Emulsion
21 Kermès minéral , 20 centigrammes (4 grains).
Huile d’amandes douces, 00 grammes (2 onces).
Sirop de guimauve, 90 grammes (3 onces).
Mêlez exactement , et ajoutez 90 grammes (3 onces) d’eau pure.
A prendre par cuillerées de temps en temps.
IIYDR03ULFATE SULFURÉ D’AN- TIMOINE [Sulphur auratum anti-
mou ii).
Le soufre doré d’antimoine est analogue au kermès, excepté qu’il contient un peu plus de soufre. On le connaît sous les noms d’oxide d’antimoine hydrosulfuré, ou de proto-hydrosulfalc-sulfuré d’antimoine. Sa couleur est orangée, il n’a ni odeur, ni saveur; il est insoluble dans l’eau. — Sur l’économie animale il produit les mêmes clTets que le kermès, et on l’administre dans les mêmes maladies, notamment dans les phlogoses bronchiques et pulmonaires, dans te rhumatisme, dans la goutte, ainsi que dans les dartres. — L’action dynamique est aussi
Ja même que celle du kermès. Desbois de Rochefort prétend qu’il produit plus facilement le vomissement. En Hollande et en Angleterre on le prescrit de préférence au kermès. — La dose et la manière de l’administrer ne diffèrent pas de celles du kermès.
ANTIMOINE DIAPIIORÉTIQUE ( Anlimonium diaphoreticum).
Lorsque l’antimoine diaphonique est pur, il est formé d'oxide blanc, ou deutoxide d’antimoine par précipitation. 11 est blanc-perlé, inodore, sans saveur, insoluble dans l’eau cl dans le vinaigre. — On a employé anciennement ect oxide dans les mêmes cas que les autres antimoniaux, mais, vu la légèreté de son action, on ne s’en sert presque plus aujourd’hui. Depuis cependant que la méthode rasorienne de traiter les pneumonies a été adoptée en France , M. Récamier a voulu substituer au tartre émétique l’oxide blanc d’antimoine. Il l’a donné à haute dose et il le trouva aussi efficace que le tartre stibié, à ce qu’il dit, moins les inconvénients qu’on reconnaît à ce dernier. Finaz, Michel (7), Trousseau, Bonnet (8) et Guittard (9) suivirent son exemple , et ils guérirent plusieurs cas d’inflammation pulmonaire à l’aide de cet oxide. M. Bouillaud cependant prétend l’avoir trouvé presque sans action , et il croit que les guérisons qu’on avait obtenues n’étaient que le résultat d’un effet négatif. Mais cela ne saurait pas être admis, car on sait que les péripneumonies ne cèdent point à une simple médication négative, c’està-dire nulle. M. Bouillaud n’a pas remarqué des effets notables de l’oxide blanc d’antimoine qu’il a introduit dans les intestins d’un homme bien portant; nous le croyons bien , s’il attendait le vomissement ou d’autres effets de son idée fixe sur la prétendue action irritative. En en élevant la dose à deux, trois, et même six et huit grammes (demi-gros à deux gros), par jour, ainsi qu’on le fait en France, nous
(7) Gazette médicale, novembre 1833.
(8) Revue médicale, mai 1834, p. 209-
(9) Journal hebdomad. , 1834, n° 13, p. 443
sommes persuadés qu’on obtiendra des effets hypostliénisants primitifs , et conséquemment la sueur , l’expectoration , des garde-robes, le vomissement comme par toute autre préparation antimoniale.
— On connaît d’autres préparations st i— biées, telles que le foie d’antimoine (oxisulfure d’antimoine); les poudres de James , composées de parties égales de sulfure d’antimoine et des cendres d’os calcinés (phosphate calcaire antimonié) ; l’antimoine cru (sulfure natif ou artificiel d’antimoine), etc. Ces préparations étant presque abandonnées de nos jours , nous ne croyons pas devoir nous en occuper
ACONIT NAPEL ( Aconilum napellus).
