‹ Encyclopédie des sciences médicalesChapitre 8 sur 168 · I. a. = lois de l’art [lege arlis · texte numérisé non relu

I. a. = lois de l’art [lege arlis

d. s. — doses semblables [d. l.t doses taies).

pn. = pincée ( mp . , manipulas), l. b. z=: livre ( libra ).

p. h. q. — ( per horœ quadrantem :

pour un quart d’heure).

j B. A. — [ba/neum arenæ : bain de sable).

B. M. = bain-marie [balneum mariœ, a bagno maria).

Quant aux signes , on n’en emploie de nos jours qu’un petit nombre; ceux en usage sont :

2[ , 3^2 > Bp. = recipe [ prenez, ou prend), g = once.

5 gros , drachme.

0 = scrupule.

~ , ss. rrrdcmi [semis).

Les anciens se servaient souvent des signes de la constellation pour indiquer certains métaux , tels que le 1er, le mercure , le plomb , etc. — Les nombres adoptés sont les romains, avec cette différence que l’t unité a toujours un point dessus quand il est seul , et quand il est à la fin de plusieurs chiffres, il s’écrit j.

B . Partie intrinsèque de la formule. Considérée sous le point de vue de ses éléments, la formule comprend la base, la partie constituante ou l’excipient, le correctif, l’auxiliaire. — Aucune formule ne peut manquer d’une base , c’est ainsi qu'on nomme l’élément principal , ou le médicament dont 011 veut faire éprouver les effets au malade. Souvent la formule ne se compose que de la seule base ; c’est lorsqu’on administre le médicament sau3

aucun mélange. Cette manière de formuler est la plus simple et généralement la plus exacte; elle appartient aux modernes. — Souvent cependant la formule naturelle du médicament veut être modifiée pour être appliquée convenablement. On l’unit à des substances inertes ou de peu d’action, soit liquide, soit solide. Ces substances forment l’ excipient de la formule [excipientia). — On donne le nom de correctif à des substances qu’on mêle au médicament pour en masquer la saveur ou l’odeur désagréable, ou bien pour en modérer les qualités mécanicochiiniques, si elles sont contraires à l’indication curative. — Enfin on nomme auxiliaire ou adjuvant un corps qu’on mêle à la base dans le but d’augmenter sa force ou de la faire agir principalement sur tel appareil plutôt que sur tel autre.

a. Formules principales. Le but de toute formule est de déterminer non-seulement la qualité et la quantité du remède , mais aussi la forme de ce dernier. De là différentes formules médicinales : 1° selon les régions où le médicament veut être appliqué (bouche , clyslère, injections, applications endermiques, vapeur, etc.); 2° selon la nature de l’excipient qu’on a adopté (hydrauliques, alcooliques, saccaroliques , éléoliques, stéaroliques, mucoliques, etc.) (l); 3°enfin , selon le degré de consistance qu’on veut lui donner (solide, mou, liquide, gazeux, etc). Nous ne nous arrêterons principalement qu’à ces dernières formes.

b. Bemèdes sous forme solide. —

1 0 Poudres [putois). En première ligne se présentent les poudres. C’est la préparation la plus simple, et qui laisse aux substances presque tous leurs principes.

Tous leurs principes sont ainsi introduits dans l’économie , elle temps d’ailleurs 11c les altère que difficilement si elles sont bien fermées. — Cette forme enfin permet de s’assurer si la substance est orthodoxe, pure, cl elle est aussi la moins coûteuse. — Beaucoup de substances médicinales peuvent sc donner en poudre ; ce sont toutes celles qui sont: sèches cl fragiles. Si elles sont huileuses, résineuses, tenaces, collantes, molles,, elles ne peuvent être pulvérisées qu’en

(t) V. Henry et Guibourt, Pharmacopée raisonnée. Béral, Nomenclature et classification pharmaceutique, etc. Palis, 1850.

