Pommade
2J. Acétate de strychnine, 10 centigrammes (2 grains).
Graisse de porc, 15 grammes (1/2 once). M. exact.]
TOXICODENDRON.
( Rhus toxicodendron. )
§ Ier. Caractères physiques. — D’après Rose, qui a séjourné long-temps à la Caroline, le rhus toxicodendron et le rhus radicans ne sont que la même plante, de la famille des térébinthscées , penlandrie digynie Lin. Originaire de l’Amérique septentrionale, elle est cultivée dans nos jardins, où elle forme en automne un très-bel ornement , et pour usage thérapeutique.
§ II. Notions chimiques. — Nous manquons d'une bonne analyse chimique de ce végétal , dont le nom indique assez ses qualités délétères qu’on croit résider uniquement dans son suc gommo-résineux. Van-Mons, de Bruxelles, et d’autres, pensent que les exhalaisons malfaisantes de cet arbre tiennent à du gaz hydrogène carboné. Cette opinion cependant est contestable. Lavini et Kalen pensent aussi qu'un principe vénéneux , particulier, volatil , s’échappe de cet arbrisseau, notamment lorsqu’il est en pleine végétation, et que l’almosphère est humide et nébuleuse.
§ III. Effets sur les animaux. — Beaucoup d’animaux , tels que les chevaux , les vaches, mangent , sans en être aucunement incommodés, les feuilles du rhus radicans ou loxicodendron.On serait porté à croire , d’après cela , que celte plante n’est pas vénéneuse lorsqu’elle est prise par la bouche. Rossi pourtant assure qu'ayant donné à un chien du suc de toxicodendron mêlé à de la viande , cet animal éprouva des convulsions (2G). Van-Mons dit qu’un gros chien, ayant été exposé pendant une nuit aux émanations de celte plante , mourut après avoir présenté un gonflement général de tout le corps (27). M. Orfila dit avoir tué un chien avec 15 grammes d’extrait de celte plante, et en voyant dans le cadavre la muqueuse gastrique un peu rougi àlre, il a cru pou voir conclure que le rhus toxicodendron produit une irritation sur l’estomac, et en même temps, après avoir été absorbé, une action sédative et engourdissante sur le système nerveux (28).
(2C) Obs. de nonn. plant, quæ pro ven. hab. Pisis, 1762.
(27) Do la Mélherie, Journ. de pbys. ,
(28) Traité des poisons, t. u» p. 63.
TOXTCODENDRON.
§ iy. Effets sur l'homme bien portant.— Des contradictions étranges existent concernant les effets de celte plante sur l’homme bien portant. Les uns assurent , avec Fournier (29), en avoir pris, et en avoir administré à d’autres des doses énormes , 4 grammes par jour, sans le moindre effet. D’autres affirment, au contraire, que le plus léger contact de cette plante sur une partie quelconque du corps occasionne des pustules, des démangeaisons, de la rougeur, du gonflement , notamment sur les paupières , au scrotum , et partout où la peau est très-fine , et qu’il a causé même des érysipèles très graves, le délire, et des convulsions (30). On rapporte le cas d’un individu qui mourut après s’être touché les parties génitales avec un gant dont on s’était servi pour arracher quelques branches du rhus radicans (31). D’autres assurent que la même plante qui avait été maniée par quelqu’un impunément une fois , détermina des accidents formidables lorsque le même individu la retoucha une autre fois ; et que de plusieurs individus qui se seraient mis au même moment en contact avec le rhus radicans, un seul en a éprouvé des effets fâcheux, les autres n’en ont été aucunement incommodes. Mais ce qui est encore plus extraordinaire , c’est que ces derniers auraient pu communiquer les effets délétères de la plante à d’autres par le seul contact. On trouve un exemple de ce cas dans Monti. Un jardinier de Bologne ayant la peau rude , et étant grand buveur, pouvait impunément labourer autour du toxicodendron ; il en broyait même les branches et les feuilles. Sa femme , qui n’avait pas approché la plante , mais qui se tenait souvent près du mari, en éprouva des accidents fort graves. (3?). Pour bien comprendre de semblables anomalies , il faut se rappeler que le toxicodendron n’exhale pas dans toutes les saisons ses principes volatiles; c'est dans l’été seulement que cette exhalaison a lieu. On explique par là le fait observé par Gleditsch , sur une famille dont tous les membres , depuis
(29) Bulletin de la Faculté, vol. v, p. 450.
