‹ Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérirChapitre 23 sur 29 · AA · texte numérisé non relu

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les caractères inflammatoires; mais ils sont plus difliciles à détruire, plus lents à se dissijier, et dégénèrent quelquefois en squirrbosilé chronique : d'autres fois ils occasionnent des foyers de suppuration dans les enveloppes du testicule, oa causent de petits abcès qui s'ouvrent audehoi s el restent plus ou moins longtemps fisluleux (ij.

Lorsque la présence de la sonde dans l'urètre ne cause pas de douleur, les malades peuvent se lever et marcher dans leur chambre. Comme le mouve-

(t) D'autres accidents résultent encore de la présence de la sonde dans le conduit de l'urètre. Ainsi , quelquefois il survient une sorte de fièvre qui se déclare souvent frès-peu de temps après l'introduction de l'instrument. Cette fièvre s'annonce par un frisson pendant lequel la respiration est fréquente, le pouls serre, vite, irrégulier, la langue sèche, la soif vive, et il y a des nausées, des vomissements, etc.; n ce frisson succède une chaleur générale, halitueuse ou acre el mordicante, et l'accès se termine par une sueur plus ou moins abondante :• la durée de cette fièvre est d'un à plusieurs jours; il n'est pas rare de lui voir prendre le caractère intermiitent ; alors elle se manifeste sous les types quotidien , tierce ou quarte. Dans d'autres circonstances, le séjour de la sonde dans l'urètre s'accompagne de. douleurs d'estomac, d'embarras gastrique, de difficulté de respirer, etc. La durée ou rinten.sité de ces phénomènes sympathiques de l'irriiation de la membrane muqueuse uréirale , dépend beaucoup et des efloris que l'on aura faits pour introduire la sonde, et de la susceptibilité nerveuse du malade, et ils réclament absolument les mêmes secours; savoir • l'usage des bains généraux, des saignées générales ou locales, des boissons délayantes, des injections et des fomentations de décoctions narcotiques. Mais si les accidents résistent à ces movens l'on doit retirer sans délai la sonde do l'urètre; il faut chercher à habituer le malade a supporter la présence de cet instrument. Mais doit-on, ainsi que le conseillent certains médecins, ne retirer la sonde que lorsque les douleurs sont atroces? Une telle conduite ne saurait être avouée par la prudence. On voit souvent des individus irôs-iri iiable» chez lesquels 1 introduction de la sonde est toujours pénible, el qui ne peuvent réellement l.a supporter que le temps nécessaire à 1 évacuation de l'urine. F. P.

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ment de leur corps fait quelquefoie vaciller la sonde, tend a la déplacer et à relâcher les liens, la plupart l'assujettissent en la renfermant avec la verfje dans une espèce d'étui ou de fourreau de toile qu'ils fixent à une ceinture de corps. S'il ne survient pas d'accidents , ils peuvent

se promener, aller en voilure : mais il en est beaucoup qui ne jouissent pas de ces avantages, surtout les premiers jours de l'introduction de cet instrument. Il s'en trouve même dont l'urètre est si sensible et si irritable, qu'il leur est impossible de supporter le séjour de la sonde, quoiqu'ils observent le repos dans le lit. Les injections de lait, de décoction de pavot, diminuent celte sensibilité ; et peu à peu, le canal s'habitue à la présence de cet instrument. Si l'urètre est rétréci dans un ou plusieurs points de sa longueur par des brides, des duretés ou callosilés, la sonde y excite de la suppuration ; et lorsqu'on la retire de la vessie, on la trouve couverte d'une matière puriforme, d'abord séreuse , puis épaisse , visqueuse , amassée et fixée en plus grande quantité sur les parties de cet instrument qui répondaient aux points viciés du canal. D'autres fois le mucus puriforme n'est abondant qu'au bec de la sonde et à ses ouvertures latérales : il vient alors de la vessie, et en indique l'irritalion. Pendant le traitement, il s'écoule quelquefois du sang par la sonde, soit après l'avoir replacée, soit après des mouvements immodérés ou des efforts du malade , après des accès de toux. Cet écoulement, même abondant, ne doit pas inquiéter, quand il n'y a ni fièvre ni douleur dans ia région des lombes, ni symptômes d'afl'ection scorbutique. Ce sont des vaisseaux variqueux de la vessie, de son col ou de l'urètre, qui le fournissent, et il cesse ordinairement par le repos. Ou fera des injections d'eau tiède, si les caillots boucbent la sonde.

On juge, par la diminution de la quantité de la mucosité puriforme, par sa liquidité et sa transparence, par la grande mobilité de la sonde dans le canal, par l'écoulement des urines entre cet instrument et l'urètre, par la force et la rapidité de leur jet, que la guérisou ne tardera pas à s'opérer. On doit alors retirer plus fréquemment la sonde, apprendre aux malades à l'introduire eux-mêmes , soit à l'aide du mandrin, soit sans ce moyen, leur en faire suspendre l'usage pendant le jour, la leur faire reuietlre le

soir en se couchant, puis tous les deux ou trois jours, et enfin à des époques plus éloignées. Dans les rétentions d'urine causées par l'atonie ou l'inertie de la vessie, sans complication de corps étranger, ni de vices de l'urètre, il est nécessaire, après avoir laissé la sonde à demeure dans ce viscère, ou l'y avoir introduite constamment le matin et le soir pendant quelques jours, de différer l'usage de cet instrument, ou de s'en servir moins fréquemment. Par ce procédé, on excite la vessie à réagir sur les urines qui s'y amassent, et à ne pas s'habituer à l'inaction. Il n'y a pas de risque d'y laisser séjourner les urines plus longtemps qu'à l'ordinaire; elles contractent seulement une sorte d'acrimonie qui leur fait faire une impression plus vive sur les parois de ce viscère , et qui ea provoque la contraction. Comme les malades éprouvent alors quelques-uns des accidents de la rétention, il convient de leur faire part des motifs qui déterminent à retarder l'emploi de ia sonde.