§Ier. L’aconit esluneplantedela famille des rénonculaeées , polyandrie trigynie, Lin. Ce genre offre plusieurs espèces, toutes plus ou moins vénéneuses; celle nommée napel, à cause de la forme de sa racine, est la plus usitée en médecine. L’aconit napel croît naturellement dans les monîagnes en Europe ; il fleurit en mai et juin. Les différentes parties de cette plante, mâchées, produisent à la bouche une chaleur brûlante, une espèce d’engourdissement à la langue, aux lèvres, aux joues. Cet effet n’est pas aussi prompt ni aussi prononcé si la plante est sèche. Toutes les parties de celte plante sont vénéneuses, mais l’intensité de son action varie selon le lieu où elle croit, l’époque de sa floraison , son ancienneté et son mode de conservation. Tous les aconits sont très acres et amers; ils enflamment la peau lorsqu’on les y applique.
§ II. Notions chimiques. — Plusieurs chimistes se sont occupés de l’analyse de 1 aconit ; mais la science n’en possède pas encore d’assez complète. On y a trouvé une fécule verte, une substance odorante , gazeuse , de l’hydrochlorate d’ammoniaque, du phosphate calcaire, du carbonate de chaux et de la potasse. Pallas y a trouvé une matière huileuse , noire, et une substance alcaloïde, que Brande et Hesse ont nommée aconltine.
Pelletier et Cavenlou ont vérifié la présence de cet alcaloïde. L’aconitine pure est blanche, grenue, d’une saveur amère et acre, qui laisse dans la bouche une sorte d’engourdissement ; elle est inodore, inaltérable à l’air, peu soluble dans l’eau , très-soluble dans l’alcool et dans
l’éther ; elle peut s’unir aux acides et former des seuls neutres.
§ III. Effets sur les animaux. — Les animaux respectent l’aconit lorsqu’il s’en trouve dans les pâturages. Il agit comme un poison très -violent sur toute espèce d’animal. On prétend pourtant que les chevaux, les chèvres et les moulons le mangent impunément. La décoction de celte plante fait périr les punaises, les mouches , les cousins et les rats
(10). Soixante -dix grammes de racine d’aconit en poudre, donnés par Wilcourten à un chien, ont produit des symptômes d’étranglement, la diarrhée, le vomissement, le hoquet, des convulsions, et une grande faiblesse générale (lt).
Avec deux grammes (demi-gros) d’extrait d’aco/iit, M. Larrey a produit l’assoupissement en quelques instants sur un gros chien, qui par la suite jeta les liauls cris, eut des convulsions, et retomba dans un assoupissement léthargique avecsoubresauts.il mourut le lendemain.
On trouva à l’autopsie les vaisseaux encéphaliques engorgés, le cœur gauche rempli de sang noir, le droit presque vide; les intestins colorés en rouge et verdâtres au dehors ; l’estomac contracté, d’une couleur obscure (12). Les expériences de Wepfer (13), de Cousten(14), de Sprceger (15), d’Hilfeld (îG) , d'Ebrhart (17), ont prouvé que cette plante donnée aux chiens, aux rats et aux chats produit des vomissements, le hoquet, des soupirs, la dysphagie, l’anxiété, des convulsions, le gonflement du ventre, et la mort. Les autopsies n’ont offert aucune lésion locale , aucune inflammation ; et bien que Wepfer dise avoir trouvé dans un loup l’estomac enflammé (t8) , cette particularité n’a pas été confirmée chez d’autres animaux ; Wepfer lui -même n’a pas rencontré phlogosé l’estomac chez les chiens (l 9), ni Sprœgcl chez les chats: chez ces animaux la surface interne du
(10) Scopoli, Flora carn., p. 550.
(11) Phil. transact., vol. xxvu, p.490.
(12) Mémoir. de chirurg. milit. , t. m,
(15) Ilist. de cicutn, cap. ii, p. 176.
(14) Phil. transact., vol. xxvn, p. 488.
(15) F,xper. cire. ven. Dissert., p. 6.
