‹ Encyclopédie des sciences médicales, ou, Traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérirChapitre 3 sur 29 · T»JI · texte numérisé non relu

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que l'urine r»fccnte cl chaude : alors elle n'a plus produit d'écume, ni d'odeur; elle a pris une couleur brunâtre. Refroidie, elle n'est point redevenue glaireuse ou filandreuse. Dans différentes épreuves faites sur l'urine glaireuse de ce calculeux, elle n'a jamais repris sa consistance visqueuse après avoir éprouvé une ébullition même légère.

M. Vauqnelin a fait en ma présence l'examen cliimique du dépôt visqueux et hlancliàti cile l'urine de ce jeune homme. La matière de ce sédiment filait comme du blanc d'œuf, en raison de la ténacité de ses molécules. Exposée à la chaleur, une grande partie s'est coagulée; le reste a nagé en petits flocons dans la sérosité de l'urine. Au moyen de l'acide sulfurique concentré, celte matière s'est coagulée en une masse de la consistance du blanc d'œuf cuit ; la solution de la potasse dans l'eau lui a donné de la liquidité, de la transparence, et a développé beaucoup d'ammoniaque. Un acide versé dans celle dissolution par la potasse a précipité ce sédiment pur flocons , îi peu près comme il se trouvait avant l'union ou la combinaison de cet alcali. L'alcool versé sur la liqueur éclaircic par la filtralion , et dont une partie avait été coagulée par la chaleur , n'a produit aucun effet sensible; ce qui montre que cette liqueur ne contient point ou presque point de matière gélatineuse. L'eau de chaux versée sur l'urine séparée du sédiment a occasionné un précipité blanc et très-abondant, et c'est une preuve de la présence de l'acide phosphorique.

Enfin l'acide oxalique ou du sucre, employé de la même manière , n'ayant produit aucun précipité , cette urine n'a point ou n'a que très-peu de chaux; et le contraire se remarque dans l'urine saine.

Il résulte de ces expériences que l'urine de ces calculeux était fortement alcaline, séreuse et albumineuse. Si, exposée au feu, elle ne donn.- it point de eoagulum albumineux, comme son sédiment soumis à la chaleur, c'est parce qu'elle contenait beaucoup d'eau ou de phlegine, et surtout un excès d'alcali volatil , lequel empêche l'albumine de se coaguler.

Ainsi la consistance de celte urine dépendait de la mucosité abondante fournie par la tunique interne de la vessie. Les calculeux sont très sujets 'd cette exla décomposition du phosphate de soude ammoniacal.

crélion muqueuse. Quelquefois le sédiment qu'elle produit dépose une matière grisâtre, saline, qui est de l'acide nitrique et du phosphate calcaire. — Parmi les matières qui se remaniuent dans l'urine des malades , on admet une substance huileuse qui se porte à sa surface en faisant une toile ou une nuée grasse de couleur d'iris. Ilippocrate dit que, s'il nage au-dessus de l'urine une substance oléagineuse en forme de toile d'araignée , c'est une marque de consomption dangereuse lorsqu'en même temps le malade maigrit et a de la Oèvre; mais, ajoute-t-il , cette substance dans l'état de santé annonce une élaboration parfaite des humeurs [Pj-ognosi. Àph. X].

Davach a vu une personne très -exténuée dont l'urine était blanche et si grasse à la superficie qu'on aurait pu ôter la graisse avec les doigts [Miroir des urin., p. 84). ,Te n'ai pas encore vu de substance véritablement huileuse à la surface de l'urine. Je n'ai aperçu dans sa décomposition qu'une pellicule mucilagineuse et irridée. Cependant plusieurs auteurs parlent de la graisse de l'urine comme d'un phénomène peu rare. Ils disent que les affections des reins occasionnent quelquefois celte matière oléagineuse de l'urine , et que , quoiqu'elle ne paraisse point aussitôt que le malade a uriné , elle se montre plus promptement dans ce cas que celle qui dépend d'une colliqualion des humeurs. Des observateurs disent aussi que l'urine des sujets attaqués de la jaunisse présente ordinairement, au milieu et sur la fin de la coction de la maladie, une substance huileuse et très-jaune , qui enduit fortement le pot de chambre, qui le teint et le rend diflicile à nettoyer : c'est un produit de la matière bilieuse répandue dans le sang, ou la partie colorante de la bile qui s'évacue avec l'urine. jNous manquons encore de connaissances exactes sur l'existence et la nature de la substance oléagineuse de l'urine.

Les matières qui se manifestent ordinairement dans l'urine des malades se déposent au fond du vase , et peuvent Être : 1° du sang ou des concrétions sanguines; 2» des filaments ou des parties floconneuses, muqueuses, blanchâtres, puriformes , imitant des poils ou filets , comme de la laine cardée (l); des glaires

(1) On trouve quelquefois dans l'unnc de petits corpuscules longs , déliés, fda-

DES MALADIES DE

plus OU moins épaisses, longues et d'une nerlaine consistance ; du pus ou une humeur purulente ; des substances furfuracées , semblables à de la grosse farine ou à du son ; 3" des parties membraneuses , des portions de kyste ou de follicule hydntique ; 4° des cristaux salins , des sables ou des graviers.

menteux et qui ont la forme de poils.

Celle altération de l'urine était connue d'Hippocrate; mais elle n'a reçu un nom particulier que du temps de Galien. Cet auteur dit que les médecins modernes appellent du nom de Iricitiasis, mictns filaris, pissemcnt de poils, une maladie dans laquelle on voit dans l'urine des espèces de poils qui sont pour l'ordinaire blancs {Comment, in Apitor. 76, Hb 4).

Ces iilamenls sont des concrétions muqueuses et lymphatiques qui se forment dans les conduits urinaires , et surtout dans ceux des reins. C'est aussi dansée viscùre qu'Hippocrate en marque l'origine. Lorsqu'il se trouve , dit-il , dans l'urine de petites caroncules en forme de poils , c'est aux reins qu'il faut chercher la source de cette excrétion {Aphor. 76 , Mb. 4). 11 est peu nécessaire de faire observer combien est absurde l'opinion do ceux qui prétendent que ces lilameuts sont de véritables cheveux formés dans les conduits urinaires. Tulpius paraît donner dans celle idée : il dit avoir observé un exemple mémorable d'un trichiasis périodique chez un jeune homme qui , pendant l'espace do quatre ans , rendait tous les quinze jours une assez grande quantité de cheveux avec difficulté d'uriner et des anxiétés générales. Chaque cheveu était, dil-il , de la longueur d'un demi-doigt , et quelquefois rccme do la longueur du doigt entier ; mais ces cheveux étaient si couverts , si enveloppés de mucosité , que rarement les voyait-on à découvert. Chaque paroxysme durait environ quatre jours , et hors de ce temps le malade était tranquille, urinait sans douleur et ne rendait aucun cheveu (Observ. med. lib. 2, cap. 42). Ilorsiius fait aussi mention de cette maladie , et dit qu'un des remèdes les plus efficaces est l'huile de térébenthine (Ep. med., sect. 5). Wierns rapporte qu'une femme noble , qui avait été affocléo pendant long-iemps do calculs des reins, rendit .ivec l'urine des fdamenls longs , blanchâtres , puis une laine trés-fino et une membrane lanugineuse , enfui des poils longs d'un doigt, noirs dans le milieu et blancs aux extrémilés (Lib. 3, cap. 15). Ces exemples montrent le délire Û9 l'imaginaUca cIq çes auiQurs.

Le sang mêlé dans l'urine se condense, se précipite au fond du vase, cl forme des filaments , des grumeaux ou caillots plus ou moins épais , noirâtres , ou d'un rouge ou brun foncé. S'ils sont d'un rouge clair ou d'écarlate, ordiuaircment le sang qui les produit n'était point mêlé dans l'urine ; il vient de l'urètre ou du vagin et se précipite très-promptemfnt , comme on le remarque dans le temps des règles , lorsque le sang qui se trouve à l'entrée de la vulve est eniraîné par l'éjection de l'urine. Ces caillots déposés ne sont plus susceptibles de dissolution dans l'urine ; mais leur partie colorante peut s'en séparer et rougir la sérosité urinaire , de même que la matière colorante du caillot du sang tiré d'une veine et déposé dans un vase rougit l'eau dans laquelle on lave ce coagulum , sans qu'il s'y dissolve.

i.e sédiment blaucUâtre des urines est souvent un mucilage glaireux, puriforlue , avec ou sans mélange de cristaux salins. Il file , il se délaye dans l'eau et lui donne une couleur laiteuse. Lorsque les femmes qui ont eu des enfants et qui sont incommodées des suites de couches, ou qui ont des effections rhumulisinales, rendent de l'urine qui dépose un sédiment opalin ou blanchâtre, on l'attribue ordinaiicment à du lait qui s'échappe par les voies urinaires ; et les empiriques qui les traitent prétendent que leurs re-* mèdes produisent cette excrétion qu'ils appellent laiteuse : mais l'examen de ce sédiment ne montre point qu'il ait les caractères du lait qui se filtre dans les mamelles des femmes. J'ai soumis à l'épreuve des réactil's cette matièré blanchâtre des urines , cl que Ton regardait comme laiteuse , et je l'ai trouvée de la, même nature que celle des urines de quelques hommes calculeux et de ceux qui ont une affection catarrhale de la vessie.

Le sédiment mucilagineux des urines est quelquefois rougcâlre ou de la couleur des fleurs de pêcher, surtout lorsqu'il s'y manifeste des cristaux salins ou des lamines cristallisées , formées par l'acide urique. Quand il n'exhale point d'odeur particulière , l'urine est alors acide ; mais dans beaucoup de cas il répand plus ou moins l'odeur de l'ammoniaque , et annonce ralcalesccnce de l'urine. Ce sédiment , délayé dans l'eau chaude , s'y dissout en partie et lui donne une couleur blanchâtre. Il y paraît aussi Ues flocons coudçnsés. Mis sur

le feu avec une portion d'unne , il se liquéfie et ne se distingue plus de cctic humeur ; si on laisse refroidir tout ce liquide , il se reforme un sédiment presque semblable nu premier pour la quantité , la couleur et la consislnnce. Mais , si la chaleur a porté cette malièrc sédimenteuse et uiinairc à l'ébullilion , il s'y manifeste des flocons coagulés, blanchâtres et albumineux ; l'odeur de l'ammoniaque se développe davantage , puis elle cesse : la liqueur devient acide et brunâtre, et, refroidie, elle ne présente qu'une très-petite portion de sédiment , qui est jaunâtre et d'une faible consistance. L'alcool dissout une partie du sédiment qui est récent , et en condense d'autres parties. L'acide sulfurique (l) y dégage du calorique , de l'air ; il produit une légère effervescence et peu de flocons albumineux. L'eau de chaux rend cette matière floconneuse et lui donne une couleur laiteuse. Ces épreuves montrent que le sédiment mucilagineux des urines est composé de gélatine et d'albumine. La proportion de ers deux substances varie dans divers sujets, et même en différents temps sur le même individu. Souvent il y a plus de gélatine que d'albumine ; d'autres fois c'est le contraire. C'est pourquoi les

(1) Pour cette expérience , on verse environ un gros ou soixante gouttes d'acide sulfurique sur une onco de sédiment muqueux et urinairc. Une plus grande quantité de cet acide produit un mouvement tumultueux , beaucoup de chaleur, une forie effervescence , la dissolution de fout le sédiment , et la liquein- devient brune ou noire Ces phénomènes dépendent de la désassociation prompte et rapide des principes ou des parties simples de ce sédiment, qui sont, comme dans les autres humeurs animales , le calorique , l'air dissous, l'oxygène, l'hydrogène , l'azote , le carbone. En effet, l'acide sulfurique ayant plus d'allraclion avec l'eau du séfliment que celle eau n'en a avec le calorique , celui-ci se dégage de la matière animale , jouit de ses propriélès , et produit la chaleur sensible. En se dégageant avec l'air qui est combiné ou dissous dans l'humeur urinaire , il survient une effervescence , et il se forme du gaz sulfureux au moyen de la décomposition de l'acide sulfurique par l'hydrogène de celte humeur, lequel se combine avec l'oxygène de l'acide.