Quoique cet instrument leur procure un grand soulagement, en donnant issue à l'urine, l'espérance de la guérison les rend ordinairement assez dociles pour se prêter à s'en passer pendant trente-six ou quarante heures, surtout quand ils sont assurés qu'après cet espace de temps, si la vessie n'est pas encore en état d'expulser les urines, on n'éprouvera pas de difficulté à les sonder. Lorsque ce viscère commence à recouvrer sa sensibilité et ses fonctions, ils y ressentent plus de chaleur, de la douleur et des espèces d'épreiutes; les envies d'uriner augmentent et se succèdent promptement ; les urines coulent d'abord en petite quantité, goutte à goutte, puis par jet, volontairement et en abondance.

Plusieurs vieillards attaqués de rétention d'urine qui ne dépendait que de l'atonie de la vessie, ont été parfaitement guéris en s'abslenant de leur faire porter la sonde, ou de les sonder fréquemment. D'autres qui étaient dans le même cas, n'ont pas éprouvé d'aussi bons eflcls de ce procédé : il est probable que leur vessie, habituée depuis long-temps à l'inaction , n'était plus sensible à l'impression des urines, oa qu'elle avait entièrement perdu sou ressort : ces vieillards sont obligés d'avoir recours à la sonde toute leur vie ; et la plupart se l'introduisent eux-mêmes chaque fois qu'ils ont besoin d'uriner.

De l'introduction de la sonde dans

DES MALADIES DES

la vessie des femmes. — Le calliétérisnie se pratique chez les femmes, ainsi que chez les iiommes, avec des sondes creu=:es, soit d'urgent, soit de gomme élastique, pour donner issue aux urines, ou à des humeurs retenues ilans la vessie, pour porter des injections dans ce viscère, pour connaître l'existence d'un corps étranger situé dans sa cavité, pour remédier à des plaies ou à des fistules vésicales. Les sondes qu'on emploie communément pour les femmes, sont droites, ou très -légèrement recourbées à leur bec. Elles ont six pouces de longueur, et leur diamètre est de deux lignes et demie. Leur direction, leur longueur et leur grosseur sont relatives à la conformation de l'urètre. Ce canal chez les femmes est presque droit, ou légèrement recourbé en bas entre ses extrémités : de son orifice e\ terne, situé au-dessus du clitoris, au bas du vestibule, dans l'intervalle de la partie supérieure des nymphes ou petites lèvres , immédiatement au-devant et au-dessus de l'entrée du vagin , il se porte un peu obliquement sous la symphyse du pubis (1), va de bas en haut s'ouvrir dans la vessie, il est court, et n'a que douze , quinze ou dix-huit lignes de longueur.

(1) L'urètre des femmes peut manquer par vice de conformation ou de naissance : alors la vessie s'ouvre dans le vagin , ou nu-dessus du pubis. J.-L.

Petit a vu une fille, à l'âge de quatre ans, qui rendait involontairement ses urines. Elle n'avait ni urètre, ni nymphes, ni clitoris. Le vagin était assez large. Il en a vu uno autre qui avait les grandes lèvres, les nymphes et le clitoris bien conformés, mais à qui il manquait l'urétrc et le col de la vessie : ses urines sortaient à l'entrée du vagin par un trou assez large pour y mettre le petit doigt. On ne put remédier à celte conformalion vicieuse de naissance. Petit parle aussi d'une fille qui était née, ayant l'urètre fermé : elle rendait ses urines par le nombril ; elle faisait usage d'un bandage compressif qui les retenait assez bien, mais elle éla-it obligée do le lâcher souvent pour vider la vessie (jui ne pouvait contenir au delà d'un demi-verre d'urine sans que la malade ne souffrît des douleurs dans le ventre , particulièrement à la région de la vessie et aux reins. La disposition vicieuse de l'urètre ne permettait pas sans doute à Petit de pratiquer à ce canal une ouverture pour rétablir le cours de l'urine par la voie naturelle. (Voy. l'obs. de Gabrol.)

Il est plus large que celui de l'homme : il ne s'y trouve pas de partie rétrécie ou de portion membraneuse; et en place de la prostate, qui n'existe paâ chez la femme, il est embrassé supérieurement par du tissu cellulaire, épais, serré, qui lui donne de la consistance , mais qui lui permet de subir une dilatation considérable, soit pour donner passage à de grosses sondes ou a des instruments de six, huit à dix lignes de diamètre, soit pour favoriser la sortie spontanée de pierres très-volumineuses.