PROLÉGOMÈNES

les mêlant à d’autres sèches et fragiles. Par ce moyen , on peut aussi réduire en poudre les liquides. Si la substance est très-active , et ses doses par conséquent fort minimes, il est utile île l’unir à quelque poudre innocente afin d’en augmenter le volume. — La forme en question n’est pas la plus convenable pour les substances très-nauséabondes, ni pour celles douées de qualités chimiques irritantes, ou enfin qui sout très-volatiles. — On réduit en poudre les substances en les contondant , en les pilant simplement, en les triturant, en les raclant, en les limant, en les porphyrisant. On lesadministre après cette seule préparation, ou bien après avoir été une ou plusieurs fois passées au crible ou à travers des papiers, des toiles plus ou moins denses, etc. On a de la sorte plusieurs espèces de poudres, savoir, des poudres grossières , la raclure , la limaille, des poudres subtiles ou fines, des poudres très-fines, qu’on appelle aussi alcoolisées ou pollen. En prescrivant une dose de poudre, il faut dire en combien de parties elle doit etre divisée. Si elle est très-volatile ou déliquescente à l’air, il faut dire aussi qu’elle doit être conservée dans des vases en verre bien fermés. Le malade avale les poudres, soit après avoir etc infusées pendant quelque temps dans l’eau, ou simplement délayées dans un liquide, ou enfin enveloppées de quelque chose, fruits cuits, confitures , hosties , soupe , etc.). Dans les pharmacies , on conserve des poudres toutes préparées d’après le Codex (poudres officinales), telles que les poudres slyptiques, ou propres à arrêter certaines hémorrhagies externes, les poudres dentifrices, les sternulatoires, etc.

L)ans la nouvelle nomenclature française, les remèdes de cette forme spnt appelés pulverolcs (Cfiércau); aussi diton par exemple puKkolé de china, de valériane, etc.

2°i Saccarolés (eleo-saccharum). — Les poudres qui résultent de l’union d’une iu île volatile avec du sucre sont appelées saccarolées ou oléo-saccarolées ( Chércau). — Si on y fait entrer une substance glulineuse, on aura de la sorte une pâte dont on fait des dragées, des pastilles, des tablettes, etc., pour les enfants qui ont de la répugnance à prendre les remèdes, etc. — Indépendamment des huiles essentielles , on peut joindre d’autres substances avec les poudres. Si la substance est volatile , on aura la précaution de faire expédier le

tout dans des vases bien fermés, et si elle est très-active, il faut indiquer soigneusement le nombre des prises et les intervalles qu’on doit observer ! — Autrefois, on employait aussi les poudres sous forme de pâtes, de trochisques, etc. Aujourd’hui ces formes sont rarement usitées.

3° Piiules ( pilulœ ). On appelle ainsi certaines masses de consistance solide ou molle, de forme sphérique, du poids d’un à cinq grains. Le malade doit les avaler sans les mâcher. Tous les remèdes peuvent être, à la rigueur, donnés sous cette forme.

La forme pilulaire offre l’avantage d’une division exacte du remède, de ne pas trop s’altérer avec le temps et de permetlre d’en masquer la saveur et l’odeur. Une précaution importante, au sujet de la composition des pilules, c’est de n’employer pour excipient que des substances inertes ou dont les vertus sont analogues à celles de la base. Aussi, si la base est liquide, il est bon den’employer pour excipient que de la mie de pain mêlée à un peu de sucre, afin que le loutne durcisse pas trop, ou de la poudre de réglisse, de guimauve, etc. Si la base est solide, elle doit êlre d'abord pulvérisée; l’excipient sera naturellement un liquide gluant, mucilagineux, comme le miel, un sirop’ l’extrait de quelque plantepeu active, etc! Les extraits sont plus indiqués quand la base est un oxide, un sel métallique; les sirops, quand il s’agit d’une poudré très-fine. Pour joindre les substances résineuses à leurs excipients, il suffit généralement de l’intervention du calorique et quelque petite quantité d’esprit de vin. -— En général, on doit viser à faire amalgamer parfaitement les éléments de la masse pilulaire de manière à en faire un tout homogène qui ne s’attache ni aux doigts ni aux autres instruments.

Chaque pilule est enveloppée d’une poudre ou d’une feuille d’or ou d’argent pour ne pas s’attacher ensemble.

Cette dernière enveloppe est surtout nécessaire pour les pilules qui s’altèrent a la lumière, ou dont l’odeur et la saveur sont désagréables (l).

(1) H y a des substances dont l’cnveoppc métallique n’est pas suffisante pour les empêcher do s’altérer ou de sentir mauvais. De ce nombre est Passa Jœtula, par exemple. On fait dans ce cas envelopper les pilules d’une couçfie de

PROLÉGOMÈNES

Si les excipients sont doués de vertus pharmacologiques , il faut en fixer les doses. Si, au contraire, ils sont innocents ou de faible activité, on peut en laisser la dose à la discrétion du pharmacien.