(16) Exp. cire, ven., p. 23.
(17) ltcinhold, Diss.
(18) II i st . cil., p. 180.
(19) Ilist. cit. , p. 177.
canal gastrique était blanche et saine
(20). Ces deux auteurs ont cru avoir remarqué que le sang des animaux ainsi empoisonnés était plus fluide qu’à l’état normal. Les expériences de M. Brodie , avec le suc d’aconit frais, sur des chats et des lapins , donnèrent les mêmes résultats. Leurs cadavres présentèrent les poumons épais , obscurs, et engorgés de sang. L’estomac et les intestins n’étaient point enflammés (21). G. Péreira fit des expériences assez intéressantes avec la racine de l’aconit luc-loup ( aconilum licoctonum), conservée depuis dix ans. 11 s’est convaincu que ce poison était trop actif, qu’il occasionnait de la difficulté dans la respiration, des convulsions, la paralysie aux extrémités, qu’il diminuait l’irritabilité du cœur , et qu’il tuait par asphyxie comme les poisons froids (22).
Toutes les autres espèces du genre aconit produisent des effets analogues mais moins énergiques.
§ IV. Effets chez l'homme bien portant. — Nous laisserons de côté, comme trop exagérés, les effets qu’on altribue aux simples exhalaisons des fleurs d’aconit. On rapporte, en effet, que des jeunes personnes ornant leur sein de ces fleurs devenaient pâles, et qu’il en est même qui en moururent subitement. Nous possédons pourtant des observations nombreuses qui prouvent l’efficacité trèsgrande de l’aconit sur l’homme en santé. Indépendamment des cas d’empoisonnement accidentel ou criminel, observés assez souvent sur des personnes de conditions diverses , nous possédons aussi des exemples de criminels confiés par des pontifes et des empereurs à des médecins pour en faire des expériences dans l’intérêt de la science, en les empoisonnant avec l’aconit. Les phénomènes qu’on a observés sont assez divers, mais, néanmoins, assez uniformes quant au fond.
Voici quels sont les phénomènes qu’on a observés à des doses diverses. Frotté sur la peau, le suc frais l’échauffe et la rougit. Introduit entre les paupières, il détermine le larmoiement, mais sans rougeur, ni cuisson (23) Dans la bouche, il cause de la sécheresse, engourdissement
(20) Expcr. cit. , p. 9.
(21) Ornla, Méd. légale, t. n , p. 54.
(22) Arcliiv. générales de méd. , juin
(23) Stoerck, Libell. de Stram. Lyon, acon. , t. m.
n la langue, conslriclion de l’œsoplinge
(24), sueurs générales (25), pâleur (20), dilatation de In pupille (27), pesanteur à la tète, vertiges (28), perte de la mémoire, salivation (2!)), froid le long de l'épine du dos , comme une vapeur légère qui s’élève des reins vers la tête (30), obscurcissement dans la vue (31), urine copieuse (32), nausées, vomissement de matières bilieuses, évacuations alvines liquides et involontaires (33), taches rouges sur tout le corps (34); fatigue, oppression, défaillance (35), faiblesse très - prononcée , tremblements dans les jambes, convulsions, paralysie des bras, somnolence, sueurs froides au front, pouls imperceptible ; les yeux restent pourtant vifs, l’intelligence nette, et la parole libre (3G). Parfois, délire, pâleur violente à la figure, lèvres livides, asphyxie, et, enfin, la mort. Tous ces phénomènes ont été notés par Mattliioli chez les quatre larrons qu’il avait soumis, à Rome et à Prague , à l’action de huit grammes environs (deux gros) d’aconit napel, qui fut suivie de mort trois heures après; tandis que la moitié de cette dose seulement n’avait déterminé que des symptômes graves, il est vrai, mais qui s’étaient pourtant dissipés au bout de sept heures. Un imprudent chirurgien, pour prouver h un de ses malades que l'aconit n’est pas un poison, en prit une bonne dose et en mourut en péü de temps , après un profond assoupissement ; son cadavre ne présenta que des taches livides autour du col, au dos, et sur quelques autres parties du corps (37).