Celte direction et ces dimensions éprouvent quelque changement dans les hernies de la vessie, pendant la grossesse , et surtout vers les derniers temps de la gestation, d;ms les chutes ou descentes de la matrice, dans les renversements de ce viscère et du vagin , et enfin dans quelques antres affections de ces parties. Nous avons dit que dans les hernies de la vessie, le bas-fond de ce viscère et son col, entraînés par la portion vésicale qui s'étend dans la descente, allongent le commencement de l'urètre, le recourbent en le pressant contre la symjihyse du pubis, et diminuent ainsi le calibre de ce canal. Il est remarqué que dans la rétroversion de la matrice, au troisième ou qualrième mois de la grossesse, le col de ce viscère en se portant au-dessus du pubis entraîne avec lui la partie supérieure et inférieure de la vessie, distend le commencement de l'urètre, le tire en haut et augmente la courbure que lait le canal au-dessus de la symphyse du pubis, contre laquelle il est alors fortement appliqué : au contraire dans les chutes et dans les renversements de la matrice , du vagin, la partie supérieure de la vessie, au lieu d'être portée en haut et en devant, est entraînée en bas et en arrière, et la courbure de l'urèlre est totalement changée ou suit cette dernière direclioa. Quant aux derniers mois de la grossesse, l'urètre s'élève presque perpendiculairement derrière la symphyse et lui devient parallèle. Mais si la matrice s'incline ou se dévie en devant et déjelte la vessie au-dessus du pubis, le canal suit la vessie et s'y recourbe avec elle. Enfin la tuméfaction de la matrice par un polype, par un épanchement d'eau ou de sang, l'engorgement squirrheux ou cancéreux de ce viscère, la distension du vagin par le sang menslruel (l) , par un

(1) La rétention du sang menstrual

TRAITÉ

pessaire ou tout autre corps étranger, apportent non - seulement uu change—

dans le vngin et dans la mairice, dépend le plus ordinaireuient des vices de con- Ibnnation de ce conduit. Fabrice d'Aquapeiidcnle (Op. ch., lib. 2, cap. 82); Mauriceau [Traité des Maladies des Femmes grosses, lib. 1, p. GO); Borelli [Cent, .'i, obs. 20) et d'autres aulcurs fournissent des lixemplos de fdlcs qui avaient le vagin l'crmù par l'hymen ou par une membrane plus ou moins épaisse. Parmi les faits que nous avons recueillis sur cet objet , nous rapporterons celui que M. Géraud, chirurgien à Agen, nous a communiqué. — Une lille de quinze ans avait une rétention d'urine depuis deux jours. Son ventre était très-volumineux.

M. Géraud l;i sonda. Il sortit plus de deux pintes d'urine. Le ventre resta gros et tendu. La malade n'ayant pas uriné dans la journée lut resondée le soir. Il s'écoula plus d'une pinte d'urine. M. Gé-' raud réitéra la même opération le lendemain matin; mais après avoir évacué l'urine, il sentit encore une tumeur à la région du pubis. 11 apprit que la malade n'était pas réglée. 11 examina l'entrée du vagin, trouva ce conduit fermé par une membrane, derrière laquelle il sentit l'ondulation d'un liquide. Il fit à celle membrane une incision longiiudinale qui donna issue à du sang liquide, noirâtre et fétide. Il agrandit celle ouverture par deux petites incisions latérales. La tumeur du pubis disparut à raison de l'écoulement du sang. Les urines reprirent leur cours naturel. Les règles parurent à leur période, et celle fille a joui d'une bonne santé. — Saviard rapporte qu'une jeune demoiselle, non réglée, était incommodée d'une pesanteur sur le pubis. Ou trouva une membrane qui fermait, le vagin : on y sentit une grosse tumeur dont la matière était llollante sous les doigts : on en fil ouverture avec la lancette à abcès : il en sortit plus de deux pintes de matière semblable ■à la lie de vin, el d'une telle puanteur, dit Saviard, que la plupart des assistants se relirèreni, n'eu pouvant pas supporter Ja mauvaise odeur. On fil des injeciions délersives. La malade guérit. Elle se maria peu de temps après, et eu plusieurs enfanis {Obs. 4, p. 11). Ce fait appuie celui de M. Géraud, relativement à la félidiié du sang qui s'est écoulé par le vagin. D'aulres observations marquant que le sang n'élait pas putréfié. Ruisch dit, qu'une lille de vingt ans, malade, se plaignait d'un poids et d'une douleur à l'hypogastre. Ces douleurs se faisaient

ment dans la direction Iiabiluelle de l'urètre, mais aussi ils le distendent et le

sentir tous les mois. On trouva une membrane fort tendue qui fermait exactement la vulve. Il sortit avec irnpôluosilé, par l'incision, environ quaire livres d"un sang noir, mais qui n'était ni coagulé, ni putréfié. La fille fut guérie (Obs. 32). — Lorsque les filles attaquées de réteniion d'urine ont des accidents nerveux, opiniâtres, el qu'elles se plaignent de la surcharge de la tête, de douleur aux mamelles, on doit s'informer si elles sont réglées; el lorsque les règles n'ont pas paru, il faut rechercher s'il n'y a pas une membrane qui bouche le vagin. L'existence de celle membrane el sa distension par l'amas d'un liquide dont on sent quelquefois la Iluctuaiion, détermineront à l'ouvrir le plus tôt qu'il sera possible. Il faut la fendre avec le bistouri, et même l'inciser en croix. J'ai vu un cas où il a fallu inciser cette membrane une seconde fois, deux mois après la première opération, parce que la plaie en se cicatrisant, avaii laissé une ouverture si étroite, que les règles ne pouvaient y passer. Guillemeau dit , qu'une fille privée de ses menstrues , malgré tous les remèdes, se maria. L'orifice du vagin était fermé par une membrane si dure et si épaisse, que le membre de son mari ne put la forcer. On incisa cette membrane, el il sortit trois livres de sang caillé; mais cette incision n'ayant été faite qu'à deixi, les bords des parties divisées se réunirent, et il fallut faire une seconde opération. (Trait, des Accouch., liv. IV, ch. 59.) — Les parois du vagin sont quelquefois unies ou collées entre elles, à l'extrémité, au milieu ou dans toute la longueur de ce conduit, soit par maladie, soit par vice de conformation.

