIUCIUASIS.
Ce mot signifie le développement des cils dans une direction telle qu’ils frottent contre le globe de l’œil et y font naître de l’irritation.
IL est rare de rencontrer des cas dans lesquels tous les cils sont tournés vers le globe de l’œil, si ce n’est quand le trichiasis est réellement accompagné d'une inversion de la paupière elle-même. Les accidents qui résultent de cette maladie sont graves; car le frottement des cils contre l’œil amène l’inflammation de cet organe, et après un certain temps, et par suite de négligence, l’opacité de la cornée et la cécité. Souvent on ne s’aperçoit pas de la mauvaise direction d’un ou de plusieurs des cils, et l’on ne dirige son attention que sur l’inflammation qui en est l’effet; mais ici, comme dans d’autres parties de la chirurgie, nous devons rechercher la cause de la maladie et ne pas en négliger l’observation dans le traitement , car souvent la disparition seule de cette cause suffira pour amener la guérison.
Un mode de traitement consiste à enlever l'un apiès l’autre lotis les cils retournés en dedans au moyen des pinces.
On doit saisir chaque cil aussi près que possible de la peau et l’arracher en tirant droit à soi; mais, en général, le résultat n’offre qu’un soulagement temporaire , les cils croissant de nouveau.
C’est pourquoi je pense que la meilleure manière est d’exciser du bord ciliaire de la paupière la partie qui comprend les bulbes des cils retournés en dedans (1).
(1) Il n’est ici question que de l’arrach eurent des cils et de l’oxcision'du bord
Quand le trichiasis est simplement un effet de l’entropion , il n’est pas nécessaire d’extraire les cils, puisqu’on obtient
ciliaire, mais il existe deux autres méthodes de traiter le trichiasis : l’une, due à Vacca Berlingliieri, consiste à introduire au-dessous de la paupière, pour la tendre, une plaque de corne dont la concavité reçoit le globe de l’œil qui se trouve ainsi protégé; puis, à faire parallèlement au bord libre de la paupière, à une demi-ligne de ce bord, une incision qui ne comprendra que la peau et les fibres du muscle orbieulaire. Deux autres petites incisions verticales, ayant une profondeur pareille, s’étendront de l’extrémité de cette incision transversale au bord libre, c’est-à-dire n’auront qu’une demi-ligne d’étendue; le petit lambeau résultant de celle opération sera disséqué doucement, jusqu’à ce qu’on puisse le relever vers le bord libre. En lavant légèrement la plaie, on aperçoit alors les bulbes des ciis déviés; on saisit ces bulbes avec des pinces, cl on les extirpe. L’eau froide dont on lave la plaie suffit pour arrêter l’écoulement du sang. Cela fait, on réapplique le lambeau et on le maintient avec de petites bandes dediacbylon. Les bulbes n’existant plus, les cils ne tardent pas à tomber, ou , si l’on yeut, on les arrache. Parce procédé, on ne retranche aucune partie de la paupière, et la guérison est bien autrement sûre que quand on laisse le bulbe en pratiquant le simple arrachement, niais il doit être fort difficile à exécuter. Une autre méthode très-simple et nullement douloureuse a été imaginée par Sanson .
elle convient particulièrement quand les cils déviés sont réunis en faisceau . mais serait, je crois, encore applicable s’ils ne l’étaient pas, parce qu’on agirait séparément sur les cils ou faisceaux de cils. On étreint le faisceau de cils déviés avec un fil de soie que l’on tend et fixe sur la joue avec une bande de diachylon. On maintient pendant un temps suffisant les cils ainsi renversés en dehors. Rendus à leur direction normale, ils la conservent alors d’eux-mêmes, ou bien, cc qui est plus fréquent, les bulbes des cils irrités par la traction légère , mais permanente, s’enflamment, et les cils se détachent et tombent en entier. Arrachés de cette manière , ils sont infiniment moins disposés à repousser. De sorte que cette méthode ingénieuse a non-seulement l’avantage de tenter le redressement, mais encore, si on ne l’obtient pas, procure l’arracbcnicnt d’une manière sûre et non douloureuse. (Noie dittraa.f
DE PATHOLOGIE CHlltURGlCALE.
la gucrison par les moyens applicables à l’enlropion.
Le dislichicisis signifie une double rangée de cils ; mais, de fait, les cils surajoutés ne croissent jamais dans cet ordre régulier; ils ne s’étendent pas non plus dans tonte la longueur de la paupière, mais ils sont disséminés dans différents points entre le lieu naturellement occupé par les cils et les orifices des follicules de Meibomius. Quelquefois aussi il se présente des cas dans lesquels on voit de gros cils croître à la surface concave interne des paupières.
Le seul mode de traitement effectif est d’arracber les cils et leurs bulbes.
BLEPHAROPTOSE.
Cette affection consiste dans l’impossibilité oii se trouve le malade de lever la paupière supérieure, qui demeure lâche et pendante sur le globe de l’œil.
Dans quelques cas cela dépend d’une distension et d’une inflammation excessive; mais ce qu’on entend le plus communément par blépharoptose est une variété de cette affection qui est accompagnée par la paralysie du muscle élévateur de la paupière supérieure. Si on relève la paupière, elle retombe graduellement par son propre poids, elle est souvent légèrement œdémateuse, l’œil perd son expression , l’iris est moins irritable qu’à l 'état normal; la,pupille est dilatée, et l’œil est souvent atteint d’amaurose.
La blépharoptose est généralement symptomatique des affections du cerveau, et le traitement doit être réglé en conséquence. Cependant, tout en tenant compte de la cause, il n’y a pas d’inconvénient à frotter la paupière avec de l'onguent mercuriel camphré, ou avec des linimenls contenant de l’ammoniaque ou du camphre, ou à appliquer des vésicatoires sur la partie du front qui avoisine l’œil (t). ^
(1) La saignée, les sangsues, les purgatifs, qui conviennent lorsque la blépharoptose dépend d’une affection du cerveau, ne sauraient plus être utiles quand la maladie est toute locale; alors les frictions elles vésicatoires dont il est question ici doivent être employés, mais nc réussissent pas toujours. Quand, après avoir niis ces moyens en usage, on n’a 7'“ l’accident, et qu’il est tel 1 individu ne peut presque plus sc