EAUX MINÉRALES ET TERRES THERMALES SULFUREUSES
( Aquce minérales el cœna thermalia sulphurea).
On appelle minérales les eaux qui jaillissent du sein de la terre, chargées d’une foule de principes hétérogènes qui les rendent impropres aux usages domestiques. Dans plusieurs de ces eaux, les anciens avaient découvert des propriétés merveilleuses. Les modernes , éclairés par la chimie , en découvrirent d’autres et s’en rendirent raison. Quelques sources ofTrent une eau dont la température est à peu près égale à celle du lieu d’où elles émanent; on les a appelées eaux minérales simples ou froides. D’autres présentent une température plus élevée (pie celle de l’atmo-phère et reçoivent l’épithète de thermales. La fange des bassins de ces sources est imprégnée des mêmes principes minéraux et sert égule-
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ment en thérapeutique. On distingue aussi deux sortes de fanges minérales , froides et thermales. Celte division cependant est purement conventionnelle, ou plutôt relative à la sensation qu’éprouve celui qui s’en sert ; physiquement parlant, on indique les qualités avec le thermomètre à la main
Les eaux et les fanges minérales, soit froides, soit thermales, sont classées d’aprè, les qualités et les principes qui les constituent ou qui les prédominent. Ici nous ne devons mentionner que les eaux et les fanges dans lesquelles prédomine le soufre, soit à l’état libre, ce qui est rare, soit à l’état d’acide hydrosulfurique libre (gaz hydrogène sulfuré), s it à celui d’hydrosulfale , ou d’hydrosulfate sulfuré, avec ou sans combi nai on d’autres sels. Ces eaux étaient autrefois connues sous le nom d’eaux hépatiques , à cause de leur odeur d’hydrogène sulfuré ou d’œufs pourris. Il y en a de froides el de thermales ; ces dernières sont plus répandues et plus abondantes. Les eaux sulfureuses froides se prennent par bouche; les thermales, en bain, ou diversement combinées avec les eaux des bains simples, et en fomentation sous forme de fange. — Des vertus diverses et contradictoires avaient été attribuées par les anciens aux eaux et aux fanges sulfureuses. Les médecins envoyaient à ces sources tous les malades indistinctement qui n’avaient pu être guéris par les médications ordinaires.
On prétendait d’elles des guérisons souvent impossibles; on en obtenait quelquefois d étonnantes; mais souvent aussi , des malades qui allaient chercher leur santé ne trouvaient qu’une augmentation à leurs maux ou même la mort. Les médecins n’ont pas en général une norme sûre pour diriger leur jugement à ce sujet , et les écrivains sur la matière n’en ont pas davantage. Ils attribuent aux eaux et aux fanges des facultés imaginaires ou bien ils s’arrêtent à leurs qualités secondaires et veulent faire adopter leurs opinions comme des lois; ou bien enfin ils exaltent des qualités contradictoires et finissent par dire que les eaux et les fanges agissent par des qualités occultes. Si je ne me trompe, cependant, aujourd’hui que la chimie nous a démontré les principes dominants de ces eaux et de ces fanges, et que le flambeau de la philosophie pénètre partout dans les expériences cliniques, nous sommes en état de bien distinguer leur