‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 154 sur 168 · Pilules · texte numérisé non relu

Pilules

2J. Rhus toxicodendron en poudre , 80 centigrammes (16 grains).

Réglisse en poudre, 2 gtamm. (1/2 gros). Rob de sureau, suffisante quantité ; m. et divisez en quatorze pilules; à prendre, une toutes les trois heures.

Telle est la prescription dont se servait Brera contre la paralysie.

PLOMB

PRÉPARATIONS DK PLOMB.

( Plumbi prœparhla.)

§ Ier. Caractères physiques . — Nous plaçons ici les combinaisons chimiques du |iloml> avec l’oxygène , le soufre, et divers acides. Le plomb est un métal trop connu pour que nous nous arrêtions à décrire ses qualités physiques , savoir:

sa pesanteur, sa fusibilité au feu, sa couleur blanche , bleuâtre , brillante , son odeur sensible par le frottement, etc.

§ II. jYotio'tS chimiques — Combiné avec l'oxygène, avec le soufre, avec le phosphore, avec le chlore, etc., il forme différents composés. Ce sont notamment les oxydes de plomb, tels que : 1° le protoxyde jaune de plomb, ou lilharge (massicot), presque insoluble dans l'eau, soluble dans le vin spiritueux et plus encore dans la potasse, la soude et la chaux; en le combinant aux huiles grasses, il sert à préparer les emplâtres et les onguents (diapalme, onguent de la Mère, de Rhazès , etc ); 2° le dentoxyde ou minium, qui est rouge; l’acide azotique le transforme en peroxyde et en protoxyde; on peut le combiner aux corps gr.is pour former des emplâtres; 3> le triloxvde ou peroxyde, de couleur puce.

On connaît ans i les sulfures, les iodures, les chlorures de plomb, les carbonates et les sous-carbonates (céruse ou blanc de plomb), les azotates, les phosphates, les sulfites de plomb (magistère de salu me). Ou connaît enfin l’acétate acide de plomb (sel de saturne ou sucre de salurne, à came de sa saveur légèrement sucrée) , soluble dans l’eau distillée; el le sousacélale de plomb , connu vulgairement sous le nom d ’ extrait de salurne.

§ HI. Effets sur les animaux. — - Tous les composés de plomb ne produisent pas des effets délétères sur les animaux. Un chien auquel on avait adminidré 15 grammes de dentoxyde, ou minium, éprouva des vomissements d'une matière rougcAlrç; quelque temps après il eut des souffrances, et le jour suivant il refusa toute nourriture. L’ayant contraint à en avaler encore 24 grammes, après les souffrances ordinaires, il resta deux jours sans manger, mais le surlendemain il mangea et reprit sa vigueur

(03). L’acétate de plomb , à la dose de 8 grammes, a toujours été fatal aux chiens.

M. Mérat assure qu’aucune Irace de son actionne reste dans les intestins, et qu’on n’y rencontre plus un seul atome de ce sel ; ce qui prouverait qu’il est absorbé aussitôt qu’avalé. Tiedemann etGmelin ont examiné soigneusement les cadavres des animaux tués avec l’acétate de plomb ; ils rencontrèrent ce sel dans les veines mésentériques et spléniques

(04). D’autres observèrent sur les cadavres un rétrécissement considérable des intestins, surtout du colon. Quelques praticiens disent avoir aperçu sur la muqueuse gastro-entérique des taches noirâtres , des vaisseaux engorgés. On a pris ces apparences pour des signes de phlogose. M. Orl'tla assure que la solution aqueuse d’acétate de plomb laisse quelquefois dans l’estomac un enduit membraniforme assez épais, d'une couleur cendrée, qui se détache facilement en grumeaux, et laisse voir la muqueuse gastrique d’une couleur gris foncé (05). Cet enduit ou fausse -membrane n’est autre chose que du mucus épaissi, teint ensuite par la préparation <ie plomb.

§ IV. Effets sur l'homme bien portant. — Guillaume Laidlan a voulu expérimenter sur lui-mêine les effets de l’acétate de plomb. Il en prit dans une journée, en différentes reprises, 50 centigrammes. Au premier et au second jour qu’il expérimenta ce sel , il ne s’aperçut d aucun changement. Le troisième jour vers le soir, il trouva son pouls tin peu plus lent cj ne d’ordinaire , et le lendeinain plus lent encore. Le cinquième jour ayant pris la dose ordinaire d’acétate en une seule fois , il éprouva une légère gastralgie et du malaise et une lussilude dans tous les membres, notamment aux genoux; les pulsations étaient devenues faibles. Ayant répété la même série d’expériences , le pouls s’abaissa à cinquante pulsations ; la ligure devint pâle, les mains et les pieds engourdis. Il n’eut aucune colique ni salivation.

Il observa que 1 acétate de plomb dissous agit plus énergiquement (66).

On obtient une série d’effets singuliers, par 1 administration continuée pen-

(04) Diclionu. univ. de mat. médic., L v, p. 384, 385.

(05) Leçons do médecine légale t. m p. 178.

(00) Tbc Lond. medic. Gazette. — Omodoi, Annal, univ. Gcnnajo, 1851,

(03) Orfila, Toxicolog:e, t. n, p. 25G.

