ÉPONGE BRÛLÉE
(Spongia us ta.)
§ I". Caractères physiques. — Les naturalistes s’accordent à regarder les éponges comme des polypiers flexibles, fibreux, élastiques , analogues au feutre,
, offrant dans leur texture des trous plus ou moins larges, profonds et irréguliers. Ils les divisent en plusieurs sections , selon la variété de leur forme, couleur, dureté, texture, etc. Celle qu’on nomme commune (spongia officiualis) est la seule dont on se sert en médecine. Elle offre une masse brune ou jaunâtre , plus ou moins volumineuse, et une odeur de marée. Celles à grandes cellules sont moins estimées que celles à tissu fin, compacte. On trouve les éponges dans presque toutes les mers, mais spécialement dans les îles de l’archipel de la Grèce; elles adhèrent aux rochers. On emploie l’éponge en chirurgie pour laver, pour déterger, dilater, etc. On l’administre calcinée ou brûlée à l’inté-
rieur dans les cas de bronchocèle et en-1 gorgement des vaisseaux lymphatiques.
§ IL Notions chimiques. — L’épongei brûlée est riche en iode , elle contient aussi du brome , de l’hydrochlorate de.
soude et de chaux , du fer ioduré , du carbonate d’ammoniaque et de la matière animale.
§ 111. Effet sur les animaux. — L’éponge coupée en petits morceaux, trempée dans du beurre ou dans du miel et . rôtie, si elle est mangée par les rats,, les tue promptement (74). On avait présumé que cela tenait à la propriété qu’ai l’éponge d'absorber les liquides dans lesquels on la plonge, et qu’en augmentant ainsi le volume dans l’intérieur du tube intestinal elle l’obstruait; mais il est plus vraisemblable que la mort de< ces petits quadrupèdes est due à une action particulière, vénéneuse, de certain* principes qui entrent dans sa composition >
§ IV. Effet chez l’homme sain etche :
l’homme malade. — Les effets de l’éponge calcinée, prise à l’intérieur, son' analogues à ceux de l’iode. On l’a employée pendant long -temps contre h goitre. Le plus grand nombre des remèv des secrets ou des poudres anti - scrofuleuses en conliennent. Depuis le tempi d’Arnalde de Villeneuve, l’épongebrùlét a été employée contre la scrofule. Oi* peut voir dans Planque, dans Prosser dans Ilcrrenschwandt , dans Brambilla.
dans Lane, dans Odier (75), dans Marti net (76) , dans Valentin (77) , dans F<* déré , dans Dubois, dans Watson (78) dans Hopfengartner (79), dans llufelan
(80), dans Rust et Knebel (81), dans > oç (82), des exemples de ce cas. Erdman l’a préconisée contre le rachitisme et 1 coqueluche (83). Grossi l’a employé contre les maladies du foie (84).
(74) Coxe, Ame rie. dispcns.,p. 561.
(75) Manuel de médecine pratique p. 555.
(7G) Traité des mal. chroniques, p. 9.'
(77) Journal général do médecine t. civ, p. GO.
(78) bibliothèque médicale, t. xu:
(79) Ibid., t. i.x, p. 252.
(80) Die Schrophel krankb.
(81) Mosl, F.ncyklop., t. n, p. 489.
(82) Rcceptirkunst., p. 514.
(85) E. Aufs. n. Beob. a. al. Tlicil.
Arznciw. Drcsd., 1802.
(84) Uufeland, Bibl. der pr. lleil