Mais , par celle combinaison , l'hydrogène qui masquait le carbone du sédi-

cxpériences ne donnent pis toujours les mômes résultats. J'ai observé sur un homme dont les urines déposaient beaucoup de mucilage blanchâtre que , lorsqu'elles étaient fortement alcalines et qu'il souffrait à la vessie, il y avait plus de géhitine q.ie d'albumine. Comme cet homme av.iii l'haleine très-fétide; pour savoir si l'air qu'il expirait avait le caractère d'acidité qu'il a lorsque l'haleine est douce et sans odeur , je lui ai fait souffler pendant un quart d'heure l'air qu'il rendait à chaque expiration dans un tube plongé au fond d'un vase de verre à demi plein d'eau colorée avec la teinture de tournesol. Cette eau bleue est devenue insensi!)lenient rouge, signe de l'acidité de l'air qui sort des poumons : d'où il est probable que l'odeur fétide et alcaline de la bouche dépend des humeurs salivaires ou de la Iranspirafion de cette cavité.

llippocrale parle des urines qui renferment des matières furfuracécs , des écailles, ou qui ont un sédiment semblable à de la grosse farine, à du son , ou qui contiennent de petites lames en forme d'écaillés de poissons. Willis assure en avoir vu une grande quantité au fond des urines d'une femme qui avait le rein droit rempli de petits graviers , à laquelle on ne trouva point de rein au

ment laisse paraître ce principe avec sa couleur naturelle ou noire. Aussi la liqueur ne dévicnt-elle noire que parce que la matière du charbon ou le carbone reste à nu. La nature parait opérer celte désassociation des principes ou des substancè^ 'indécomposées ou jusques acluellemcnl indécomposables des parties animales , lorsqu'elles sont frappées de gangrène et qu'elles se putréfient. Le froid qui se manifeste aux parîies gangrenées marque la perle du calorique qui les icnail dans un él;it de chaleur sensible ou de température convenable.

Leur tuméfaction emphysémateuse annonce le dégagement de l'air, d'un fluide élastique ou d'un gaz. Leur mauvaise odeur provient de la volatilisation de quelques molécules animales pulréliées, et qui se dissolvent dans l'air atmosphérique , puis de l'ammoniaque qui s'en dégage. Enfin leur couleur livide, brune el noire est due à la présence de leur carbone, qui reste fixé el à nu après qu'une portion de leur oxygène et de celui de l'air ambiant s'est combinée , à cette basse température, avec l'hydrogène de ces matières animales.

DES MALADIES DI

côte cauclic du vcnlrc , et dont la surface inicrne de la vessie était légèrement uirérée. Paré dit que, dans le cas de niHtièrcs furfuractcs de l'urine, la vessie est rnitgncuse , scnbiosa (liv. 17, cliap. 61, p. 4 12). On n'a pas encore assez distingué celle matière furfuracée du pus que dépose l'urine, et, comme le dit Paré , du sédiment ou lie espesse et visqueuse, comme mucilage et blanc d' œuf mêlé avec Vurine , et quipronipteinent va au fond , et vionlre qu'il a sa génération en la vessie. Cette matière serait -elle des lames cristallines formées d'acide urique et semblables à celles qu'on observe quelquefois dans le sédiment des urines troubles et mises dans un verre conique ou à précipitation , dont la transparence laisse voir ces cristaux de forme et de couleur différentes , placés au fond du vase et dont une partie reste entre les molécules du sédiment muqueux ? Attendons que de nouvelles observations puissent nous instruire sur ce point.

Les parties membraneuses et les espèces d'hydatides qui sortent avec l'urine peuvent venir des reins et de la vessie. Nous en rapporterons des exemples en traitant des maladies parliculièrés de ces viscères. Quant au sédiment salin , sablonneux ou graveleux des urines , il sera l'objet des remarques suivantes. — Une fille âgée de douze ans rendait, depuis son enfance et à différents intervalles, des urines troubles, d'une couleur fauve, semblable à de la bière , ou d'un brun jaunâtre , et qui déposait une matière tantôt grise , tantôt brunâtre et lamellée. Quelquefois il lui survenait une ophlhalmie , d'autrefois des boutons au nez , aux oreilles, ou un gonflement douloureux aux articulations ; et alors ses urines ét.iient claires, limpides, sans sédiment. Elle transpirait beaucoup des pieds, et jamais elle ne s'est plainte de douleurs aux voies urinaires. J'ai désiré connaître la nature de ses urines et de leur sédiment. Elles ont toujours été acides et ont rougi constamment le papier bleu. Elles n'exhalaient point d'odeur sensible ; elles ne développaient l'odeur de l'ammoniaque que lorsqu'on les faisait évaporer sur le feu. Dit onces de cette urine filtrée ont fourni un sédiment q ni , séparé du filtre de piipier et dcsséclié à l'air, était du poids d'environ cinq «rains dans l'état solide. Ce sédiment avait une couleur brune foncée ; il était un peu rude au toucher. On y apercevait, à l'aide d'une

loupe, quelques lames brillanles. Etendu sur du papier bleu avec un peu d'eau , il a rougi. Une grande partie s'est dissoule par la solution de la potasse dans l'eau , en laissant des flocons noirâtres qui se sont divisés par l'addition de l'eau distillée. Mais , en versant de l'acide niuriatique sur la dissolution du sédiment par la potasse, il s'est fait un précipité grisâtre , et il s'est développé une odeur fade , semblable à celle de l'albumine chauffée. Ce précipité , délayé dans l'eau , a déposé des cristaux brillants , jaunâtres , et il est resté suspendu une matière floconneuse et brunâtre.

Ces cristaux se sont dissous par la solution de potasse; et en y versant de l'acide murialique , il s'est fait un précipité blanchâtre. Comme l'acide urique est le seul acide de l'urine qui se précipite spontanément sous la forme d'un solide , et comme il se dissout par la solution de potasse dans l'eau , ces cristaux sont donc de l'acide urique. Ils ne peuvent être de l'acide phosphorique, puisque cet acide est Irès-dissoluble dans l'urine et qu'il ne forme point de cristaux ; à moins qu'il ne soit combiné avec une autre substance, comme la soude, etc. La seconde matière qui composait le sédiment de l'urine de celle fille était albumineuse. Ainsi ce sédiment est un mélange d'acide urique et d'albumine coagulée , dans les molécules de laquelle se trouve cet acide.

J'ai aussi examiné avec M. Vauquelin les urines d'un homme qui commençait à avoir la jaunisse. Elles étaient d'un rouge orangé , troubles , briquetées , sans odeur particulière. Elles rougissaient promptement le papier de tournesol. Elles déposaient en peu de temps un sédiment épais, abondant , d'un rouge de rubis et semblable à la brique en poudre. Ce séiliment, mis sur le filtre et desséché à l'air , a présenté des cristaux brillants cl même de petits grains graveleux très - rouges. Les différentes épreuves chimiques auxquelles nous les avons soumis ont montre qu'ils étaient essentiellement formés d'acide urique , comme les cristaux rougeàires, safranés, grisâtres ou d'une couleur cendrée , que ])eut aussi fournir le sédiment des urines briquetées.

L'urine des goutteux donne aussi quelquefois des cristaux ou des sables blanchâtres. Ces sables sont ordinairement rougeâtres chez les personnes sujelles aux rhumatismes. Leur forme et leur couleur varient chez les calculeux ; ils sont

TRAITÉ

rareiiicnl d'une couleur opalo ou bhiiichàlrc : on en a vu di; noiràti-cs, d'olivàtrcs; le plus souvent ils sont ^l'isâtrcs, d'un rouge pâle , suliMné. Comuie ees sables se forment et se së|)arciit de l'urine pendant son refroidissement , on n'est pas plus fondé n reijariler ceu\ (jui sont rouges comme dessables qui viennent des reins , que les grisàlres ou blancliâlrcs comme des subslanecs nées el formées dans la vessie. Les sables rouges offrent celte différence parliculièrc qu'ils sont plus denses , plus compactes, plus anguleux et moins cassants que ceux qui sont grisâtres. Si l'on veut en connaître la nature et les principes, il faut les faire sécher , les examinera la loupe, les réduire en poudre, ks faire bouillir dans l'eau, leur joindre des acides , des alcalis , et considérer les phénomènes qui'ils présentent. Ces phénomènes ne diffèrent point de ceux qu'on remarque aux cristaux de l'urine dans l'état de santé , et qui sont formés par l'acide uri(|ue. Mais il est une autre matière concrète, cristalline, graveleuse, d'une nature différente de celle de ces sables, et qui se trouve dans le sédiment niuqueux de l'urine de quelques malades. Rapportons des fiils qui assurent l'existence de ces concrétions avant d'en déterminer la composition.

Les racbiliques , ceux qui éprouvent un ramollissement des os, sont sujets à rendre jde l'urine qui dépose une matière blanche et calcaire. L'histoire de la maladie de la femme Supiot est très-connue. Ses os se sont ramollis au point qu'elle les fléchissait dans leur continuité. Au commencement de sa maladie ses urines déposaient une matière blanche , concrète et calcaire. Celte femme en a rendu une prodigieuse quantité , de manière qu'on a pu la soumettre à différentes épreuves. Voyant que cette matière était soluble même par l'action des acides végétaux , comme le vinaigre , on a pensé qu'elle était fournie par la substance ou la base des os et qu'elle n'appartenait point essentiellement aux urines. Ce qui a confirmé cette opinion, c'est qu'après la mort de cette femme on a trouvé presque tous ses os amollis et privés de leur substance concrète, au point de pouvoir les couper facilement , comme des parties tendineuses , et qu'il y avait dans les deux reins et dans leurs calices une autre matière concrète ou des sables assez gros de forme irrégulière et d'un rouge safrané , tels qu'il s'en forme pat le re-

froidissement de l'urine, ytcad. des se . nnn. 1763.

•l'ai vu h Londres, en août 1773 , un cordonnier âgé de trente-sept ans qui, depuis quatre ans , reslait dans son lit a cause d'un ramollissement de ses os, qui avait coniuiencé en I7G6 par des douleurs dans les membres. Ses urines, pendant les deux premières années de sa maladie, avaient déposé un sédiment blanc et calcaire et avaient cessé ensuite de fournir uu dépôt semblable. Un chirurgien qui m'iiccompagna chez ce malade me montra une partie de ce sédiment exposé à l'air : il était devenu par l'évaporation comme du mortier. Sa matière, séchée et concrète, avait paru friable et très-soluble par les acides. Ce sédiment était donc aussi de la même nature que celui des urines de la femme Supiof. C'était du phosphate calcaire qui forme la base ou la substance solide des os, et qui , étant pompé par leurs vaisseaux absorbants et conduit aux reins, qui sont les émonctoires du corps les plus propres à la sécrétion et à l'éjection des substances salines, s'était mêlé avec l'urine. Ce cordonnier est mort en 1775 , et dans mon second voyage à Londres j'ai vu une partie de ses os dans le muséum du célèbre Guillaume Hunter. Ils étaient très-légers et tellement amollis qu'on avait coupé facilement avec un scalpel un os fémur suivant son axe ou sa longueur. La cavité interne de cet os était très-ample , remplie d'une espèce de fongosité trèsmolle , rougeàtre, et d'un licjuide sanguin ; elle était formée d'une couche extérieure d'une fermeté tendineuse, de l'épaisseur d'environ trois lignes , trèsvasculairc , et à laquelle adhérait le périoste. Une partie des cartilages qui couvrent les extrémités des os avaient beaucoup moins d'épaisseur que dans l'état naturel , sans avoir perdu leur couleur de perle et leur poli. Quoique ce malade fût resté dans son lit pendant six ans sans mouvoir les articulations des extrémités inférieures, les capsules articulaires contenaient une grande quantité de synovie de bonne qualité. Comme les os se pliaient facilement et cédaient à l'action des muscles et des autres agents pendant la vie du malade ; dans les endroits où la perte de la substance osseuse commençait et devenait plus grande , on pouvait prendre pour une fracture cette partie de l'os plus amollie et dont la direolion éluit changée. — Ce u'cst pas

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seulement diins rurinc îles rachili(|ucs et des miilades dont les os se raiiioliissent qu'on trouve un scdimcnt de phosjjhate calcaire ; celle des goulleux en dépose quelquefois. M. Bosc en a fourni un exemple inséré dans les Mémoires de l'Académie des sciences {année 1747).

Un homme âgé de cinquante-cinq ans, sain , eut des accès de goulte qui revenaient par intervalles ; puis, sans aucun accident préliminaire, il commença à rendre des urines d'une couleur opale ou de lait. Après une heure de repos, celte uiine paraissait transparente et avait déposé un sédiment blanc tle l'épaisseur d'un quart de pouce. Ce sédiment était d'abord de la consistance d'une argile détrempée ; on pouvait le couper aussi facilement que du savon : mais , en une heure ou deux , il acquérait la dureté de la craie ou du plâtre. Les urines de ce goutteux ont continué de déposer une matière semblable pendant huit mois, siins interruption ; et le malade a jugé qu'il en avait rendu 60 ou 70 liv. Quoiqu'on n'ait pas soumis aux épreuves chimiques cet'e matière plâtreuse, nous présumons qu'elle élait composée principalement de phosphate calcaire. Celte présomption est fondée sur la ressemblance de cette matière avec la craie , et sur celle qu'elle avait encore avec la substance calcaire du sédiment de l'urine d'uu homme dont nous allons rapporter la maladie.