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fiG8

dont long temps, des préparations Saturnines, ou par l’absorption lente de leurs parcelles. Chez les mineurs et chez les ouvriers qui travaillent le plomb sous différentes formes, notamment chez les peintres qui manient journellement les oxydes de plomb finement pulvérisés, ces effets donnent lieu à une maladie qu'on a nommée colique de plomb , colique saturnine , colique des peintres , co/ii a pictorum. Celte affection se déclare d'abord par un sentiment de pression à l’épigastre , avec constipation , inappétence ; des douleurs passagères vers le nombril, et à la région dorsale et lombaire, paraissent de temps en temps, lesquelles, au lieu d’augmenter, se calment par la pression qu’on exerce sur l'abdomen. La peau devient d’une couleur jaune terreuse, les membres restent faibles et lourds 11 survient ensuite de l’angoisse aux hypochondres, et la respiration se luit avec peine; la langue devient sèche, se couvre de stries d’une couleur gris-ardoisé ou bleuâtre. Les muscles abdominaux sout très-rétractés, de manière à déterminer une concavité en avant; les testicules se rétractent aussi vers l’anneau inguinal. L e pouls est petit, lent, irrégulier et intermittent. Douleurs et spasmes continus dans les membres avec des intermittences, des exacerbations qui sont les avant-coureurs de l’immobilité et de la paralysie, quoiqu’elles affectent ordinairement les membres abdominaux. L’ouïe et la vue s’affaiblissent. On éprouve des vertiges, le délire qui est suivi d’amaurose, surdité, insensibilité générale, perle de la parole, et enfin coma , mort.

Les pathologistes s’accordent généralement à déclarer que le tube digestif ne présente aucune trace d’inflammation dans les cas de mort par la colique de plomb (64). Cela est aussi confirmé par Paris et Fontblanque (65), par MM Méral et Delens (66), par M. Or- J 1 1 a (67), par MM. Andral et Chomel (68), par Laennec qui observa chez les individus morts d'une colique saturnine tous les tissus blancs et dépourvus de sang

(61) Transactions of medic. Soc. of Lond.

(65) Medical, jurisprud., t. h, p. 358.

(66) Auteurs cités.

(67) Leçons de médecine légale, t. m, p. 120.

(08) Mule], Dci veleni, p. 91.

(69), et par plusieurs autres qu’il serait trop long de citer. Quelques personnes prétendent, il est vrai, avoir trouvé dans quelques autopsies les intestins enflammés ou gangrenés; mais il y a là probablement erreur d’observation , ces auteurs ayant pris pour inflammation ou gangrène le rétrécissement du colon et sa coloration, phénomènes que nous avons démontré dépendre de la présence du mucus qui est sécrété en abondance, condensé et noirci par l’action chimique des préparations du plomb. Mais en admettant même la présence de la phloguse dans quelques cas fort rares, ce ne serait là qu’une exception à la règle générale, exception qu’on ne pourra jamais regarder comme un effet propre de l'empoisonnement, et moins encore comme cause de la mort. La colique saturnine est un sujet diversement compris par les pathologistes , sauf le double point de vue pathologique et thérapeutique.

Cette matière mérite en conséquence un mûr examen. Je ferai pour le moment abstraction de toutes les opinions , me réservant de revenir ailleurs sur leur valeur. En rapportant à leurs organes les symptômes ci-dessus indiqués, nous voyons que plusieurs d’entre eux dépendent de l’appareil circulatoire , d’autres de l’appareil spinal , d’autres enfin de l’appareil gastro-entérique. A la première catégorie appartient la lenteur, la petitesse et l'intermittence du pouls, et la pâleur générale. Ces symptômes annoncent clairement une hyposthénie cardiaco- vasculaire analogue à celle que produit la digitale. A la seconde appartiennent les douleurs autour du nombril, aux lombes , au diaphragme , par la contraction spasmodique des muscles abdominaux el des testicules, les convulsions dans les membres, la paralysie, le délire et l'altération des sens. Ces symptômes se rapportent à la moelle allongée et à la moelle épinière qui président aux sensations et aux mouvements volontaires ; ils accompagnent ordinairement les paralysies hyposthéniques. IN'ous venons de placer aussi dans celle catégorie les douleurs abdominales, puisqu'elles n'ont pas pour siège les intestins ainsi qu'on le croit généralement, niais bien les muscles abdominaux cl le diaphragme, et qu’elles dépendent de la contraction de ccs muscles; voilà pourquoi elles se calment

(60) flevue médicale, déc. 1826.

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par la compression , qui autrement les augmenterait. Les autres symptômes, tels que la constipation, le resserrement intestinal et l'enduit muqueux qu'on rencontre sur la muqueuse gastro-entérique, appartiennent, il est vrai, aux intestins; mais ils n’indiquent pas une véritable altération morbide de ce canal, puisque la constipation elle-même pourrait être secondaire, savoir: l'effet d'une contraction anormale des sphincters, ou des muscles abdominaux qui empêche le passage des matières fécales. Elle est d'ailleurs trop légère pour caractériser une véritable maladie des intestins. Le rétrécissement des intestins et la coloration brunâtre de leur mucosité dépendent évidemment de l’effet mécanico chimique de la préparation de plomb qui a lieu seulement après la mort , et qu’on peut obtenir aisément en plongeant dans une solution d’acétate de- plomb une anse intestinale de cadavre. Il résulte de là que la dénomination de colique donnée par les auteurs à cet empoisonnement n’est pas exacte , puisqu’elle conduit à la croyance erronée que la maladie a pour siège les intestins. Plusieurs personnes, en effet, ne voient dans cette affection qu’une entérite; une entérite mortelle sans fièvre, accompagnée dès le début d’un pouls lent, puis faillie et petit , et de tous les autres symptômes que nous avons indiqués! C’est là une manière de voir qu’aucun esprit droit ne saura jamais adopter.