Il est même convenable qu’une des substances soit toujours laissée h la discrétion du pharmacien, car les extraits ont, comme on sait, une consistance variable, et il est souvent difficile de fixer avec précision les quantités pour faire une pâte ni trop molle ni trop dure. — Les pilules ne doivent point être prescrites dans les maladies qui portent atteinte à la déglutition, telles que le trismus, l’ hydrophobie, l’angine, etc., ni chez les enfants, ni chez les personnes qui éprouvent naturellement de la difficulté à les avaler, ni, enfin, dans les cas très-urgents où leur préparation exigerait du temps.

4° Bol ( bolus ). On appelle ainsi les pilules si elles excèdent le poids de cinq à six grains. Le bol n’est donc qu’une sorte de grosse pilule, mais assez malléable pour pouvoir être avalé sans être mâché. On peut lui appliquer tout ce que nous venons de dire dans le numéro précédent.

5° Suppositoire ( suppositorium ).' C’est un corps solide, mou, déformé cylindrique ou conique, du volume du petit doigt et qu’on destine à être introduit duns l’intestin rectum. Les suppositoires se forment avec des morceaux de racine enduits de substances médicinales, de beurre, de savon, de miel solidifié, de cire, etc., ou bien avec de la charpie longue, enveloppée d’une couche de quelque substance particulière.

C. Remèdes sous forme presque solide. 1° Electuaire. C’est une préparation de consistance semi-liquide, que le malade doit prendre par cuillerée. Un des éléments composants de l’électuaire, c’est le miel, quelque sirop, des sucs épaissis, la pulpe de fruits, etc. L’électuaire cependant est peu en usage de nos jours; ce mode de préparation, effecti-

mucilage de gommo avant de les argenter ou de les dorer. 11 y a déjà deux ans que M. Guillard, pharmacien à Paris, nous a préparé des pilules d’ assit fœlida d’après ce procédé. Aujourd’hui ce mode de préparation est étendu à d’autres substances, aux pilules ferrugineuses de M. Blaud, par exemple. D’autres espèces d’enveloppe peuvent être employées au besoin, (IŸ, des troU.)

vement, fermente facilement; s’il contient des remèdes actifs, ils tombent au fond du mélange, ce qui est un grand inconvénient. D’un autre côté, s’il s’agit de remèdes âcres, de saveur ou d’odeur désagréable, celle forme est assez mauvaise.

2° Conserve. Se compose de la pulpe de fruits acides ou doux, du jus de feuilles, fleurs, racines de quelques plantes , et de sucre, ün a ainsi une substance de consistance un peu plus forte que l’électuaire que les malades prennent délayée dans de l’eau par cuillerée. Béral place ces deux préparations parmi les saccarolals.

3° Emplâtre ( emplaslrum ). Préparation pour usage externe; se compose de substances glutineuses, résineuses, huileuses et grasses. Il en résulte une sorte de pâte sèche qui se ramollit par la chaleur et s'attache facilement à la peau. On connaît plusieurs espèces d’emplâtres officinaux, parmi lesquels il faut distinguer le vésicatoire, dont la base est une poudre ou quelque préparation de cantharides. Chéreau place ces substances parmi les stéarolies et les stéarés.

4° Cerat ( ceralum ). C’est une sorte de préparation dans laquelle entrent des substances résineuses , huileuses et beaucoup de cire. On l’étale sur une toile à l’aide de la chaleur ou sans, et on l’applique sur la peau. — Par l’usage des cérats on ne se propose ordinairement que des effets mécaniques, c’est-à-dire de défendre une partie de l’action de l’air, de maintenir rapprochés les bords d’une plaie, etc. On peut cependant rendre médicamenteux les cérats en y joignant des substances actives, comme du mercure, du plomb, etc. Chéreau les appelle oléo-céralés.