Le véritable antidote de l’aconit a été indiquépar Lémery.U avait déjà reconnu
(24) Stoerck, cit. Hahnemann, Reine, Arjn. 1 Th., p- 448.
(25) Hahnemann, Stoerck, Bacon, Pbil.
transact., t. xxxvn , p. 287.
(26) Aut. cit. Malthioli in Diascor.,p.
27) Hahnemann, cit.
28) Tous les auteurs cités,
(29) Stoerck.
(50) Mattliioli.
(51) Bacon, cit.
(52) Stoerck.
(55) Tous les auteurs cités.
(54) Stoerck.
(55) Auct. cit., plus Pierre d’Abano , De venen., c. in.
(56) Malthioli.
(57) Moræus, in K. vct. ne., an. 1739,
que ce végélat tue à l'inslar du poison de la vipère, etil préconisa conséquemment l’usage des opiacés, de la thériaque, de l’ammoniaque, du sel volatil, de corne decerf (38). Les anciens se servaient du vin pur pour corriger les effets de l’aconit , ainsi que nous pouvons nous en convaincre en parcourant les ouvrages deMacrobe (39), île Pline (40), et deCelse. Les italiens qui suivent la réforme conseillent, eux aussi, les éthers, l’alcool et l’opium, après s’être assurés que ce végétal était doué d’une action byposlhénisantc. Mais combien d'auteurs n’y a-t-il pas, qui , s’éloignant de l’opinion des anciens et de la nôtre , s’appuyant sur les préceptes des toxicologistes modernes, traitent les empoisonnés par l’aconit avec le lartre émétique, les remèdes dits adoucissants et lesanti-phlogistiques. N’est- il pas déplorable de voir les ministres de la nature se laisser envelopper dans lespréceples absurdes et désastreux de quelques chimistes toxicologues qui, ignorant les lois de l’organisme, se livrent;! des prescriptions imaginaires qui hâtent l’aclion même du poison, ou bien restent sans aucun effet! J’aime à croire, cependant, que la voix de la raison et de l’expérience se fera enfin entendre, et que l’aclion hyposlhénisante de l’aconit étant connue de tout le monde, on ne sera plus embarrassé sur les véritables antidotes de cette plante, savoir, les hypersthénisants. Ainsi , tant que nos adversaires n’apporteront pas des faits bien constatés d’empoisonnement par l’aconit traités avec succès à l’aide de la méthode anti-phlogislique , nous persisterons à regarder leur pratique comme funeste. Il va sans dire que ces faits doivent être positifs et concluants ; savoir, se rapporter à une intoxication mortelle par ellemême, et le traitement anti-phlogislique employé franc et décisif. Car on n’ignore point que l'aconit n’est pas toujours mortel; et que, si la dose n’esl pas forte, ses effets peuvent fort bien disparaître spontanément et malgré le traitement anti-phlogistique. Les cas d’empoisonnement par l’aconit traités dans ces derniers temps avec les anti - phlogisliques, prouvent qu’un poison léger , tel que l'aconit , compte de nos jours plus de victimes par l’effet du traitement que tout autre poison bien plus redoutable.
(58) Dict. unlv. des drog. , p. 519.
(59) Cap. vi , lib. vu , De saturnat.
(40) Cap. xxm, lib. 25.
Effectivement, de quatre individus empoisonnés avec une liqueur dans laquelle on avait fait macérer de la racine d’aconit (à llalluin, près Lille), traités avec l’émétique, les adoucissants et les antiphlogistiques, trois moururent en moins de trois heures, un seul fut sauvé, qui, par bonheur, avait avalé beaucoup moins de la dite liqueur (41). Une dame anglaise mangea de la racine d’aconit au lieu de raifort; elle éprouva bientôt après une faiblesse dans les jambes, suivie d'anxiété et de vomissements répétés.