Cliez une femme accouchée de deux enfanis, les caroncules myrtiformes s'étaient réunies si exactement que les règles ne pouvaient plus passer. Elle eut une rélentien d'urine par la pression que le vagin distendu par le sang menstruel faisait sur l'urèlre. On (it une incision cruciale qui donna issue ù trois pinles de sang. La rétention d'urine cessa. (Trwisacl. philos., ilô-2, p. 45.) — Deux jeunes femmes qui jouissaient d'une bonne sanlé, qui n'avaient jamais eu de règles ni éprouvé aucun des accidenls de la réteniion du sang menstruel, consultèrent Morgagui sur uu vice de conlbrinaiion de leurs parties sexuelles. Il les examina. L'une avait le vagin fermé ou les parois de ce conduit réunies à près d'un pouce de dislauçe de sou

DES MALADIES DES VOIES URINAXRES

rétrécissent plus ou moins. La connaissance des dispositions de ce canal, dans ces dififérenls cas, éclaire sur la coniburc et la direction qu'il convient de donner à la sonde pour en faciliter l'introduction. Il est alors souvent nécessaire d'employer des sondes aussi recourbées et même aussi lonf^ues que celle dont on fait usage pour les bommes. Elles seront d'un petit calibre, quand l'urètre sera rétréci, soit par des brides ou des callo- .silés de ses parois, soit par des tumeurs squirrheuses des parties voisines. Les grosses sondes sont préférables dans les autres cas. Elles doivent être cylindriques, fermées à leur bec, etouveries sur les côtés, comme il est prescrit. On préférera la sonde de çoinrae élastique à celle d'argent, quand il sera utile de laisser une soude à demeure dans

orifice; ni le doigt des gens de l'art, ni le membre de son mari , n'avaient pu franchir cet obstacle. L'autre femme n'avait aucune apparence de vagin. Un médecin -chirurgien de mérite l'avair examinée à l'âge de puberté, et avait pris l'orifice de l'urètre pour celui du vagin (*); il lui avait conseillé de le dilater peu à peu, et fait espérer que l'âge et le mariage favoriseraient cette dilatation. Cette femme parvint, en effet , à dilater cet orifice , et son mari fit pendant trois ans divers essais pour y introduire la verge; mais il ne put jamais réussir; il est heureux, dit Morgagni, que cette femme n'ait pu souffrir une plus grande dilatation de l'urètre, car elle auraitété sujette à l'incontinence d'urine. Cet anatomiste lui conseilla de ne plus employer de moyen dilatant ; il ne vit pas de succès à espérer de l'incision qu'on pratiquerait entre l'orifice de l'urètre et l'anus , parce qu'on ne pouvait connaître l'étendue de l'union des parois du vagin, et que d'ailleurs on courrait le risque de percer la vessie ou le rectum, et d'ouvrir quelque gros vaisseau. (De Scd. ep. 46, art, 11, 12.)

(*) Autres exemples de méprise. Plater dit qu'un chirurgien , après avoir réduit une chute de matrice, mit une tente dans l'urètre, croyant la placer dans le vagin (Obs. lib. 5, p, 718). Un barbier qui exerçait la chirurgie , prenant le méat urinairc pour une fistule de la vulve, y appliquait des corrosifs; Marcbetti , appelé, fit user d'autres remèdes propres à réparer le mal. Ce barbier convint qu'il n'avait jamais vu les parties d'une femme {Obs. 60).

la vessie. Avant de se servir de ces sondes, on prend les précautions indiquées.

11 n'y a qu'une manière d'introduire la sonde droite dans la vessie des femmes. La malade sera couchée; elle aura la tête et la poitrine légèrement fléchies, le bassin dans une situation horizontale, les cuisses écartées et un peu fléchies. On pourrait la sonder étant assise sur une chaise; mais la première silualioa est préférable. Le chirurgien écartera les lèvres Je la vulve avec les doigts de la main gauche ; puis tenant l'alyalie de l'autre main enire le pouce, l'indicateur et le doigt du tnilieii, de manière que la concavité de la légère courbure du bec de cet instrument regarde la symphyse des os pubis, il portera cette extrémité de la sonde dans l'orifice de l'urètre, la poussera avec douceur, selon la direction de l'arcade de la symphyse, et en baissant un peu la main justiu'à ce que l'instrument soit introduit dans la vessie. Il conduira de la inênie manière la sonde de gomme élastique, quoiqu'elle soit droite ou ne présente pas de courbure à son extrémité interne. Si, jiar pudeur , la malade s'oppose .i ce que ses parties génitales soient exposées à la vue du chirurgien, il lui indiquera la manière de porter le bec de la sonde dans l'urètre, [lendant qu'il en tiendra l'autre extrémilé; et après qu'elle l'y aura introduit, il enfoncera l'instrument jusqu'à la vessie. Si elle ne peut placer la sonde dans l'urètre, alors, s'étant assuré de la situation de l'orifice de ce canal avec l'indicateur de la main gauche, il portera la sonde au-dessous du clitoris, le long de la partie moyenne du vestibule jusqu'à l'orifice du conduit urinaire, dans lequel il la fera pénétrer en la baissant; puis il l'enfoncera avec douceur, selon la direction de ce canal dans la vessie. Ce procédé nous a réussi plursieurs fois : mais, lorsqu'on ne peut introduire cet instrument sans voir le méat urinaire, la malade se rend ordinairement à de nouvelles instances pour en permettre l'introduction, à l'aide de la vue.

