TAMARIN
eide tartrique et de l’acide maliquc, du sublartrate de potasse , du sucre , de la gomme, de la gélatine végétale, et un parenchyme. Dans certains pays, on fait subir à la pulpe de tamarin une légère évaporation dans des chaudières de cuivre; alors elle contient des sels cuivreux. Ces tamarins doivent être écartés ; on peut facilement s’assurer s’ils renferment de ce sel , en y plongeant une lame ou spatule de fer bien polie, qui se recouvre bientôt d’une couche de cuivre.
§ III. Effets sur l’homme bien portant. — Tant que le fruit de tamarin est vert et cru , il possède une âcreté trèsénergique, dont se servent les Indiens et les Américains comme assaisonnement de certains aliments insipides. Parvenu à maturité, on s’eu sert comme fruit, soit mêlé avec le riz , soit à d’autres substances ; on leregarde comme un aliment rafraîchissant , et légèrement laxatif. — Chez nous aussi on s’en sert avec du sucre comme une espèce de confiture ; lorsqu’on en prend quelques grammes pendant quelques jours, elle rend le corps libre.
§ IV. Effets dans les maladies. ■ — Les Arabes, qui nous ont appris l’usage médicinal de la pulpe de tamarin, l’estiment beaucoup pour éteindre la chaleur fébrile et calmer la soif. Aussi dans les fièvres inflammatoires , dans les fièvres dites bilieuses et putrides, le tamarin a-t-il été toujours employé avec avantage. Quelques médecins lui ont assigné d’autres propriétés, telles que d’être anti-putride, astringent et diurétique; mais actuellement on a abandonné l’idée des remèdes dirigés contre la putridité ; quanta la vertu styplique du tamarin, elle est trop en opposition avec la vertu purgative qui est bien constatée, pour pouvoir être admise. Nous n’avons pas besoin de citer des autorités, pour prouver que tous les médecins de nos jours prescrivent , dans les lièvres inflammatoires et dans les hémorrhagies, le tamarin comme rafraîchissant ou contre-stimulant , dissout dans une boisson, ou comme véhicule d’autres remèdes plus efficaces. — On se sert communément du tamarin dans les dyspepsies et dans les constipations habituelles, comme purgatif doux ; dans les affections hémorrhoïdales, dans les coliques, dans les diarrhées inflammatoires, dans le flux hépatique, dans le méléna , et même dans la dysenterie.
Zimmerman rapporte que le tamarin a mieux réussi que tout autre remède,
contre la dysenterie terrible qui régna épidémiquement en Suisse, sous le nom de dysenterie bilieuse. On l’a préconisé contre le choléra-morbus; enfin, dans plusieurs pays et notamment en Italie, la pulpe de tamarin est devenue un remède tout-à-fait populaire.
§ V. Appréciation de l'action. — Qu’on appelle rafraîchissante , tempérante, délayante, la propriété du tamarin, en dernière analyse elle sera toujours de nature hyposthénisante légère. Elle ne manifeste pas d’autre action sur les intestins, même à haute dose; aussi ne calme-t-on par ce remède que les troubles gastriques dépendant d’un état liyperslhénique ou d’une sub-phlogose. On arrête simplement, à l’aide du tamarin, les évacuations trop abondantes, lorsqu’elles dépendent d’une sur- excitation de l’appareil gastrique ; ou bien, on rend le ventre libre , lorsqu'il est constipé par trop d’érélisme. Si on ne faisait attention qu’aux seuls effets secondaires de cette substance, on lui attribuerait deux propriétés tout- à -fait opposées, c’est-à-dire , la propriété astringente et la propriété purgative. L’action du tamarin étant très-légère, l’on ne doit se borner à son usage que dans le traitement des affections légères. Quant au choléramorbus , le tamarin ne saurait le combattre.
§ VI. Action mécanique. — A cause de sa qualité âcre , acide , notamment lorsque la pulpe a été retirée du fruit de tamarin encore vert, celle substance jouit d’une action mécanique astringente. Elle n’est pourtant pas assez forte pour mériter une grande attention, lorsqu’on s’en sert à l’intérieur ; d’autant plus que la pulpe de tamarin du commerce est presque toujours mêlée du sirop de sucre.
§ Vil. Mode cT administration . — Le tamarin est un de ces remèdes dont la saveur n’empêclie pas de le prendre pur, à la dose de trois à six décagrammes , en plusieurs fois (une à deux onces), si on veut l’employer comme rafraîchissant. Si on en prend six ou neuf décagrammes en une fois, ou obtient des effets purgatifs. Dans le premier cas, on peut en faire une boisson agréable, en le délayant dans beaucoup d’eau et en y mêlant un peu de sucre. — La pulpe de tamarin sert de véhicule à d’autres substances,et notamment aux sels. La crainte que ces derniers puissent perdre leur vertu , en se décomposant par leur mélange avec le tamarin , n’a aucun fonde-