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Pour la méthode endermique

2| Sulfate de quinine, un gramme et demi

(30 grains) ; eau distillée, trente grammes (l once); acide sulfurique délayé, dix gouttes. M.

Une fois l’épiderme enlevé à l’aide d’un vésicatoire , on applique la solution avec un plumasseau bien trempé. On doit avoir soin de le renouveler toutes les heures.

ECOUCE DE SAULE.

( Cortex salie is alla.')

§ I'r. Caractères physiques. — Ou trouve le saule très-répandu dans nos contrées méridionales (dioccia diandria , famille des amentacées). Cet arbre croît particulièrement sur les bords des marais et des ruisseaux, dans les prairies, sans exiger une grande culture el pour ainsi dire spontanément. On emploie en médecine ses feuilles et son écorce, spécialement celle des branches de trois à quatre ans; elle est mince, roulée en tuyaux , de couleur fauve en dedans et d’un gris foncé à l’extérieur, d’une odeur particulière, d’une saveur amère, astringente, balsamique.

§11. Notions chimiques. — On connaît plusieurs analyses de l’écorce de saule, mais les plus exactes sont celles de Pelletier, Caventou et de Barloldi , qui nous ont fait connaître^ qu’elle renferme une matière rougeâtre , soluble dans l’alcool ; une autre matière grasse , soluble dans l’élher et dans l’alcool , une matière gommeuse, dn tanin et de la substance ligifeuse. Fontana de \ érone fut le premier, en 1S25, cinq ans avant les chimistes français et allemands, à découvrir dans cctlc écorce un alcaloïde particulier et qu’il nomma salicine. Communément on obtient la salicine sous forme de cristaux, d’un blanc nacré. Elle est soluble dans l’eau et dans l’alcool , mais ne se combine pas avec les acides. Son goût est très-amer.

§ 111 Effets sur l'homme bien portant. - D’après Ettnnïllcr, l’écorce de saule est un excellent moyen pour éteindre l’ardeur excessive au coit; Cet auteur la loue aussi comme rafraîchissante (74). Günz attribue aux fleurs de saule une vertu narcotique (75).

(74) Boeder, Gynosur. mat. mcd., t. ni, p. 579.

(75) De cortic. salie, cortic. perux.

subst., diss. pr. Lips., 1772.

ncttKiï. 3G7

§ IY. E{fds dans les maladies. — Les substances comme celle-ci, dont l’action n’est pas héroïque, doivent être étudiées préférablement au lit du malade. Eltner prescrivait, contre les fièvres intermittentes, les feuilles du saule blanc (76); Stonc (77) , Giinz (78), Bromer (79) et d’autres (80) ont donné la préférence à l’écorce. Haller la préconisa dans d’autres fièvres non intermittentes (81), Richter contre la fièvre étique (S2), Welsch contre l’ulcère pulmonaire (83), Kerklioff contre la phthisie dite muqueuse (*), Giinz (84) et Murray (S5) contre les hémorrhagies et les obstructions du foie. Deidier la recommanda contre la goutte et pour fondre les tumeurs aux genoux (SG). Les Lapons se guérissent du ilux de ventre (87) et des coliques en buvant un kilogramme de tisane d’écorce de saule (88). L’eau distillée de saule est regardée comme efficace contre les douleurs rénales et vésicales, contre les oedèmes (89) et le scorbut (90) ; enfin , Camper lui accorde de grandes vertus contre la peste des bœufs (91). De nos jours on se sert fort peu en médecine de l’écorce de saule ; on prescrit à sa place la salicine. Plusieurs médecins de Vérone guérissaient avec cet alcaloïde (depuis 1825) les fièvres intermittentes. Les médecins français répétèrent les expériences et appe-

(70) Yauters, Rcpertor. , p. 135.

(77) Phil. irans., p. 193.

(78) De cort. salie, c’ort. peruv. subst,, diss. n, p. 26. Lips., 17S0.

(79) Allg. mediz., an. 1812, p. 506.

(80) Coste et Willemct, Mat. medic.

indig. , g. 59. — Gilibert, Mérat, Dict. , t. v, p. 180. — Locfller, Gaz. solect. , n. 28, p. 220. — Mounicr, Journal gén.

de méd.,t. xxiv.— Berlrand, ibid., tom.

xxxi, p. 274. — Durcau de la Malle, réception à l’acad. des sciences.

(81; Ilist. St., mena. 1056.

(82) Ausfuhrt. Arzneimit, 1 Bd., p. 452.

(85) Mictomim., p. 12.

(*) Froricps, Notes, 1 Bd., p. 48.

(84) Cité. 1

(85) Opp. medic., 1. i, p. 24.

(86) Observ., t. n.

(87) Diction, rais, univ., t. vir, p. 85.

(88) Montin, Diss. de medic., Lapp. ,

(89) Givcz, cité.

(90) Landurzt, p. 534.

W Vorlesung üb. d. Yiehstcrbcn, ,

lèrcnt l’attention générale sur ce médicament. MM. Miquel (92), Gérardin (93), Andral (94) et Richelot (95) ont été des premiers à publier des faits sur ses effets. L’Académie royale de médecine de France déclara, d’après l’expérience, qu’avec la salicine on pouvait couper les fièvres intermittentes à la simple dose de quinze décigrammes (30 grains) (9C).

M. Miquel dit l’avoir employée aussi avec succès contre la chlorose et la leucorrhée (97).

§ V. Appréciation de l'action. — D’après les faits que nous venons de citer, on peut admettre dans l’écorce du saule blanc et dans la salicine une action analogue à celle du quinquina et de la quinine. En conséquence, on peut les regarder comme des équivalents de ce dernier, malgré les éloges qu’on lui a prodigués. Cependant , le saule ni la salicine ne seront jamais préférés au quinquina.

§ VI. Mode cl' administration. — Cette écorce n’a aucune action mécanique irritante ; on peut la prescrire en poudre ou en décoction comme le quinquina , mais à très-forte dose. — La salicine peut être donnée en pilules à la dose de douze à vingt décigrammes (24 à 40 grains).

Plcisclil et Slrombholz ont employé avec succès les pilules suivantes contre la fièvre intermittente (98).

21 Salicine très-pure , 8 grammes ( 2

gros).

Extrait de tarax., q. s. f. s. a.

Pilules n° 36.

A prendre une chaque trois heures.

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