Lorsque le médecin arriva , la malade était agitée, mouillée d’une sueur froide; son cœur et son pouls semblaient avoir cessé de battre. Elle eut ensuite des convulsions, qui cessèrent quelque temps après; et un état de calme paraissait avoir lieu lorsqu’on lui administra le tartre émétique. Trois heures après elle avait cessé de vivre (42). Nous ne devons pas omettre de faire observer ici que , d’après nos principes ou ceux des anciens, cette dame ne serait probablement pas morte, si le tartre émétique, qui troubla le calme spontané, n’eût pas été administré ; car il ajouta sans nulle doute son action hyposthénisanle à l’effet analogue du même remède et rendit le poison mortel alors qu’il ne l’était peut-être pas.
§ Y. Effets clans les maladies. — Toutes les maladies dans lesquelles on vanta de tout temps l’aconit étaient de nature hypersthénique ou phlogistique.
De ce nombre était, par exemple, l’asthme, qu’on a guéri avec l’aconit. Greding s’en est servi aussi contre le squirrhe avec bien plus d’avantage encore que de la ciguë tant préconisée par Stocrck(43). D’autres l'appliquèrent heureusement contre les humeurs écrouelleuses (44) , contre les fièvres intermittentes, et notamment contre les fièvres quartes obstinées, ainsi que nous l’apprennent Schenckbecher (45) et Collin (4 0); contre la paralysie par Collin (47)
(41) Journal général de méd. , t. xcvm, p. 5G5. — Pallas, Thèse à la Faculté de Paris, 1822, n. 15.
(42) The engl. courier, 10 Januar 1822.
(45) Verni, med. und chir. Schrift, ,
cas. 7, p. 101.
(44) Bulletin des sciences médicales, t. iv, p. 393.
(45) V. de Kinkina, p. 159.
(40) Observ., P. n , p. 147.
(47) Ibid., p. 130 et 143.
et par Greiling (48), et contre certaines conséquences delà vérole, telles quedouleurs articulaires, exostoses, etc.; d’autres ont eu à se louer des effets de ce végétal en le combinant aux mercuriaux ; c'est ce que nous lisons dans les écrits de Sloerck, de Collin (49), de Kaempf (50), de Thilcnius (51), «leSwediaur(52), de Frilzc (53) , et de plusieurs autres. Nous aurons plus tard l'occasion de nous occuper de la nature des maladies que nous venons d’indiquer, et nous ferons voir que ces faits sont parfaitement confirmatifs de notre doctrine On a beau-
coup vanté l’aconit, spécialement d’après les observations de Stoerck, contre le rhumatisme et la goulte , soit aiguë , soit chronique et réfractaire à d’autres remèdes : dans ces cas l’aconit a été administré à haute dose avec le plus grand avantage : on a vu sous son influence disparaître les tumeurs articulaires, la raideur des articulations, et quelquefois aussi le morbus caxarius. On peut s’assurer de ces faits en lisant les écrils de Stoerck
(54), ceux de Collin (55), de Rosenslein (56), de Blom (57), de Ribes et de Reinliold (58), d’Andrée (59), de Gesner(GO), de Tode (31), de Fritz (62), de Sloker (63), de Razoux (64), de Lombar (65), et ceux, enfin, de la plupart des praticiens italiens.
Stoerck a donné l’aconit dans la période aiguë de la goutte et accompaguée
(48) Loc. cit., p. 95 et 98.
(49) Auteurs déjà cités.
(50) Act. philos. Soc. Ilass. , Gics. ,
(51) Beobacht., 1 Bd., p. 170.
(52) Maladies sypliil., t. n, p. 200.
(55) Mediz. Annal., 1 Bd., p. 327.
(54) Dissert. cil.
(55) Observ. , P. n, cas. 2, 5, 5, 7.
(56) Litt. in Hall., Epistol. vol. v, p.
(57) Yet. ac. Handl., 1775, p. 258.
(58) Dissert. , p. 57.
(59) Diss. de usu salutari extra aconit. Haller, p. 10.
(00) Beobacht. an d’Arser, 1 Bd., p.
