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REMARQUES SUR L’ART DE FORMULER

On a communément un grand entraînement pour les formules. C’est un moyen qui favorise la paresse et qui expose quelquefois à des accidents ; car on s’en sert

(1) Remède spécifique est synonyme d’empirique parce qu’on ne sait se rendre compte de son action. Dans la vitalité, comme force simple, on ne sait concevoir d’autre changement qu’en plus ou moins. On ne pourrait dire que celte force s’altôro dans ses qualités et dans sa nature que dans le cas où nous verrions le nerf optique, par exemple, cesser d’ôtre sensible à la lumière et devenir sensible aux sons ou irritable. Les altérations

souvent sans avoir étudié les substances qui les composent. Je n’en ai fait que le moins possible dans mon ouvrage ; j’ai voulu plutôt donner des modèles , afin qu’on pût en composer d’autres selon les circonstances que favoriser cette tendance fâcheuse à les copier servilement. J’ai voulu surtout qu’on comprît bien l’importance de la simplicité de formuler, si négligée généralement dans les livres.

Je n'exposerai, par conséquent, dans ces remarques, que les données générales qui doivent servir de guide dans chaque formule. On entend par formule ou recelle l’indication écrite des remèdes que le médecin prescrit au pharmacien d’expédier à des doses et sous des formes déterminées.— La formule est officinale ou magistrale. — On appelle officinales les formules qui ont été établies, soil par une assemblée de médecins, soit par des auteurs de réputation et qui ont été sanctionnées par les lois adoptées ou par tous les médecins d’un pays. Ces formules sont enregistrées dans toutes les pharmacopées, dans les codex officinaux et sont connues par tous les pharmaciens, ün nomme magistrale la formule que chaque médecin prescrit au lit du malade, d’après tel ou tel but qu’il se propose. La formule peut être considérée sous un double point de vue : sa partie matérielle, ses éléments intrinsèques.

A. Partie materielle de la formule.

Autrefois, on commençait la formule avec quelque signe emblématique de religion, d’éternité, de divinité , de la croix , etc. Aujourd’hui nous prémettons la lettre ffj si l'on écrit en latin , et qui veut dire recipe (prend); la lettre P. également coupée si l’on écrit en italien ou en français, et qui veut dire prenez. — Vient ensuite l’indication des substances médicinales qu’on doit écrire l’une après l’autre et dans autant de lignes, si elles sont plusieurs ün marque à la fin de chaque ligne la quantité relative. Si la quantité est la même pour chaque substance , on

dans la qualité n’ont lieu que dans les matériaux de l’organisme; elles sont nommées, en pathologie, altérations à fond spécifique ou mécanique. Ces allé, râlions sont guérissables sous l'influence de remèdes qui les détruisent spécifiquement; mais ccs moyens sont de la classe des mécaniques, et ont une action loute chimique : nous en parlerons en temps et lieu.

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ne la marque qu a la dernière ligne, en y nous. Pour les liquides, on a en outre la prémeltant le mot aria, qui veut dire goutte: c’est cette quantité minime qui même dose pour chacune. — En écri- peut tomber d’un vase qu’on incline vant le nom des substances, on suit un doucement. Une goutte répond à un certain ordre en rapprochant les plus grain. Une cuillerée à soupe égale une analogues, tellesque racines, feuilles, etc. demi-once environ. On se sert aussi de Si le mot racine ou Jleur doit être répété, tasses , de verres , etc. , mais cela est fort il suffit de mettre un trait au-dessous du variable , comme on le conçoit.

mot précédent ou à la place du même mot à répéter. L’ordre veut aussi qu’on commence la recette par l’indication des substances les plus actives, ou de celles qu’on doit prendre en plus grande quantité, ou enfin de celles qui exigent une préparation préalable. Suit l’indication du procédé que le pharmacien doit suivre dans le mélange des substances , ou dans la préparation dequelques-unes d’entre elles. — Quelquefois on prescrit aussi le mode d’expédition du remède. Je dis quelquefois , car il serait ridicule d’écrire , par exemple , qu’un liquide soit mis dans un vase de verre, une poudre dans un papier ou dans une boîte, etc. U y a néanmoins des cas où il est utile que le médecin marque , par exemple , sur l’ordonnance, que la fiole soit fermée hermétiquement si elle contient des substances très-volatiles ; qu’une poudre soit délivrée dans une fiole plutôt que dans un papier si elle contient des sels déliquescents à l'air ; qu’une fiole soit enveloppée de papier noir si la substance est altérable à la lumière ; que d’autres soient cachetées à la cire, s’il s’agit de poisons, etc. Arrive enfin l’indication de la manière de se servir du médicament.