(30) Van Praag, de Bhoe rad. Lugd.
Bntav., 1810, p. 19.
(31) Annales de littérature médicale étrangère, 1811.
(32; Comment. Bonon., t. ni, p. 34.
qu'elle cultivait dans un potager le toxicodendron , éprouvaient une éruption cutanée presque érysipélateuse , dont on accusait d’abord le mauvais emplacement de la maison , mais qu’on reconnut ensuite dépendre de l’influence malfaisante de celte plante. Après que la plante a été détruite, l’éruption a disparu (33). Il ne faut pas oublier, en outre , que les émanations pernicieuses de cette plante n’ont pas également lieu à toutes les heures de la journée. D’après les observations de Lavini , de Kalen, de Krüger et d’aulres , si le ciel est beau , et les rayons du soleil frappent la plante, ses vapeurs n’affectent aucunement; tandis qu’elles sont très-délétères si l’atmosphère est humide, ou si le ciel est couvert de nuages. C’est pourquoi la même personne qui aura approché ou touché impunément cette plante dans un moment, peut, dans un autre, en être affectée gravement. Il est nécessaire aussi de se rappeler que , pour ressentir l’effet de certaines substances, il faut en outre y être prédisposé , et qu’il est des circonstances particulières qui peuvent ôter ou diminuer chez certains individus cette disposition spéciale. Cela explique pourquoi dans un autre fait rapporté par Monti, le jardinier qui travaillait autour delà plante avec son fils, n’éprouva aucun effet, tandis que ce dernier en fut gravement incommodé, et pourquoi dans une autre occasion le jardinier père n’en ressentit l’action malfaisante que plusieurs jours seulement après avoir manié la plante (34). Si nous voulions maintenant chercher par quelle raison, dans le premier cas rapporté plus haut, le jardinier n’en éprouva pas d’effet, quoiqu’il fût imprégné des émanations de la plante vénéneuse au point de les faire ressentir à sa femme , nous ne saurions pas la trouver dans la rudesse de sa peau, car il en inspirait les émanations lorsqu’il cassait les branches; il aurait dû. alors en ressentir les effets délétères, ou du moins quelque action sur les yeux. Nous attribuons plutôt celle invulnérabilité à l’action du vin que l’individu prenait copieusement. Les feuilles sèches ne produisent aucun effet pareil, et les
(33) Nouv. expér. conc. le dang. effcc., eic. Nouveaux Mém. de l’Académie royale de Berlin, an. 1777.
(34) Comment. Bonon., vol. m, p. 54,
TOXICODENDRON.
extraits préparas ont également perdu une grande portion des qualités de la plante fraîche. On comprend maintenant comment il peut se faire que le toxicodendron pris intérieurement ne produise plus des effets aussi sensibles , puisqu’on ne l’administre par la bouche qu’en poudre ou en extrait. Il ne faut pourtant pas croire que le toxicodendron, quoique desséché ou évaporé , ait perdu tout-à-fait scs qualités thérapeutiques.
On sait que "W. Shérard avait remarqué que, si les branches de cette plante étaient jetées sur le feu, les personnes qui se trouvaient à Pé'ntour tombaient en défaillance (36). Miller assure qu’en brûlant de ce bois dans des endroits fermés, les iudividus présents devenaient sourds et paralytiques (37). On compte parmi les effets du toxicodendron administré à l’intérieur, la gaieté, des nausées, des vertiges, la confusion dans les sens, avec un sentiment de compression aux tempes, sentiment de froid, soif, pouls lent, petit, irrégulier, augmentation de la transpiration et des urines; convulsions et tremblements, faiblesse générale, paralysie et défaillance (38). Plusieurs auteurs cependant indiquent parmi ces effets , quelquefois l’accélération du pouls, la fièvre, des douleurs au ventre, la toux, etc. Ces symptômes seraient en opposition avec les précédents. Or, en lisant attentivement les détails de ces faits, l’on trouvera que la fièvre a toujours précédé les phénomènes qu’ils décrivent ; ce qui laisse des doutes sur l’exactitude de l’observation. La toux , et les douleurs abdominales sont indiquées comme rares ; elles peuvent être tout-à-fait accidentelles, ou dépendantes de l’action mécanique de la substance.
