‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 152 sur 168 · Wedel Amœn, Mat. med., p · texte numérisé non relu

Wedel Amœn, Mat. med., p

— Buchner, Pharm. Brand., p. 61. — Hartmann, Dissert, de cicuta. merc.

subi., etc., p. 17. — De Bourier, Histoire de la Société de médecine, t- i, p. 540.

— Lewis, Mat. med., p. 412. — Lind, Diseas. in horl. clin., p. 300. — Aaskow, Sarnml. aus A b 1 1 . , etc., 14 Bd., p. 609.

— Marcus, Prüf d. Brown, sy s t . , 1 Bd.,

3 st., p. 39. — Slein, De fab. Sl.-Ignat.

ser, il est vrai , que tous les praticiens lie sont pas d’accord sur la nature hyperslhénique de la fièvre intermittente ; mais nous nous sommes déjà expliqué sur cette question , et nous croyons avoir prouvé que cette dernière condition de la maladie était incontestable, ce qui confirme la thèse que nous soutenons concernant l’action de la strychnine. C’est notamment dans les maladies hyposlhéniques de l’appareil cérébro-spinal que les remèdes dont il s’agit déploient le plus efficacement leur action salutaire.

La noix vomique a reçu de grands éloges dans le traitement de l’hydrophobie par Schulz (97) et par Baker (98); elle a été vantée contre le délire hypochondriaque par Thebesius (99) ; contre la folie par Albinos et Alston (100), par Jurghaus

(l), par Wiel (2) et par Horn (3). Albinos nous assure même qu’on réussit au moyen de la noix vomique à procurer un peu de sommeil aux maniaques qui, comme on sait, éprouvent de l'insomnie.

Dans les îles Philippines, on se sert communément de la noix vomique pour guérir l'insolation qui occasionne, comme on sait, des encéphalites graves. — Brera a calmé chez un malade une surexcitation cérébraletrès-inlense, moyennant la noix vomique (4). Maccary s’tn est servi utilement dans les inflammations chroniques du cerveau ( 5; ; nous aussi nous l’avons employée avec avantage dans un cas de myélite chronique (6), et nous pouvons citer aussi un cas de myélite aiguë qui céda promptement à l’usage de la strychnine (7). De tout temps on a beaucoup vanté la noix vomique ou la fève de Saint-Ignace contre l’épilepsie (8). Plusieurs auteurs l'ont

F.rl., 1793. — Kuinnet, Diss. de fab. Sl.- Ignat. F.rl . , 1802.

(97) Maler med., p. 404.

(98) Frorieps, Notiz., 14 Bd., n. 1S, p. 287.

(99) N. Act. nat. cur., t. i, p. 1 io.

(1.00) Mat. med., t. n, p. 41.

(t) Diss. de nue. vom. et corl. hipp.

Ilall., 1770.

(2) Ohs. de us. nuce vom. et vitr.

AIR. Vit., 1771 .

(3) Arehiv., 1810, 14 Bd., p. 269.

(4) Comment., t. vu, p. 301.*

(5) De l'hystérisme sthénique, etc.

Paris, 1810.

(6) Mugnn, La Clin., an. 1830-31, n. 1 1 4.

(7) Loc. cit., an. 1831-32, n. 129.

(8) Act. Bcrol., dec. il, t. x, p. 12.

STRYCHNINE

employée avec avantage contre celte maladie; enlre autres Hermann (9), \ alentini (10). Sidren (M). Lichtenstein

(12), Ilorn (13). On sait que le fameux spécifique anti-épileptique , qui a fait la fortune de Weitz père et fils, n était autre chose que de la fève de Saint- Ignace en poudre; Haas en publia le secret après la mort des deux Weitz (14). Decandolle , Husson , Finot, Asselin , Magendie, Bricheteau , Fouquier (l 5), Ferradesche (l G) , Galli (17), Becker, Rose, Augouard (18) rapportent une foule de cas de paralysie guérie avec la noix vomique. De nos jours on donne la préférence à la strychnine , comme remède plus pur et plus sur dans son action que la substance dont on la retire. Bardsley rapporte Irente-cinq cas de paralysie consécutive à 1 apoplexie traités avec le plus grand succès à l’aide de la strychnine (19) ; Bal ly et Martin Solon (20) en rapportent plusieurs autres ; mais c’est surtout dans les cliniques d’Italie qu’on trouve enregistré le plus grand nombre de guérisons de cette maladie au moyen de cet alcaloïde. Durant le traitement de cette affection, le malade ressent des picotements dans le membre paralytique , qui, par la suite, se changent en douleurs très-vives , accompagnées de secousses convulsives ; symptômes avant-coureurs du retour de la sensibilité et du mouvement. Parmi les paralysies , on doit comprendre l’amaurose guérie aussi au moyen de la

(9) Cvnosur. Mat. med., t. n , p. 231.