Cette condition est essentielle , et le médecin doit non-seulement l’écrire trèsclairement dans la langue du pays, mais encore l’expliquer de vive voix au malade ou à ses assistants. Il est bon aussi pour éviter toute équivoque d’écrire en tête de 1 ordonnance le nom de la personne pour laquelle on la destine, et de dater toujours la prescription.

Les quantités des médicaments sont fixées par le poids , la mesure ou des nombres. Le poids médicinal vénitien est le grain. Vingt grains forment un scrupule; trois scrupules une drachme ou un gros ; huit gros une once ; douze onces une livre. Le poids médicinal de Ja Lombardie est, comme celui de Vienne , un peu plus fort que le précédent ; c set upule , par exemple, se compose de vingt-quatre grains. Plusieurs pays ont es poids médicinaux divers. Nous nous arrêterons aux poids de Venise , comme ceux qm sont généralement adoptés chez

Pour les matières solides, on emploie quelquefois le mot pincée ( pugi/lus ); cela répond à la quantité approximative qu’on peut saisir avec les bouts des trois premiers doigts rapprochés. La poignée ( manipulus ) exprime la quantité qu’une main de grandeur moyenne peut saisir.

On évalue ordinairement une poignée à quatre pincées. On se sert également quelquefois du mot faisceau, fascicule, botte ( fasciculus ) ; c’est à peu près ce qu’on pourrait porter sous le bras , et équivaut à douze poignées. Ces mesures ne sont pas, comme on le voit, bien précisés. — S’il s’agit enfin de corps entiers , on peut les déterminer par des nombres.

En écrivant l’ordonnance, les uns veulent que tous les mots soient en entier, les autres qu’on emploie des abréviations, des chiffres, des signes, ainsi que les anciens le faisaient. Il y a des

avantages dans l’un et l’autre système

En écrivant tous les mots en entier et très-lisiblement, on évite l’inconvénient de se tromper et que le pharmacien se trompe. En faisant usage des abréviations, on a l’avantage de ne pas être compris par le malade et sa famille. Il est quelquefois utile de faire ignorer au patient les substances dont il doit faire usage. Les médicaments agissent nonseulement par leurs vertus pharmaceutiques, mais encore par leur effet sur 1 imagination. Si vous donnez par exemple le tartre slibié a dose vomitive , et dans le but de faire vomir, le malade pourrait ne pas le prendre, pour éviter le malaise que produisent les vomissements. Le mercure que vous prescrivez pourrait être refusé , ou bien troubler le ménage, etc., si on avait connaissance du contenu de l’ordonnance. Si l’on pèse cependant les avantages et les inconvénients des deux systèmes, on sera obligé de convenir qu’il est en général plus convenable d’écrire les ordonnances avec clarté. Il y a néanmoins des exceptions h cette règle : on choisira dans ces cas les noms les moins usuels , les abréviations

et les signes les moins équivoques. Les

abréviations sont de plusieurs espèces.

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Il y en a qui consistent dans la suppression des dernières syllabes ; par exemple, diu. pour divisez ; dc'c. pour décante/.

( colelur ) ; f. c. pour fuites cuire ( coque ); une. pour once ( unciam ) ; rac. pour racine ( radicis ), etc. D’autres se composent d'une ou deux lettres ; par exemple :

ââ pour ann , mol grec qui veut dire : parties égales de chaque.

p. e.= parties égales {parles œqua les).

f. = faites [fiat, fiant), ni. — mêlez [mis ce).

D.— donnez [detur).

S. — signé [signetur). pp. — préparés [prœparati).

q. s. = quantité suffisante ( quantum suffi, cit).

s. l’a. = selon l’art [sccundumartem).

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