‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 118 sur 168 · Praxeos medicæ præcepta univers., vol. i · texte numérisé non relu

Praxeos medicæ præcepta univers., vol. i

(25) Nouveau dictionnaire de botanique médicale et pharmaceutique, t. j, p. 448.

(20) Piumatto degent.lat. spec. m. b., 1813, p. 7.

(27) Mérat et Delens, Diclionn., t. m, p, 304. Mater, chir., p. 270.

(28) Diss. de plant. Rcniling. Tub.,

(29) Ilist. plant., p. 288.

(50) Works, p. 054.

(51) Aniinndv. pracb, p. 291.

§ YI. Appréciation de l'action. — Il est assez évident, d’après ce que nous venons de dire, que 1 action de la gentiane est hy poslhénisan te , et que cette action se manifeste préférablement sur l'estomac. •

§ VII. Action mécanique. — Il est des auteurs qui assurent que la gentiane arrête ou du moins retarde la putréfaction des substances animales (32). Nous avons vu que celte qualité se rencontrait chez d’autres substances astringentes. La texture spugneuse de la racine de gentiane l’a fait employer en chirurgie comme moyen dilatateur. On s’en sert aussi pour former des pois à cautères. Dans ce cas, la gentiane n’exerce probablement d’autre action que celle d’un simple corps étranger.

§ VIII. Mode d' administration. — On peut donner cette racine en poudre h la dose de deux à quatre grammes à la fois (demi gros à un gros). En infusion on double celte dose. On préfère chez nous la décoction , qu’on prescrit de quinze à trente grammes (demi once à une once) dans une suffisante quantité d’eau. L’extrait, on le donne à la dose d’un ou deux grammes. On connaît plusieurs teintures dont la base est la gentiane : celle de Whytt est la plus renommée; elle contient de la racine de quinquina ( lax china) cent vingt grammes (quatre onces) , de gentiane et d’écorce d’orange pallies égales, quarante-cinq grammes (une once et demie) qu’on fait infuser pendant six jours au bain-marie du ns deux kilogi animes d’eau -de- vie (quatre livres), en ajoutant à la colature une petite quantité d’esprit de lavande. On en prend une ou deux cuillerées à la fois dans île l’eau. L’esprit de vin, dont l’action est opposée à celle de la gentiane, n’est pas suffisant dans celle teinture pour la détruire entièrement. D’ailleurs, l’action de l’alcool est si fugace, que celle de la gentiane ne manque pas de se faire sentir. — On peut prescrire la gentianine à la dose de vingt-cinq à cinquante centigrammes (cinq à dix grains) sous forme pilulaire. Uosenslein s’en servait souvent avec avantage contre la scrofule; il prescrivait la teinture suivante, que Foy indique sous le nom de potion anli-scvof uleusc.

(52) Pringle, Discas. on tbe army App. , p. 00. Essai sur la putréfaction,

taraxacum.

Formule-modèle.

2J. Sous-carbonate de soude , 4 grammes

(1 Pros)- ....

Eau de camomille, 90 grammes (4 onces).

Sirop de gentiane, 30 grammes (1 once).

Teinture de quinquina, 4 grammes (1 gros).

Mêlez.

A donner par cuillerées dans la journée.

Odier, J. Frank et Saiffert recommandent surtout contre les névroses cardiaques, dépendant des affections chroniques des viscères abdominaux, les pilules suivantes.

Pilules.

2J. Extrait de gentiane, 30 grammes (1 once).

Fiel de bœuf épaissi, 12 grammes (3 gros).

Scammonéc, 8 grammes (2 gros).

Mêlez et divisez en cent soixante- deux

A prendre de quatre à huit le matin à jeun.

Autres pilules contre la leucorrhée, d’après Hufeland.

2[ Extrait de gentiane, 8 grammes (2 gros).

Cachou et alun, parties égales, 2 grammes fl; 2 gros).

Mêlez pour taire des pilules de 15 centigrammes (3 grains) chaque.

TAHAXACUM.

(Leo/itodon taraxacum.)

§ Ier. Caractères physiques. — Celte plante fleurit vers le commencement du printemps jusqu’à l'hiver ; elle croîi dans tous les pays d Europe, dans les prés, le long des chemins; on en rencontre même au milieu des rochers des plus hautes montagnes. Ce genre , de la famille des sy nanthérées chicoracécs de Jussieu, et de la syngénésie-égate, Lin., présente un involucre campanulé, composé de folioles inégales , imbriquées , oblongues. Du centre des feuilles s’élèvent successivement, jusqu’à la hauteur d’un demi-mètre environ , quelques hampes cylindriques, creuses, tendres,

renfermant un suc lacté amère ? et surmontées d’une belle fleur jaune. Sa racine est allongée en fuseau et laiteuse, sans odeur, d'une saveur amère. — On mange les feuilles de cette plante en salade, et on s’en sert en médecine sous le nom de pissenlit ou cfenl-cle lion.

§ II; Notions chimiques. — Le taraxacum contient une substance extractive amère, du mucilage, du sucre et plusieurs sels.

§ III. Effets sur l'homme bien portant. — Les effets du taraxacum sur les animaux sont trop légers pour permettre de tirer aucune conclusion relativement à son action. On sait effectivement que les vaches, les chevaux, les moutons mangent celle plante sans le moindre inconvénient; les chèvres pourtant n’en veulent pas. L’homme ne mange que les jeunes pousses, au printemps, en salade. Quand la plante n’est plus tendre , on la mange également, mais après l’avoir fait cuire. Les personnes qui aiment l’amertume trouvent cette alimentation utile pour apaiser la turgescence vitale et pour combattre les différentes éruptions cutanées. A cet effet, on emploie ordinairement le suc exprimé de la plante et dépuré. Le peuple croit même qu’il sert à calmer et à dépurer le sang et les humeurs viciées. L’usage continué pendant long-temps du taxarâcum devient laxatif et diurétique (33), et finit, au dire de Ilichter, par affaiblir l’estomac (34).