(N. cl. trad.) [Nous lisons dans une excellente thèse sur l'intoxication saturnine soutenue dernièrement à la faculté de médecine de Paris par le docteur Gabrini (70), « que les véritables affections produites par les préparations de plomb ont été regardées à tort par la pluparldes auteurs comme des maladies distinctes, elles ne sont au fond que des symptômes variés d’une seule et même maladie générale: V empoisonnement saturnin , nom qui lui convient bien mieux c;uc celui de colique saturnine , puisque la colique , lorsqu'elle a lieu , n’est ellemême qu’un symptôme de la maladie générale. »]

S’il y a confusion , quant à la nature et les caractères des affections salurni-

(70) Thèse pour le doctorat en médecine, par Gabriui Borghi, soutenue le G

août 1840, p. 7.

nos, il y en a bien plus encore relativement à leur traitement. Les diitérents auteurs qui se sont occupes de ce sujet nous indiquent chacun sa méthode particulière, et il est facile de voir que la plupart de ces méthodes sont contradictoires entre elles. Les éléments euxmêmes de la méthode si célèbre de la Charité de Paris nous en fournissent un exemple. Ce qui a accrédité la plupart de ces méthodes, c’est moins leur effica-' cité que les conditions de l’intoxication dans un grand nombre de cas , c’est-àdire qUe la nature se suffit à elle-même, et l’on attribue à la méthode des guérisons dont l’honneur revient à l’organisme. Ces assertions sont confirmées par les observations de Hennann (71), de Saxtorph (72), d’Osiander (73), de Trousseau (74), de Krüger (75), de Beck (76)^ de Casper (77), de Brunner (78), de Gaspard (79), qui démontrent qu’on peut tolérer l’acétate de plomb à très-haute dose sans en ressentir un mal durable, et que des empoisonnements fort graves ont été guéris sans aucun secours thérapeutique. Il n’est donc pas étonnant que chacun trouve des guérisons dans sa méthode, même alors quelle ne produit aucun effet ou qu’elle retarde le rétablissement du malade. On vante tant la méthode de la Charité, et pourtant il est constaté que sur trois cent onze individus traités dans cet hôpital d’après celte méthode, il y a eu quatre-vingtneuf morts (80). Il est possible que ce chiffre des morts n’efitpas été aussi considérable si on eût abandonné les malades à la nature, et nous avons la conviction que ce chiffre eût été inférieur si on les eût traités par la méthode que nous allons indiquer. Une fois prouvé que l’action des préparations saturnines est hyposthé-

(71) Çynos. Mat. med. Argent., 4726, p. 142.

(72) Àct. r. Soc. med. Ilafn., 1793, t. in.

(73) Ueb. d, Natur., 2 Bd., p. 148.

(74) Froriep, Notiz., 18 Bd., n. 13, p. 208.

(73) Rusl’s Magaz., 11 Bd., p. B35.

(70) Elcm. of med. jurispr. Lond.,

(77) Rust’s Krit. report., 12 Bd., p.

(78) Rust’s Mag. , 17 Bd., p. 308.

(79) Froriep, Notiz., 1 Bd., n. 19, p. 298.

(80) Orfila, Toxicologie, t. il, p. 281.

PI, (JM R .

Misante et qu’elle porte sur les vaisseaux sanguins et sur l’appareil cérébro-spinal, il est facile de prévoir que le meilleur moyen pour la combattre doit être l’opium. L’action de celte substance effectivement est opposée à celle des préparations saturnines, c’est-à-dire elle est hyperslhénisante sur le système sanguin et sur l'organe cérébro-spinal. Après l'opium viennent les éthers et l’alcool ; mais leur action étant diffusive, passagère , est conséquemment moins propre à contrebalancer faction lente du plomb. - Dans cet empoisonnement l’opium peutêtre regardé, selon nous, comme le véritable antidote. Les malades ont pour l’opium une tolérance extraordinaire sans éprouver aucun phénomène de narcotisme. Ce remède fait disparaître tous les phénomènes morbides du plomb , y compris même la constipation. Chose étonnante, l'opium détermine dans ces cas des évacuations alvines, tandis qu’il constipe lorsqu’on le prend dans d’autres conditions. Nous avons déjà dit, en parlant de l'opium , que dans la cure de l’intoxication saturnine cette substance avait été conseillée et administrée par Stahl, par Stoll, par de Haen, par Brambilla, par Remer, par Biirger, parGœbel (8l). A ces autorités nous pouvons ajouter celles de Horn (82), de Gunlher (83), de Fizeau (84), de Luzuriaga et Bricheteau (85), d’Alderson et de plusieurs autres.

§ V. Effets dans les maladies. — La véritable action du plomb et de scs composés ainsi éclairée, leurs effets salutaires dans beaucoup de maladies sont éclaircis d'une manière remarquable , et plusieurs faits jugés autrefois contradictoires cesseront de l’être. Le plomb a été employé depuis un temps immémorial sous forme de lames ou plaques par Avicenne, par Amatus Lusitanus , par Ambroise Paré, dans le but de fondre les engorgements inflammatoires du sein et d’autres glandes ; ainsi que pour guérir les plaies fongueuses, les ulcères et les

(81) Voyez p. 70 do ce Traité.

f82) Arch. f. pr. Med. , 1827. 3 Bd., 14 llcft., p. 18.

(83) Med. ebirurg. Zeit., etc., 1813, 1 Bd., p. 45.

(84) Revue médicale. Paris, 1824, t. n, p. 19G.