En distinguant les effets internes et généraux des effets externes, cutanés et locaux du toxicodendron, il est impossible de ne pas reconnaître dans les premiers l’action hyposthénique et tout-àfait analogue à celle des remèdes précédents, et surtout de la belladone. En effet, d’après les auteurs, l’antidote le plus sûr contre ces effets, c’est l’opium (39). Dans mon opinion , au reste , les effets externes ou cutanés sont aussi
(3G) Pli il. Transact., 1721, p. 117.
(57) Gartn. Lex., 4 Bd., p. 463.
(38) Van Praag., cit.
(39) Bichard’s Med. Bolan. V. Kunic, t. n, p. 68.
de même nature , et non simplement mécaniques ou irritatifs, puisque, d’après la description qu’on nous en fait, ces symptômes sont loin d’être érysipélateux ou d’apparence inflammatoire franche.
D’ailleurs ils ne se montrent pas toujours sur le lieu même de l’application du végétal , mais d’abord aux paupières, au scrotum, et dans les endroits où la peau est fixée. Ces rougeurs qu’on dit inflammatoires, me semblent plutôt des ecchymoses, ou des arrêts passifs de sang. Je suis porté à croire qu’aussitôt que les émanations du toxicodendron ont pénétré dans le système absorbant, elles déterminent une hyposthénie telle dans le tissu cutané , que la circulation capillaire s’y trouve comme engourdie. Cette manière de voir paraîtra probante, si l’on veut réfléchir que les personnes familiarisées avec le toxicodendron sont à l’abri de ses effets si elles se trouvent dans un état habituel d’byperslhénie au moyen du vin, ou des liqueurs alcooliques, et que les maladies hypersthéniques sont souvent dissipées sous son influence. Les médecins qui eurent à traiter un pareil empoisonnement, dans l’idée d’un véritable érysipèle ou de toute autre maladie cutanée , eurent recours , sans autre examen , à la méthode anli-phlogislique ; mais ils conviennent eux-mêmes qu’ils ne sont jamais parvenus à faire disparaître l’érysipèle.en moins de dix à douze jours, ni à guérir l’exanthème, et que leur durée persiste souvent bien au-delà de celle période. Ce traitement ne seraitil pas la cause de l’obstacle à une prompte guérison? Certainement, selon moi, puisque Gouan se débarrassa promptement de l’éruption qu’il avait essuyée pour avoir touché le toxicodendron , en se servant de l’ammoniaque liquide dans de l’eau, et en en mouillant les parties affectées (10). Eltz, voyant qu’en pareil cas les bains émollients et les onctions nuisaient, fomcnla les parties avec un mélange de vin, d’eau et de vinaigre, et obtint d’excellents effets (41). Ces effets auraient sans doute été plus prompts avec le vin seul ou l’alcool. Je suis fâché de ne pas avoir par devers moi des observations sur l’action de ce remède, et de n’avoir pas le temps, quant à présent, de me livrer à des expériences.
(40) Boqucs, Phvtogr. méd., vol, n, p. 2G6.
(41) De To*jçodçndj-£>i) P/ç, Yileb.; 1800, p. 17.
TOXICODEN'DRON.