(01) Med. chir. Bibl., 2 Bd., 1 th., p.
(02) Mediz. ann., 1 Bd., i, p. 527.
(03) Beob. u. Erfarli. , p. 140.
(04) Diss. epist. do cicula , Slram. , liyosc. cl aconit, 1781, p. 511.
(05) Gazelle médicale de Paris, août
aconit.
de forlcs fièvres. Guérin et Erlirhavl le prescrivirent pour arrêter 1 irritation de la fièvre (00). Ce qui doit étonner c’est que Stcerck , Yan - Sxviéten et lîarlhez (07) s’assurèrent que l’aconit dissipait la goutte sans produire de sueurs, ni aucune autre évacuation. Au moyen de l’aconit, Vogel parvint à calmer une migraine obstinée qui durait depuis onze ans (68). La sciatique, maladie si opiniâtre , a été aussi, au dire de Murray (09), combattue avec succès , et plusieurs fois par Bergius (70) et par d’autres, à l’aide de l’aconit. Mais ce n’est pas tout : dans les différentes espèces de névralgie , et notamment dans les névralgies faciales, ce végétal a été prescrit avec succès par Wildberg (71), par Huféland (72), par Prus et Roche (73) , et par une foule d’autres. — L’hydropisie hyperslhéniquc, dont nous avons déjà parlé, a été traitée heureusement à l’aide de l’aconit par Fouquier (74). Un cas assez curieux de cette espèce se trouve consigné dans la biographie de MarcusCrassus par Plutarque. On y lit ce qui suit : « Jrode étant » tombé malade d’bydropisie, Fraate, son » fils, qui voulait se défaire de son père, » lui donna l’aconit; mais le mal s’étant » emparé du poison, l’un détruisit l'autre » et le malade éprouva du soulagement.
» Fraate prit alors un parti plus expédi- » tif , il l’étrangla (75). » — Busch (70) et Baumes (77) administrèrent l’aconit contre la phthisie et avec un avantage réel; Bérends contre les hémorrhagies spontanées (78); Lofller contre les oph-
(66) Reinhold, T>iss. , § 2.
(67) Trailé sur la goût le, t. i , p. 416.
(68) Chirurg. Warnem. , 1 Samml. , p. 78.
(69) Appar. rnedic., t. ni, p. 41.
(70) Mat. mcd., vol u, p. 509.
(71) Masius, Rcilr. z. ein. Künfl. Monograf. üb. d. Gesicht. — Ilcckers, Litt. Annal., 1826, nov., p 290.
(72) Journ., 9 Bd., 3 St., p. 94.
(73) Transact. medic., juillet 1833, p. 418.
(74) Encyclop. d. Med. VVissensch., 1 Bd., p. 95.
(75) Giornale délia nuo. doit. med.
ital. , vol. n, fasc. 4, p. 50.
(76) Rech. sur l’anat. et le trait, de la phthisie pulmon. Strasb., an ix.
(77) De la phthisie, 1809, l. ii, p. î 15.
(78) Gandelin, Spec, Hcilnnlt., 2 Bd., p. ICI.
ScSO
thaï mies (79); Qundri contre les pleurésies (80) ; Borda contre les pneumonies et les autres maladies phlogistiques, ainsi que Tomasini et plusieurs de ses élèves (81). D’aulres, enfin, en ont obtenu d'excellents effets dans le traitement de V impétigo et autres maladies de la peau.
§ VI. Appréciation de l'action. — Les anciens , s'en tenant à l'observation pure et simple, placèrent l’aconit au nombre des poisons froids, et en cela ils virent mieux que leurs successeurs, qui se laissèrent guider par des théories.