5° Pommade ou onguent (unguentum). Résulte de la combinaison de substances médicinales avec des huiles grasses, de la graisse, du beurre, etc., réduits à la consistance du miel. On s’en sert pour usage externe, pour friction, etc. — Communément cependant le mot pommade est appliqué à une composition dont l’excipient est le saindoux, le suif,, le beurre, le blanc de baleine ou quelque mucilage, et dans lequel on fait entrer des huiles et des substances résineuses. — Plusieurs conditions sont nécessaircspour qu’une pommade soit bien faite. La principale est de triturer longuement ensemble les substances afin que leur union soit parfaite : c’est ce que les pharmaciens appellent broyer jusqu’à extino—

PHOlÉgOmÈNES.

t i o n . Si la pommade doit contenir dos sels, il e>t quelquefois u I i le de les dissoudre pi'éaiablemeut dans de l’eau; celte eau est quelquefois en quantité égaie à la graisse qu’on veut y mêler. Le pharmacien doit d’abord bien triturer dans l'eau le sel qu’il doit y faire entrer afin d'en aider autant que possible la solution, et y ajouter ensuite la graisse petit à petit, il ne fera dissoudre la graisse que dans le seul cas où la proportion du liquide est trop forte, et par conséquent très-difficile à incorporer.

G’est ainsi, par exemple, qu’on prépare les onguents stibié, iodé, etc. Il est important, en outre, que les substances grasses dont on fait usage ne soient pas vieilles et que l'onguent lui-même ne soit pas prépare depuis long- temps avant de s’en servir, car la rancidité pourrait donner à la .pommade des qualités opposées à celles qu’elle avait. Les onguents et les pommades seraient, d’après la nouvelle nomenclature française, desstéarés, oléostéarés, oléorétinés, rétinolés, mucostéarolés, etc., selon qu’il y entre de la graisse, de l’huile, du mucilage, de la résine, etc.

D. Remèdes soit1! forme presque liquide. J » Liniment (linimentum). Médicament de consistance moindre que les précédents, et destiné pour usage externe. 11 se compose d’une huile fixe et d’une certaine quantité de salive, de suc gastrique, dejaunes d’œufs, de quelques substances liquides, d’huiles volatiles, de substances résineuses, alcalines, etc.

L’union de ces corps s’obtient en les agitant fortement ensemble dans un vase. On s’en sert pour enduire ou frictionner certaines parties du corps.

2 ° Sirop (syrupus). Ce sujet n’a pas besoin d'explication; disons seulement que, d’après la nomenclature de Béral, les sirops seraientdes saccuroliques liquiJes.

Ils reçoivent le nom de roob quand ils résultent de sucs non fermentés, obtenus par expression des fruils et condensés pari action du calorique. Un sirop qui est d un goût agréable est nommé julep.

Emulsion (e/nr//xi'oj...L’émulsion est pn liquide de quelque densité, d’aspect lacté, el qui résulte d’une certaine quantité d'huile suspendue dans de l’eau et melee à cette dernière moyennant une certaine quantité de mucilage et de sucre. On peut la prépareravec des semences huileuses, telles que celles de pavot, de noixd'amande, de concombre, melon, etc., ou bien avec de l’huile extraite par

G iacomini.

ces semr nces, ou bien enfin avec la simple gomme arabique. On aura de la sorte irois espèces d'émulsions; la première, c’est l’émulsion vraie; lasecondc, l’émulsion bâtarde; la troisième, l’émulsion arabique D’après les auteurs français, ce sont les hydrolisaccarolés, ou des hydromucolites. Il ne faut pas oublier du reste que les émulsions fermentent facilement, surtout en été.

2T. Remèdes sous forme liquide.

1° Décoction {decoctum). Résulte d’une eau dans laquelle on fait bouillir pendant quelque temps une ou plusieurs substances ordinairement végétales. Le liquide, on le fait filtrer et s’appelle colalure. Pour faire la décoction il est souvent néccs** saire que la substance soit brisée, pilée coupée ou raclée, afin que l’eau la pénètre plus facilement. Il importe aussi de déterminer le degré de coction ; cette détermination se fait en indiquant le temps de l’ébullition ou la quantité de liquide quon doit laisser évaporer. Si

la substance dont on veut faire la décoction est de nature animale, la décoction prend le nom de bouillon ( juscu/um ).

tu elle est de nature végétale on l'appelle tisane ( plisana ). Béral les nomme hvdrolatures. ' J

