II D 1 LE DE CROTON
niques, des obstructions des viscères abdominaux (39); Tégnrt, des phlogoses des reins et la fièvre jaune (40); Tavernier , des névralgies faciales, au moyen de l ou 2 gouttes de eetlc huile appliquées sur la langue (41). D’autres névralgies furent guéries pur Andral , en l’appliquant sur la partie malade; il en donna aussi à l’intérieur, avec succès, dans des cas de laryngite , de bronchite , et même de gastrite (42). Jorel a aussi observé que, flans les inflammations gnstro - entériques , il ne résulte jamais d’inconvénient de l’usage de ce remède
(43) . Dans un cas de colique fort grave, l’huile de croton, donnée par Brera, calma comme par enchantement les douleurs et amena promptement la guérison
(44) . Les faits rapportés par Morichini sont encore plus décisifs. Une entérite qui, après un traitementanti-phlogistique de cinq jours, continuait encore avec une telle violence à faire craindre l’iléus , céda promptement à l’action de l’huile de croton. Une constipation accompagnée de fièvre, vomissement, tension abdominale, et douleur aiguë (gastro-entérite aiguë), qui ne céda pas aux saignées, fut guérie par l’huile de croton; sans que dans ce cas, ni dans le cas précédent, on ait pu remarquer le moindre signe d’irritation ou d'inflammation; au contraire, on parvint à maîtriser l’état phlogislique (45). Nous ne croyons pas superflu de rapporter ici ce que nous avons observé sur trois malades auxquels nous avons donné l’huile de croton. 11 s'agissait dans l’un d’une névril émi te ischia tique compliquée de gastrite (46). Le malade se plaignait d’avoir eu les jours précédents plusieurs évacuations alvines liquides, douloureuses, avec une vive chaleur à l’épigastre, fièvre et anorexie. Nous lui avons prescrit deux gouttes de l’huile de croton, dissoutes dans de l’alcool
(59) Dizion. di medicam. Modena, t. i, p. 552.
(40) The London med. and phys.
Jotirn. Atig., 4825.
(41) Frorieps, Notiz., 4 2 bd.
(42) Gazette médicale, 21 janv. 4851.
(43) Archives générales de médecine, août 4853.
(44) Finzi, Dict. ci-dessus cité, p. 17.
(45) Giorn. arcadico di Roma, Agosto
(40) Mugna, La clinica med. Prosp., 1852-33, n. 46.
délayé, pour en faire, avec de la mie de pain, huit pilules, à prendre une toutes Ls trois heures, et en buvant une tasse de tisane d’orge par-dessus. Le premier jour de ce traitement la douleur cessa , et il n’eut que deux selles sans tranchées. Le jour suivant, le malade accusa de la chaleur à l'estomac au lieu de coliques, et plusieurs évacuations alvines avec borborygmes. On répéta le troisième jour les mêmes pilules de crolon. Pendant toute la journée, point de selles, ni de coliques; la langue pourtant était toujours sale, et la bouche amère. Le quatrième jour on suspendit le remède; envies de vomir, douleurs à l’estomac, et deux selles. Le sixième jour on lui administra trois gouttes d’huile de croton toujours en pilules; le lendemain il a eu trois garde-robes sans douleurs. On revint le huitième jour aux pilules, et il évacua six fois, assez abondamment et sans douleurs; il resla quelque temps trèsaccablé , tous les symptômes gastriques cessèrent, et l’appétit revint.
Le second cas est relatif à une dysentérique. On lui avait pratiqué une saignée. Les évacuations persistaient, elles étaient muco-sanguinolentes , se répétaient à chaque moment avec douleurs et ténesme très - prononcé. Nous lui avons fait prendre 3 gouttes d’huile de croton en pilules, dans les vingt-quatre heures. Les selles sont devenues plus abondantes, mais avec moins d’épreintes , moins fréquentes, et sans douleur. En prenant la dernière pilule, le malade a été saisie d’un vomissement avec faiblesse extrême; on s’est arrêté là, et la guérison a été accomplie promptement au moyen du sulfate de magnésie et de l’ipécacunnhn (47). — Une femme vigoureuse était atteinte d’une péritonite chronique avec épanchement séreux (ascite (48)). Après lui avoir fait prendre inutilement plusieurs médicaments, nous l’avons soumise à l’usage de l’huile de croton, à dose élevée, savoir : 4 gouttes réduites en huit pilules, à prendre en seize heures. Elle a éprouvé des nausées après la première pilule. Après la seconde, la troisième et la quatrième, des évacuations avec borborigmes , au nombre de huit. Après les quatre autres,
(47) Mugna, La clinica med. Prosp..
(48) Mugna, La clinica med. Prosp., 1831-32, n. 108.
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les évacuations cessèrent entièrement.
Vers le soir elle était mieux. La nuit fut calme. Le lendemain elle était abattue , mais sans souffrance. Les urines étaient abondantes, et elle eut encore deux évacuations alviues. Trois jours plus tard, on renouvela, de la même manière, l’administration de l’huile de croton. Après la quatrième pi Iule elle éprouva quelques nausées, de la chaleur à l’estomac de peu de durée, trois selles. La nuit, après qu’elle eut pris la dernière pilule, elle est tombée dans une sorte de coma. Dans la matinée suivante elle se trouva excessivement abattue, mais calme. Deux autres évacuations alvinesonl eu lieu. Après un jour de repos , on recommença l’expérience pour la troisième fois; les choses marchèrent comme les jours précédents, c’est-à-dire quelle s’est plaint de chaleur à l’estomac , de quelque nausée , et a eu six évacuations seulement; mais en prenant les dernières pilules, elle éprouva des faiblesses ; elle se sentait mieux cependant. Elle entendait tout, mais elle n’était en état de faire aucun mouvement, ni de prononcer un seul mot.
Cet état de langueur, d’abattement, persistait encore le lendemain matin ; les pulsations artérielles étaient faibles et irrégulières. La malade continuait à être gaie et tranquille , mais elle ne pouvait bouger ni dire mot. On lui donna un peu de nourriture , et tous ces phénomènes disparurent dans la journée. En attendant , quoiqu’on n’eût pas remarqué une augmentation dans la quantité des urines , le volume de l’abdomen diminua pendant plusieurs jours, mais il augmenta de nouveau par la suite.
Je rapporterai enfin un fait plus remarquable encore. Un individu gravement affecté, selon les uns, d’une gastroentérite; selon les autres, d’une affection gastro- saburrale, avala, par mégarde, 1 20 centigrammes d’huile de croton, mêlée à 00 grammes d’huile de ricin. Pendant les seize heures qu’il a survécu il a élé sourd et n’a eu que quatre évacuations.
Il avait la face hippocratique, la langue humide et décolorée, la voix faible ; prostration ; pouls filiforme, irrégulier; peau couverte de sueur froide, l’abdomen mou; intelligence nette. L’inspection cadavérique montra la physionomie naturelle comme chez un homme qui dort. La base de la langue, le gosier et le pharynx étaient d’une couleur rougefoncée, qui ne disparut pas par le lavage ;
l’oesophage et tout le canal intestinal pré*