Le calliélerisme est ordinairement une opération plus facile chez les femmes que chez les hommes. Elles ne sont presque pas sujettes aux vices de l'urètre, qui présentent de grands obstacles au passage de la sonde dans la vessie. Lorsque ce canal est bien conformé, il suffit d'en découvrir l'orifice , d'y porter cet inslru-

TRAITÉ

ment et de lui r<iire suivre la direction du conduit uiiiiaire. Quehiuefois cet orifice ne s'aperçoit pas tacileiuent ; et si l'on iffnore les chançemeiits de position qu'il peut éprouver, on a de la peine à le rencdnUer, ou l'on n'y parvient qu'après des tâtonnements désagréables. Chez les filles et les jeunes femmes, il se trouve plus en devant que cliez les adultes : à mesure qu'elles avancent en âge, il se porte en arrière, et n'est presque plus séparé de l'entrée du vagin. Il paraît aussi plus enfoncé et comme déplacé dans les derniers temps de la grossesse, souvent après les accouclicments laborieux, même naturels, dans les hernies de vessie, diins les déplacements de la matrice; alors il faut quelquefois les rechercher dans la purlie antérieure et supérieure du vagin, et en quelque sorte derrière la symiiliyse du pubis. Il est souvent arrivé, dans ces cas, qu'on a porte la sonde dans le vagin , croyant la faire pénétrer dans l'urètre et que l'erreur de lieu n'a été reconnue (ju'après des tentatives inutiles et douloureuses pour procurer l'écoulement de l'urine.

Lorsque l'orifice de l'urètre est peu apparent, ou caclié par le gonflement du bourrelet qui l'entoure, et que les lacunes muqueuses situées à ses côtés sont très -béantes , comme on le remarque quelquefois chez les femmes voluptueuses, et ordinairement aux approches de l'accoucliement et dans les premiers jours des couches, il peut aussi arriver qu'on porte la sonde dans l'une de ces lacunes dont l'ouverture semble être ©elle de l'urètre, et qu'on s'eiforce d'y enfoncer l'instrument : mais l'impossibilité de le faire pénétrer . et les douleurs qu'il cause, font bienlôt juger qu'il n'est pas dans la voie urioaire.

Différents vices de l'urèlre forment des obstacles à l'introduction de la sonde. Ce canal peut être fermé par une membrane, ou bouché par une chair fongueuse, par le relâchement et le renversement de sa tunique intertie, par l'introversion de la vessie, par des hydalides, par des caillots de sang, par des pierres (1) et d'autres corps étrangers. Les

(1) Une fille, dit Covillard, âgée d'environ quinze ans, avoit supporté une entière suppression d'urine , causée par une pierre arrêtée dans le col de la ■vessie; el icelle ayant demeuré douze jours sans uriner, son nombril s'ouvrit:

rugosités qu'il présente intérieurement, et entre lesquelles se trouvent des lacunes presque semblables aux sinus de l'urètre de l'homme, devieiment quelquefois as-îrz saillantes pour gêner ou rendre difficile le passage de la sonde. D'autres lois, l'épaississement des parois de l'urètre, leurs callosités, des brides ou des cicatrices dures rétrécissent ce canal, au point qu'on est obligé d'avoir recours à une sonde d'un petit diamètre, et de la pousser avec force , en faisant des mouvements de rotation : et comme ces affections changent ordinairement la direction de l'urètre, on parvient plutôt à faire pénétrer une sunde recourbée qu'une sonde droite. Les courbures vicieuses du canal dans la rétroversion de la matrice, dans la chute et dans les renversements de ce viscère, exigent aussi l'emploi d'une sonde courbe : mais dans le cas de rétroversion (1), la con-

par lequel elle rendit son urine durant une, quinzaine de jours. La pierre fut tirée par un chirurgien, el l'urine reprit son chemin par la voie ordinaire; et le nombril se l'urmant, elle fut entièrement guérie {Obs. lalrochir. 12 , p. 55). Un autre exemple est rapporté dans Je Jour' nal de Méd. de Paris, l. xxviii, p. 206.

(1) Une femme âgée de Irenie-huil ans, tonilja de sa hauteur sur ses fesses et sur la région des lombes. Elle était au troisième mois de sa cinquième grossesse.

