GOMME
étonné qu’on avait des idées ton t-à-fai t opposées sur l'action de cette substance.
J .es faits qu’il a publiés dans les comptesrendus annuels de sa clinique sont dignes d’être lus et médités (17); ils sont relatifs à des diarrhées inflammatoires accompagnées de fièvres , des dysenteries à différents degrés, dont plusieurs très-graves ; des entérites accompagnées de coliques intenses et de météorisme, etc. La dose de gomme-gutte, dans ces cas, était de 30 à 120 centigrammes par jour ( G à 2G grains'. Il y eut même des cas dans lesquels l’auteur ne s’est pas borné à cette dernière dose, et pourtant les flux intestinaux , loin d’augmenter, se modéraient et s’arrêtaient sous l’influence de ces remèdes , ainsi que l’état fébrile. Le médicament ne réveillait aucune douleur; il faisait cesser au contraire celles qui étaient propres à la maladie. Enfin l’action conlro-stimulanle de la gomme-gutte a produit les mêmes effets que la saignée. Tous ces faits , s’étant passés publiquement et ayant été répétés par d’autres expérimentateurs , n’ont jamais pu être conlesiés.
D après cela , nous comprenons pourquoi les anciens avaient trouve que la gomme-gutte à haute dose était fort utile contre les hydropisies hypersthéniques. On sait que Werlhofï la recommandait même aux malades forts et robustes dans le moment le plus violent du mal (l8). Nous comprenons aussi d’où vient qu Edwards ait observé , par l’action de 1 20 centigrammes (24 grains) de gomme-gutte par jour, le vomissement sans évacuations alvines ni urinaires , et l’anasarque disparaître sans aucune autre évacuation (19). Nous comprenons enfin pourquoi Lister se plaignait de la bizarrerie d’action de la gomme-gutte (20) ; c’est qu’il n’en connaissait pas les effets dynamiques.
La guérison des affections vermineuses , et notamment du lænia , due à la gomme-gutte, est basée sur la propriété byposlhénisante , qui enlève aux iules-
(17) Voy. Ann. di scien. e lett. Milano, vol. ni, p. 104. Opusc. di tncdic. clin, di G. Rusori. Milano, 1830, t. il, p. 73 et 113.
(18) Opcr. med., p. 777.
(19) Mérat et Delens, Dictionn., t. vi, p. 513.
(20) De hydrope app. Morton, p. 29.
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tins la condition nécessaire gu développement des entozoaires. Il faut convenir pourtant que Jes évacuations alvines peuvent entraîner avec elles les vers ; dans ce cas, la gomme-gutte pourrait être envisagée , sous un point de vue secondaire , comme un excellent vermifuge.
§ VI. Appréciation de l'action. — Une fois au fait de ce que nous avons exposé , on doit comprendre que la gomme-gutte administrée à liante dose est un byposlhénisant général , et à petite dose un byposlhénisant entérique.
On doit être étonné que Jes praticiens n’aient jamais vu dans ce remède qu’un drastique énergique et dangereux. Ce qui doit encore surprendre, c’est qu’ils n’aient pas même soupçonné qu’il abat, étouffe le principe vital, au lieu d’irriter, enflammer, brûler le canal gastrique, comme ils se l’imaginent.
§ VU. Action mécanique. — La gomme-gutte détermine quelquefois des douleurs de ventre ; cela tient à sa qualité résineuse. Les résines ne sont pas solubles dans les humeurs animales, comme on sait. Il est fort rare cependant qu’à haute dose elle produise des coliques.
Werlhoff la prescrivait dans l’hy dropisie jusqu’à la dose d’un gramme , et il n’a jamais eu à se plaindre de ses effets. On peut d’ailleurs prévenir cet inconvénient en enveloppant la substance comme on va le voir.
§ VIII. Mode cl administration. — - Pour bien diviser les parcelles résineuses , il est utile de broyer la gommegutte avec du sucre , de la magnésie , ou bien de l’incorporer dans un jaune d’œuf. — La dose ordinaire est de 5 à 10 centigrammes à la fois (1 à 2 grains) lorsqu’on veut obtenir des t fiels purgatifs ; de 25 à 30 (4 à G grains), si on désire avoir des effets h y posthénisants généraux. — La formule que nous avons indiquée précédemment est de 15 grammes de gomme-gutte pilée , mise en digestion , à une légère chaleur, dans 240 grammes d’eau-de-vie à 20 degrés; après l’avoir filtrée, on ajoute 120 grammes de sirop de sucre et aularitVeau bouillante, avec la précaution de bien remuer le tout pendant plusieurs minutes. ün obtient par là un élixir d’une couleur dorée agréable au goût, qu’on peut administrer par cuillerées (une à quatre à la fois).