(85) Archives générales de médecine, t. tx, p. 464, et t. xi, p. 665.

blessures difficiles à cicatriser. La nécessité suggéra à M. Reveillé-Parise l'idée de réhabiliter l’usage des lames de plomb dans le traitement des ulcères, en remplacement de la charpie ; et il eut à s’en applaudir tellement, que lui-même, et ensuite Demours , Gendrin, Cloquet, Trovati, Menou, Yvan (87; et plusieurs autres praticiens adoptèrent ce mode de pansement pour les solutions de continuité. Tout le monde connaît l’utilité de la céruse ou carbonate de plomb contre les douleurs qui accompagnent les excoriations à la peau produites par le frottement , par le décubitus, par les brûlures, par l’érysipèle, etc. Si ces lésions ne paraissaient pas suffisantes pour appuyer la conséquence que nous voulons déduire, nous citerons les contusions récentes, les phlogoses qui en sont la conséquence, les blessures, les tumeurs inflammatoires, le panari , les ophthalmies, les orchites aiguës, et toute espèce d’inflammations externes qui ont été combattues heureusement à l’aide des différentes préparations saturnines par Goulard (88) , par Theden (89), par Aikin (6,0), par Werdermann (91), par Munold (92), par Bell (93) et par beaucoup d’autres. Willich et une foule d’autres ont trouvé la solution d’acétate de plomb très-utile pour mouiller les bandages des fractures et autres lésions traumatiques très- douloureuses (94); Ivrugelstein eut à se louer de celte solution dans les inflammations qui surviennent aux pieds à la suite îles longues courses (95); Hufeland propose d’en baigner les yeux pour les préserver des boutons de la petite-vérole (9G). L’opi-

(87) Mérat et Delens, Diclionn. ci t. , 1. v, p. 589.

(881 Traité sur les effets du plomb.

Montpellier, 1760.

(89) Ueb. d. Goul. Blcitn. N. Bemerk., 1 Bd., 14 Abschn.

(90) Obs. on the cxt. us. of prep. of Lcad. Lond., 1772.

(91) Murriuna, Journal, 2 Bd., 3 st.', n. 2.

(92) Piepcnbring, Arcli., 2 Bd., i st., p. 1 15.

(93) Nouvelle Bibl. méd., 1826, t. iv, p. 193.

(91) Ilufeland’s Journal, 21 Bd., 2 si., p. 77.

(95) Ilufeland’s Journ., 30 Bd., 5 st., p. 9.

(96) Bemerk. üb. die Bl*tt. , p. lôo.

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attribue aux remèdes de plomb en injection contre les uré-

mon erronée qui saturnins une action astringente avait fait beaucoup restreindre l’usage de ccs substances. Dans les inflammations graves , les saturnins sont insuffisants \ leur usage exclusif dans ces cas pourrait en conséquence les faire juger défavorablement par des personnes irréfléchies, et leur attribuer même les progrès du mal. Pour peu qu’on réfléchisse aux effets des saturnins, on pourra se convaincre que, loin d'être astringents , ils seraient plutôt émollients, ainsique les anciens le disaient avec raison. Relativement aux organes vivants, cependant, ces substances ne sont ni astringentes uiémollientes, cites sont uniquement hyposthénisantes ; leur vertu est d’abattre l’énergie des vaisseaux et de dissiper l’hypersthénie , d’apaiser l’éréthisme des nerfs et la douleur, de relâcher les follicules et les cryptes cutanés et d’augmenter leur action sécrétoire. Elles n’ont de pouvoir astringent que sur l’épiderme ou sur l'humeur sébacée déjà sécrétée qu’elles épaississent, durcissent et colorent. Cette action est toute chimique, et s’exerce comme elle pourrait s’exercer sur les corps privés de vie. — Si nous passons maintenant à l’administration des préparations saturnines à l’intérieur, et plus particulièrement de l’extrait et du sucre de Saturne qui sont presque les seules qu’on emploie en médecine , on voit que les chirurgiens s'en servent avec avantage en injection contre la diarrhée et la dysenterie chronique (97), contre la gonorrhée et la leucorrhée. Il serait possible à la rigueur que la croyance relative à la prétendue vertu des préparations de plomb ait été fondée sur le fait de la disparition des écoulements muqueux sous leur influence. Cette opinion ne peut plus être admise depuis qu’on sait que les flux muqueux dépendent le plus souvent d’une inflammation chronique des membranes muqueuses; aussi ne saurait-on pas se flatter de les arrêter sans rendre à la membrane malade son état normal, l.es chirurgiens sont actuellement si bien convaincus de cette vérité , qu’ils emploient, sans aucune crainte, l’acétate

(97) Adair, Med. comm. of Edinb., t. îx p. 22. — Ilagewisch. — Ilorns, N. Archiv., 1807, G Bd., p. 215. — Goulard, cit. — Ewal, Med. a. phys. journ. Lond., t. xxvii, p, 350.

tri tes , même au début, non comme astringent , mais comme anli-phlogistique? C'est aussi dans ce but que Collius (98) et Béguin (99) l’administrèrent par la bourbe dans les cas de colique inflammatoire ; Fernandez contre l'hépatite (tOO) , Ambri(l), Kopp , Osann , Gistren et Wolf (2) contre le catarrhe pulmonaire. Il est des praticiens qui l’ont également prescrit avec avantage dans les pleuro-péripneumonies (3) et dans la pneumonie aiguë (4) , ainsi que dans les lièvres en général (5).

D’après l’idée qu’on s’était faite de l’action astringente de ce remède , plusieurs auteurs l’ont recommandé dans les hémorrhagies (6); mais d’après les effets du plomb sur le pouls, il est facile de comprendre pourquoi il est utile dans les hémorrhagies ; si toutefois elles sont actives et inflammatoires. L’action hyposlhénisanteeardiaco-vasculnire du plomb explique non-seulement son utilité dans les hémorrhagies , mais encore dans la phthisie et dans les artérites chroniques; maladies dans lesquelles l’administration du plomb sous différentes formes est assez généralement adoptée. Les praticiens qui ont obtenu dans ces affections des succès à l’aide de ce remède , prescrivirent l’acétate de plomb à fortes doses. Dans un cas d’anévrisme de l’aorte traité par Berlin, l'acétate de plomb était le seul remède qui p-oduisît un calme notable (7). Il nous reste maintenant à dire un mot des affections

(98) Basilic, chem., p. 472.