(10) ilist. simpl. res., p. 198.

(11) Samml. aus. Abh. z. Gebr., etc., 8 Bd., p. 555.

(12) Hufeland’s Journ., 49 Bd., 2 si., p. 77.

(13) N. Arch., 1810, 14 Bd., p. 264.

(14) Comment, de fab'. St. -Ignat. Lips.,

(15) Leroux, Journ. do méd., cliir. et pharm., t. xxxvm.

(10) Transactions médicales, déccmb.

(17) Bcperlor. med. cliir. Torino.

Luglio, 1834.

(18) Bayle, Bibliothèque de thérapeutique, t. n.

(19) Flospit. facls. , elc. The Lond.

med. and phvs. Journ., n. 5, vol. vu , p. 52.

(20) Archives générales de médecine, avril 1853.

strychnine par Liston (.21), par Shorlt (22) , par Miquel (23), par Stocker, par Middlemore (24), par Henderson (25).

§ VI. Appréciation de l action. — • D’après les faits que nous venons d’exposer, on ne peut s’empêcher d’attribuer à la strychnine et à ses préparations une propriété hyposthénisante spinale très - prononcée et générale à la fois.

Cette vérité importante nous semble jessortir assez clairement des expériences faites sur les animaux, et sur l’homme bien portant ou malade. Plusieurs affections guéries avec ce remède sont évidemment hypersthéuiques, inflammatoires. On ne manquera pourtant pas de dire, quant à la paralysie, qu’un grand nombre d’auteurs la regardent comme une affection hyposlhénique. Ceci mérite quelques considérations. Une paralysie peut être regardée comme Je résultat de l’extinction ou de la suspension du sentiment et du mouvement volontaires. Elle ne peut avoir lieu que dans les organes dépendants de l’appareil cérébro-spinal, ou de la vie animale. En conséquence on se trompe quand on parle de paralysie des intestins , à moins qu’on ne veuille rapporter ce mot au sphincter de l'anus ou au pharynx. Il en est de même de la paralysie présumée desartères et de quelques autres organes. L’abolition ou suspension de la sensibilité et du mouvement de ces parties équivaut à l’asphyxie, à la mort. Le membre paralysé est encore vivant, la circulation se continuant dans ces vaisseaux ainsi que la sensibilité organique , mais par la sensibilité animale , c’est-à-dire perçue par le cerveau; et il ne jouit plus de la mobilité volontaire. Si le membre est immobile par suite d’une affection matérielle de ses muscles, comme une inflammation, par exemple , s’il est insensible par suite de l'épaississement de la peau qui le recouvre, on ne le dira pas paralysé. Considérée en elle-même , la paralysie n’est qu’un symptôme, et pas

(21) The London medic. Gazette, februar. 1830.

(22) The Edinb. med. and surg. Journ., oct. 1830.

(23) Journal de MM. Tavcrnier et Beaude, août 1825, p. G.

(24) Journ. de chiin. méd., vol. vur, p. 289.

(25) Revue médicale, 1831 , vol. vu, p. 270.

STRYCHNINE

une maladie. En rapportant ce symptôme à l'organe d'où il émane, la maladie se retrouve dans les nerfs spinaux antérieurs (paralysie partielle du mouvement), ou dans les nerfs postérieurs ( paralysie des sensations , amaurose , cophose , anesthésie, etc.), ou bien dans les uns et les autres en même temps , ou dans la moelle épinière , ou dans l’encéphale ( paralysie complète , paraplégie , hémiplégie, apoplexie). Des conditions pathologiques fort différentes peuvent empêcher ces organes d'exercer leurs fonctions , et produire par conséquent la paralysie. En première ligne se présentent les altérations mécaniques. Un corps étranger exerçant une compression sur un nerf spinal , sur la moelle même ou sur l’encéphale ; la section d’un nerf, une affection organique de la substance nerveuse elle-même, telle qu’un épaississement de tissu , un ramollissement , peuvent déterminer une paralysie incurable, vu que la cause est inamovible.

Vient ensuite l’hyposthénie véritable , qui peut affaiblir la vitalité de l’appareil cérébro-spinal au point de le rendre immobile et impossible. Telle est , par exemple, la paralysie qui survient à la suite des perles de sang abondantes, par l’action du gaz acide carbouique , de l’acide hydrocyanique , de l'azotate de potasse , du camphre , de la ciguë , des mercuriaux, de la belladone, et même de la strychnine, etc. En troisième lieu, enfin se présente l’hypersthénie et l’inflammation de la substance nerveuse.