Un homme âgé d'environ soixante ans éprouva , en 1774 , sans aucune cause manifeste , une difficulté d'uriner , avec l)esanteur à la vessie et douleurs dans l'urètre. Peu de temps après, il s'aperçut qu'en urinant, cl surtout à la fin de l'éjection de l'urine, il sortait une mucosité blanchâtre, et qu'alors il ressentait beaucoup plus de douleurs. Son urine n'était point briquctée ; elle paraissait blanchâtre , déposait promptement beaucoup de nuicosité; et celle mucosité, par la seule action de l'air, s'épaississait, devenait concrète et formait une substance sèche et ressemblant à de la craie. Ce malade prit sans succès différents diurétiques.

Comme il éprouvait tous les jours les mêmes accidenis, dont il était jdus ou moins tourmenté, il consulta M. Lassus , professeur royal aux écoles de chirurgie, qui lui conseilla l'usage des eaux de Contrexeville. Il prit ces eaux dans le lieu même, tant en bains qu'en boissons: elles lui firent rendre une quantité considcruble de cette mucosité calcaire. Le sou-

Chojjart.

VOir.S DRINAIUES. 'iO

lagement qu'il en éprouva le détermina à retourner à Contrexeville les deux années suivantes. Outre ces eaux il prenait d.ins la journée une infusion de fuuillis de pariétaire. De jour en jour ses raaux se sont allégés , la quantité de sédinici:t muqueux a diminué ; et, depuis dix ans, il n'est plus sujet à de semblables accidents. Il a continué encore long-temps l'usage dt l'eau de pariétaire : disons aussi qu'il a rendu, une fois seulement , un gravier blancbàtre de la grosseur d'un grain d'orge. 11 avait conservé par curiosité une grande quantité de la matière calcaire ([ue ses urines avaient déposée. M. Jobart, maître en chirurgie à Versailles, à qui je dois le récit de ce fait, m'a donné une partie de celle matière, que M. Vauquclin a soumise en ma jjrésence à l'action des acides et des alcalis. Ces concrétions étaient blanchâtres, poreuses, friables, et plus faciles à broyer que les graviers urinaires. Réduites en poudre et mêlées avec un peu d'eau sur du papier teint en bleu, elles ne l'ont pas rougi. Celte poudre a élé dissoiile, sans etTervescence , par l'acide muriatique.

Elle ne s'est point dissoute cnlièremenf dans la solution aqiieuse de potasse. L'acide muriatique versé sur cette liqueur de potasse n'a pas produit de précipité ; il ne s'est pas formé d'urate de polasse. Cette poudre ayant été étendue dans une portion d'eau distillée sur laquelle on a versé six fois autant d'eau de chaux , nous avons vu des flocons blancs , demitransparents , qui se sont précipités au fond du vase. Tous ces produits nous ont montré que ces concrétions n'étaient que du phosphate calcaire ; et qu'il n'y avait point d'acide urique, base des pierres urinaires. Mais ce sédiment muqueux et calcaire, venait-il de la vessie ou des reins Les symptômes comme les douleurs vésicalcs autorisent à penser qu'il provenait de la vessie, dont les follicules ou les vaisseaux séreux de sa tunique interne fournissent et laissent suinter plus ou moins de mucus. Cependant celte opinion a besoin d'être soutenue par de nouveaux faits, pour eoristatersi le phosphate calcaire peut résider eu aussi grande quantité dans le mucus vésical; car l'urine , qui contient toujours une portion de ce phosphate, paraît être son véhicule le plus naturel.

L'examen des urines fournit, dans bien des cas, des lumières utiles pour connaître l'état actuel d'une maladie, ou pour juger des événements futurs. Tous les

^0 TRAITÉ

cliaiificmciUs qui c'iuiijncnt l'urino des iiialudcs de son élal naturel sont les effets de quelque dérangemenldans l'harmonie des lonelionsdes différents viscères , ou seulement des voies urinaires. Des observateurs se sont attachés à la connaissance de ces changements et des symptômes qui accompagnent et indiquent les maladies. Ils ontexposé les divers étatsde l'urine qui peuvent êtrcles sources d'un grand nombre de signes; savoir: ceux qui annoncent quelque évacuation critique ; ceux qui sont d'un bon ou d'un mauvais augure ; et ceux qui indiquent quelque accident déterminé. — On a regardé comme un des signes assurés de coction, l'urine qui paraît après les premiers jours de maladie avec des nuages , avec un sédiment, et on l'a appelée urine cuite. Cette urine est un signe de crise, quand elle devient trouble et renferme un sédiment blanchâtre et constant pendant le cours de la maladie; elle annonce la crise d'autant plus prochaine que le sédiment a paru plus tôt. Hippocrate dit (Progn. lib. 2) que celle qui est rougeàtrc, et qui contient un sédiment de la même couleur, dénote la crise pour le scpliènie jour ; si elle ne paraît telle qu'après ce temps, c'est un signe que la crise se fera plus tard et lentement.

Les urines sont elles-mêmes la matière de l'excrétion critique ; et par conséquent un signe avantageux dans les maladies aiguës, lorsqu'elles viennent les jours critiques en grande quantité. Si elles sont épaisses et renferment beaucoup de .sédiment, elles préviennent les abcès qui se forment souvent, à la suite de ces maladies , soit aux oreilles , soit aux extrémités inl'érieures. Il est constant, par plusieurs observations, que le pus des abcès dans la poitrine , dans le foie, s'est évacué par des urines bourbeuses et purulentes. Les voies par lesquelles la nature ménage cette évacuation sont peu connues. Il est probable que la matière est absorbée par des vaisseaux lymphati(iues qui la portent dans la circulation sanguine, et le sang qui eu est chargé la dépose dans les reins. Au reste, le fait de la métastase aux voies urinaires est bien avéré. — Galien a remarqué que le pus d'un abcès du poumon s'i'ait évacué par les urines [De locis affect. lib. (i, cap. 4). Scultet a vu, dans le cas d'une plaie à l'abdomen, les mines chargées d'une grande iiuanlité de pus, ce qui calma tous les symptômes {Armurnent.

o^^c/v. 0 1 ). l'abncc d' A q uapujidcnlc rap-

porte qu'un de ses amis ayant été blessé à la poitrine, ou reconnul que la plaie était pénétrante au crachement de sang, à la toux, à la respiration embarrassée, au poids que le blessé sentait sur le diaphragme, et qui paraissait indiquer un épanchement dans la poitrine. Comme il n'y avait pas moyen de rien faire sortir par la plaie, qui était très-étroite, on était convenu de ïaire l'opération de l'empyème. Mais, heureusement pour le malade, il rendit par les urines un plein verre de sang corrompu, ce qui le délivra de la douleur, de la fièvre et de tous les symptômes (Oper. ch. Par. 1 : lib. 2, cap. 2j. — Diemerbroeck a traité, en 1 638, un marchand de Nimègue qui était empyique, et qui avait rendu , pendant deux jours, par la voie des urines, une grande quantité de pus blanc, bien lié et médiocrement épais. Cette excrétion s'était faite avec quelque douleur dans le trajet des uretères , et sans mélange de sang; elle l'avait heureusement délivré del'empyème, dont l'amas du pus causait dans la poitrine une ondulation seçtie parle malade, qui respirait avec difBculté, et entendue des assistants pendant la secousse du corps vers sa partie antérieure. Diemerbroeck a observé le même phénomène sur un autre empyique dont le pus s'évacua également par les voies urinaires, mais en causant beaucotip de douleur dans la région des lombes et des uretères [Ânat. lib. 1, cap. 17). Dulaurent rapporte dans son Traité d'anatomie (liv. 9, quest. 12) un cas semblable qu'il a vu sur un empyique. Après la mort de ce malade on trouva dans la cavité de la poitrine et dans le cœur une humeur purulente, fétide, abondante, semblable à celle qu'il avait rendue avec les urines ; ce qui prouve que celte matière venait de la poitrine aux reins par la voie du cours du sang.

Ces faits semblent ne laisser aucun doute sur la possibilité de l'excrétion de la matière purulente de la poitrine par la voie des urines. Plusieurs observateurs pensent que le lait des mamelles , ou celui qui est déposé dans différentes parties du corps , s'évacue quelquefois avec les urines, de manière qu'il les rend laiteuses ; mais cette opinion n'est pas encore assez constatée pour l'adopter. On est plus d'accord sur rexcréliou de l'eau de l'anasarque et de l'hydropisie par les urines, et personne n'ignore de quelle utilité est un flux abondant d'urines dans ces uiuludics. — Les urines sont aussi la

BES MALADIES BES

principale et la plus salutaire crise dans les aflfeclions du foie; leur excrétion se ressent très-promptement des dérangements daus l'aclion de ce viscère.

Le pus des abcès ou des ulcères extérieurs est même quelquefois transporté aux voles urinaires. Paré en donne deux exemples à la suite de plaies au bras. « J'ai veu, dit-il, un secrétaire du roy avoir un coup de pistolet au bras dextre ; à sa playe siiruindrent plusieurs accidens et apostemes , desquelles sorloit bien grande quantité de bouë : et par quelques jours n'en sortit que bien peu , et alors la iettoit par le siège et par ses vrines; et quand ces vlceres iettoient beaucoup, on ne voyoit ny par les selles, ny par les vrines aucune apparence de bouë , et fut guary. » Paré ajoute qu'il a pansé avec MM. Cheval et Rass, chirurgiens, « un gentilhomme qui fut blessé d'vn coup d'espée au brassenesire, auquel aduint pareille chose.» Or maislre Rassdisoit qu'il étoit « impossible que sa bouë pust prendre un si long chemin pour être vacuée : joint qu'elle ne pouuoit passer par les vrines, sans qu'elle fust meslée avec le sang; et partant qu'elle pouuoit pluslôt venir de niezunlere, oU des intestins, et non du bras ou de quelque autre part. » Paré disoit au contraire qu'elle venoit du bras à raison que « lorsque les vlceres ieltdient une grande quantité de sanie , il n'en sorloit nullement par en bas : et ce qui mettroit d'accord, seroit que, lorsque ledit blessé seroit mort, on regardas! en son corps s'il y avoit quelque aposteme ou vicere. » Il mourut, et Paré fit l'ouverture de son corps en la présence des susdits; et ayant regardé et examiné loules les parties internes, « ne fut trouué aucun lieu d'im la bouë peust sortir : dont fut conclu de tous que ladite bouë procédoit du bras, estant vacuée par les selles et vrinCs; adjoustant que telle chose n'estoit pas impossible , parce que noltc corps est Confluxible et transpirable. »

De toutes les maladies, celles des voies urinaires ont IcUr crise prompte, facile et naturelle par les urines. L'inflammation des reins et sur tout celle de lai Vessie se terminent utilement par VeX- Crétion d'urines blanchâtres, visqueuses, et qui déposent un sédiment puiiforme Ou purulent. On trouvera dans le Cours de cet ouvrage des faits qui appuient

cette assertion Mais, pour porter un

jugement plus assuré sur l'étal critique îles urines cl sur les avantages qu'on doit

VOIES DRINAIRES. 61

en attendre , il faut examiner si la coction est faite, si le temps de la crise est arrivé, et si les signes critiques paraissent : surtout ceux qui annoncent qu'elle aura lieu par les voies urinaires. Tels sont la pesanteur des hy pochondres, un sentiment de gonflement vers la vessie , des envies fréquentes d'uriner , des ardeurs en urinant, et l'absence des signes qui indiquent les autres excrétions. — D'après la connaissance des qualités salutaires de l'urine, on peut apprécier celles qui doivent servir à établir un pronostic fâcheux, et estimer les accidents ou les symptômes qui peuvent se manifester après telle ou telle urine. En général on regarde comme mauvaises lis urines qui dans les maladies restent longtemps crues, sans nuage, sans sédiment.

Hippocrate condamne celles qui renferment un sédiment semblable à de la grosse farine, plus encore celles qui sont laminées, qui contiennent de petites lames ou écailles, ou des matières comme du son, et celles qui ont des nuages rouges ou noirâtres. Tant que l'urine reste rOuge et ténue, c'est un signe que la coction n'est pas faite; si l'urine persiste long-temps dans cet état , il est â craindre que le malade ne succombe avant qu'elle ait pris un meilleur caractère. Les urines extrêmement félidés, aqueuses el noires sont d'un sinistre augure : elles fournissent même un pronostic de mort si elles ne sont accompagnées d'aucun signe critique, et si elles se rencontrent avec des symptômes graves.

