BAIES DE GENÉVRIER
( Baccœ juniperi commuais.)
§ Ier. Caractères physiques. — Ces baies sont le fruit du genévrier de la famille des conifères ( dicecia monadel.
Lin). Le genévrier est un arbrisseau trèscommun en Europe, et surtout dans le Nord; il croît de préférence dans les endroits montueux , s.tériles; il exhale une odeur aromatique , surtout lorsqu’on le brûle. Le fruit offre le volume d’un petit pois, est ombiliqué et renferme trois osselets très-durs. Il lui faut deux années pour parvenir à sa maturité. Lorsqu’il est bien mûr, sa couleur est d’un brun noirâtre; il contient une pulpe sucrée, gluante, d’une saveurun peu amère et aromatique.
La baie est la partie dont on se sert en médecine.
§ II. Notions chimiques . — D’après Fommsdorf, l’analyse chimique a démontré dans ce fruit de l’huile éthérée , un principe extractif , une résine verdâtre, cassante , inodore et sans goût , du sucre mêlé avec de l’acétate de chaux, du mucilage et quelques atomes de sels végétaux. On a observé qu’on peut tirer une plus grande quantité d’huile x'olalile de la baie verte que de la baie mûre ; celleci fournit plus de résine. Dans le nord , et notamment en Hollande , ces baies sont employées dans la fabrication d’une liqueur spirilueuse connue sous le nom du genévretle ou eau-de-vie de genièvre.
§ III. LJJets chez i’ homme bien portant. — L’appétit augmente sous l’influence des baies de genévrier. A dose élevée, elles provoquent la sueur, mais bien plus souvent l’urine, laquelle sent la violet te , comme lorsqu’on fait usage de la térébenthine. Pison prétend qu’en abusant de ces baies on peut se donner le diabète (*). En Laponie on se sert communément des infusions chaudes du
(*) Act. nat. curios., vol. x, obs. 52.