Celte condition peut arriver au point d’empêcher l’exercice de la fonction ; de la même manière que le muscle enflammé perd la faculté de se contracter, la glande enflammée de sécréter, etc. Les nerfs ou la substance encéphalique ou de la moelle épinière , enflammés, perdent leurs facultés sensitive et motrice : il en résulte un état léthargique, apoplectique, ou une paralysie partielle. Celte espèce de paralysie , la plus étendue et 1a plus grave de toutes, reconnaît donc pour cause une véritable phlogose aiguë ou chronique de la pulpe nerveuse.

Ces trois espèces principales de paralysie une fuis établies, il est facile de comprendre pourquoi il ne peut exister de remèdes certains ou spécifiques contre la paralysie, quel que soit le nom qu’on leur veuille donner, nerveux, excitants, ou anti-paralytiques. La strychnine ellemême ne doit pas être envisagée comme un remède spécifique, absolu, apli-para-

lytiquc; elle ne peut être d’aucune utilité dans les paralysies dépendant de causes mécaniques ; elle est très-nuisible dans les paralysies dépendant de l’action de substances byposthénisanles.

Il n’y a conséquemment que les seules paralysies hypersthéniques et inflammatoires dans lesquelles la strychnine peut être véritablement utile. On diagnostiquera la paralysie mécanique, soit parla cause qui l’a produite, soit par sa longue durée, soit enfin par le défaut d’utilité des remèdes employés. On reconnaîtra la paralysie hyposlhénique également par la cause, et en outre par l’état du pouls, qui est extraordinairement lent et faible, petit, irrégulier, et par l’ensemble de plusieurs autres symptômes de véritable asthénie. Celte paralysie n’est ordinairement, par sa nature, ni permanente, ni slalionnaire. Dans la paralysie hyperslhénique, le pouls est souvent fébrile ; et s’il n’est pas fébrile , il est dur, plein, fort. Ajoutons à ces données la connaissance du genre de vie du malade, des causes occasionnelles, et de l’état où il se trouvait peu avant l’attaque de la paralysie. Telles sont précisément les paralysies qui suivent l’apoplexie, ou qui succèdent à des ophthalmies internes négligées , ou à des névralgies chroniques ; la phlogose passe alors du névritème à la substance des nerfs. On les appelle amaurose, paralysie par congestion, etc., et l’on prétend, par ce mot congestion , nier leur nature inflammatoire.

Mais quelle différence y a-t-il entre une congestion, par exemple, de la rétine, et une rétinite? Je sais seulement que la rétine ne s’enflamme pas de la même manière que le tissu cellulaire et la matrice, c’est-à-dire qu’elle ne se gonfle pas et ne suppure pas. L’inflammation des nerfs et de leurs expansions présente aussi des caractères et des tendances qui lui sont propres, savoir une simple injection dans les pl us petits vaisseaux, le ramollissement dans le tissu , si elle est aiguë ; l’endurcissement, si elfe est chronique; l’effusion de sang, si fenévrileme en participe. L’inflammation d’un nerf , par exemple la rétine, peut être intense, grave , sans fièvre et sans douleur d„ns la partie affectée. Sans fièvre , parce que la finesse des vaisseaux de la réline est telle , qu’il est difficile qu’elle détermine une réaction sur le système circulatoire; capable de constituer la fièvre sans douleur, parce que l’organe sensitif, étant lui-même malade, ue peut transmettre

STRVCHNiNE.