Mais les différentes variétés observées dans l'urine ne dépendent souvent que d'un vice local dans les reins ou dans la vessie; alors elles ne sauraient instruire des affections du reste du corps, elles ne peuvent que faire connaître le vice de ces parties. C'est pourquoi Hippocrate, dans l'examen des urines, recommande beaucoup d'y faire attention, afin d'éviter des erreurs funestes au malade. On peut s'assurer que les reifis ou la vessiti sont affectés, par les causes qui ont précédé, et par les symptômes présents, surtout par les douleurs que le malade rapporte à la région de ces parties. Ainsi tine douleur subite aux reins avec Suppression d'urine présage l'excrétion d'u-^ fines épaisses ou de petits graviers, du indique leur passage par les uretères. Le pisseinent de sang spontané, liquide, abondant, bien mêlé avec l'urine, dénote aiiisi rpe les urines épaisses et chargées

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de caroncules, fjiie l'iifTedion csl clans les reins. LoiS(|iie les urines renlcrnicnt du suns,' en grumeaux, que l'iiypogaslrc et le ficrini'e sont douloureux, la vessie est all'i'ctée : le pisseiuent d'urines purulentes et qui d('poscnl îles lames ou écailles li'lid(S, désigne l'ulcéralion de celle partie. Des observalcurs ont dit ((ue la vessie c.-t scabieuseou allaquéc d'une esiièce de {]ale, scnhies, lorsque les urines sont cpa;s,-es et charrient beiiucoup de matières, comme du son. Quelques auteurs ont prélendu que les urines brilliintcs, liinjiidis, qui laissaient des cristaux au\ jiaiois des vases , étaient un signe d'aiïcelion liypochondriaque ; que les urines pourprées, tenues et écumeuscs étaient un indice de pleurésie; que celles dont les nuages étaient comme autant de petits flocons et dont l'écume était long- temps à se dissiper, dénotaient la plitliisie : on a été jusqu'à ranger parmi les signes de grossesse l'urine claire et remplie de pelis atomes courant de côté et d'autre. Enfin on a prétendu tirer des urines bc;iucou[) d'autres signes encore moins certains et aussi faillibles. — Il en est des signes tirés de l'urine comme de ceux que fournissent les autres actions du corps. Seuls, ils sont pour l'ordinaire fautifs; réunis et combinés ensemble, ils se prêtent mutuellement de la force, de la sûreté, et concourent h établir des jugements assez probables. Comme en médecine il n'y a rien d'absolument certain, et que le plus haut degré de certitude médicale ne va jamais au delà d'une grande probabilité, l'urine peut d'autant ])lus facilement induire en erreur qu'il est très-diflicile de connaître eu quoi et de combien elle s'écarte, dans les maladies , de l'état naturel, et que la même urine peut signifier la même chose. En eiïet, l'urine limpide et abondante annonce cbez les uns une attaque de népbrile ; chez les autres, un redoublement de fièvre; chez ceux-ci, le délire ; chez ceux-là , peut-être une excrétion critifiue; chez quelques-uns, l'effet d'une boisson aqueuse, etc., parce que la moindre passion de lame, la plus légère émotion peut changer l'état de l'urine ; parce qu'elle varie suivant qu'elle est vieille ou récente, qu'on l'a laissée long-temps en repos ou qu'on l'a agitée. C'est pourquoi l'homme prudent, qui ne veut ni risquer sa réputation, ni hasarder le bien de ses mylades, ne se contente point de l'examen des urines; il ne le néglige point, mais il joint les lumières qu'il en

relire à celles qu'il peut obtenir des autres excrétions , des symptômes du mal , etc., et il p irvicnt par ce moyen à répandre un certain jour sur l'état actuel et futur des malades qui lui sont confiés. Il sait d'ailleurs que le principal usage de l'examen des urines Cbt pour connaître le temps de la coclion dans les maladies aiguës ; que cel examen y sert infiniment ; qu'il est aussi utile dans les affections du fuie, dans l'hydropisie, le calcul, les ulcères des reins cl de la ve.isie ; qu'il est moins avantageux dans les maladies de li lêlc et de la poitrine, encore moins dans les affections nerveuses , hystériques, hypocliondriaques ; et ipi'entin ces signes sont le (dus souvent fautifs, lorsqu'on prélend s'en servir pour distinguer des m.iladies particulières.

On voit par-là ce qu'il faut penser de ces gens qui s'affichent sous le titre important de médecins, des urines, et qui, parla seule inspection d'urines apportées de loin, agitées, ballotléesen divers sens, prétendent décider du sexe, de l'âge, du tempérament, de l'état de santé ou de maladie ou de l'espèce de maladie de ceux qui les ont rendues. Les gens éclairés, parfaitement instruits de l'ignorance de ces ch.trlatans , ne peuvent que s'en moquer ; mais le peuple , pour qui le singulier est une amorce toujours sûre de le frapper et de l'attirer, court en foule porter à ces prétendus guérisseurs son urine et son argent. Il ne s'aperçoit pas qu'il raconte lui-même sa maladie, et il est tout ébahi de se l'entendre détailler en d'autres termes sur le seul examen de son urine. Pénétré d'admiration, il acliète la drogue de l'empirique et la prend avec cette aveugle confiance qui, dans les maladies légères, suffit seule pour la guérison ; mais, dans les cas graves, il ne tarde pas à ressentir les mauvais effets d'un remède souvent violent, administré avec aussi peu de connaissance et de précaution, et meurt ordinairement victime de sa crédulité [Encyclopcd., nrl. Urine).

Malacl ies causées par l'urine. — Cette humeur, par ses qualités vicieuses et par son séjour dans les organes qui la contiennent, peut y produire l'irritation, la gangrène, l'inflammation, l'ulcération et des concrétions ou calculs. Si elle est retenue dans ses conduits ou dans son réservoir, une portion de celle qui continue à se filtrer dans les reins, et même de celle qui y est accumulée, peut être résorbée par des vaisseaux lymphatiques; et, transportée sur des viscères plus ou

DES MALADIES DES VOIES OIUNAIRES

moins éloignés des voies urinaires , elle causera des accidents qui se manifeslcroiit par des symptômes différents , suivant le siège de la métastase : tels que le hoquet, le vomissement, le niéléorisme, si l'estomac et le canal intestinal sont affectés; comme le coma, l'assoupissement et d'autres symptômes d'jipoplexie, lorsque celte tumeur se portera ,iu cerveau. Dans le cis d'incontinence d'urine, ce liquide, par son séjour sur les parties extérieures du corps, sur les linges , les vêtements, exiiale une otieur désagréable et d'une i'étidité pnrticulière à l'urine écliaufl'ée et disposée à la putréfaction ; souvent il excite des boulons crysipélateux ; il excorie même la peau et cause des ulcérations calleuses qui se guérissent parla propreté, les bains et des onctions de cérat simple ou de Saturne. Mais l'urine forme le plus ordi^ dairement des tumeurs qu'on nomme urinaires et qui sont de deux espèces, suivant leur siéije dans les voies de cette humeur ou hors de ces voies. — L i première espèce de tumeur urinairc dépend toujours de la rétention forcée ou contre nature de l'urine ; et la tumeur qu'elle forme a son siège dans les reins ou leur bassinet, si la cause de la rétention est fixée au commencement des uretères. Cette tumeur occupe les uretères et les rei'ns , si l'obstacle au cours de l'urine se trouve vers la terminaison de ces conduits. Elle affrète principalement la vessie et couséculivement les urelères et les reins, lorsque l'urine est retenue dans la' vessie par le défaut d'action de ce viscère, par des corps étrangers situés dans sa cavité, par le déplacement d'une partie de son corjis ou son issue à travers les parois de l'abdomen, par les vices de l'urètre, par ceux des parties voisines de ce canal et de la vessie. — La seconde espèce de tumeur urinaire provient de la crevasse ou de la division des organes que l'urine parcourt. Au moyen de celle ouverture située aux reins, aux uretères, à la vessie ou ii l'ui èlre , l'urine s'épanche ou s'infillie dans leurs parties voisines et y cause des dépôts gmgréneux , des abcès et des ulcères fisluleux. — Nous exposerons la nature, les dinérences, les causes, les acciilents, les signes et la cur.ation de ces affections produites par la rétention contre nature de l'urine, ou par son épanchement et son infiltration, en traitant des vices de l'excrélion de celle bumeur,

MALADIEi UIÎS VOIES UniNAInBS, SVIVAST LKUll SIIÎGE DANS LES KKINS, LES UREtÈhES, LA VESSIE ET L'uilETnE.

Maladies des rd it.

I,es reins peuvent cire mal conformés, avoir une position vicieuse, devenir d'un volume considérable, former une tumeur anormale ou se réduire ;i une pclilesse .extrême. Ces étals contre iiatui'c doivent être exposés, avant de parler des jilaies , de rinllammation, des abcès, des ulcères, du Ciincer , des hydaliJes des reins, et des corps étrangers qui peuvent s'y rencontrer.

Ues vices de cnnformali tu , de posiiioii et de grandeur de^ reins. — 1/ s vices de conformation des reins, tels que leur division en lobes (1) ((ui subsistent quelquefois après la naissance, et qui semblent augmenter lo nombre de ces viscères, n'olïrent rien de particulier pour la connaissance et le traitement do leurs maladies. — Mais leur position contre nature mérite quelque considération.

Le plus grand nombre des sujets ont deux reins situés dans la région lombaire, l'un à droite et l'autre a gauche, à côté de la colonne vertébrale. Quel(|ues-uns n'ont qu'un rein , ou deux réunis en un seul; alors il est plus gros, se trouve

(1) Le rein du fœtus est divisé en plusieurs lobes, ou cliacjue rein est formé de treize à vingt-sepl pelitsreins de forme pyramidale, donl les bases correspondeiU à la surface externe de ce viscère , cl dont les sommets, libres dans les calices, sont tournés vers sa scissure et criblés parles ouvertures de ses conduiis excréteurs. Ces petits reins so réunissent en raison progressive de l'accroisscmenl; au point que les traces de leur ancienne division s'effacent et que la surface du rein devient uniforme et polie, d'inégale et raboteuse qu'elle était dans le fœuis. Mais il arrive quelquefois que les reins restent divisés en plusieurs lobes séparés les uns des autres, ce qui a donné lieu aux anatomislcs d'admeitre plusieurs reins d'un seul côté. Blasius, ohaerv. IG, lib. /j, dit en avoir trouvé deux du même côté; Eustaclie, trois , 0;n«. ancit., p 51 ; Dulaurcnt , quatre, Uht. aiuii. , p. -252; cl Molinotti, cinq, Dhscrt. ciiiat. palliol., p. 505. Ces reins excédants ne sont que des divisions particulières d'un seul rein naturel et primitif.

quelquefois à l'un des côlés du vcnire , et le plus ordinairement en travers sur les vertèbres loinbaires , devant l'aorte et la veine cave, un peu au-dessus de la naissance des artères iliaques. Quoiqu'il n'y ait qu'un rein, on y trouve presque toujours deux uretères. Caln-olne trouva qu'un rein à un domestique. « Bien est vray, dit-il, qu'il estoil de (]rai)deur incroyable, eslaut couelié sur les vertèbres des lombes, et à cliasque costé, tant droit que seneslre , estoyent implantées les veines et artères émul£rentcs, ensemble les uretères faisant ledict rein oftice de deux » {Obsen>. anal. 1 4). Mais, dans les sujets qui ont un rein de chaque côté , l'un peut se trouver dans la région lombaire , et l'autre occuper la fosse iliaque du bassin. — Nous avons vu a l'École pratique de cliirurgie un exemple de ce vice de position des reins dans le cadavre d'un vieillard. Le rein droit était situé à sa place naturelle, au-dessous du foie; le gauche était en partie derrière la fin du colon , devant les muscles iliaque etpsoas, et s'étendait dans le petit bassin : il n'avait pas la forme ordinaire des reins, il était très-large, inégal, et d'un grand volume; il contenait trois pierres qui pesaient ensemble quatorze onces. Le rein droit était sain, de même que la vessie et les autres viscères. Il a paru que cet homme était mort de vieillesse, et nous n'avons pu savoir s'il avait étéallaqué de néphrite.