§ Y. Effets dans les maladies. — Le hasard a lait découvrir à Dulïesnoy les heureuses propriétés du rhus rathoàns dans le truilement des dartres. Un jeune homme , tourmenté depuis six ans d’une dartre des plus opiniâtres, broya pendant quelque temps une branche de celte plante entre scs mains. Le lendemain il se plaignit de démangeaisons incommodes aux doigts et aux poignets. Il s’adressa à un élève en médecine , qui prit cette démangeaison pour de la gale, et il lui conseilla de se frotter les mains et les poignets avec de l’onguent cilrin , et de se purger a%'ec des pilules mercurielles. Ce conseil fut suivi; mais les démangeaisons augmentèrent, et les poignets ainsi que les mains commencèrent à gonfler et à se couvrir d’un grand nombre de petits boutons. L’élève, consulté de nouveau, s’applaudit d’avoir bien deviné, et doubla la dose de l’onguent. Le lendemain de la deuxième friction, le gonflement avait augmenté et gagné la tête sous forme d’érysipèle grave , menaçant de le rendre aveugle. On a cru alors nécessaire d’avoir recours à la saignée , aux bains, aux fomentations émollienles, et aux boissons délayantes. Sous l’influence de ce traitement, l'enflure, les pustules et les démangeaisons se portèrent sur toutes les parties du corps , principalement sur les régions couvertes de poils, sur les organes de la génération. Au bout de dix jours ces accidents cessèrent. On soupçonna alors que tous ces phénomènes pouvaient bien dépendre d’un empoisonnement par le toxicodendron. Ce qui étonna tout le monde, c’est de voir que la dartre qu’il portait depuis plus de six ans avait disparu entièrement.
Dufresnoy , persuadé que le jeune homme ne devait sa guérison qu’au rhus radicans, crut pouvoir l’employer intérieurement sur plusieurs personnes attaquées de différentes espèces de darlres('»J), et il eut à s’en féliciter. L’exemple de ce praticien fut bientôt suivi par Fages (43) , par Lafont Gouzi(44), par
(42) Des caractères, du traitement et de la cure de différentes maladies. Paris on vu, p. 31.
(43) lfoques, Phytogr. médic., vol. ii
(44) Giorn. délia soc. med. chir. di Farina, t. m.
Delille Flajac (45), et par plusieurs autres. Dufresnoy s’efforça d’étendre l’usage de ce végétal à d’autres maladies , et il s’est convaincu de son utilité dans la paralysie. U l’essaya d’abord sur un jeune homme qui sortait d une attaque d’apoplexie et avait le côté droit paralysé (40). Alderson (47), Horslield (48), ftlangrat (49), Gisovius (50), Koch (51), Van Mons (52),Sybel ’53) , Buchhein (54), Henning(55), Reil (50), et plusieurs autres, traitèrent aussi la paralysie avec cette plante , et ils eurent souvent à s’en louer. L’ambliopie et l’amaurose ont été aussi guéries quelquefois avec le toxicodéndron par Hemming (57) , par Hufeland(58), et par Dufresnoy lui-même.
Horsfieldl’a aussi prescrit contre le tabes, contre l’hypochondrie , et autres affections phlogistiques chroniques (59).
( iV. d. trad. ) [Lichtenfels dit avoir combattu, avec le suc du loxicodendron, des ophthalmies herpétiques et scrofuleuses qui avaient résisté à une foule d’autres remèdes. Ammon et Gratiner ont reconnu, d’après une série d’expériences, que la teinture de cette plante est un remède réellement utile contre ces espèces d’ophlhalmies ; ils la prescrivent de quatre à dix gouttes dans 00 grammes d’eau distillée , à prendre par cuillerées à thé plusieurs fois dans la
(43) Férussac, Rulletin des sciences médicales, t. xvi, p. 133.
(4(5) Des caractères, etc., cit., p. 41.
(47) Essày of lhe Rhus toxicod., etc.
IIull., 1793.
(48) Exp, diss. on the Rhus, etc.
Pliil. , 1798.
(49) Journal de La Métlierie , vol. tt ,
(50) Rusl’s Mag., 14 Bd., p. 386.
(51) Samml. f. prakt. Aerzte, 17 Bd., p. 254.
(52) Actes de la Société de médecine de Bruxelles, t. i, P. n, p. 156.
(53) Ann. d. Heilk., 11 Bd., 7 st., p. 638.
(54) Allg. med., an. 1823, p. 137.
(55) llorns Arch., 1828, novembre,
(56) Ucb. d. Cur. d. Fieber, 1 Bd., p. 620.
(57) Ilufeland’s p. 34.
Journal, 1811, jun..