(99) Mëral et Delens , Dictionn., t. v, p. 395.

é 400) Journal général de médecine , 1824, févr.

(1) Giorn. flella Soc. med. cliir. di Parma, t. vin, pi 346: t. xn, p. 6.

(2) Journ. compl. du Dictionn., t. xiv, p. 207.

(3) Journ. méd. de la Gironde, t. i, p. 85.

(4) Rust’s Magaz. Arch.génér. de méd., mars 1834.

(5) Etmullcr, Crollius, Lieutaud , Béguin, Gmelin, Opp. medic. , i. i, p.

(G) Gardner, Stroem. Pitcairn, Ewal, Amelung, Shaw, Baker, Wolfart, Williamson, Kopp, Denton, etc.

(7) Traité des maladies du cœur. Paris, 1820.

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de l'appareil spinal. Fayerraann assure avoir guéri un hydrophobe avec l’acétate de plomb ; il éleva la dose à trois grammes, répétée quatre fois dans la même journée, en y ajoutant une saignée. A la troisième dose, le pouls avait baissé, les phénomènes hydrophobes avaient diminué, au point que le malade demanda à boire. On lui donna de l'eau-de-vie coupée ; mais bientôt les accès reparurent. Lorsqu’il eut pris la quatrième dose de l’acétate de plomb, il fut saisi d’un froid intense le long de 1 épine du dos et d'un fourmillement aux extrémités inférieures qui se termina par lJinsensibilité et la paralysie complète. Mais, en attendant, l’hydrophobie avait disparu pour toujours; et par la suite la paralysie se dissipa à son tour

(8). Ce fait remarquable, eu même temps qu’il appuie notre manière de voir sur l’action hyposthénisunte vasculaire et spinale du plomb, et opposée à celle de l’alcool , nous encourage à nous en servir contre l’hydrophobie, ou du moins à ne pas (rop craindre les effets toxiques qui pourraient naître par les doses trèsélevées de cette substance dans une maladie aussi formidable. Dugas (9) et Ilarlan (10) ont confirmé l’utilité de ce sel de plomb' contre l’hydropkobie. Parmi les affections de la moelle allongée et de la moelle épinière qu’on a combattues avantageusement avec le plomb , on doit compter la mélancolie, d’après Elmuller, Tackenius et Morgagni (il); l’épilepsie, selon Agricola, Paracelse, Saxtorph (12), Quarin (13), Portai (14), Smith (15), Rush (IG), Coxe (17), Eberle (18); cl les névralgies en général, d’après Saxtorph, Fayermann , Gardner (19), liufeland

(8) Annales of phylosophy. Sept. 1824.

Repert. ined. chirurg. di Torino, 1815,

(9) Journal de chimie médicale, t. iv, p. 50G.

(10) Journal général do médecine, t. civ, p. (14.

(11) De sedibv epist. vur, n. 10.

(12) Act. R. Soc. Hafn., t. m, 1792.

(13) Anim. pract., t. n, p. 21.

(14) Sur l’épilepsie, p. 450.

(15) N. Journ. ined. and phys., t. v.

(IG) Ann. clin, de Monlp., 180G.

(17) Amer. Dispcns., p. 47G.

(18) Med. reposit. New-York, p. 301, febr. 1835.

(19) Auteurs cilés.

(20), Ouvrard (21) et d’autres. On peut appliquer à toutes ces maladies ce que nous avons dit ailleurs.

§ YI. Appréciation, de l'action. — Si 1 action du plomb et de ses composés n’est pas tout-à-dait pareille à celle des remèdes précédents, cette différence tient à la tendance plus prononcée de celle aclion sur le cœur. Les vaisseaux sanguins en sont aussi modifiés; la moelle épinière et ses nerfs le sont à leur tour cl conservent plus long-temps son effet.

§ VII. Aclion mécanique. — Le rétrécissement des intestins, observé chez les hommes et les animaux qui ont succombé à l’action des fortes doses des préparations saturnines, dépend, comme nous l’avons déjà dit , de leur aclion purement chimique et n'a lieu qu’apics la mort. Ou peut en dire autant de la couleur brune-cendrée et de leur induration. Les personnes qui nieraient celle explication doivent d’abord montrer un tissu vivant, rétréci ou froncé par l’aclion du plomb , à l’exception de l’épiderme qui ne participe pas à la vie. Les chirurgiens appliquent tous les jours sur les plaies des substances saturnines, et ils n’ont jamais observé celte prétendue coarctation. On se sert du plomb métallique en chirurgie soit pour entretenir ouverts des canaux qui menacent de sc fermer, soit pour plomber les dents, soit pour couvrir les cautères, tic.

Comme cosmétique, on se servait jadis du carbonate de plomb ou céruse pour blanchir et farder la peau. Actuellement il a élé remplacé par le sous-azolale de bismuth ou blanc de fard , qui ne vaut pas mieux. Ou se sert encore actuellement de la céruse ou de la litharge pour teindre les cheveux en noir, en y ajoutant de la chaux vive , qu’on éteint dans de l’eau pour en faire une espèce de bouillie qu’on applique sur les cheveux qu’on veut noircir; on la laisse appliquée quatre ou cinq heures , en ayant soin de les laver auparavant avec une solution d'alun et après avoir enlevé la pâle de chaux saturnine avec de l’eau de son.

