BISMUTH
que nous l’assurent Odier, Beyele (2G) et d’autres. Une autre série de phénomènes, qu’on appelle spasmes, ou crampes de l'estomac, reconnaît pour meilleur secours le bismuth, au dire de Velseu (27), d’Hufeland (28), de Marcel (29), de Behm (30), et de plusieurs autres. La migraine a été guérie ainsi par Odier et par d’autres, lors même qu’elle n’était pas le résultat d’une affection gastrique. Dans les expériences de Kerchzig sur les enfants, on s’est assuré que le bismuth est utile contre les \ers intestinaux (3 1). — Toutes ces affections appartiennent à la catégorie des maladies chroniques, et on sait que les praticiens les placent au nombre des maladies spasmodiques. Néanmoins aussi dans la gastrite aiguë accompagnée de rougeur à la langue, de forte fièvre, vomissement cl douleur, après avoir pratiqué quelque saignée, nous avons trouvé plusieurs fois que le bismuth à forte dose réussissait à merveille. Contre les coliques, il a été loué par Odier et par Reil (32); contre la diarrhée, contre la dysenterie opiniâtre, et contre la dothinentérite , par Trousseau (33).
Le bismuth peut être aussi indiqué dans plusieurs maladies autres que celles de l’estomac , telles que l’aménorrhée et les douleurs aux reins et au pubis, qui accompagnent la menstruation ou les phlogoses de la matrice (34). Lang et Barkysen prescrivirent le bismuth contre l’urélrite ou blennorrhée syphilitique, comme réfrigérant et astringent (35).
Rademacher coupa une fièvre intermittente à l’aide du même remède (36). Lo-
(2fi) Ilufeland’s Journ., 42 Bd., 5 st.,
(27) llorn’s Archiv., 7 Bd., 1808, p.
(28) Journ. d. pr. Ileilk-, 4 Bd., p.
(29) Ment, of tbe med. Societ. of London, t. vi, p. 155.
(50) Ilufeland’s Journ., 66 Bd., 4 st.,
(31) Diss. sist. obs. et exper. cire. us. med. cale, zinc et bismuthi. llalæ, 1792, p. 38.
(52) Mentor, clinic., fasc. iv, p. 27.
(55) Bulletin de thérapeutique, oct.
(54) Uufcland’s Journ., 50 Bd., 5 st.,
(35) Ivcrckzig, citât., p. 28.
(36) llufcland's Journ., 10 Bd., 1 st.,
benslcin, Lœbcl (37) et Frank (38) triomphèrent de l’épilepsie par le même moyen. Le tétanos même a été combattu avantageusement avec les hautes doses de bismuth, par Gazai (39). Metzger(40) et Jacobi (41) regardent le bismuth comme un excellent remède minéral contre l’arthrite. La péripneumonie même, l’apoplexie, le délire fébrile, les maladies aiguës, ont été traitées avec succès par les deux derniers auteurs, à l’aide du bismuth (42). Enfin contre le choléra, on a préconisé le bismuth : le docteur Lee a été le premier qui l’administra dans cette terrible maladie, et il a eu à s’en applaudir; aussi le prônet il comme un remède souverain (43).
§ VL A pprc'ciatioii de l'action. — Le calme que le bismuth procure, la disparition des chaleurs inflammatoires et des douleurs de l’estomac, la cessation des vomissements hypersthéniques sous l’influence de ce remède, seraient déjà des données suffisantes pour établir l'action hyposthénisanle gastrique du buinuth. Les effets sur les animaux et sur i’homme à l’état normal, et plus encore clans les maladies inflammatoires, mettent hors de doute cette aclicn. Ces faits nous apprennent eu meme temps que ce n'est pas uniquement à l’estomac qu’il borne son action, mais qu’il l’étend à d’aulres viscères, et même à tout l’organisme.— Je sais qu’il est des médecins qui considèrent le bismuth comme un remède nerviu ou anli-spasmodiquc, et qui regardent les maladies promptement guéries par lui comme des névroses ou des spasmes d’estomac; mais c’est là une explication aibitraire que rien ne justifie. Nous avons fait voir précédemment combien est obscure la prétendue propriété anti-spasmodique primitive des remèdes , et démontré que les mots spasme, affection nerveuse, n’indiquent pas des maladies, mais bien des synt-
(37) YVes. u. lleil. d. Epit. Leips., 1818, § 150.
(58) Prax. med. un. prrec., P. il, t. r, p. 410.
(50) Journal général de médecine,
(40) Tracl. de duob. spccif., p. 16.
(41) Medic. castrons., p. 114.
(42) Jacobi Metzger, cil., p. 106.
(43) Altgemein. Zeitung. v. Augsburg.