SULFURE D’ANTIMOINE
bâtardes. Dans les phlogoses franches ils ne le prescrivaient qu’uprès les saignées, et lorsque la maladie était arrivée vers son déclin. Mais aujourd’hui quel est le praticien qui admettrait les pneumonies bâtardes ou autre inflammation de même nature, c’est-à-dire qui réclamerait des remèdes excitants pour guérir?
Tout le monde s’accorde aujourd’hui sur la nature et le caractère toujours identiques de l’inflammation Chez nous l'usage de prescrire le kermès minéral dès le début de la maladie, en même temps que la saignée, est généralement adopté, non comme jadis à un ou deux centigrammes par jour (un quart de grain à un demi grain) mais bien à vingt, cinquante, quatre-vingt-dix centigrammes ( quatre , dix, vingt grains) , et toujours avec des résultats avantageux. Dans les inflammations des organes thoraciques on les préfère généralement au tartre stibié: il est même des praticiens qui commencent et achèvent le traitement avec lui seul.
§ Y. Appréciation de l'action, etc. — Nous nous sommes assez longuement expliqué sur le tartre émétique pour ne pas être obligé de revenir sur le mode d’action du kermès. Nous avons fait remarquer elïecli vement que la seule différence était dans le degré de celte action. Que si le kermès ne produit pas aussi promptement et à la même dose que le tartre émétique le vomissement , cela paraît tenir à son insolubilité dans les liumeurs animales. Il est pourtant des individus chez lesquels cet effet a lieu à une dose de kermès fort petite. Ce sont là des exceptions dépendant de l’idiosyncrasic particulière du malade , de l'état de son estomac au moment de l’administration du remède, ou de la manière dont le remède aura été préparé. Je l’ai donné , pour mon compte , à la dose de deux et même de trois grammes (demigros à deux scrupules) , sans produire le vomissement.
§ VI. Action me'canique. — Le kermès n’a pas d’action mécanique spéciale.
On peut le donner ou l’appliquer sous toutes les formes et dans toutes les régions sans occasionner plus d’irritation que par toute autre poudre innocente.
§ VII. Mode d'administration , etc.
— Bien que les diverses manières de préparer le kermès minéral donnent des composés différents chimiquement parlant, et qucles mêmes préparations subissent des changements par l’action de la
lumière et de l’air, l’expérience a prouvé que ces changements n’altèrent pas d’une manière notable ses propriétés thérapeutiques.— On le prescrit en poudre, combiné au sucre, ou en pilules. Dans ce cas on l’associe chez nous avec l’extrait d’aconit ou de jusquiame. On ne l’administre pas en boisson à cause de son insolubilité. Pourtant les praticiens ordonnent souvent le kermès suspendu dans une potion gommée ; dans ce cas on doit prévenir le malade de bien agiter la fiole chaque fois avant de s’en servir.
Dose. — Dans les cas ordinaires elle est de trente, cinquante, soixante centigrammes par jour. On dépasse de beaucoup ces doses au besoin.
Formules-modèles.
t . Pilules.
2J. Kermès minéral, 40 centigrammes (8 grains).
Rob de sureau, q. s. m. f. pilules douze.
On peut en prendre une toutes les deux heures.