§ VIII. Mode (t administration. — La plus simple application du plomb à l’extérieur est celle en lames fort minces, qu’a remises en vogue M.Reveillé-Parisc.

(20) ITuf. Armen Pharmac. BerL, 1852, p. 47.

(21) Osservat. mcdicte 1830.

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Elle offre plusieurs avantages sur les pansements ordinaires : d’abord la plaque hyposthénise légèrement les fibres par l’absorption d’une partie de son oxyde , ce qui rend la guérison plus facile et plus prompte ; ensuite ces plaques défendent les plaies du contact de l'air et des corps étrangers ; en troisième lieu , elles préviennent les tiraillements , les déchirements, les douleurs, qui accompagnent si souvent les pansements ordinaires ; en quatrième lieu , on rend moins nécessaire le changement de l’appareil , puisque le pus ne dégénère pas aussi promptement que lorsque la charpie et les compresses s’en imbibent ; cinquièmement, on entretient mieux la propreté ; sixièmement, le plomb ne peut servir de véhicule pour la contagion de certaines maladies dans les hôpitaux ; enfin son emploi est plus économique et plus facile , en rendant inutiles certains appareils à pansement. — Parmi les nombreuses préparations saturnines dont on se sert extérieurement, nous nous bornerons à citer les plus usitées. — On confectionne avec le protoxyde de plomb l’emplâtre diachylon simple , qui est formé de litharge pulvérisée et d’huile ou de graisse. L’emplâtre diachylon compose résulte de gomme ammoniaque et galbanum , de térébenthine et de cire.

h’ emplâtre adhésif est composé de diachylon simple , de résine de pin , de térébenthine cuite et de cire. Enfin , l’onguent de la Mère est composé de litharge , de graisse de porc , de suif et de cire.

On obtient du deutoxyde de plomb l’emplâtre de Nuremberg, qui est formé avec du minium , de l’huile d’olives , de la cire jaune et du camphre. — Le carbonate de plomb est employé pour saupoudrer les parties ; on en compose aussi l’emplâtre ou ce'rat blanc ou de ccruie avec de l’huile et de la cire blanche. — Le sous-acétate de plomb sert à faire l’eau végélo- minérale de Goulard:

on mêle à cet effet 1 5 grammes d’acétate, 1 kilogramme d’eau pure et un peu d’alcool. Ce dernier ingrédient est omis avec raison. On s’en sert comme collyre et comme topique sur différentes parties. On fait aussi des cataplasmes saturnins en mêlant ce liquide avec de la farine et de l’eau. Quelques praticiens ont administré l’eau de Goulard par bouche , mais on doit de préférence prescrire à l’intérieur l’acétate simple de plomb. — L’acéUtede plomb ou sucre de Saturne

est la préparation la plus sûre. On peut en faire des solutions pour application externe ou pour des injections. La formule, dans ce cas, est 10 centigrammes d’acétate dans 30 grammes d’eau distillée; mais on peut porter la dose de l’acétate h 50 centigrammes dans la même quantité d’eau. Je me sers depuis plusieurs années d’une pommade qui est très-utile contre les inflammations externes , et surtout contre les engelures. Elle est devenue populaire ; les pharmaciens la débitent sous le nom de pommade de Giacomiui.

Elle est formée de parties égales d’acétate de plomb et d’eau cohobée de lauriercerise , incorporées avec une double quantité de graisse récente. On enduit légèrement les parties enflammées, douloureuses ou qui démangent. La pommade anli-ophthalmique de Desault est composée de litharge , précipité rouge , tuthie et alun calciné ; ces poudres porphyrisées sont incorporées dans une quantité suffisante d’onguent rosat. Elle est spécialement employée contre les inflammations chroniques des paupières.

L’acétate de plomb est presque la seule préparation saturnine prescrite à l’intérieur. On l’administre en poudre , en pilules ou en solution. La dose, d’après quelques praticiens, devrait être de 2 à 3 ou 4 centigrammes ; selon d’autres , tels que Hermann (22), Fayermann (23), Harke (24), etc., la dose peut être portée à 2 grammes par jour. Dans le traitement de la phthisie , on l’a administré à des doses très-élevées. Hildenbrand en a pris lui-même pendant long-temps 25 centigrammes par jour sans en éprouver d’autre effet qu’une légère augmentation d’appétit (25). On voit par ces faits qu’en général les praticiens sont trop timides dans la prescription de l’acétate de plomb. Si on veut en tirer quelque résultat , Î1 ne faut pas le donner à des doses homœopalhiques. Quoique j’aie l’habitude d’inculquer la prudence , sachant bien la disposition qu’ont les imitateurs à dépasser dans leur hardiesse ceux qu’ils veulent imiter, je ferai cependant remarquer qu’on ne peut , par des doses

(22) Cynos. mat. med. Argent., 1720.

(23) Ilorn. Arcb., 1808. Rev. médic , 1824, t. iv.

(24) Russ. Sannnl. f, N, W. u. Ileilk. Riga, 1816, t. u.

(25) llufclaud’s Jour»., 8 Bd., 4 st., p. 24.