On lit dans le Journal des Savants, année 1689, que Drouin , chirurgien en chef de la Salpêtrière, trouva dans le cadavre d'une fille de dix-sept ans, le rein droit couche sur la dernière vertèbre des lombes et sur l'os sacrum audevant des vaisseaux iliaques. La substance de ce rein était cartilagineuse. On y vit huit cellules dans lesquelles étaient des pierres de figures irrégulières et de différentes grosseurs. Les unes étaient grosses comme des œufs de pigeon, d'autres comme des mûres, et d'autres comme des fèves de haricot. Ce rein pesait plus d'une livre et demie : sou uretère était entièrement effacé. Le rein gauche était dans sa situation naturelle ; mais il était d'un volume extraordinaire, ayant un demi-pied de long et cinq pouces de large : son uretère était comprimé par le rein droit. — Comme il est inq)0ssible de connaître pendant la vie la position contre nature des reins, on sera sujet, dans ce cas très-rare, à se méprendre sur leurs maladies : mais celle erreur ne peut cire

dangereuse, parce qu'on les Irai le d'après les symptômes qui se manifestent , qui indiquent les moyens curatil's , et qui doivent en faire diriger l'application sur telle ou telle partie du ventre , suivant le siège de la douleur. — Le volume ordinaire de chaque rein dans les adultes e-t d'environ cinq ii six travers de doigt de longueur sur trois de largeur et un et demi d'épaisseur. Ces dimensions varient dans l'état de maladie; et la différence est quelquefois extrême en grosseur ou eu [jctitesse. Morgagni les a trouvé.? trois fois plus gros qu'ils ne le sont ordinairement, chez une fille morle, le second jour, d'une douleur aiguë qu'elle ressentit sous les fausses côles du côté gauche. Il y avait un peu de matière sanieuse entre la membrane adipeuse du rein gauche et sa membrane propre, surtout vers son bord supérieur [De sedibus et causis movborum pcr anatomiam indagalcs ejjisi. 'id^arl. 20). IMorgagnicite aussi des cas oli les deux reins étaient d'un jielit volume; et cependant les uns avaient des hjdalides , d'autres étaient d'une figure extraordinaire avec plusieurs tubercules extérieurs pleins de matière putride (De scdib. cp. 42, arl. 2 ei 12).

Il n'est pas rare de voir l'un des reins plus gros , et l'autre plus petit. Bonnet rapporte, d'après Baillou , que le rein gauche d'une veuve morte à la suite d'une néphrite était de la grosseur d'un rein de bœuf, contenait un peu de sanie et une petite pierre, et que le rein droit était si petit qu'on eut peine à le trouve r [Scpulcli. anat. lib. 3, secl. 22, obs. 7), Eustache a vu dans un homme l'un des reins, d'un grand volume, ])lein de calculs et de matières sanieuscs; l'autre était sain, mais de la grosseur d'une Irèspelite châtaigne [Anal. obs. IG). Dans quelques sujets, Duverney a observé qu'un rein était fondu, et n'avait que la grosseur d'une noix ordinaire, et que l'uretère était dans sou état naturel [OEuvr. anal. t. p. 2G0). Lorsque la substance intérieure du rein est consumée, fondue par l'urine retenue, par du pus , etc. , il ne reste que sa membrane propre, qui est devenue épaisse et ferme, et dont la partie interne est celluleuse , ou présente plusieurs loges membraneuses plus ou moins amples. Ces loges ou cloisons sont les prolongements que celle membrane fournit pour séparer et renfermer les petits reins du fœlus, et qui subsistent après la naissance, quoique la

DES MALADIES DI suLstance du rein ne pamissc pas ili-

visée. , , , ,

Les causes les plus Irequenles de 1 altération (lu volume et de la sti-ucturc des reins, sont les calculs urinaires. On a vu alors leur substance dégénérée de différentes manières : tantôt elle est molle, flasque, laisse voir distinctement les conduits excréteurs de l'urine, d'autrefois elle est dense, serrée, comme squirrheuse ou carcinomateuse, sans foyer d'humeur, et n'oii're qu'une cavité proportionnée au volume de la pierre qu'elle contient ; quelquefois elle est ulcérée en différents points. Dans d'autres cas il ne paraît pas d'ulcère, mais toute la substance est presque détruite ou consumée; le rein ne forme qu'un sac membraneux et cellulaire plus ou moins grand, suivant l'amas de la sérosité retenue dans sa cavité. Les observations de Bonnet, de Morgagni , donnent plusieurs exemples de ces altérations des reins par di s pierres (voyez Sepiilch. lib. 3, sect. 22, obs. 6; et De sedibus, episl. 40, art. 12 eMS ; épisi. 42., ari, 13 , 16, 20 , 28 ; cl cpisi. 67, art. 10). — Dans l'Hisloire de la Sociélé royale de médecine de Paris, années 1780 et 1781, page 272 , on rapporte un cas intéressant d'une dégénérescence singulière des deux reins d'une femme calculeuse. Le rein droit formait une masse molle , membraneuse , qui avait huit pouces dans sa longueur et cinq dans son épaisseur; sa partie supérieure présentait des bosselures semblables à des circonvolutions intestinales. Cette masse contenait une prande quantité de sérosité et quatre calculs assez gros; elle parut composée de plusieurs cellules membraneuses qui s'ouvraient les unes dans les autres. Pour découvrir le rein gauche dont on n'apercevait point de traces, il fallut suivre l'uretère, lequel conduisit jusqu'auprès du diaphragme, à un petit sac membraneux qu'on reconnut cire le rein. Ce sac renfermait quelques cellules, avait un peu plus d'épaisseur et de consistance que n'en avaient les membranes du rein droit. On y voyait quelques restes de mamelons déformés; mais il n'était plu< possible de distinguer la différence des deux .substances qui constituent le rein. Les membranes de ce sac contenaient de la sérosité et un calcul de la grosseur d'un pois. — L'augmentation du volume des reins peut encore dépendre d'un amas de matière sté.itoinaleuse dans leur substance, Morgagni parle d'un jeune hon-me scro-

VOIES oniNAIHES. ô5

fuleux dont le rein gauche était couvert et rempli d'humeur sléatonialeuse , et pesait environ deux livres et demie {De sedib.,ctc. , epist. 98, art. 1 2). Mais, lorsqu'il n'y a point de pierre, cette augmentation de volume est plus souvent l'efTet de la rétention de l'urine dans la vessie, dans les uretères et dans les cavités des reins, dont la substance se désorganise par degrés, et qui n'oDfrent plus qu'une poche membraneuse pleine d'urine fétide.

Des Tumeurs anomales ries reins.

— Les reins, en augmentant de volume, forment quelquefois à l'un des côtés du ventre une tumeur apparente, ou qu'on peut reconnaître par le toucher. Elle est souvent anomale, ou sa nature est difficile à déterminer; et on peut la prendre pour une tumeur du foie ou de la raie, lorsqu'elle se montre du côté de ces viscères, et qu'elle a la dureté de leur état d'engorgement ou de turaéf^iclion, 11 y a plusieurs exemples d'erreur à cet égard. Un homme dont les urines étaient quelquefois sanguinolentes, et d'aulrefois muqueuses et puriformes, avait, vers la région lombaire du côté droit, au-dessous des fausses côtes , une tumeur ferme et indolente. On soupçonna qu'elle élait formée par le foie, et l'on persista dans cette conjecture jusqu'à la mort du malade. L'ouverture de son cadavre apprit que cette tumeur était le rein droit augmenté de volume, et soulevé par une végélalion osseuse, digitale, et née du corps de la seconde vertèbre lombaire.

Cotte espèce d'exoslose, assez commune chez les vieillards , s'était dirigée du côté du rein , et s'était formé un enfoncement à la face postérieure de ce viscère. La substance de ce rein était molle , facile à rompre, et comme p\ilrél\éc; elle contenait plusieurs foyers pleins de sang et de matière putride. — Dans l'observation de Baillou citée idus haut , le rein gauche avait la grosseur de celui d'un bœuf, formait, à l'tiypochondre du même côté, une tumeur très-apparente, dure, et qu'on avait prise pour une tuméfaction de la rale(l}. Ce viscère, en

(1) La ralo peut se gonfler au point de faire une éminonce saillanic sous les parois de l'abdomen. Do Ions les faits de luméfaciion cxlrnordlnalrc de la ralo je rapporlcrat celui que M. GarlicK-, chirurgien anglais, a faii insérer dans le sixième lomo du Journal de médeciiii}

TRAITli

£ irmatil une liimcnr sous l'Iiypoclionilrc {ïauclie, peut s'unir t'iroilcmeiit nvec le rein, cuiiser des iloulem-s néplirilitiucs , (les iii'inns siiniruinoleiiles, el iiulnire en erreur ceux fjui ne eoiisiilércrniLiit que ees syitiplômes. Une observation donniie ))ar Bonnet , d'après Bogilan , semble le prou vir.

Un paysnn àg:c de cinquante ans , Ircsmaigrc , ressentait des doiileni's aigiiëi aux lombes et rendait des urines sanguinolentes. On remarqua à l'hypoeliondre g iuclie une tumeur rénitenle (]ui s'étendait ;i l'os des ilcs. On soui>çonna qu'elle était l'oriuée ])ar la r.ite, d'après le siège et l'élendiie de la rénilencc, la couleur plombée du corps , le dégoût des aliiiichls et l'inîomnie. On tâcha de combattre les accidents par les émulsions et d'autres remèdes. Les douleurs s'apaisèrent jientlant plusieurs semaines, sans qu'il y eût diminution dans la rétiueiice; ensuite elles se renouvelèrent, et il survint un nouvel accès qui fit périr le malade le qualrième jour. A l'ouverture du corps, on trouva la rate squirrheuse ; elle co'ivr.iit tout le rein gaucbe et lui était étroitement attachée. Ce rein était siin, de même que les autres viscères {Sepu'ch. Ub. 5,secl. 22, oùsciv. 50). La couleur sanguinolente des urines, les douleurs aux lombes el la rénilence rciuarquée au côté gauche du ventre et vers la région iliaque, pouvaient faire conjecturer que la maladie avait son siège dans le rein plutôt que dans la rate. Mais on est souvent exposé à celte erreur, même lorsque le rein tuméfié s'élève au

de Londres. Une fille âgée de seize ans eut une lièvre inlcrniillenle pendant quatre ans, et rcsseniit, dans la dernière année, des douleurs constantes aux reins el à l'Iivpocliondrc gauche. AprAs la cessation de celle lièvre , le venlrc devint plus gonllé , surtout du côlé gauche, où l'on scnlit une lumcur qui élail indolonle même en la pressant ; mais on n'en connut la nature qu'après la mort. Rlle iMail formée par la raie, qui occupait tout ce côlé du venire, cl dout Tcxlrémilé inférieure s'éiendail jusqu'au pubis du côlé droit. Elle pcsail onze livres el demie. Elle avait conservé sa (ignro et ses marques dislinclives. Elle coulenait des kystes de la grosseur d'une muscade, pleins de malière gélalincuso cl grasse; ■•, peine v avail-il des traces de I épiploon. Tous les autres viscères élaicnt sains.

cô'.é du venlrc, par^je qu'il est difficile d'établir le diagnostic des tumeurs ipi'il. peut former, .le crois devoir rapporter encore quelquis lails qui marquent que cette illusion i si fréquenlc.

La femme dont il. est parlé, plus haut, à l'égnrd d'une dégénérescence singulière des deux reins, avait une tumeur dans la région latérale moyenne et droite du ventre. On prenait celte tumeur pour un engorgeuumt du mésentère, et ou iivait tenté de la fondre au moyen de différentes substances savonneuses. Mais , à l'ouverture du cadavre, on vitcjue cette grosseur était le rein droit trcs-tuméfié et dégénéré. — Le fait suivant mérite aussi d'cire exposé. Un soldat invalide qui urinait fréquemment du sang, avait depuis longlem|)s , dans le côlé gauche du venire, une tumeur qui, par son accroissement, s'étendit vers rotubilic et l'aine de ce même côlé. Elle élait ovalaire, dure el indolenle : on la jugea du geure des tumeurs anomiiles , et située dans'' le tissu cellulaire du péritoine, parce qu'elle soulevait considérablement les parois de l'abdomen , et qu'elle par.iissiiit l'aire corps avec elles. Pour remédier au pissemcnt de sang on saigna le malade, et on lui appliqua des sangsues à l'anus. Cet accident étant dissipé, on tâcha d'amollir et de fondre celle tumeur pir des demi-b lins et des topique^ de savon, etc. lM:iis les douleurs, qui n'étaient que gravalives, devinrent pulsalives , lancinantes, comme dans un abcès. Alors on pensa que la tumeur prenait la voie de la suppuration, et on y appliqua les niaturatifs les plus actifs. Elle augmenta encore de volume; il survint des douleurs plus fortes, un engourdissement dans tous les membres et la paralysie des extrémités du côté gauche. Enfin le malade eut une incontinence d'urine, cracha du pus, en rendit par les urines et mourut. A l'ouverture du corps, on vit que la tumeur élait formée ]iar le rein gauche. Il avait au moins dix fois pius de volume que dans l'état naturel; il s'étendait depuis le diaphragme jusqu'au b.issin , en recouvrant en iiartie la rate el la vessie, et en déjelant à droite l'estomac el la portion dcscend.intc du colon, qui cependanl en recouvrait un peu la partie moyenne. Le rein, qui pesait huit livres-et demie, qui avait conservé toute sa forme naturelle, a été présenté à l'Académie royale de chirurgie. H contenait plusirurs foyers de matières de couleur et de consistance de lie do vin, ce

DES MAL.VDIES DE

q li a pnru di'pcndrc de h dissolution iiième de la substance de cet organe. Ces fovcrs étaient sépares par des cloisons ccïluleusL's, et enveloppés de la membrane commune du rein, devenue plus ép.iissc et plus solide qu'elle ne l'est ordinairement.

