Poudre
2J. Pulv. résin. gayac, 4 grammes (1 gros).
Sucre pulvér. , 8 grammes (2 gros).
Mêlez.
A prendre une cuillerée à thé matin et soir dans une tasse d’eau tiède.
SOUFRE. ( Sulphur .)
§ Ier. Caractères physiques. — Le soufre est disséminé partout dans la nature. Il se rencontre à l’état natif et à l’état de combinaison. On le trouve tantôt en masses compactes, tantôt cristallisé dans les terrains volcaniques ; on le rencontre aussi dans quelques eaux minérales; le règne végétal, notamment les plantes de la famille des crucifères , et le règne animal , en contiennent également. Le soufre est un corps simple , combustible , non métallique. Le soufre natif est solide , souvent cristallisé , d’une demi- transparence , d’une couleur jaune-citron, sans odeur, sans saveur. Il est un mauvais conducteur de l 'électricité et du calorique ; par le frottement il s’électrise; échauffé dans la main pendant quelque temps, il craque et se rompt quelquefois. Il entre en fusion à + 108°, et sc cristallise par le refroidissement en belles aiguilles jaunes. Il brûle ai ec une flamme bleuâtre
cl ^ une odeur suffocante. Le soufre qu on trouve dans le commerce est généralement impur, mêlé à des substances métalliques ou terreuses. Pour l’usage médical, on le lave, ou mieux on l’évapore et on reçoit scs vapeurs condensées sous forme de petits cristaux soyeux d un beau jaune , ou en poudre fine connue sous le nom de fleurs de soufre. En cet état, il contient souvent un peu d acide sulfureux, dont on le débarrasse en l’agitant dans l’eau.
§ 11. JMotions chimiques. — Jusqu'à ce jour , on croit que le soufre est un corps simple, quoiqu’on y soupçonne un peu d’hydrogène. Il n’est pas altérable par l’eau, ni par son exposition à l’air froid. L’alcool en dissout une petite partie : les huiles fines, les huiles volatiles le dissolvent complètement. Il peut se combiner avec presque tous les corps simples ; avec l’oxigène et avec l’hydrogène, il forme des acides ; avec les métaux, etc., des sulfures.
§ III. Bffcts chez les animaux. — Bien que l’eau ne dissolve pas le soufre, la décoction et l'infusion de cette substance en contiennent assez pour agir comme purgatifs chez les chiens (52), sur les lapins et sur les chats. Le soufre a été expérimenté par Benk à des doses croissantes. 11 a observé chez les premiers de l’anorexie , de la soif , la diarrhée. Les excréments contenaient du soufre pur. Dans le commencement , la chaleur cutanée était augmentée, mais ensuite il y a eu abaissement de la chaleur; pouls accéléré d’abord, puis ralenti ; respiration difficile, tremblements légers, convulsions, et mort presque subite. Les chats offrirent des phénomènes analogues ; plus, des vomissements, de l’amaigrissement très-prononcé, faiblesse d.ms les mouvements , prostration , assoupissement , enfin mort.
L’examen cadavérique a montré tous les organes dans un état remarquable de pâleur , excepté les intestins et l’estomac , qui étaient gorgés de sang. Le cœur aussi était rempli d’un sang noir et coagulé (53). Benk avait pour but dans ces expériences de prouver que le soufre s’introduit dans le sang contre l’opinion
(52) Mérat el Delcns, Dictionn. , t. vi, p. 418.
(53) Dissert. System, experim. de pénétrât. sulph. in corpus vivum. Tubing.,
SOÜPRE.
de plusieurs auteurs qui le niaient. Effectivement , presque toutes les parties organiques offraient du soufreà l’analyse. Nous savons que le soufre à la dose d'un demi kilogramme devient un poison pour les chevaux (54).
§ 1Y. Effets sur l'homme bien portant. — Les excréments de l’homme sain qui prend du soufre offrent la présence de ce corps par leur odeur; la transpiration cutanée et Phaleine présentent lu même odeur. Les métaux blancs que l'individu touche ou qu’il a sur lui noircissent (55). Cela prouverait, non-seulement que des parcelles de soufre, quoique insolubles dans l'eau, entrent dans le sang, mais encore qu’une partie en est expulsée du corps. Vogt a observé que le soufre pris pendant longtemps donne une couleur particulière à la peau. 11 augmente aussi la 'sécrétion intestinale, et conséquemment les évacuations alvines. Manque d’appétit, soif, céphalalgie, vomissement, selles fétides, urines troubles, abondantes et sentant le soufre, taches hépatiques et autres éruptions fugaces à la peau, sueur froide, lassitude, sentiment de chaud et froid alternativement partout le corps, et défaillances; tels sont les phénomènes qui ont été signalés par Ilahnemann (56). Le vomissement a été observé par Walther
(57); le trouble dans les idées, comme si on eût perdu l’entendement, a été remarqué par Morgagni à la suite de l’usage prolongé du soufre (58). Olmsled a été témoin d’un amaigrissement général avec paralysie , ankylosé et raccourcissement des membres, chez un individu soumis à un traitement de soufre à haute dose et continué pendant long- temps (59). — On sait que l’acide sulfurique chez les mineurs détermine la céphalalgie, l’ophthalmie, des tremblements dans les membres, des mouvementsspasrnodiques dans le larynx , dans la trachée , et même l’asthme j ainsi que nous l’apprend Des-
(54; Journal de médecine de Leroux, t. xxi, p. 70.
(55) Malovin, Chimie médicinale. Paris, 1750, t. u, p. 357.
(56) Reine, Arzn., 4 Bd., p. 277.
(57) Progr. de sulpli. et mart. Lips., 1743, p. 5.
(58) De sedib. et caus. morb., 1. i.v,