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minimes d’acétate de plomb , attendre de grands résultats , et qu’on ne devrait jamais prescrire ce remède à doses moindres de 5 , 10 ou 15 centigrammes, et même davantage , selon l'intensité du mal. Le médecin ne doit point craindre d’accident s’il connaît les véritables effets des préparations saturnines sur le pouls et sur la moelle épinière. 11 sera attentif aux modifications que la circulation et les fonctions des nerfs de la vie animale éprouvent sous l’influence du remède:

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( Arnica mont an a. )

§ Ier. Caractères physiques. — L’arnica des montagnes , ainsi nommée à cause du lieu où elle croît en abondance, dans les Alpes de l’Europe , en Suisse , dans les Pyrénées, dans les montagnes des Vosges , etc. , est de la famille des corymbifères ; syngénésie , polygamie superflue , Lin. La fleur, les feuilles et la racine de cette plante sont employées en médecine.

§ II. Notions chimiques. — Les fleurs d’arnica ont été analysées par MM. Lassaigne et Chevalier : ils en ont retiré une résine odorante, une matière amère, nauséeuse, analogue à la cylisine, de l’acide gallique , de la gomme , de l’albumine , une matière colorante jaune , des sels à base de potasse et de chaux.

§ III. Effets sur les animaux. — Des opinions diamétralement opposées ont été émises au sujet de l’arnica , dit Lamaret. Les uns ont prétendu que c'était un poison ; les autres , au contraire, l’ont regardée comme un contre-poison. On a assuré qu’elle empoisonne certains quadrupèdes , particulièrement les chiens.

Les chèvres cependant mangent l’arnica avec avidité , et n’en éprouvent aucun mal , tandis que les bœufs , au contraire, en sont incommodés (20). Quant aux autres animaux , on n’a pas a>sez de données pour en parler avec connaissance.

§ IV. Effets sur l'homme bien portant. — Administrée à l'homme bien portant , l’arnica présente une saveur légèrement aigre, astringente, qui dé-

pend de son action mécanique. Elle produit ensuite des nausées, de l’anxiété, des borborigines et une gène plus ou moins sensible dans tout l’abdomen , puis des évacuations alvines , une augmentation dans les urines , quelquefois aussi des vomissements (27). Si la dose est assez forte , elle produit en même temps des vertiges , des frissons , des tiraillements dans les membres qui s’étendent jusqu’aux doigts, des mouvements involontaires dans les jambes (28); la peau pâlit, la physionomie indique un abattement général (29) ; la chaleur animale diminue , le pouls s’affaiblit et devient fort lent (30). — Les nausées, 1 ardeur à l’estomac et les autres symptômes ont été apaisés par Roques à l’aide d’une potion élhérée (31). Sllioll s’est assuré de son côté que les effets toxiques de l’arnica s’arrêtent et guérissent toujours à l’aide de l’opium (32).

§ V. Effets dans les maladies. — Les médecins allemands ont employé l'arnica avec avantage dans une foule de maladies , entre autres contre toutes les lésions traumatiques , comme moyen préventif et curatif de la douleur et des inflammations. Fehr rapporte un grand nombre d’exemples de son utilité (33) ; les actes de Wratislave (34) , ceux de l’Académie de Berlin (35), les observations de Buchner (36), celles de Scholz (37), de De-la-Marche (38) et de plusieurs autres confirment cette utilité : en sorte qu’on nomma l’arnica panacca lapsorum , nom qui, en allemand , veut dire herbe contre les chutes. L’arnica conserva cette réputation long-temps, et Rosen-

(27) Schulz, Mat. med., p. 308.

(28) Barbier, Traité de mat. médic.,' t. iii, p. 338.

(29) T. -A. Thuessink Waarm. G rail.,

(30) Sloll, Rat. med., P. ni.

(51 ) t,oco citato.

(32) Photographie médicale, vol. i, p. 301 .

(33) liph, nat. cur., dec. i, an. 9, 10, ' obs. 10, p. 27.

(5-4) Brest. Versueh., 1719, p. 21, 22,

(55) Dec. i, t. i, n. 4; t. x, p. 80, dec. u ; t. i, p. 66.

(56; De gen. princ. et cff. Arn. Erf. , 174t.

(57) Mat. med., p. 307.

(58) Diss. de amie. var. usu prsef. Alberti. Haï., 1744.

(2G) Flor. Suecic., n. 750.

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slein l'a recommandée par la bouche dans les contusions graves , mais après la saignée (39). Scopoli aussi et d’autres l’estiment beaucoup dans ces cas (40).

On n’a pas borné l'administration de l’arnica aux seules contusions et aux inflammations traumatiques. Fehr et Briickner en étendirent l’usage contre la douleur pleurétique et la dyspnée, conlre la pleurésie , la toux catarrhale , l'aménorrhée , les hémorrhagies utérines , les indurations des mamelles (41), les engorgements de la rate (42), l’inflammation des reins (43), l’ischurie (44), l’arthritis (45) , la dysenterie (46) , les hémorrhagies (47), les fièvres intermittentes dans lesquelles Stoll nomma l’arnica le quinquina des pauvres (48) , et même dans la péripneumonie. Quarin aussi a eu recours à l’arnica dans la péripneumonie traumatique (49), Hufeland également

(50). Comme ces faits sont opposés à l’idée généralement admise concernant la prétendue action stimulante de l’arnica, pour expliquer ces guérisons, les auteurs ont imaginé de dire que les pneumonies et les pleurésies en question n’étaient pas de nature inflammatoire franche; mais c’est là une explication arbitraire que nous ne pouvons admettre. Richter a considéré l’arnica comme un des meilleurs remèdes pour combattre la pneumonie, la pleurésie, la péritonite, et même l’encéphalite (51). Parmi les guérisons obtenues par cet auteur à l’aide de l’arnica, on compte des cas de péritonite puerpérale.

Les praticiens s’accordent généralement dans l’administration de l’arnica contre les inflammations franches, telles que les gastro-entérites, les artérites , mais seulement dans le cas où le mal

(59) R. Apolek, p. 21.