2° Infusion [infusid). Se prépare en

laissant pendant quelque temps dans un

liquide une ou plusieurs substances reniermees dans un vase fermé, et en clarifiant le liquide ensuite. Le liquide de 1 infusion est 1 eau, le vin ou l’alcool • de la trois sortes d’infusions, aqueuse, Vineuse alcoolique. Dans le langage français, la première serait une hydrolalure le seconde uneénolalure, la troisième une alcoolalure. — - Le liquide de l’infusion est froid, tiede, au bain de sable ou marie, ou enfin bouillant. De là des infusions dites à froid, tièdes, à la temnéra.urede l’ébullition, —n’est facile dë concevoir que, pour les infusions, on ne doit prescrire que les subslances dont la partie active peut se transmettre aisément au liquide -Notons en outre que .?! iJ:!n-fu.S10n bouiIla.nte> les Subslances

doivent pas se laisse’r bouffi dans" eau, car alors ce serait plutôt une dé-

le°Ct !°" l °rn f 6 b°uillir l(i ‘‘quifie, on

le tire du feu et on y plonge ensuite le

médicament. Lorsque l’infusion esltrès-

prolongée, qu'elle dépasse le terme de

douze heures, °n PappcHc digestion

3° Solution (. sohuio ). On appelle so lution un liquide dans lequel on fait ,i;s soudre des sels, des extraiis ou autres

PROLÉGOMÈNES

substances solubles. Il est essentiel, dans la préparation des solutions, de fixer les doses des substances, car on sait que la faculté dissolvante des liquides est fort variable. Une petite quantité d'eau, par exemple, peut dissoudre de grandes doses d’alcalis, de tartre boraciquc, de sucre ; mais le sel de cuisine, le sel amer , le sulfate de fer, le zinc, le cuivre en ont besoin d’une quadruple quantité environ de leur poids, tandis que le nitre, le tartre stibié en exigent huit ou dix fois autant, et la crème de tartre cent parties d’eau pour une de ce sel. Si la solution ne pouvait sefaire parfaitement, et si le liquide venait trop tôt saturé par la substance, il faudrait recommander au malade d’agiter le mélange avant de l’avaler. — Les solutions aqueuses sont appelées hydrolés par les Français. — Les substances résineuses ne se dissolvent pas dans l’eau, elles peuvent cependant être mêlées et suspendues dans cette dernière, moyennant quelque substance mucilagineuse. On aura alors non une solution, mais une émulsion. — La solution des substances résineuses se fait dans de l’esprit-de-vin.

On a donné le nom de mixture (mixtura ) au mélange de divers remèdes sous forme liquide. La mixture étant composée de substances actives ne se donne que par cuillerée.

On appelle potion (polio, hauslus) tout remède liquide que le malade boit en une ou plusieurs fois.

4° Cohobation. Une eau distillée qu’on soumet à une seconde distillation est appelée cohobée ; si on la distille une troisième fois, elle est dite cohobée deux fois. Il y a une troisième, une quatrième cohobation, etc., selon le nombre des dis-

tillations. — Les eaux distillées sont nommées hydrolats par les auteurs français.

5° Teinture ((inclura). C’est une préparation faite avec un ou plusieurs médicaments, ordinairement végétaux mis à digérer à froid ou à la chaleur du soleil pendant plusieurs jours dans de l’esprit-de-vin pur ou délayé. On appelle improprement teintures aqueuses celles qui résultent de la digestion dans de l’eau avec addition de quelque moyen qui en empêche la putréfaction. — Les teintures concentrées et édulcorées sont nommées élixirs. — Les préparations liquides dont nous venons de parler, surtout les émulsions, les décoctions, les infusions, les solutions, auront des noms différents selon les usages auxquels on les destine , tels qu’injection , clystère (clysma, enema), collyre, gargarisme, collutoire, lotion, pédiluve, maniluve, bain, etc.

F. Remèdes sous forme de vapeur ou gazeuse. Dans cette catégorie sont les préparations gazeuses qu’on obtient des corps liquides sous l’influence du calorique ; on expose à ces émanations une partie ou la totalité du corps (bains de vapeurs), douches (de vapeurs). Différents procédés existent pour cela; des machines particulières ou des appareils ont été inventés ; on les applique également à l’aide de linges ou d’éponges plongés dans des liquides chauds et appliqués sur la peau. On a des fumigations sucrées, sulfureuses, mercurielles, résineuses, aromatiques ; on en a d’autres substances, et qu’on fait prendre par inspiration à l’aide d’appareils fermés.

Je ne m’étendrai pas davantage sur celte matière pour ne pas sortir des limites de mon sujet.

Page 1