‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 143 sur 168 · HUILE DE · texte numérisé non relu

HUILE DE

gnées de prostration générale. Chez 1rs individus sensibles, elle détermine quelquefois des vomissements, mais plus souvent des nausées, rarement des coliques ( 29). Ces coliques cependant ne sont pas plus prononcées que celles qui accompagnent les autres huiles fixes (30), c’està-dire des petites douleurs passagères , Ou une sensation de chaleur dans le ventre (31). Fantini dit avoir éprouvé une cuisson à l'anus, aux premières évacuations, mais qui cessa bientôt après. On a observé que les doses élevées, c’est-à-dire de plus d’une goutte, au lieu d’augmenter proportionnellement les selles, les diminuent. C’est ce (j ui résulte surtout des expériences cliniques de Brera, à l’hôpital de Padoue. Ces observations démontrèrent aussi que les effets irritatifs à la gorge sont en raison inverse des effets purgatifs (32). Dans les expériences cliniques de M. Amiral, deux gouttes déterminèrent douze évacuations alvines, tandis que quatre gouttes , données au même individu le lendemain, n’en produisirent que quatre (33). INimmo n’a obtenu aucune purgation par les doses les plus élevées qu’on ait jamais osé prescrire, savoir : 60 centigrammes (12 grains) dans 15 grammes d’alcool et de sirop (34). Cohausen s’est assuré que les meilleurs moyens pour combattre les effets de l’huile de croton sont les excitants. Ayant donné quelque semence de croton pour expulser un tœma , ce praticien a vu survenir un abattement général très-prononcé, qu’il parvint à arrêter à l’aide des analeptiques (35 ).

Geoffroy et ses compagnons de voyage avaient avalé plusieurs amandes de croton lilly : ils éprouvent des vomissements impétueux , à l’exception d’un seul qui avait bu de l’eau -tic - vie.

On a eu recours à l’eau-de-vie délayée dans de l’eau, et les symptômes ont été

(29) Conwell, Wite, Marschal, Carter, de Mattbeis, Yacca, Morelli , Fenoglio, Perry.

(30) Carter, Omodei, Ann. univ. di med., febbr. 18"25, p. 29G.

(31) Tantini, Exper. med. Pisæ, 1825, p. 4.

(32) Bcnvenuti, Med. chir. Zeil., 1825, 4 Bd., p. 320.

(53) Gazette médicale, 21 janv. 18o2.

(34) Omodei. Ann. univ. di medic., febbr. 1823, p. 290.

(35) Act. nat. cur., t. ix, p. ou-

CIIOTON.

arrêtés sur-Ie-cliamp (36). Ces faits démontrent assez clairement l’action byposthénisante très énergique de l’huile de croton. Cette action paraît se déclarer surtout sur toute la constitution, lorsque la dose du remède est élevée, et sur lis i n t est ins seulement, lorsqu’elle est moindre. Etudions maintenant les effets de celte substance employée d’après la méthode endermique. Lorsqu’elle est bien préparée et pure, elle produit sur la peau de la chaleur, une cuisson, et de la rougeur. Après quelque temps, on y aperçoit des vésicules et des pustules.

Ces effets s’obtiennent plus facilement sur des régions dont la peau est rude, comme à la figure, sur la tête, et où les os se trouvent immédiatement sous Ja peau. S ir la peau du bas-ventre , ces effets n'ont lieu que difficilement. Si la dose est assez forie , savoir : de dix à vingt gouttes, on produit des purgations (37 ). Celle singularité ne doit point surprendre lorsqu’on se rappelle que ce sont là des effets irritatifs ou mécanicochimiques , et qu’ils n’ont pas lieu lorsque l’huile est absorbée, ce qui arrive spécialement dans les endroits où la peau n’est pas rude, et par conséquent plus propre à l’absorption.

§ V. Effets dans les maladies. — Lorsque ce remède parut de nouveau, il y a seize ans environ, il a élé bien accueilli par les praticiens , et on y a eu recours dans les cas de constipation réfractaire aux moyens ordinaires, de vers intestinaux, surtout de teenia, d’ascite et autres hydropisies; de congestion cérébrale, de coma, d’apoplexie, d’aliénation mentale, de delirium tremens , etc. (38).

Quelques auteurs anglais, et Aimnio lui-même, ont conclu de ces lads que l'huile de croton agit dans toutes ces maladies à l’instar de la saignée, et qu’elle est douée conséquemment d’une action hyposthénisante. Quelques per.'Onnrs diront sans doute quelle opère au contraire comme un évacuant, comme un drastique, un irritant des intestins, un dérivatif. Les faits cependant prouvent le contraire. Antinori a guéri avec l’huile de croton des inflammations chro-

(30) Fiuzi , De med. virl. q. gaud.

croton tiglium. Pat., 1825, p. 10.

(37) Mulchinson , The Lancet. May-

(38) Voyez plusieurs des auteurs déjà cités.

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