Il paraîtra peul-êlrc surprenant qu'on se soit mépris sur la nature et le sicgc de cette tumeur. Le pissement de siius auquel ce soldat était sujet, devait donner l'idée (|u'elle pouvait être produite parle rein; et celte idée aurait éloifjnéde l'usage des topiques maluratifs qui ont hâté ruci'roisseraent du mal et les accidents qii'i se sont manifestés quelques mois avant la mort. Mais on a vu , dans d'autres circonstances où les symptômes semblaient désigner une affection des reins, que ces viscères étaient pnrfaitemetil sains. Il faut une longue exi)érieuce rationnelle pourporler un jugement sûr, lorsque la tumeur formée par les reins est ferme, se présente avec les caractères des tumeurs anomales , et n'a ])oint été précédée de douleur néphriliqiie ni d'autres accidents qui caractérisent une nialailie de reins. Il est même possil)le de se tromper dans les cas où l'on y sent un liquide : une observation insérée dans i Histoire de l'Académie royale des Sciences de Paris, année 1732, le prouverait, si l'on était sûr qu'on ne se fût pas mépris sur l'organe qui formait la tumeur. Une femme âgée de quarantesept ans eut dans l'Iiypoijaslre une tumeur dure , de la grosseur que peut avoir la matrice dans une grossesse de trois mois et demi. La tumeur augmenta de volume; oti sentait des eaux répandues diins la ca])acité abdominale : on y fit plusieurs fois la ponction; mais il n'en sortit que quelques gouttes d'eau et de sang. Cependant la Iluctualion des eaux éiaii toujours sensible. La malade, entièreuicnt épuisée de forces, et ne pouvant plus prendre d'aliments, mourut. La tumeur de l'iiypogastrc, dit l'observateur, était le rein gauche si prodigieusement augmenté, qu'il pesait trente-cinq livres. Sa structure naturelle était altérée à proportion de celte augmentation de gr.indeur ei de poids. Les eaux ne floltaiciit (|ue dans les intervalles vides ([ue laissait l'énorme masse du rein : il ne s'en trouvait pas assez dans les endroiis où le Irois-quarts perçait. — ïMnis cette tumeur était-elle réellement formée jiar leroiui'Ce qu'on a pris [)oi:r une tumeur du rein n'était-il pas une vraie tu-

VOIES URINAinES.

meur de l'ovaire ? Sa situation dans l'hypogaslre vers la matrice, qu'on croyait même avant la mort être le siège du mal, et sa structure, portent à penser que c'était une espèce de squirre à cellules liydropiques de l'ovaire gauche.

Cependant on cite un exemple de rein tuméiié par des kystes pleins de lymphe et d'humeur de diverses natures, dont le volume et le poids étaient plus considérables que dans le cas précédent. Cet exemple se trouve dans le Journal des Savants , année 1 G98.

Un homme Agé de quarante-cinq ans , s'étant exercé trop violemment au jeu de paume, rendit bcaucoui) de sang par l'urètre. Cet écoulement dura plus de huit jours , pendant lesquels il perdit deux seaux de snng. La perte se renouvelait, dès f|u'il faisait quelques mouvements extraoïdiuaires ; elle fut suivie de grandes douleurs de rein qui durèrent jusqu'à la fin de sa vie. iWais treize ans avant sa mort, son ventre commença à s'enller ; on reconnut une tumeur quL augmenta insensiblement de volume jusqu'à la fin de ses jours , dont le terme fut à soixante-dix ans. Durant les douleurs qu'elle lui causa , il rendit en dillërenles fois par la vessie cinq ou six pintes de la même matière qu'on trouva dans son corps. — A l'ouverture du cadavre, ou vit dans le bas-venire une tumeur qui en occupait presque toute la capacité ; et ne laissait apercevoir qu'une portion du colon, qui était couchée sur cette masse eu forme de baudrier. On observa, sur cette tumeur, beaucoup de petits vaisseaux remplis de sang; on remarqua qu'elle était plus adhérente au côté gauche, qu'elle avait de ce même côté élevé sensiblement les côtes et le sternum, et avait repoussé du côté droit les intestins et la rate, laiiuelle se trouva couchée sur les vertèbres lombaires. Lorsqu'on ouvrit celle tumeur, il en sortit des matières différentes pour la couleur et la consistance. Les unes s'écoulaient jaunes , pleines de corpuscules glanduleux, parmi lesquels on trouva des calculs raboteux, de différente; hgures et de la grosseur du pouce: d'autres plus épaisses, visqueuses, de couleur verl-bnni et semblables à la lie d'huile d'olives; d'autres de couleur blincbàtre, et épaisses comme du miel ou de la colle fondue : au fond de la tumeur on trouva cinq à six livres de sang coagulé, dont une jiarlic approchait de la cousistarire de la chair; il y avait des calculs adhérents de tous côtés à la

rUAlTÉ

surface infprne de ce fond. Tontes ces humeurs u'avaiunt iiucunc odeur. La nieinbriinc qui les coiileriHit était en quelques eiidroils de répaisscur d'un travers de doigi ; en d'autres parties elle était plus mince, et dans quelques autres il y avait de la graisse qm faisait corps avec elle. Celte tumeur pesait soixanteliuit livres, sans compter l'humeur qui s'était écoulée en l'ouvrant : la seule poche membraneuse qu'elle formait, pesait neuf livres.

Après avoir examiné celte grosse masse, on reconnut que c'était le rein gauche qui était devenu de celte grandeur prodigieuse. Sa figure approchait de celle de l'ovale; sa plus grande circonférence était de quatre pieds huit pouces, et la plus petite de trois pieds dix pouces en la mesurant par le milieu. L'uretère sortait de la partie supérieure de la tumeur, se portait le long des vertèbres des lombes, et de là s'insérait dms la vessie. L'artère et la veine rénale avaient plus de volume qu'à l'ordinaire. Le rein droit a paru sain et s'être conservé dans l'état naturel.

Ce cas était moins illusoire que celui de la femme qui fait le sujet de l'observation précédente. Les douleurs des reins et d'autres accidents que ce malade a éprouvés, induisaient à ne point méconnaître le siège et la nature de la tumeur qu'il portait. Mais lorsqu'il n'y a ni vice des urines, ni symptômes qui accompagnent ordinairement les maladies des voies urinaires; il est facile d'être induit en erreur et d'attribuer à un organe voisein du rein la tumeur qu'il forme et où l'on sent une fluctuation de liquide. Tel était le cas cité ci-dessus d'une femme qui avait les deux reins dégénérés ; et surtout le droit, qui était Irès-luinéfié, celluleux et rempli de sérosités. Pendant toute sa maladie les urines se sont soutenues d'une bonne qualité et en quantité suffisante. Au reste, on ne peut obtenir la guérison de cette maladie ; et s'il est important do ne point se méprendre sur son siège, sur l'ori^nne qu'elle affecte, c'est principalement pour éviter les remèdes qui pourraient la faire dégénérer en un élat plus fâcheux , et pour ne s'attacher qu'à calmer les accidents.

JDes plaies des reins. — Les reins sont rarement blessés. Leur situation profonde, les parties qui les recouvrent, les empêchent d'être soumis à l'action des corps contondants autres que les armes ù feu. Il y a même peu d'exemples de

leurs plaies faites par des inslrumenls piquants et Iranclianls.

Les signes de ces lésions sont la silua-r tion et la direction de la plaie dans la région des reins, le pisscmenl de sang ou d'urines sanguinolenles , la rélentinn d'urine par du sans; amassé dans la vessie ou par des caillols qui bouchent l'arèire, la douleur fixe à la région lombaire, et qui s'élend à l'aine et au lestiticule du même côté. Si les gros vaisseaux ne sont pas ouverts, si la plaie a peu d'étendue et ne répond pas au bord interne du rein, si d'autres viscères voisins ne sont pas gravement percés, le blessé survit; il éprouve différents symptômes spasmodiques et inflammatoires qu'on combat par des remèdes généraux , il rend des urines purulentes, et peut guérir. -^Fallopc (/il>. de vuln. cap 12), Vallcrioia {Hb. 2, ob.i. 8), Dodonéui [Obs. med. cap. 32), citent des exemples de guérison de plaies à l'un des reins par des coups de poignard. Laraolte dit qu'un cavalier avait une plaie, faite avec une large épée, à la région des lombes. Elle traversait du cÔ!é droit au gauche, en biaisant, de sorte que l'entrée du côté droit était bien plus en arrière que la sortie. Le blessé élait très-faible, à cause du sang qu'il avait perdu; et il en rendit encore beaucoup par les urines, jusqu'au huitième jour : ce qui annonçait bien la lésion de l'un des reins. Après ce temps, la plaie, dont Lamotle avait agrandi l'entrée pour faciliter l'issue des sérosités, cessa d'en fournir; la suppuration devint louable, et le cavalier fut parfaitement guéri , en six semaines , d'une plaie aussi grave [Obscrv. 247).

D'autres observations ne prouveraient pas mieux qu'on peut quelquefois obtenir la guérison des rems. Celle que rapporte Ilaller, et qui concerne ua jeune homme blessé à l'un des reins, par une épée, et dont les urines furent d'abord chargées de beaucoup de sang, et ensuite niêlées de pus pendant trois mois, présente celte circonstance particulière, c'est qu'il ne s'est jamais plauit de douleur dans celle partie. Il a du sa Puérison à la sévérité de son régime, et à l'usage constant d'eau d'orge el d'amandes [Elem. PhysioL t. S, p. 230 et 588).

Les plaies faites par un instrument large comme un couteau, compliquées de lésion au foie, à la rate, aux intestins, et pénétrantes dans toute la subslantc du rein , sont dangereuses et mortelles , quand même il n'y aurait pas de

DES MALADIES DES

lésion aux gros v.iisseaux. — Morgaffiii rapiiorle qu'un tailleur, âgé de vingl ans, reçut un coup de couteau entre la ncuviiMiie cl la dixième côte du côte droit; le blessé ne tomba pas du coup. En le transportant à l liôpital, il vomit, il rendit involontairement ses excréments et son urine. Arrivé, il était froid, presque sans pouls, et si faible qu'à peine pouvait-il parler. Comme il sortait peu de sang de sa plaie, on l'agrandit, et il ne donna aucune marque de sensibilité. Une heure après §a blessure, il mourut, sans avoir eu , ni difficulté de respirer, ni crachement, ni vomissement de sani;. On ouvrit son cadavre. Le ventre n'était ni tuméfié ni icndu; la plaie pénétrait dans la partie inférieure de la poitrine, traversait la partie musculeuse du diaphragme, dans une poi lion du foie dans la longueur de deux travers de doigt, et le rein de devant , en arrière, près de sa partie supérieure ; elle perçait encore la portion du diaphragme située derrière le rein, et se terminait |U'ès de la douzième vertèbre dorsale , oii le tronc du nerf intercostal, un rameau de la veine azygos et les muscles qui l'avoisinent , étaient blessés.

Quoique tant de parties eussent été traversées d'un seul coup, aucun vaisseau majeur n'avait été ouvert. Mais, pendant le peu de temps que ce blessé survécut, il s'était écoulé, parles petits vaisseaux divisés, une quantité de sang ausîsi grande que celle qui pourrait sortir d'une plaie du tronc des vaisseaux cmulgenls, ou de la veine cave; car, après avoir soulevé les intestins dont la surface était L'gèreinent couverte de sang-, on trouva sous ces viscères, et surtout dans le bassin , environ vingt livres de sang' épanché , r[ui était encore liquide et presque Sans caillot ; et la vessie, iietile, revenue sur elle-uiûme , contenait peu d'urine , (|ui n'était jias cVisanglantée (De scdcb. Cjiisl. 53, arl. -iO).