Voilà précisément où conduisent les théories et les systèmes qui n’ont pas pour hase l’observation rigoureuse des faits et la logique la plus sévère. Or , c’est précisément celte observation continuée depuis plusieurs siècles et dans des pays differents qui nous autorise aujourd’hui à regarder l’aconit comme un puissant remède hyposlhénisant vasculaire. Les effets sur les animaux et sur l’homme bien portant , l'efficacité des moyens hyposthénisanls et cardiaques à les détruire, les tristes résultats donnés dans ces cas par les remèdes anti-pldogistiques,la nature hypersthénique enfin des maladies guéries ou soulagées par l’aconit sans donner lieu à aucune espèce d’évacuation , tout cela constitue à nos yeux une preuve péremptoire à laquelle souscriront, nous n’en doutons pas, les esprits droits et éclairés, ainsi que l’avaient déjà fait des hommes transcendants (82). Les plaintes de Gtnelin contre la faiblesse extrême dans laquelle tombaient les malades qui étaient soumis pendant long-temps à l’usage de l’aconit ne confirment-elles pas le même fai; (83)?
§ Vif. Action métallique. — Le suc de l’aconit est très-âcre. Si on l’applique sur la peau , il la rougit; il l’enflamme si elle est mince. A haute dose, ou à dose toxique, il produit quelquefois une injection dans les vaisseaux capillaires di s intestins. Je dis quelquefois , car souvent chez les animaux empoisonnés par cette plante, cette injection n’a point été observée. L’àcrcté mécanico- chimique
(79) Prakt. Wavhn. u. Erfahr. , 1 Bd.,
(80) Omodei , Ann di med., novenib.
e decemb. 1829, p. 558.
(8!) Giornale délia socicla med. chir.
di l’arma, vol. vu, p. 200.
(82) Stocrck, Vau-Su iclcn cl Bardiez.
(85) N. net. N G., t. vi, p. 30 i.
Giacomini.
de l’aconit disparaît avec le temps; cela a lieu dans presque tous les extraits végétaux , soit par l’effet de l'évaporation, soit par une lente décomposition chimique; ce qui prouve indubitablement que l'action mécanique est différente de l’action dynamique, celle-ci pouvant s’exercer sans l’autre. Selon nous, on ne doit pas tenir grand compte de l’action mécanique surtout en cas d’empoisonnement, quand même le malade accuserait de la chaleur et de la douleur à l’estomac ; car il est certain qu’une fois l’hyposlhénie apaisée et le poison évacué, l’altération locale disparait d’elle-même.
§ VIII. Préparations , doses, etc. — Parmi les préparations de l’aconit on accorde généralement la préférence à l’extrait. 11 ne faut pas cependant oublier son degré très - variable d’action. Quelquefois, quelques centigrammes ou fractions de grains donnèrent des résultats trèsviolents, tandis que dans d’autres occasions plusieurs grammes (ou scrupules) par jour n’occasionnèrent pas le moindre effet. Nous en avons donné jusqu’à deux grammes et demi (cinquante grains) par jour dans un cas de vertébrite syphilitique qui durait depuis huit ans, et nous n’avons observé qu’un léger ralentissement dans le pouls. Leroy d’Etiolles dit que Fouquier n'observa aucun changement par l’usage de cinq grammes et demi (cent dix grains) d’extrait d’aconit par jour. Slœrck dépassa aussi plusieurs fois la dose de quatre grammes (un gros), et il parvint même à en donner neuf grammes (deux gros et demi) par jour. Borda en porta la dose sans aucun accident à trente grammes (deux onces) par vingt quatre heures. Ces différences considérables ne dépendent pas toujours de la capacité morbide des individus; elles se rattachent souvent à la qualité de l’extrait. Aussi est -il toujours prudent de ne pas trop s’en tenir à la pratique d’autrui. Plusieurs causes peuvent faire varier l’énergie de l’extrait. Souvent les herboristes confondent le napel avec d’autres aconits moins actifs , ou avec d’autres plantes semblables, telle que la renoncule aconitiforme. L’aconit qui a végété dans un lieu froid, dans la plaine, ou qui a été cultivé dans des jardins, possède moins d’activité que celui qui croit dans les pays chauds et montagneux. La meilleure époque pour le récolter est le mois de mai ou juin : avant ou après cette époque il est moins bon. La manière de préparer l’extrait entre en-
core pour beaucoup : l’action du feu lui fait perdre un partie variable de son élément actif. La manière de le conserver influe également sur son action. On croit qu’après une année l’extrait perd toute vertu médicinale. Ces considérations ont déterminé M.Soubeiran à proscrire complètement l’usage de l’extrait et à lui substituer la teinture, laquelle dissout mieux et conserve la partie active. A cet effet on prend d’aconit frais , bien contus, dix parties, et huit parties d’alcool à 36°. On laisse macérer pendant huit à dix jours, et on filtre (84). — Sur l’aconitine nous n’avons pas encore de données assez positives. Nous savons seulement qu’un moineau a été tué par ce moyen avec un milligramme dissous dans l’alcool; et que, appliquée sur l’œil, elle dilate légèrement la pupille (85). Il serait en vérité désirable d’entreprendre des expériences avec celte substance qui paraît douée d’une grande action, et de voir si elle est exempte des variations propres aux autres préparations de cette plante.