au cerveau l’impression de sa manière d’être, connue il ne transmet pas non plus celle de la lumière. La véritable rétinite existe sans douleur, et l’on peut en dire autant de la névrite , de la myélite , de la cérébritc , de la cérébellilc profonde. Que si, dans ces affections, le malade accuse de la douleur, c’est là un indice que la pli logo se n’est pas dans la substance même du nerf, la cause de la douleur étant dans les parties environnantes. Cette douleur se transmet au cerveau par d’autres nerfs qui ne participent pas à la pblogose. Ainsi donc, d’après nous , l'amaurose complète peut être regardée comme le résultat d’une rétinite profonde, d’une véritable apoplexie sanguine de la rétine ou du nerf optique. On peut en dire autant de la cophose et des autres paralysies complètes, par rapport au tronc nerveux d’où elles émanent. Je sais bien que celte manière de voir n’est pas adoptée par tous les médecins que le mot pblogose effraie; mais qu’importe, les vérités marchent malgré leur aversion. Ils auront, en attendant, à s’expliquer comment il se fait que des jeunes sujets forts et robustes se trouvent privés pour toujours de la vue ou de l'ouïe, et qu’on parvient souvent à les guérir à l’aide de la saignée et d’autres moyens hyposthénisants énergiques. Ces paralysies partielles, en .effet , veulent être traitées comme l’apoplexic^savoir avec les moyens anti-phlogistiques prompts et efficaces. Si elles ne menacent pas immédiatement l’existence comme cette dernière , elles altèrent à la longue l’organisation de la partie , et rendent par là le mal incurable. Lne pblogose nerveuse, quoique sans fièvre , et bornée à un seul organe , peu volumineux comme la rétine, peut, par la qualité du tissu affecté, être fort tenace, et exiger des moyens curatifs extraordinaires. Aussi ne faut -il pas s arrêter aux petits moyens ni aux applications locales, presque toujours inutiles : il ne faudra pas non plus avoir grande confiance dans les eaux ou boues thermales, et moins encore dans le temps, mais bien dans les évacuations sanguines d’abord, et bientôt après dans la sti ychnine , ou dans d’aulrcs remèdes hyposlbémsints spinaux moins énergiques, dont nous parlerons bientôt.

§ VII. Action mécanique, — La strychnine, appliquée sur b» langue laisse une tache rougeâtre; ce qui ferait présumer une propriété mécanique lé- Ciatomtttfi

gèrement irritante. ■ Il est pourtant reconnu qu’en s’en servant par la voie cndermique , elle ne détermine pas la moindre pblogose locale , quelquefois seulement elle réveille une sensation de chaleur sur la partie où elle est appliquée.

§ VIH. Mode d'administration. — Il est difficile de réduire en poudre fuie la noix vomique et la fève de Saint- Ignace, à cause de leur dureté presque cornée. La manière la plus simple et la plus sûre de l’administrer, c’est cependant en poudre , à la dose de 10 à 20 centigrammes (2 à 4 grains), qu’on peut répéter deux, trois ou quatre fois dans le courant de la journée. La dose de Weitz contre l’épilepsie était de 10 centigrammes par jour en poudre. On peut la racler et eu faire une tisane , en la faisant bouillir pendant long- temps.

Dans ce cas on peut l’ordonner à la dose de 2 à 4 grammes ( 1 scrupule à l gros ). Je me suis servi parfois , avec succès, d’un Jiniment dont j’ai fait frotter le long de l’épine du dos, dans les épilepsies et dans les rachiaigites. On prépare 15 grammes de noix vomique raclée, qu’on fait cuire dans 240 grammes d’eau , jusqu’à réduction de la moitié , qu’on mêle ensuite avec un jaune d’œuf, et à autant d’huile d’olives ou d’amandes douces. La strychnine est une préparation très dangereuse ; aussi ne faut-il s’en servir qu'avec la plus grande circonspection. On ne doit commencer qu’à la dose de 5 milligrammes le matin et le soir. On en augmente la dose graduellement jusqu’à 30 milligrammes. Il est prudent de ne pas dépasser cette dose. Bardsley pourtant en a donné jusqu’à 7 centigrammes et demi ; mais il ne faut pas oublier que des personnes ont été empoisonnées inorlellemcnt par 5 ccnligrammes de strychnine , répétés deux fois à la distance d'un jour. On ne doit pas non plus en continuer l’usage pendant long- temps, sans mettre des intervalles plus ou moins longs. En général , si on n obtient pas de la strychnine des effets dans un court espace ùe temps , il n y a pas avantage à continuer.

Quelques praticiens préfèrent l'administrer par lu méthode euderniique. La dose, doit être alors un peu plus élevée , savoir, de 1 centigramme environ à 3 centigrammes; on en saupoudre la peau, préalablement dénudée de son épiderme) ou Bien ou fait un onguent avec du saindoux.

562 toucodendro.v.

(N. d. Ir.) [Plusieurs praticiens prescrivent préférablement la strychnine sous forme de sel , parce qu’elle est alors plus soluble , et par conséquent plus assimilable et sûre. Malin , Groebenchiitz, Won -der- Üusch et Fayc prescrivent l’azotate de strychnine à la dose de 5 à 10 milligrammes, toutes les quatre heures. M. Magendie est partisan de l’iodate de strychnine dans les paralysies. Richini vante beaucoup le lartrale de strychnine comme le plus énergique.

Formules-modèles.

Page 1