Elle n'éprouva d'abord aucun accident de sa chute : mais la nuit suivante elle eut des envies fréquentes d'uriner, qu'elle ne put satisfaire. Elle se plaignit ensuite de douleurs vives dans toutes les parties du bassin; ces douleurs, qui se dirigeaient vers le rectum, augmentèrent pendant vingt-quatre heures, sans laisser aucune rémission. Les urines retenues dans la vessie commencèrent à couler par regorgement. La malade les prit pour les eaux de l'amnios, et crut qu'elle était sur le point d'accoucher. Elle se fit transporter a riIôtcl-Dieu de Lyon. !\r. Dussaussoy, chirurgien en chef de cet hôpital, la'vit quarante-cinq heures après sa chute. H irouva l'abdomen soulevé, comme il l'est ordinairement sur la fin de la grossesse; et s'il n'eût été informé par la malade que le soulèvement n'existait que depuis deux jours, et qu'elle n'était enceinie que de trois mois, il aurait pu prendre le développement extraordinaire de la vessie pur la rétention de l'urine, pour celui qui est particulier à la matrice au neuvième mois de la ges-

DES MALADIES DES VOIES URINAIRES. 100 l'ln<;frument doit recarder les doit être dirigée vers l'anus. Il arrive .^ubis et V^s™;. aûtres^as, elle quelquefois que. ne pouvant pénétrer

talion. L'indication qui se présentait, était de sonder la malade. Ce ne fut pas sans peine qu'il trouva le méat urinaire, qui était remonté dans le vagin derrière l'arcade du pubis. Il ne parvint à y placer le bec de l'algalie qu'après avoir fait retirer la peau du pènil vers l'ombilic; ni la sonde pour femme , ni celle pour homme, ne purent pénétrer au delà de trois pouces : il sortit à peu près un demisctier d'urine , et cette évacuation ne produisit aucun changement dans la tu- "meur qui s'élevait depuis l'iiypogastre jusqu'à la région éprgastrique. Pour juger de la nature de l'obstacle, M. Dussaussoy porta ses recherches dans !e vagin. 11 trouva la paroi antérieure de ce conduit tendue et douloureuse , la paroi postérieure relâchée infôrieurement , et formant des plis et des vides à l'entrée de la vulve : l'extrémité supérieure de ce conduit offrait un corps sphéroïde rénitent et immobile qui remplissait exactement l'excavation du bassin , excepté en devant et derrière la symphyse où il existait un vide capable d'admettre deux doigts. 11 essaya, à leur faveur, d'atteindre le col de la matrice; mais ses tentatives furent infructueuses. Il jugea qu'il y avait rétroversion de ce viscère, et s'en assura en portant le doigt dans le rectum : le fond de la matrice reposait sur cet intestin. Après avoir fait appuyer celte femme sur ses courtes, et de manière que ses fesses étaient plus élevées que le tronc, il tâcha de ramener ce viscère à sa position naturelle en en repoussant le fond avec l'indicateur et le doigi du milieu de la main droite, introduits dans le rectum, tandis qu'avec l'indicateur de la main gauche, porté dans le vagin , il -essaya de faire descendre le col utérin. Ce procédé ne réussissant pas, il dirigea ses tentatives du côté du fond de la matrice, sans s'occuper du col de ce viscère, qui était inaccessible aux doigts. Il introduisit alors les cinq doigts de sa main droite dans le rectum; et après les avoir placés sur tout le contour de la tumeur, de manière à embrasser sa circonférence, il la repoussa avec force de bas en haut et de derrière en devant , et opéra la réduction d(! la matrice. 11 évacua ensuite l'urine de la vessie, au moyen de la sonde qu'il introduisit avec facilité. La malade prit un lavement, rendit beaucoup d'excréments endurcis; elle n'eut ,plus besoin d'être sondée, et se trouva si .bien le lendemain, qu'on eût de la peine -à lui faire garder le repos. Elle sortit do

l'hôpital le sixième jour après y être entrée. Cet exemple de la rétroversion de de la matrice prouve que la rétention d'urine, qui est un des premiers effets de ce déplacement, n'arrive pas toujours par la pression de ce viscère sur le commencement de l'urètre ou le col de la vessie, dans l'endroit où il rampe derrière la symphyse des pubis, puisqu'il y existait un vidc'assez grand pour y mettre deux doigts : c'était sur le tiers inférieur de la vessie que le col de la matrice faisait une compression immédiate et assez forte pour appliquer exactement les parois vésicales l'une contre l'autre, et former par là deux poches. C'est à ce changement de conformation que sont dues les difficultés qu'on éprouva à faire pônélrer la sonde dans la poche supérieure. Nous avons cité plus haut un fait analogue, relativement à l'impossibilité da porter la sonde dans la vessie , pour remédier à une rétention d'urine causée par la rétroversion de la matrice. La malade se refusa à la ponction au-dessus des pubis. 11 se fit une crevasse gangréneuse à ce viscère, suivie d'épanchement d'urine dans le ventre et de la mort. La difficulté de sonder, dans ce cas, n'est pas souvent aussi grande, surtout si l'on emploie une algalie courbe, et si on la dirige comme nous l'avons indiqué. Après avoir évacué l'urine, on doit procéder sur-le-champ à la réduction de la matrice. Si on ne peut l'obtenir, les accidents s'accroissent, la femme péril, ou ne peut échapper à la mort que par l'avortement. — Voici un fait intéressant et capable de donner des lumières sur la rétroversion: Une jeune femme, de Londres, étant à peu près dans le quatrième mois de sa première grossesse, eut une frayeu» et se trouva mal. Elle ne put ensuite rejdre ses excréments ni ses urines sans wne grande difficulté. Son incommodité augmenta, et il y eut rétention complète d'urine et d'excréments. Le septième jour de celte rétention, on appela M. Wall, chirurgien à Londres. 11 sonda cette femme, et donna issue à environ trois pintes d'urine; il essaya ensuite de lui donner un lavement, mais il passa peu d'eau dans le rectum. Le soir il la ro^ sonda, cl il sortit plus d'une pinte d'urine sanguinolente. Pour découvrir la cause de ces accidents, M. Wall introduisit le doigi dans le vagin, il y trouva une grosse tumeur située derrière ce conduit, et qui le comprimait contre la face interne du pubis, au point qu'il ne put loucher l'o-

