‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 64 sur 168 · I'LEUBS DE SC11EAU · texte numérisé non relu

I'LEUBS DE SC11EAU

matières hétérogènes; car, dans ce cas, elles peuvent devenir elles-mêmes cause de douleur; de sorte qu’il ne faut se donner aucune peine pour empêcher l’action mécanico-chimique de la racine d’ipécacuanha. On peut, à ce qu’il paraît, en dire autant de l’émétine, d’après les essais qu'on en a faits.

§ VIII. Manière de V administrer, doses et formules. — La manière la plus commode d’administrer l’ipécacuanha , c’est en poudre , sans d’autre véhicule que l’eau pure. On doit choisir, pour réduire en poudre, l’écorce qui jouit de propriétés médicinales plus prononcées que la partie ligneuse. Une préparation très-commune est celle en pastilles, dont chacune contient un ou deux centigrammes d’ipécacuanha (un quart de grain).

On s’en sert spécialement pour les enfants. On ne doit pas trop compter sur le sirop, car il s’altère promptement ; et moins encore sur le vin d’ipécacuanha, car le constituant est contraire à l’action du remède.

Dose. — Le médecin peut s’en tenir à trois données par rapport à la prescription de l’ipécacuanha. 1° Produire un relâchement modéré dans les extrémités des vaisseaux artériels, et obtenir par là une douce moiteur, une expectoration facile et d’autres excrétions muqueuses.

Dans ce cas la dose doit être de deux à trois centigrammes (un quart de grain a un demi-grain), qu’on répète quatre, six, et même dix fois par jour. C’est la méthode que les auteurs nomment altérante; elle est indiquée dans les dyspepsies , dans les toux sub - phlogistiqucs , dans l’asthme , dans le catarrhe , etc. 2° Produire un effet hyposthénisant prompt sur l’estomac, et conséquemment des vomissements. Dans ce cas il faut en administrer en une seule fois cinquante, cent, cent cinquante centigrammes (dix, vingt, trente grains). Si la dose est excessive , le vomissement n’est pas en proportion ; puisque avec lui on expulse aussi le restant du remède. On ajoute aussi quelquefois, pour assurer le vomissement, dix à quinze centigrammes(deux àtrois grains) de tartre stibié, et on en fait une infusion. 3° Enfin déterminer une action hyposthénisante générale bien prononcée.

Dans ce cas la dose doit être encore plus forte. On peut parvenir à cette dernière, en débutant par de petites doses qu’on augmente graduellement ; ou bien on peut en donner directement de deux à quatre grammes (demi-gros à un gros) à

la fois. Il faut pourtant faire remarquer que le vomissement dans ce dernier cas est presque inévitable aux premières prises, mais, en les répétant, il cesse. Cette observation nous croyons l’avoir faile le premier; nous la trouvons cependant aujourd’hui dans Guillaume Pison , qui prescrivait une infusion , ou une décoction de huit grammes (deux gros) d’ipécacuanha dans cent vingt grammes (quatre onces) d’eau, par jour; il assure que ce remède provoque, le premier jour, des vomissements répétés, le second moins , et le troisième pas du tout. — La dose de l’émétine impure a été portée à un quart environ en comparaison de l’ipécacuanha en substance , car vingt centigrammes (quatre grains) suffisent ordinairement pour exciter le vomissement, tandis que l’émétine pure paraît avoir une énergie quaduple.

Formules-mo dèles.

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