(40) Flora carniol., p. 577.

(41) Act. Berol., t. x.

(42) Dufour, Journal général de médecine, 1810.

(43) De la Marche, Diss. 14.

(44) Collin, Obs. pr., t. iv.

(45) Nebel, Act. nat. cur.

(40) Slall, Collin, Halle, Rogery.

(47) Samrnl. aus. Abh., 13 Bd., p. 78.

(48) Stoll, Ca 11 i ii , ci t . Relier, Ilufel. Journ., 27 Bd., 4 st., p. 78. Bind. llarless, Rh. Westpli. Jalirb., 10 Bd., 1 st.,

(49) Melh. med. infl., p. 80.

(50) Journ., 9 Bd., 2 st., p. 96.

(51) Ausf. Arzn., 2 Bd., p. 139.

réagit sur les méninges, et s’accompagne de soubresauts de tendons , avec délire ou assoupissemeuf . Alors la maladie est, d’après eux, maligne, nerveuse ou adynamique. Dans ce cas , l’arnica leur parait indiquée comme remède excitant.

Nous n’avons pas besoin de réfuter cette manière systématique d’envisager les faits ; nous croyons en avoir dit assez dans les articles précédents pour en faire sentir la fausseté. Les heureux résultats de l’arnica, dans le traitement de toutes les phlogoses de l’appareil cérébro-spinal, prouvent de la manière la plus évidente que l’action de celle plante est liyposthénisanle - vasculaire et spinal.

On comprend maintenant comment Altlioff (62) et Hildenbrand (53) ont pu préconiser l’arnica contre le typhus.

Gersonius l’a recommandée contre la peste (54). Dans les phlogoses lentes de la moelle épinière , l’arnica a été administrée par nous avec un avantage marqué (55) et par d’autres également (36). Dans les paralysies en général , l’arnica a été recommandée par un grand nombre d’auteurs ; elle l’a été fortement dans les paralysies de la vessie , par Oberteuffer (57), par Aaskow (58); dans l’amaurose par Scarpa , par Angeli, et par d’autres. L’arnica a été aussi vantée beaucoup conlre la surdité, conlre les vertiges, avant-coureurs de l’apoplexie , par Habnemann (69) ; enfin dans la nyctalopie , par les Russes (60).

§ VI. Appréciation de l’action. — • Nous croyons en avoir assez dit pour faire comprendre que l’action de celle plante est hyposlbénisante vasculaire et spinale. Nous ajouterons seulement que son degré d’énergie est bien inférieur à celui de la strychnine. Les inflammations aiguës des centres nerveux ne peuvent se guérir assez promptement avec l’arnica seule , il faut aider son action par

(52) Obs. de fcb. pet. 1784, p. 34.

(53) Ueb. d. anat. Tiph., 1810, p. 212,

(54) Rudolpli. Schwed. Ann., l Bd., 2 si., p. 18.

(55) Mugna, La Clinica , etc., ann.

1851-32, n. 49; an. 1852 55, n. 49.

(50) Op. cil., 1831-52, n. 169.

(57) Ilufeland’s Journ., 9 Bd., 3 st., p. 95.

(58) Samrnl. aus. Abh., etc., 3 Bd., p. 382.

(59) Ilufcluncl’s Journ., 2 Bd., p. 466.

(60) Journal de la littérature étrangère, t. xix, p. 55.

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celle de la saignée. Borda , cependant , traita des pueunionitrs avec l'arnica , sans saignées; mais il s’est convaincu que souvent l’énergie du médicament était au-dessous de l’intensité de la maladie, aussi combinait-il les deux moyens à la fois.

§ Vil. Action mécanique. — L’àcrelé qu’on ressent à la gorge, les cardialgies dont se plaignent quelquefois les malades soumis à l’usage de l'arnica, ne dépendent que de son action mécanique , et celle action elle-même se rattache à l’élément résineux de la plante, et est loutà-tait innocente au fond. Stolt conseille l'usage de l’arnica, môme dans les cas d’irritation gastrique (61); Swedia-ur saupoudrait avec l’arnica les ulcères et les plaies gangréneuses. Scliulz assure que l'arnica, appliquée sur les parties enflammées ou contuses, fait disparaître promptement l’inflammation ; il fait remarquer qu’aux premiers moments elle augmente la douleur, mais qu’aussitôt après elle cesse tout-à-fait (62).

§ VIII. Mode d‘ administration. — Ou prescrit rarement les fleurs d’arnica en poudre, parce que cette poudre irrite la gorge. Cependant c’est là un léger inconvénient. La dose en poudre est de 5 centigrammes (I grain) à 1 gramme (20 grains) par jour. On l’administre le plus souvent en infusion théiforme. Pour cela ou fait usage des feuilles à la dose de 1 à 2 grammes, et même plus, dans 240 grammes d’eau bouillante. Les feuilles en poudre sont prescrites à là et 20 centigrammes à la fois, qu’on peut répéter au besoin. La racine d’arnica est employée ordinairement en décoction à la dose de 8 grammes, et même au-delà dans 1/2 kilogramme d’eau.

Formules-modèles.

L’électuaire d'arnica composé , des pharmacopées , est formé de la manière suivante :

2J. Feuilles d’nrnica en poudre, 8 gram> mes (2 gros).

Racine de serpentaire de Virginie , et quinquina en poudre, de chaque 4 grammes (1 gros).

(61) Rat. med., t. in, p. 150.

(62) Mat. med. e Dise. Delà Marche, p. 15.

Sirop d’écorce d’orange, 15 grammes

(I |2 once).

A prendre par cuillerées à café toutes les deux heures.

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