TRAITÉ

dans la vessie avec une sonde solide, on y fail enircr aisément une sonde de gomme élastique, sans mandrin : celleci, par sa flexibilité, s'accommode mieux à la déviation et aux courbuies vicieuses du canal. — Après avoir introduit la sonde dans la vessie pour remédier à la rétention des urines, on les évacue surle-champ et en totalité. Il est alors rarement nécessaire de laisser cet instrument à demeure dans ce viscère : on doit même ]e retirer, si la malade est dans le travail de l'accouclienient, s'il faut procédera la réduction de la matrice déplacée , s'il y a infl.immation, atlection carcinomateuse, etc.; il vaut mieux alors réintroduire la sonde toiiles les fois que la vessie sera remplie d'urine ou que la malade aura besoin d'uriner, surtout si cette introduction n'est ni douloureuse ni difficile. Du reste, les règles que nous avons posées pour le choix et l'emploi des remèdes propres au tr.iitcment de la rétention, selon ses différentes causes, trouvent ici leur application.

Les cas principaux oîi l'on ne peut épargner à la malade la gène de porter la sonde à demeure dans la vessie, sont les rétrécissements de l'urètre par des brides, par des squirrhosités, et surtout les fistules vésicales , ouvertes dans le

rifice de la matrice. 11 porta ensuite le doigt dans le rectum, et sentit la même tumeur placée au-devant de cet intestin, et qui le pressait conire le coccyx. Ces circonstances rappelèrent à ce cliiriu'gien un exemple de rétroversion de la matrice, dont Grégoire, professeur d'accoucliements à Paris, avait fail mention dans ses lerons. Il tenta en vain de replacer ce viscère, et pria G. Hunier de venir voir cette femme qui était très-faible. Ce médecin, portant le doigt dans le vagin, un peu sur le côté, éloigna la tumeur du pubis cl procura la sortie d'une grande quanlité d'urine. Après avoir fait appuyer la malade sur ses genoux et ses coudes, il lenla de repousser do bas en haut le corps de la matrice, au moyen do deux doigis porlés dans lo reclum, et d'attirer en bas le col de ce viscère avec les doigts (le l'auire main introduils dans le vagin. Ces lenlatives réitérées lurent infruciueuscs. Cette femme mourut le surlendemain. Hunier lit l'ouverture du corps. La vessie, excessivement remplie d'urine, occiipaii presque toute la région antérieure de l'abdomen : étant ouvi-rle, son col parut soulevé au-dessus des pubis par une grosse tumeur i-onde , qui

vaffin, et produiles par des accouchements laborieux. Alors, on emploiera ?k sonde de yomuie élastique : mais il est dilhcile de la fixer solidement. Il est cependant très-es=entiel , pour la cure de ces fistules, que la sonde soit disposée lavorableraent dans la vessie, pour donner issue aux urines, aussitôt qu'elles arrivent dans ce viscère, et qu'elle soifc invariablement assujettie dans celte place. Aucun des moyens qu'on met ordinairement en u.sage, ne remplit complètement cet objet. Les fils noués ou agglutinés aux poils des grandes lèvres, n'offrent que des inconvénients. On ne réussit pas mieux en attachant ces fils aux. sous-cuisses d'un bandage en double T; car les sous-cuisses se trouvent tendus ou relâchés, selon que les cuisses sont dans l'extension ou dans la flexion. Il en est à peu près de même, lorsqu'on assujettit' avec des emplâtres agglutmalifs les cordons de la sonde, à la [la-tie interne et supérieure des cuisses. Guidé par la raison et l'expérience, M. Desault a vu qu'on ne pouvait éviter les inconvénients attachés à chacun de ces moyens, qu'en fixant la sonde à un point qui c nservât toujours la même position par rapport au méat urinaire. Pour cet effel, il s'est servi d'une machine en forme de brayer, dont le cercle, assez long pour embrasser la

était la matrice renversée, de manière que le col de ce viscère f .isaif le sommet de celte lumeur, et était appuyé sur le bord supérieur du pubis, et que son corps et son fond étaient tournés eu arrière et en bas, au-devant du reclum et vers l'anus. La mairica ainsi renversée avait augmenté de volume, et s'était enclavée dans le bassin, au point qu'on ne put la tirer au deliors, qu'après avoir coupé et écarté la symphyse des os pubis. On trouva la icie de l'enfant portée en bas dans le fond de ce viscère. Dans un cas aussi fâcheux, où la réduction de la matrice est impossible par les procédés ordinaires, ne conviendrail-il pas, dit Hunier, de faire la ponction au corps de ce viscère, soit par le vagin , soit par le rectum, afin de diminuer son volume en procurant l'évacuaiion des eaux de l'amnios, et de faciliter son replacement? Il faudrait pratiquer celle opération avant l'épuisement des forces de la malade (Médical olis. aud iiiqiiir., vol. iv, p. 401, 406). D'autres e.veuiples de rétroversion de la matrice pendant la grossesse sont cités dans le môme ouvrage (i o/.v,p.l04, 378, 581, 588).

