BAIES DE GENÉVRIER
genièvre , comme chez nous de celle du café (S).
§ IV. Effets dans les maladies. — Les effets du genièvre dans les maladies sont analogues à ceux de la térébenthine et des autres remèdes dont nous venons de parler. Dans la toux opiniâtre , dans les catarrhes chroniques (9) , dans la phthisie (lO), dans la goutte (II), dans les fièvres intermittentes (12) , dans les inflammations lentes des viscères abdominaux , autrement dites obstructions
(13), dans le rhumatisme, dans la goutte (l 4) , on a conseillé le genièvre sous différentes formes. Bien que d’une activité moins forte que celle des remèdes précédents , le genièvre n’a pas moins été prescrit dans l’hydropisie par Van- Swieten (15), par Hoffmann (IG), par Roscnstein (17), par Duverney (1 8), par Hegewick (* *) et par d’autres. On l’a aussi administré contre le catarrhe de la vessie , ou cystite chronique , contre les douleurs néphrétiques et contre les calculs rénaux pour aider leur sortie. On peut lire à ce sujet Hoffmann (19), Pisone (20), Frankerfeld (2 l ), Spiess (22), Meckel (23), Lange et Demangeon (24); on y trouvera des faits remarquables. — Le genévrier a été aussi préconisé dans la
(8) Scbaflfer, Flora huppland. Mund.
dioct. p. ni., p. 354.
(9) Diction, rais. univ. do mat. méd., t. iv, p. 32.
(10) Deckberg, Murray, Appar. rned., t. i, p. 19.
(11) Pisone, cit. Richter, Ausf. arz., 2 Bd., p. 104.
(12) Mérat et Delens, Dict., lom. ni, p. 694.
(13) Vogel, Dict. rais. univ. de mat.
méd. citai.
(14) Bi'uch, Obs. pract. de rad. froct. junip. p. de corto diss.
(15) Comra. in Boerh., t. iv, p. 258.
(16) Obs. phys. clicmic. a. n. c.
(17) Maladies des enfants.
(18) Mémoire de l’Acad. des sciences, 1705, p. 172.
(*) Horn's Arcli. f. Med. und Klinik 1807, 3 Bd-, p. 207.
(19) Lieux cités.
(20) Lilliol. medica, p. 19.
(21) Diss. de anlinephrit. A. N. C., dec. n, a. 10, obs. 142.
(22) Coben, Dissert, de calculo, p. 25.
(25) Mise, verit. M., p. 21.
(24) Journal général de médecine, 1806, t. xxxvi, p. 878.
gonorrhée par Bruch (25) , par Hecker (2G), par Lange (27) et par Schmidt (28). Ces auteurs n’hésitèrent point à l'employer aussi contre l’orchite blcnnorrhagique chronique ; plusieurs praticiens traitèrent arnsi la leucorrhée et l'aménorrhée avec ce même remède (29). D’après les avantages qu’on avait obtenus dans la blennorrhée syphilitique, on a cru pouvoir déduire que le genévrier était doué d’une vertu anti-syphilitique. Bien que Brossavola (30), Elmiiller (31), et quelques autres le croient efficace dans La syphilis commençante, pourtant on préféré de nos jours d’autres moyens contre celte maladie. Contre la gale (32) et la teigne (33) ce végét.d jouit encore de quelque renommée. On trouve dans les anciennes pharmacopées un emplâtre contre la teigne dans lequel entrent les baies de genévrier. — Les pharmaciens des villages conservent différentes préparations de genévrier qu’on emploie contre les faiblesses d'estomac, les dyspepsies, et surtout les flatuosités (34). — A. l’hôpital Saint-Louis, on donnait tièsfréqueminent, du temps du docteur Alibert, aux malades atteints d’affections scrofuleuses, des pilules composées avec de l’extrait de genièvre, de gentiane et de centaurée. Nous devons dire aussi que dans le scorbut on a également employé le genièvre (35). Les Suédois préparent avec ces baies une espèce de bière qu’ i Is louent comme a nti scorbutique (36.)