L'héniorrhagie intérieure et excessive fut donc la cause de la mort prompte de ce tailleur ; et quand il n'y aurait point eu d'épanchement de sang, l'étendue et la profondeur de la plaie, le nombre et la nature des parties qu'elle intéressait , l'auraient rendue mortelle par d'autres accidents qu'elle aurait causés. L'ouverture du cadavre a été utile, en ce qu'elle a fait connaître , et la source de l'éjiancliement, qu'on aurait pu attribuer à la Irsion des gros vai.sseaux , et le trajet de la plaie, qu'on auriiit pu croire borné dans la poitrine, ou duus le foie, sans

VOIES cniNAIRES. O'à avoir intéressé le rein, — Mais loulcs les plaies du rein faites par un couteau ne sont pas mortelles; une observation de Forestus le démontre. Un jeune homme robuste, âgé de vingt ans, fut blessé d'un coup de couteau de table à la région lombaire du côté du rein droit. Il eut, pendant six jours , une rétention totale d'urine , qui parut dépendre du sang écoulé du rein dans la vessie. Un chirurgien, nommé Louis, le traitait. W'ayant pas'tle sonde pour donner issue à l'urine, et le voyant dans un mauvais état , quoique presque sans fièvre, mais avec grande douleur à la poitrine et à la vessie, qui était très tendue , il appela Forestus, qui prescrivit une boisson apéritive et une cataplasme émollient sur la région hypogaslrique. Peu de temps après, le blessé rendit plus de quatre congés d'urine sanguinolentP, avec quelques petits caillots de sang. On continua la même boisson, et il guérit de la rétention d'urine et delà plaie de rein [Oper. lib. 25, obseiv. 20).

Une chute sur les lombes , sur le bassin , les secousses répétées que les reins et la vessie peuvent éprouver en montant un cheval dont le trot est dur, occasionnent quelquefois des contre- coups dans ces viscères , dont les effets sont le pissement de sang, la colique néphrétique , etc. " Il y en a , dit Paré, qui, pour avoir esté trop long-temps à cheval, ont pissé le saiig : je le say par moi-même ; allant en poste au camp de Parpigiian , estant près de Lyon je pissais le sang tout pur. » [Lin. 17, ckap. 3 t.) — J'ai vu un homme qui n'était point habitué ù aller à cheval, et qui , ayant couru la poste pendant trois jours, ressentit des douleurs aiguës dans le ventre et princi|)aleuicnl dans la région des reins. Ses urines furent sanguinolentes, d'une char leur considérable, et en petite quantité. La fièvre et des symptômes d'inflammation me déterminèrent à lui tirer dix palettes de sang en ving-qualre heures. Ces saignées, des boissons émulsionnées, des lavements et le repos lui procurèrent un prompt soulagement. Dans la suite, il fut sujet à des accès de colique néphrétique, et rendit fréquemment des urines graveleuses; par l'usage de l'eau de lin avec du vin blanc, ces accès sont devenus rares, et ses urines d'une bonne qualité. — L'auteur du mémoire qui a obtenu le prix de l'Académie royale de chirurgie, sur les contre-coups dans les diverses parties du corps , rapporte qu'il a vu \\\\

homme nrînGrle sanrj presque pur, plusieurs jours lie suilc, pour Êlre tombé à califourchon , d'environ deux i)ieds de haut, sur une barre de l'er. Cel homme, qui jouissiiit, avant sa chute, d'une bonne sanlé, a été sujet depuis cet instant à des coliques néphrétiques et à une fréquence d'urine avec sortie habituelle de petits graviers. Puisfjue, dans le moment de la cUule, il a ressenti vers la ré[jiou lombaire une douleur ns;sez marquée, et que celte douleur y a subsisté depuis ce tcrapslà , on peut regarder les reins comme ceux des organes urinaires qui ont éprouvé plus vivement la commotion. — La cure de ces didérentes lésions consiste à remédier aux premiers accidents par les saignées, les boissons adoucissantes, la diète et le repos, et à donner issue aux urines, par la sonde, lorsqu'elles ne sortent point librement de la vessie , ou qu'elles y sont retenues : on cmploitTa ensuite les savonneux,, les balsamiques, ou d'autres remèdes, suivant la nature des symptômes.

Du mal de reins. — On nomme mal de reins, ou lombalgie, un genre d'affection douloureuse qui se fait sentir dans la région lombaire vers les reins. Ses causes sont des coups, des efforts en soulevant ou portant des fardeaux, eu fléchissant le tronc de côté; de longues courses ii cheval , ou dans une voilure rude ; la continence et la surabondunce du sperme; la masturbation, l'excès du coït, la grossesse, l'accouchement; une humeur rhumatismale , goulleuse, portée surles muscles du dos, sur les membranes des vertèbres, drs reins; la suppression du flux bémorrhoïdal , des flueurs blanches; la constipation opiniâtre; les affections du pancréas , du mésentère, des reins. — Le symptôme commun de ce mal est une douleur vive aux lombes, qui s'étend en l'orme de ceinture , avec courbure du tronc l't difliculté de le redresser : souvent la douleur occupe la partie postérieure du bassin et des cuisses. Mais ce qui la distingue de la néphrite et des afl'ections propres aux reins, c'est qu'ordinairement il n'y a ni coli(|ue rai douleur le long des uretères, à la vessie , à l'urètre , ni vices de l'excrétion des urines, ni rétraction des testicules , ni stupeur à l'aine ni à la cuisse (1^.

(\) Ce mal, qui est presque toujours ■^îlvangcr aux voies urinaires, porto lo nom de lumbncjo quand il a pour cause

La connaissance des causes du mal de reins doit en régler le traitement. S'il dépend d'une chute sur le dos, d'un effort, d'une distension violente des muscles moteurs du tronc, ou de la divulsion des ligaments vertébraux, on fera, sur les lombes, des embrocations de baume tranquille et d'eau-de-vic ; ou saignera, suivant l'état du pouls ot des douleurs ; on prescrira ries boissons adoucissantes , des lavements émoUients et narcotiques, et le repos ])arfait. J 'ai vu une dame qui, ramassant une épingle à terre, se donna un elTort dins la région lombaire, suivi d'une douleur aiguë, et plus forte dans les mouvemeuls du tronc. Elle fut obligée de rester couchée pendant huit jours; elle ne pouvait faire aucun effort de respiration, ni se tourner sur le côté, sans ressentir une vive douleur aux lombes : elle a guéri par le rejios. Ceux qui ne sont pas accoutumés à l'exercice du cheval, et qui font de longues courses, éprouvent quelquefois des maux de reins plus vifs le lendemain que le jour même de l'équitation ; il leur suflit, ordinairement, de garder le lit quelque temps. Si les douleurs subsistent, on les saignera et on donnera des boissons d'eau de poulet, de petit lait, etc., — Les personnes sujettes à de fré'quentes émissions de spei'iue, qui, observant ensuite une continence rin^oureuse, ont une surabondance de cette humeur, éprouvent un engourdis>ement , une pesanteur trèsincoDunode dans la région des reius, et ne sont soulagés que par l'éjar.ulation.

Les maux de reins que ressentent ceux qui se livrent avec trop d'ar.leur aux plaisirs de l'amour, surtout étant debout, deviennent d'autant plus fâcheux qu'un avançant en âge les extrémités inférieures s'iiffaiblissent (IJ, s'atrophient, et ((u'il survient aux genoux des douleurs violentes, semblablesà cellesde la goutte. On peut seuleuient calmer ces maux. — La masturbation rend les maux de reins plus compliqués. J'ai connu des écoliers qui, par cet acte trop répété, sont devenus bossus, ont eu l'épine courbée, avec carie des vertèbres, et sont morts.

immédiate le rluimalisnie des muscles des lombes. S.

(1) .l'ai vu h l'hôpital do la Charité , dans les salles de M. Fouquier, un courrier deveiui paraplégique sous l'influeucc do colle cause, je "veux parler du co'it exercé debout. î>-

DES MALADIES DE

D'aiilres ont eu des acciilcnls moins graves , iloiit ils onl Guéi i , '""is n"' i^"' iifliiibli leur consliliition , et dont ils se sont'rcsicnlis, de temps en Icnips, dans le cours de leur vie. Il y en tnt un, ngc lie seize ans , ([ui fui si incommodé d'un in.il de reins i.endant dix hnil jours, .|u'il ne put dormir ni redresser le Ironc. 11 se iilaiGnait d'une douleur vive, avec clialcur violt'iile dans les lombes; les urines reslaienl rouges, ardentes , briquetées, cl son -ventre constipé, malgré les différentes buissons et les lavements qu'on lui donnai!. Comme il ne recevait aucun soulagement des remèdes qu'il prenait, on lui dnnna un lavement d'eau à la glace. 11 en éprouva de si bons eficls, que SCS douleurs se calmèrent, et qu'il dormit toute la nuit : on en continua l'usage pendant quelques jours ; et, à l'aide d'un régime convenable , il guérit. Il a souvent ressenti nue chaleur brûlante dans la région des reins , et il n'y remédiait que par des lavements d'eau froide ■. enfin , pour prévenir la fréquence des accès, il fut obligé de coucher sur un sommier de crin, et de prendre des bains froids qui réussirent.

L'humeur rLunialisniale qui se jette sur les musles des lombes , est une cause fréquente du mal de reins dans les adultes et les vieillards sujets aux rhumatismes des membres. La douleur autour des reins est quelquefois très-violente; elle s'étend le long du bassin et de la cuisse; elle empêche de se redresser quand on est courbé ou assis', ou de changer la position qu'on a prise ; elle force quelquefois à rester love ou assis et à avoir le corps couibé. Si l'Iiunieur rhumatismale se porte sur les reins et les voies urinaires , les douleurs sont plus aifçuës, plus intérieures, s'étendent dans le bassin à la vessie , et sont avec fièvre, altération des urines et vices de leur excrétion. Dans les deux cas , les boissons délayantes et légèrement diaphoréliques sont inili(]uées comme pour le rhumatisme ; mais la nature des accidents déterminera de recourir à la saignée, aux bains de vajieurs, à l'a[)plicalion du moxa, des ventouses, suivant la force du pouls, l'âge et la constitution du malade, à l'usage des eaux de Barrèges , etc. (1).

(t) Les bains, les douches, et même la boisson des eaux de Barréges ou de celles de Bourbonnc onl souvent réussi pourguérirJes rhumatismes anciens, opiniâtres,

VOIES UnlNAIRES. Ol

L'humeur de goutte peut produire les mômes accidents. Elle se fixe principale-

fixôs dans la région des lombçs, du bassin cl des extrémités inférieures. On peut obtenir le même succès en employant des eaux artificielles de la même nature , au moyen du gaz liydrogêne sulfuré. Nous en avons vu d'heureux effets celle année à l'iiospice du Collège de chirurgie pour un liomme de trente ans , qui depuis plusieurs années était fort incommodé de maux de reins et de rhumatisme scialique. 11 ne pouvait n'arcliir ni môme se tenir debout qu'à l'aide de béquilles. Il soufi'raitrbeaucoup, et principalement la nuit. Il dormait très-peu cl seulemcnl le matin. Son pouls était fréquent , petit el dur. Ses urines, rouges, glaii'cuses, déposaient un sable fin el d'une couleur rose. Comme il avait pris avec succès, à Bourbonne, les bains et les douches, je préférai lui faire prendre clo ces eaux artificielles , plutôt que de lui appliquer le moxa ou des ventouses. En conséquence, je priai M. Vauquelin de disposer à l'iiospico un appareil convenable pour remplir ce Lut. — Cet appareil est composé : 1" d'un ballon de verre rempli à son tiers de sulfure de potasse el fermé par un bouchon de liège qui a deux ouvertures séparées pour recevoir chacune un tube ; 2° de deux tubes dont l'un recourbé en S, bien plus élevé que la baignoire et terminé supérieurement par une espèce d'entonnoir, contient de l'acide murialique affaibli ou Irès-élendu d'eau : l'autre tube est recourbé deux fois à angle droit dans le même sens; une de ses extrémités plonge dans le ballon avec celle du lubo en S, et l'autre au fond du bain où elle doit porter le gaz. Ou applique sur le bouchon rlu ballon , où sont adaptés ces tubes, du lut gras pour empêcher toute évaporalion extérieure.