DES MALADIES DES

partie supérieure du bassin, supporte à sa partie moyenne une plaque ovalaire qui doit être placée sur le puliis. Au milieu de cette plaque est une coulisse dans laquelle glisse une tige d'argent recourbée, de manière qu'une de ses exliémilés, percée d'un trou, tombe au-dessus de la vulve, au niveau du méat urinaire. Cette tige peut être fixée sur la plaque, au moyen d'un écrou. Après avoir introduit et disposé la somledans la vessie, de sorte que sou bec et ses yeux se Irou- -vent dans la partie la plus basse de ce •viscère ; on engage le bout de cet instrument dans le trou de la lige qui est mobile dans la coulisse, oii elle est ensuite assujettie, comme nous l'avons dit plus haut. A l'aide de cette machine, la sonde est invariablement fixée, sans incommoder la malade, même pendant la marche; ■ce qui rend ce moyen très-précieitx ; car la sonde , n'étant pas solidement assujettie par lesautres procédés, vacille dans Ja vessie pendant les mouvements du corps, se déplace, ou blesse les parois de ce vijcère, et cause le pissenient de sang ou des douleurs aiguës qui obligent de la retirer.

La plupart des femmes que nous avons soignées de ces sortes de fistules, et chez lesquelles la sonde n'était fixée qu'avec des liens ordinaires, ont éprouvé ces accidents, et n'ont plus voulu se soumettre à la porter que la nuit, ou lorsqu'elles restaient dans le lit. Quelques-unes, ennuyées de la longueur du traitement, y out renoncé; d'autres ont fait usage de la sonde pendant plus de six mois, et n'ont pas guéri. Cependant, nous avons eu soin, dans les premiers temps du traitement, de tenir les sondes constamment ouvertes, et nous n'avons employé que celles dont le calibre était grand et les yeux bien percés afin que les urines eussent plus de tendance à y passer qu'à tomber dans le vagin : en même temps, nous avons tenté de rapprocher les bords de la fistule et de fermer son ouverture dans le vagin, en remplissant ce conduit d'un gros tci^pon de charpie renfermée dans un linge fin (l) : plusieurs femmes

(1) Lorsque les urines sont graveleuses ou déposent beaucoup de matières calculeuses ou des humeurs glaireuses, puriformes, on ne doit introduire dans le vagin ni tampon de linge ni aucun .Tuti-e corps de forme cylindrique qui fasse l'offico d'obturateur, à moins qu'on n'ait éprouvé que ce tampon ferme exactement

VOIES DRINAIRES. 457

n'ont pu supporter ce corps étranger , ^ cause des cuissons qu'elles éprouvaient » lorsqu'il était imbibé d'urine. Wous al-

la fistule dans le conduit, et qu'il empêche l'urine d'y tomber; ce qui ne peut avoir lieu que quand la fistule esl étroite. Cette circonstance se rencontre irôs-rarement dans les fistules produites par des accouclienienls laborieux, parce qu'elles sont avec plus ou moins grande perle de substance. Une dame eut , à la suite d'un accouchement, une fistule vésieale et vaginale, par laquelle toute l'urine s'écoulait. Au bout de deus ans, elle vint consulter J.-L. Petit. Il trouva dans le vagin une ouvoriure presque ronde et assez large pour passer deux doigts dans la vessie. Le bord de cetic ouverture et une partie du vagin étaient âpres , raboteux et incrustés de graviers. Celte espèce de croule calculeuse qu'on détachait avec l'ongle était épaisse. Il n'y avait pas de pierre dans la vessie : sa cavité était trèspetite; les urines s'en écoulaient presque à mesure qu'elles y entraient. Cette dame portait ordinairement un tampon de linge dans le vagin pour retenir quelque temps les urines. Elle pouvait, au moyen de ce. tampon , se tenir assise en compagnie ; mais elle était obligée de le changer fréquemment, quelquefois tous les demiquarts d'heure. Petit , ne voyant aucune ressource pour obtenir la guérison d'une fistule aussi grande par la perle de substance que la vessie et le vagin avaient soulTerte, borna ses soins à délivrer celte dame de l'incrustation pierreuse de ce conduit, et à rendre son écoulement d'urine moins incommode. Il lui fil cesser l'usage des tampons qui, retenant les urines, favorisaient les dépôts calcuieux. Il lui conseilla de faire , plusieurs fois par jour, des injections émollientes, lesquelles produisirent de si bons effets , qu'au bout de huit jours il n'y eut plus d'incrustation pierreuse. Malgré les soins de propreté que prenait cette dame, une odeur urincuse se faisait sentir autour d'elle; ce qu'on lâchait de corriger eu ajoutant aux injections un peu d'eau de lavande distillée. Il ne s'agissait plus que de rendre supportable l'incommodité de l'ôcoulemeni de l'urine. Petit fit faire une espèce d'urinal , au moyen duquel celle dame pouvait uriner sans crainte de répandre une goutte d'urine. Cet urinai .

dont il ne donne pas la description, était; inapplicable à tous les cas. Une autre dame, à qui Petit en conseilla l'usage pour une maladie semblable, ne put s'en accommoder. Elle avait, à la vérité, une fistule vésieale el vaginale d'une espèce

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tribuons en grande partie le défaut de succès de ce Irailenienl à ce que nous ne pouvions fixer invariablement la sondé dans la vessie : mais, à l'aide de la machine inventée par Desault, on y parviendra sans doute ; et on aura plus d'espérance d'obtenir la guérison de ces fistules.

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