§ IV. Effets dans les maladies. — Le cas rapporté par Delius d’un malade dont le sang tiré de la veine présentait une couenne lardacée, et qui, après avoir pris de trente à quatre-vingt-dix grammes de suc de laxaracum par jour, guérit. (38), ferait déjà présumer que l’action de cette substance est éminemment anli-phlogislique ou hyposlhénisanle. Il existe une foule d’autres faits qui confirment celui-ci. Une hémoptysie, accompagnée de dyspnée intense, a été traitée et guérie avec celle substance par Quarin

(36); des cas de phthisie, par Frank (37) et par Hufeland (38); une hydropisie, par le même Frank (39) ; les tubercules pul-

(33) Murray, App. medic., t. i, p. 36.

(34) Ausfuhr. Arsn. , 4 Bd., p. 324.

(55) Disscrl. de laraxaco, p. 19.

(3G) Animadv. pracl., p. 64.

(37) SammL, t. i, p. 226.

(38) Bulletin de pharmacie , vol. ni.

(59) Murray, App. medic., t.), p. 57,

TAllAXACUM.

monaires, par Ziinmcrmnn (40); la scrofule, par Malovin (41); la lèpre, par Leidenfrost(42); lesdarlres, parFebure (43'; la gale, par Frank. — Peut-être que les éloges donnés par ces auteurs au tar.ixacuui contré toutes ces maladies sont un peu exagérés, mais ces faits ne méritent pas moins l’attention sous le point de vue de l’action dynamique du médicament. Ajoutons que les faits les plus concluants en faveur de l’action hyposthénisante du laraxacum sont relatifs à la guérison des fièvres bilieuses oblenues par Stoll (44), des obstruclions uleéralcs par de Maen (45), de la jaunisse noire par Wcndelstaed (4G) , enfin de la jau-« nisse ordinaire par Y. Swieten (47), etc.

§ Y. Appréciation de l’action. — Ces dernières maladies sont toujours accompagnées , comme on sait, de quelque désordre dans la digestion, désordre que les modernes rapportent avec raison à une phlogose chronique de l’estomac.

Or, c'est cette phlogose que le laraxacum dissipe.

§ YI. Mode cl' administration. — Le taraxacum, n’ayant aucune propriété irritante mécanique, peut être employé sous lorme de suc récent à la dose de quinze à soixante grammes (demi-once à quatre onces), seul, ou mêlé avec du lait ou du petit-lait. On fuit aussi une tisane avec toute la plante, et notamment avec ses racines. La préparation cependant la plus usitée est l’extrait ou clecluaire, qu’on prescrit à la dose de deux à huit grammes à la fois, sous forme de bol enveloppé dans la poudre de réglisse ou de lycopode. L’extrait de taraxacum est aussi employé fréquemment comme ingrédient pour réduire en consistance de pâte solide des médicaments en poudre dont on veut faire des pilules.

Formules-modèles.

Pilules.

21 Extrait de pissenlit et de ciguë, chacun 4 grammes (1 gros).

(40) Clicmie, t. n, p. 5G5.

(41) Diss. de suce. herb. recent., p. 27.

(42) Chemie, t. n, p. 560.

(43) Aul. citât.

(44) Mérat et Delens, Diction., t. iv, p. 87.

(45) Ratio inedendi, t. ir, p. 4.

(4Gj Bibliothèque médicale, t. lviii, p. 587.

(47) Comment,, t. ni, p. 102.

Gomme ammoniaque, 2 grammes (demi-

gros).

IJydriodale de potasse, 30 centigrammes (6 grains).

M. exact, pour en faire des pilules de 15 centigrammes.

A prendre une toutes les quatre heures : elles sont utiles contre les engorgements glandulaires.

Décoction.

2f Racines et feuilles de laraxacum, C0 grammes (2 onces).

Bouillon de veau, \j2 kilogramme ( I livre).

M. faites bouillir pendant une demiheure , et passez.

A prendre en trois fois.

On donne cette tisane comme diurétique et laxative dans plusieurs affections chroniques de l’abdomen. Trogus , Mathiole , Ellinuller , Parkinson , recommandaient déjà, de leur temps, celle décoction contre la cachexie , la phthisie et les fièvres intermittentes , lors même qu’elles dégénéraient en fièvre lente et continue.

Elcctuairc.

21 Extrait de taraxacum , 8 grammes (2 ^ gros).

Gomme ammoniaque dissoute dans un jaune d’œuf, et teinture de fer, parties égales , 2 grammes (demi-gros).

Miel blanc , s. q. pour en faire un électuaire.

A prendre par cuillerées à thé deux ou trois par jour. — Brera , Agnelli, Scwartze , Stard , recommandent cet élecluaire dans les affections chroniques du foie et dans l’hydropisie , qui en est souvent la conséquence. Goëlis rapporte plusieurs guérisons d’ictère des enfants avec constipation , et notamment des nouveaunés, par la préparation suivante.

Infusion.

2J. Infusé de réglisse , eau commune , parties égales, 30 à G0 grammes (t à 2 onces).

Extrait de taraxacum, 4 à S grammes (I à 2 gros).

Sulfate de soude, 8 grammes (I gros).

Sirop de manne, 15 grammes (demionce).

A prendre par cuillerées à thé, trois ou quatre fois par jour.

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