I) Journal, 52 Bd., 5 st., p. 32;
d.. A st. n Ai
ld., 4 st., p. 41 9) An exper.
i. rud.» CtÇ. Pli il
An exper. diss. of UiO Rhu* te Pl.il 17QO.
TOXICODENDRON.
journée (CO). Gibson assure avoir retiré île très-bons effets du rhus radicans dans le traitement de la phliiisic pulmonaire (CI). Diirr préconisa la teinture de celle plante contre le diabète et l’incontinence d’urine (02).]
§ YI. Appréciation de l'action. — Ou ne se sert pas trop de cetle plante en médecine, à cause peut-être des dangers de son maniement. Pourtant d’après ce que nous venons île dire, nous croyons pouvoir conclure que l’action générale du toxicodendron est hyposthénisantevasculaire , surtout du système capillaire spinale. En conséquence, on pourra appliquer à ce remède ce que nous venons de dire sur la paralysie, ainsi que sur les dermo-adénites, en parlant du soufre. Nous croyons que, lorsque ces effets auront été mieux étudiés, le toxicodendrou pourra obtenir une meilleure place dans la matière médicale, et qu’il sera prescrit avec plus d’assurance dans la cure des maladies exanthématiques, et dans toutes les affections phlogistiques de la moelle épinière, telles que l’épilepsie, le tétanos, les névralgies, etc.
§ VII. Action mécanique. — Nous avons considéré comme un effet dynamique la rougeur à la peau et la démangeaison que produit le contact du rhus toxicodendron. Nous n’entendons pas nier par là son action mécanique irritante. La chaleur, la démangeaison et la rougeur sur l’endroit qu’il touche, peuvent bien en être le résultat ; mais le gonflement , et les vésicules ou pustules et quelques autres phénomènes, ne dépendent pas, selon nous, d’une action mécanique. L’action mécanique est promptement anéantie par l’action dynamique qui la suit immédiatement.
Qu’on se rappelle ce que nous avons dit sur le soulèvement de l’épiderme par l’action des cantharides, d’après l’explication que nous en avons donnée.
§ VIH. Mode d’administration. — Si l’énergie principale du toxicodendron est renfermée dans un principe volatil qui se dégage de la plante lorsqu’elle est en sève, il est évident qu’il y aura une grande différence d’énergie entre l’action de la plante fraîche, et celle de la plante
(GO) Ammon, Journ. f. Ophth., 1832.
(G!) Ilarless, Ann. d. Franz. Engl.
Ital., etc. Med. u. chir., 1810.
(02) llufeland, Journ., 1833.
sèche qu’on conserve dans les pharmacies, et son extrait. Elles peuvent même avoir perdu toute leur puissance, ou être d action incertaine. On doit cueillir les feuilles avec toutes les précautions possibles, dans le temps le plus opportun, c’est-à-dire, quand la plante est en pleine végétation et dans un jour humide et nébuleux. On les fera dessécher à l’ombre, on les conservera à l'abri de la lumière, et on devra les renouveler au moins tous les dix mois. La poudre de ces feuilles pèut être prescrite à la dose de 40 centigrammes , et même à 1 ou 2 grammes, selon les circonstances. L’extrait proposé avec les feuilles fraîches et avec le jus, au bain marie , doit être conservé à l’abri de l’air et de la lumière; la dose est de 60 à 150 centigrammes; on peut augmenter graduellement jusqu’à 2 , 3 et 4 grammes. On prétend qu’on est parvenu à en prescrire jusqu’à 30 et 60 grammes en un seul jour sans inconvénient; mais on doit se rappeler que souvent la manière de confectionner les extraits leur fait perdre leurs qualités, surtout si elles résident dans un principe volatil. Aussi, ne faut-il jamais se permettre d’ordonner une forte dose d’extrait tiré d’une plante vénéneuse; malgré l’inefficacité des doses ordinaires indiquées dans les bons traités de thérapeutique. Quant à l’application des feuilles fraîches , nous n’avons aucune donnée pour en juger. Nous en savons pourtant assez pour recommander la plus grande circonspection à ceux qui voudraient l’essayer.
Formules-modèles.