( Not . d. trad.) Après la publication de l’ouvrage de l’auteur, plusieurs praticiens, convaincus des inconvénients que présentaient les différentes préparations d’aconit, ont entrepris des expériences avec l’aconitiue, principe bien plus pur, ayant les mêmes propriétés, à un degré plus marqué , et n’étant pas sujette aux mêmes variations. Voici quels résultats on a obtenus. • — Une parcelle d'aconitine placée sur la langue ou frottée sur la peau produit de la chaleur, une sorte de frémissement et un engourdissement qui persiste pendant plusieurs heures.
Si l’on met sur l'œil un mélange d’aconitine et de graisse dans la proportion d’un vingtième, il y produit une forte chaleur, des frémissements; la pupille se contracte d’abord, mais, une fois la sensation pénible dissipée, elle se dilate notablement cl demeure dans cet état pendant plusieurs heures. D’après le docteur Turbull (8G), l’aconitine a été employée avec succès à l’intérieur et à l’extérieur.
(84) Bulletin tliérap., juillet IS33.
(85) Gcigeret liesse, Ann. de pharm., 1833, vol. vu, cah. 3, p. 275.
(80) Voyez Journal de la Société des sciences phys.-chim. de France, tom. v, 1837, p. 180. — Bulletin général de thérapeutique.
IpéCACOANIÙ.
L'action locale ou mécanique étant presque nulle, l’emploi externe de ce remède peut être répété aussi souvent et pendant aussi long-temps qu’on le désire, sans inconvénient. A l’intérieur on ne doit pas dépasser la dose de deux à trois centigrammes (un quart de grain à un demigrain), répétés toutes les trois ou quatre heures. On en a obtenu des effets diurétiques très-prononcés. On a aussi employé l’aconitine contre l’iritis et contre les ophthalinies in ternes et lama urose.On prétend aussi qu’elle a également réussi contre les opacités de la cornée, de la hyaloïdeetla cataractecapsulaire. Le traitement de ces maladies doit être tout local par frictions sur le front et sur les paupières, si on se sert d’une pommade. Si on emploie la teinture, on aura recours k une petite éponge , ou mieux encore à des compresses mouillées qu’on laissera à demeure sur le front pendant une demiheure, matin et soir. Dans certains cas de surdité et d’olalgie on en a retiré quelques avantages. Dernièrement aussi elle a été préconisée en friction le long de l’épine du dos, dans un cas de paralysie des membres abdominaux , avec un grand succès.
Dose. — Dans les cas ordinaires on donne l’extrait d’aconit à la dose de dix, vingt, quarante, soixante centigrammes (deux, quatre, huit, douze grains) par jour. Toutefois s’il est vrai que l’alcool s’empare de toute la partie active de cette plante, il faudrait ne prescrire la teinture qu’avec beaucoup de prudence. Mais, en tout cas, pour tirer de l'aconit tout le parti possible , il est utile d’en augmenter graduellement les doses, après avoir exploré , bien entendu , la tolérance de l’individu.
Formules-modèles.