§ V. Appréciation de l'action. — L’action du genévrier ne diffère de celle des remèdes précéJentsque par le degré d’intensité qui est beaucoup moins prononcé; mais on ne peut douter qu’elle ne soit hyposlhénisanle cardiaco-vasculaire.
(25) Loc. cit.
(26) Deuil. Anweis. d. vener. Krankh.
zu Erken u.zu HeiL, p. 146.
(27) Med. dom. Brunsvic., p. 150.
(28) Hufeland's Journ., etc., 13 Bd., 3 st., p. 192.
(29) Dict. rais. univ. de mat. méd., t. iv, p. 32.
(50) Rcspons. ad quæst. Fonlante, etc., p. 181.
(51) Scopoli, Flora carn., p. 405.
(32) Rosenslein citai.
(53) Mérat cl Delens, Dict. cit.
(31) Murray, Oper. cit. Diction., cit.
Scopoli, cit.
(55) Pisone, Mérat ei Delens, cit.
(36) Murray, cit.
ACIDE CAIUION'IQDK.
§ VI. Action mécanique. — Comme remède mécanique, les baies degenévrier pourraient être employées contre les vers, au dire de quelques auteurs. On ne peut pas nier que pur sa qualité résineuse il ne puisse agir comme anlhelminlique , mais d’une manière bien légère. Le cas cité par Pentzin mérite peut-être d être connu. Un prisonnier, tourmenté par des ulcères phagédéniques aux jambes, avait été traité inutilement par différents remèdes; le docteur Pentzin soupçonna que ccs ulcères pouvaient cacher des vers, tels que le gnrdium medinensisou la filaria ulcevaria. Il dirigea contre les ulcères de la fumée de baies de genévrier, et il vit, dit-il, sortir des vers, après quoi les ulcères guérirent promptement (37). — La fumée, qu’on obtient par la combustion des branches et des feuilles du genévrier , et qui est très-agréable , est employée pour masquer les mauvaises odeurs de l’atmosphère, notamment dans les chambres habitées par les malades. On pratiquait jadis ces fumigations en cas de contagion et d’épidémie dans plusieurs villes dans 1 intention de purifier l’air des principes délétères et miasmatiques qu’elles pouvaient renfermer. Monro prétend en avoir observé de bons résultats en Écosse (3S).
§ VII. Pre'para/ions. etc. — On ne se sert presque pas des baies de genévrier en substance; pourtant quelques personnes en prennent sous forme de pilules, d’autres en font une infusion à l’eau bouillante. On les applique à l’extérieur écrasées sous forme de cataplasme. L’huile essentielle de ce fruit n’est pas employée en médecine; la préparation la plus en vogue est le rob. Dans le midi de la France on en prépare de très grandes quantités sous le nom d’extrait de baies de genièvre, qu’on débite dans tons les villages et toutes les maisons decauipagne, pour les bestiaux ; il se vend aussi chez les pharmaciens. Pour confectionner le rob en question , on fait cuire les baies de genévrier dans l’eau; la décoction est réduite à la consistance de miel par l’addition d’une certaine quantité de sucre.
On peut aussi en obtenir de l’eau distillée par la méthode ordinaire.
(37) Hufeland’s Journal, etc. , G7 Bd., 5 st , p. 151.
(38) Account of the inoculation of smali pox in Sçliotland, p. 9.
Dose. — Les baies peuvent être prises au nombre de huit, douze ou vingt; on pourrait administrer l’huile essentielle de deux à quatre grammes ( un scrupule à un gros) ; la dose du rob est de trente à quatre-vingt-dix grammes (d’une à trois onces). L'eau de genévrier se prescrit à la dose de cent quatre-vingt à trois centsoixante grammes (six à douze onces) ; ordinairement on s’en sert comme véhicule pour d’autres remèdes , ou comme boisson ordinaire.
Formule-modèle.