Pommade d'Autenrieth
2J. Tartre émétique, dix grammes (deux gros et demi).
Graisse récente , trente grammes ( une once).
Mêlez exactement dans un mortier de verre, et f. pommade s. a.
KERMÈS MINÉRAL [Kermès minérale).
§ Ier. Caractères physiques. — On doit à Glauber une préparation antimoniale connue sous le nom de kermès minerai, ou poudre des chartreux.
Les modernes la nomment oxyde d’antimoine hydrosulfuré brun , sulfure d’antimoine hydraté, proto -sulfure d’antimoine hydraté, sous hydrosulfate d’antimoine. Toutes ces dénominations diverses se rattachent au désaccord qui existe entre les chimistes sur la nature du kermès. Berzelius ne le regarde que comme un proto-sulfure hydraté; d’autres, tels que Gay-Lussac, Henry, Liébig, comme un oxy-sulfure d’antimoine hydraté ; ce qui porterait à croire que celte préparation antimoniale n’est pas toujours identique, et que, suivant le mode de combinaison de ses éléments, elle varie dans sa composition. Le kermès minéral est solide, d’un rouge brun, léger et velouté, sans goût et sans odeur.
§ II. Notions chimiques. — Le kermès chauffé dans un vase fermé se décompose en eau, en acide sulfureux gazeux et en oxyde d’antimoine sulfuré. Les proportions de ces principes varient suivant la manière dont il est préparé. L’air et la lumière le décolorent et le transforment en sous hydrosulfate sulfuré. Il est insoluble dans l’eau et dans l’alcoolles hydrosulfales de potasse et do soude le dissolvent fort bien à chaud, mais trèspeu à froid.
§ 111. Effets chez l'homme bien portant. — Nous ne trouvons d’autre différence entre les effels du kermès minéral et ceux du tartre stibié sur l’homme en santé , que dan3 son degré d’action. Les
petites doses produisent une augmentation dans les exhalaisons cutanées. Une dose un peu plus forte détermine des garde-robes ou le vomissement. Si la dose est très élevée , on aura une hyposthénie générale. Les médecins italiens, partisans de la réforme, sont tous d’accord sur ces faits. Quant aux autres effels, ils sont attestés par les praticiens de tous les temps, et ils s’accordent parfaitement avec ceux que nous venons de reconnaître au tartre stibié.
§ IV. Effets dans les maladies. — On classait jadis le kermès parmi les remèdes stimulants les plus actifs. Aussi n’osait-on le prescrire qu’à des doses minimes. On s’accordait cependant à le regarder comme utile dans les cas de transpiration arrêtée , de rhumatisme ; dans les fièvres dites rhumatismales et catarrhales (99), dans l'arlhritis ( 1 00) , dans la goutte (1), dans les exanthèmes, tels que la rougeole (2), la petite-vérole et les pétéchies (3); dans les diverses espèces d’angine et même dans le croup
(4), dans la coqueluche (à) , dans l’asthme humide, dans la bronchite, dans le catarrhe pulmonaire et dans la péripneumonie (6). Il est bon de faire remarquer cependant qu’en l’employant contre ces affections inflammatoires , les médecins le prescrivaient plus particulièrement dans les cas qu’ils appellaient phlogoses
(99) Lemery, Traité de l’antim. Paris, 1682. — Hoffmann, De Mirab. sulph. aur.
antim. eiïic., p. 486. — Burserius, Inslit. med., pract. vin, § 361.
(100) Carteuser, Pharmac. , p. 50. — Nicolai, De virt. sulph. aur. ant. Janæ 1763 , p. 111 .
(1) Della-Decima , trad. ital. de Cullen, Mat. médic, v. vi, p. 289.
(2) Hoffmann, Med. rat. System., t. iv, p. 191.— -Burserius, Instit., vol. ni, § 149.
(5) lloffm., Burser. , op. cit. — Frank, Epilome un.
(4) Burserius, op. cit., vol. vi, § 436.
— Sachse, Encyklop. Werterb. d. Med.
Wissanch. , 2 Bd., p. 526.
(5) Lieutaud , Syn. un prax. med. , 1765, p. 494. — llabla de Tussi, Convois, infant. Yien. , 1772, p. 47. — Quurin, Animad. pract., 1786, p. 36.— Hœslcr, Abhand. iib. d. Kancbh, 1789.
(6) Lemery, op. cit., p. 420. — Van- Swieten, Comm. in Boerh., t. i, p. 95.
— Van-den-Bosch , liist. const. epid. ,
1769, p. 231. — Montroc, Journ.de méd., 179 i, t. xxxv, p. 503.