HUI LE DE CKOTON
qui ne sont que les semences du croton tillium (vulgairement coccognidio). Elles appartiennent à une plante provenant des contrées chaudes de l’Amérique ou des Indes orientales ; de la famille des euphorbiacées , monécie monadelphie , Lin. Ces graines sont charnues, huileuses, d’un goût agréable quand elles ne sont pas encore mures, mais clics deviennent acres après leur maturation. On s’en est servi jadis en médecine, mais toujours avec la plus grande précaution, et on les a ensuite proscrites. Conwcll a remis en vogue l’huile qu’on retire de ces semences, et dont l’usage est actuellement très- répandu en Europe. On extrait cette huile par expression des graines , après les avoir mondées de leurs enveloppes. Elle a une couleur jauneorange, une odeur désagréable, une saveur huileuse, très-piquante, qui laisse dans la bouche une sensation de chaleur qui s’étend à la gorge, à l’œsophage et à l’estomac.
§ II. Notions chimiques. — .Selon INimmo, l’huile de croton est composée d’un principe âcre résineux, et d’une huile grasse à proportions presque égales. Le premier est soluble en totalité dans l’éther, dans l’alcool et dans l’essence de térébenthine. Cette matière , qu’on pourrait regarder comme la partie active de l’huile de croton, a été désignée du nom de Tilline , par Brandes et Nimino. L’analyse du premier de ces chimistes fait voir qu’outre la stéarine, la matière résineuse, la matière colorante, l’inuline, la gomme, l’amidon, l’albumine, les difl’érents sels, cette huile contient un acide particulier, analogue a l’acide patrophique que l’auteur a nommé d’abord crolonique. Quant à l’observation de Pope, que la peau et l’épiderme renferment beaucoup plus de matière résineuse que la pulpe de l’amande, c’est une erreur. L’alcool en dissolvant la partie résineuse de celte huile , lui enlève ses propriétés mécaniques irritantes et lui laisse les vertus thérapeutiques.
(N. d. trad.) [Comme on ne donne à l’intérieur cette huile qu’à la dose d’une, deux ou trois gouttes tout au plus, on ne devrait pas s’embarrasser de ces principes ir ritants mécaniques, si toutefois ils résident dans l'atome de résine qu’on administre.]
t S III- Effets sur les animaux. — L’action meurtrière des baies du croton
C iacomini.
tillium est connue à Java depuis trèslong-temps; Rumpli dit qu’on s’en sert dans cette contrée pour empoisonner les poissons et autres animaux qui vivent dans les eaux stagnantes (24). M. Magendie a donné celte huile à fort petite dose à des animaux; il en obtint des effets purgatifs très-forts ; à dose élevée, il les lit vomir, et en leur liant l’œsophage , ces animaux mouraient plus promptement et présentaient à l’autopsie les intestins phlogosés (2S). Les chiens auxquels M. Orfilu dit avoir administré 4 grammes d’huile de croton sont morts très-promple.inent (26).
§ IV- h'ffets chez l'homme bien portant. — Partout dans l’Inde on se sert de temps immémorial des graines du crolon tillium pour se purger; pour cela, deux seules graiues suffisent aux personnes robustes , et une , une et demie aux personnes faibles et délicates. L’huile qu’on retire de ces graiues était aussi employée à la dose d’une goulle dans du vin des Canaries. On en craignait pourtant des effets violents, car, au dire de Rumph, certaines femmes se servaient de ces graines pour tuer leurs maris. A cet effet, quatre graines suffisaient (27). Les simples vapeurs de cette huile inspirées déterminent souvent des évacuations alvines. On assure que, dans 1 Inde, on a 1 habitude de faire macérer pendant un mois dans l’huile de croton une orange ; et qu’on se purge en la frottant un peu avec les mains ou en la flairant. Conwell a obtenu des effets purgatifs par la seule inspiration d’une certaine quantité d’huile de croton (28).
On doit à Conwell et à quelques autres Anglais, d’avoir tré de l’oubli Pusage médical de celte huile. Après 1 avoir expérimentée sur eux-mêmes et sur d autres, les Italiens, les Français et les Allemands ont suivi leur exemple; ils se sont assurés qu’à la dose d’une demi-goutte ou d’une goutte, cette huile produit uno chaleur à la gorge , et des évacuations alvines répétées, uccompa-
(24) Ilort. Malabar., t. iv, p. 93.
(25) Formulaire , art. Iluile de croton tilly.
(20) Toxicologie, t. n , prem. part., p. 83. 1 '
(27) Ilort. Malabar., t. iv, p. 59 et S9
(28) Recherches sur les propriétés mé-
dicales, etc., do 1 huile de croton tillv Paris, 1824. J