HUILE DE CHOTON.
HUILE D’ÉPURGF, OU CATAPUCE MINEURE.
( Oleum ex stminibus cataputite minoris.)
Sur les bords des fossés, et dans les lieux cultives, croît en grande quantité la catapuce mineure, que les botanistes nomment tuphorbia. latyris , de la familles des eupUorbiacées , monœcia monadcldiia , Lin. La graine, connue autrefois en médecine comme émétique ou purgative, contient une huile claire, sans odeur; lorsqu'elle est récente, elle n’est ni âcre ni désagréable au goût. Mais elle est facile à s’altérer, notamment par la chaleur , elle devient alors rance et piquante.
( Noie cl. Irad.) [Pour obtenir celle lniile , on épluche les semences de l’euphorbia latyris, on les réduit en pâte, qu’on comprime fortement dans un sac de toile; on décante l’huile qui en découle, qui se sépare de la matière floconneuse blanchâtre qu’elle contient. On peut obtenir celte huile, en traitant la pâte des semences de l'épurge au moyen de l’alcool échauffé. Cinquante parties des graines de catapuce ont fourni par expression, à M. Chevallier, vingt-deux parties d’huile, cl par l’alcool, vingtsix.]
C’est spécialement à M. le docteur Colderini, de Milan , que nous devons d’avoir attiré l’attention des praticiens sur celle substance, oubliée depuis longtemps. Ayant expérimenté l’huile de catapuce sur plusieurs malades, j’ai trouvé que son action se manifeste principalement sur le tube gastrique. D’après mes recherches, celte huile, si elle est fraîche et donnée à la dose de quatre à huit gouttes détermine promptement des évacuations alvines, abondantes, sans coliques, sans dérangements d’estomac»
et saus irritation au gosier. Un doit aussi tenir compte de l’avantage de son bas prix et de la facilité de pouvoir l’administrer aux enfants sans qu'ils s’en aperçoivent (21). Les observations de M Calderini ont été vérifiées par d’autres praticiens. I.ttpis et Cunnella pourtant observèrent que , chez les personnes faibles, elle détermine souvent des vomis-
(21) Omodei , Ann. univ. di mcd., déç. 1824, p. 5D1.
sements, mais sans souffrance; aussi établirent-ils que la dose ne devrait pas aller au delà de trois à cinq gouttes (22). Hall y aussi a obtenu les mêmes résultats ; et il en préconise l'usage connue d'une chose utile et économique pour les hôpitaux (23). A la dose de huit gouttes, Puccinotli observa chez deux individus un malaise d'estomac assez prononcé , avec vomissement, sueurs froides au front , abattement , mais point d’évacuations alvines. Les essais qu’on a faits à la Clinique de Pologne et à l’hôpital Della-Vila , prouvent qu’en la prescrivant à la dose de dix gouttes, cette huile ne détermine aucune évacuation , mais qu’elle donne lieu à des accidents trèsgraves; aussi faut il en user avec précaution. D’après les fails que nous connaissons, nous croyons pouvoir conclure que l’huile de catapuce agit à haule dose, comme un hyposthénisant vasculaire général, sans produire d’évacuations; à petite dose , comme hyposthénisant entérique seulement. On peut administrer cetle huileavec du sucre, sous forme d’oléo-saccharum , et eu pastilles; mais il faut qu’el e soit récente et que les semences , avant d’être réduites en pâte pour être soumises à la presse, soient bien mondées.
Foiviulc modèle.
Potion purgative,
2], Huile de catapuce, G gouttes.
Gomme arabique en poudre , 2 grammes
(V2 îIros)-
Sirop de sucre, 30 grammes (I once).
Eau de fontaine, 90 grammes (S onces).
Après avoir trituré la gomme avec l’huile et le sirop, ajoutez peu à peu de l cau , pour en faire une espèce d’émulsion.
A prendre en une seule fois.