On met ce ballon sur un bain de sable et celui-ci sur un réchaud de feu. On verse dans le tube recourbé en S de l'acide murialique. La quantité de cet acide doit être telle qu'il en passe suffisamment dans le ballon pour que le sulfure de potasse soit un peu liquide et qu'il en reste dans le tube une portion suffisante pour équilibrer avec le poids de la colonne de l'eau el du bain. Le bal- Ion s'échaulfe graduellement jusqu'à ce que la liqueur bouille; et on la laisse bouillir environ une heure ou plus de temps , suivant la masse d'eau qu'on veut saturer du gaz. Pendant cette ébullition, l'eau qui est dans l'acide murialique éprouve une décomposition : un

TRAITÉ

ment sur les membranes des vertèbres lombaires , et y cause des concrétions terreuses , friables et semblables à la craie , au tuf. Comme la douleur qu'elle occa-

de ses principes, l'oxj'gène , se fixe dans le soulre pour former de l'acide suifurique qui s'unil ensuile avec la potasse; l'hydrogène , autre principe de l'eau , devenu libre par la séparation de l'oxygène, dissout une portion de soufre qui n'est pasencore combinée avec l'oxygène, absorbe une certaine quanlilé de calorique cl se dégage sons la forme de gaz qui est du gaz hydrogène sulfuré. Ce gaz est porté par le tube recourbé à angle droit dans l'eau du bain, laquelle a de l'atlraction pour lui et le dissout. Mais, comme la différente pesanteur de l'eau et de ce gaz force celui-ci de monter rapidement à la surface du bain , et qu'il V a toujours une certaine quanlilé de ce gaz qui échappe à l'action de l'eau, on met dans le bain , vers l'extrémité du lube , une cloche remplie d'eau pour recevoir la portion du gaz qui pourrait se volatiliser dans l'almosplièrc. On agite l'eau delà cloche pour dissoudre le gaz, qui se porte à son sommet, et on la mêle avec celle du bain. Par ces précautions le bain est plus promptement saturé de gaz, on ne perd point de ce fluide, on éviie la mauvaise odeur qu'il répand , et on ne gâte point l'argenterie, qu'il noircit. Le malade dont j'ai parlé ci-dessus a remarqué que l'eau saturée de ce gaz était la même pour l'odeur et le goût que celle de Bourbonne. Dès le quatrième jour de l'usage des bains, des douches et de la boisson de celte eau, il a éprouvé un grand soulagement : il a pu marcher sans béquilles, ses douleurs ont été moins vives; il a repris des forces, du sommeil , et dans l'espace de cinq semaines il a recouvré la santé. J'ai employé ces mêmes eaux avec beaucoup d'avantage pour les engorgements froids et peu anciens des articulations. Une fille de seize ans a été reçue au même hospice en 1790 pour une tuméfaction lymphatique au genou du côté droit : elle ne pouvait marcher ni se soutenir qu'avec des béquilles. Elle ressentait desdouleurs vives dans celle articulaliou lorsqu on la f lisait mouvoir. Après avoir tenté sans fruit le repos absolu , les fomentations émollienles , puis alcalines , je lui ai fait prendre plusieurs bains et des douches ît'cau saturée de gaz hydrogène sulluré. On a vu en peu de temps les bons ellels de ce remède : au bout d'un mois celle Ulle est sortie gu<iric de l'hospice

sionne est profonde vers les reins, elle peut l'aire croire que le mal siège dans ces viscères et dépend d'un calcul rénal. Maison distingue la lombalrîie (foutteuse, parce qu'elle n'affecte que les goutleui , surtout lorsque les douleurs des extrémités ont disparu, et parce qu'elle cesse quand ces douleurs y reviennent.

On sera moins exposé à l'erreur si elle se fixe sur les muscles du dos, ou se porte du côté du sacrum. On la combat par les remèdes de la goutte. — Le mal de reins causé par la trop grande affluence du sang dans les vaisseaux de la région lombaire, à la suite de la suppression des règles ou du flux hémorrlioïdal, se fait sentir principalement dans le temps oii ces écoulements auraient dû paraître. Il est accomfiagné de touà les symptômes de la pléthore avee douleurs gravalives aux lombes, et qui augmentent quand on reste ail lit. L'application des sangsues à la vulve ou à l'anus, est le principal moyen curatif. On la réitère, si ces ilux ne se rétablissent point et si les douleurs subsistent. — La constipation opiniâtre, qui cause le mal de reins avec chaleur à la tête, se dissipe par les lavements purgatifs , et par l'usage des remèdes qui facilitent l'écoulement de la bile. —Nous ne traiterons point des autres causes du mal de reins. Il est souvent le symptôme des maladies fébriles et inflammatoires : dans là petite-vérole et la fièvre miliaire , il précède l'éruption ; d'autres fois il dépend de la lésion de quel(|ue viscère voisin des lombes, comme du foie, de la rate. Thomas Barlliolin a trouvé un abcès dans le pancréas d'un homme quis'clait plaint de douleurs au dos et aux lombes. Un sujet qui avait été affecté de lombalgie avait le pancréas squirrheux ; dans un autre sujet on trouva un abcès au mésentère. Les scorbutiques ont souvent des reins qui augmentent après le plus léger exercice et pendant la nuit. Il est donc important de discerner le mal de reins qui n'est qu'un symptôme d'une maladie principale, afin de n'employer que les remèdes propres à la coinhaltrc.

Du s/iasme ci de l'atonie des reins.— Les reins jouissent d'une force tonique ou vitale par laquelle ils sont susceptibles d'affections spasmodiques qui peuvent altérer, diminuer et supprimer la sécrétion de l'urine. Les femmes hystériques, hypochondriaques, les goutteux, les cal- Ctileux, sont sujets ;» cette maladie, dont l'invasion est ordinairement subite et (|ui cesse quelquefois tout à coui). Les symp-

DES MALADIES DE

Jômes qui In ("o"' connaître, sont une douleur plus ou moins vive dans la région des reins, la petilcs,e et la dureté du pouls, le Irembiemciit et l'horripilation du corps, le froid des c\lrémilés, la fréquence des envies d'uriner, l'urine limpide, séreuse, et en petite quantité ; quelquefois le vomissement, avec de grands elTorls, de matières glaireuses et bilieuses ; enfin la diminution et la suppression de l'excrélion de l'urine, parce que sa sécrétion est interrompue. L'accès du spasme peut durer trois, quatre jours, et même plus long-temps, sans suite plus fâcheuses, sans qu'il survienne ni inflammation, ni suppuration des reins, ni complication de maladie dans les parties voisines.

J'ai donné des soins à une femme trèsirritable, sujette à des palpitations de cœur, et à des mouvements convulsifs, dès qu'elle avait quelque peine d'esprit. Elle éprouvait quelquefois en même temps un spasme dans les reins, qui supprimaille cours de l'urine pendant quatre ou cinq jours : vers la fin de l'accès elle rendait d'abord une cuillerée d'urine rouge, ardente; puis la quantité de ce liquide augmentait, et sa couleur devenait jaunâtre. L'expérience a appris que chez celle femme la saignée prolongeait l'accès et rendait les convulsions plus fortes. Les bains ffoids, l'eau gommée, légèrement nitréc et aromatisée d'eau de fleurs d'oranger, ont paru plus efficiices que tous les autres moyens. — Le trailement du spasme des reins , quoique subordonné à la connaissance de ses causes, de ses complications et de la constitution des malades, consisteh employer les remèdes propi'es à eainicr la douleur et h entretenir le Cours de l'urine. La saignée est le secours le plus salutaire, surtout dans les sujets pléthoriques.

.Aprts en avoir fait une ou deux au bras, on doit préférer l'application des sangsues à l'anus , soit qu'il y ait ou qu'il n'y ait point d'Lémorrhoïdes. Un homme âs^é de cinquante ans, hypochondriaque, qui n'avait jamais rendu de graviers, t'essenlait depuis plusieurs années, vers le printemps et l'automne, des douleurs assez fortes dans les reins polir être obligé de garder le lit. Quoiqu'il biit beaucoup de petit-lait coupé avec une décoction de queues de cerisi s , il rendait peu d'urine. Son pouls était petit et seiré. Quand l'accès était violent, on le saignait du 'iras, on le mettait dans le bain ; s'il n'é- ':«it pas soulagé, on lui npplirj^uuit des

sangsues à l'anus, et les douleurs cessaient. Mais dans un abcès subséquent, les saignées n'ayant point Cu le même succès, je lui mis douze sangsues à la région des lombes, et il guérit. Depuis ce temps, il a été moins sujet au spasme des reins. 11 a voyagé en Allemagne, où on lui a appliqué avec le même avantage les ventouses sur la région des lombes. — Cette maladie e\ige aussi l'usage de l'opium ou de ses préparations; et l'on doit insister sur les bains et les boissons mucilagineuses, autant que les forces du malade le permettent. Après l'accès, l'urine est abondante en raison du relâchement des vaisseaux urinaires qui succède au spasme des reins. — L'atonie des reins consiste dans l'inertie, la faiblesse ou le relâchement de leurs vaisseaux, soit j)ar un vice d'organisation, soit accidentellement par l'abus des boissons aqueuses, des diurétiques, ou à la suite de la rétention de l'urine dans la vessie, dans les uretères, et lorsque cette humeur est arrêtée dans les conduits rénaux et les distend excessivement. Eli perdant leur force vitale, la substance de ces viscères devient molle et fl;isque ; leur fonction ou la sécrétion de l'urine n'a plus la même énergie: elle rend vicieuse la quantité et la qualité de cette humeur; elle donne lieu à la ttialadie connue sous le nom de diabètes, dont nous avons parlé précédemment.

De l'injlainmation des reins, — La néphrite ou l'iiiflamniation des reins se distingue en idiopathique et en calculeuse. Celle-ci est la plu-s fréquente.

Nous en traiterons en parlant des calculs des reins. Nous considérerons ici Tinfladamation idiopathique des reins comme une affection distincte ou produite par une toutaulrecause que lecalcul. — Cette inflammation peut seulement affecter la membrane extérieure du rein , ou commencer dans la substance de cet organe, et porter ses progrès \\\x côté des bassinets, ou en dehors, dans le tissu adipeux des loiïibes. Elle peut être occasionriée par toutes les causes qui produisent line fièvre inflammatoire. Quelquefois elle survient après des coups à la région lombaire, après des courses violentes cl continues à cheval, surtout dans un temps chaud; d'autres fois après l'usage de diui étiques très-actifs, comme l'esprit de léiébeuthine , la teinture de caniharides. Elle petet ttui^si venir d'une humeur rhumatismale , goutteuse , psoriquc , dar- Ircusc, répeiculéc, ou porléê sur les

reins; de pierres qui se Irouvcnl dans la vessie, où elles cuuscnl une irriliilion qui se coinmuni(|ne à l'un des reins ou à tous les deux.

Elle conunencc, comme les autres inflaminalions internes, par la fièvre, qui est tantôt forte et ardente, tantôt médiocre, mais avec dureté dans le pouls. Le malade sent, dans la région de l'un des deux reins ou des deux à U fais, nne douleur vive avec élaneement et ehaleur brillante. Cette douleur n'est point aussi poignante que dans l'inOammation calculeuse, et ne s'étend pas d'une manière aussi marquée le loni}' de l'uretère et vers l'aine; elle n'est aecompaijnée ni de rétraction des testicules, ni de stupeur à la cuisse ; enfui elle n'augmente point dans les mouvements du Ironc autant que celle qui dépend d'une affection rliumutismale dés muscles des lombes et du bassin. A ces symptômes se joignent la soif, les anxiétés, l'insomnie, les coliques intestinales, quelquefois la constipation , les nausées et le vomissement. Les urines, quirsont d'abord d'uu rouge foncé, deviennent limpides, décolorées , dans l'effervescence de la maladie; on a des envies fréquentes d'uriner, et l'on rend peu d'urine: quelquefois elles ne sont point filtrées cl se su[)priinenl quand l'infl.mimation se communique à l'autre rein. — • La néphrite idiopalliique se termine,comme les autres inflammations, parla résolution , la suppuration ou la gangrène ; et l'on juge, par ses symptômes consécutifs, qu'elle prend l'une de ces terminaisons. — La résolution étant l'issue la plus avantageuse, ou doit employer les moyens les plus propres à l'obtenir: tels que les procédés généraux du traitement antiplilogistique. La saignée est toujours nécessaire dans les commencements ; et il faut la réitérer deux, trois ou quatre fois dans les vingt -quatre heures, quand le malade est sanguin : on peut ensuite app^quer les sangsues à l'anus, si les douleurs subsistent, et surtout s'il y a des hémorrhoïdes ; févacualion de sang qu'elles procurent soulage promptement. On appliquera sur les lombes et sur le ventre des flanelles trempées dans une décoction émolliente très-chaude, et qu'on aura soin de bien exprimer; on les renouvellera toutes les trois heures, ou bien on mettra, auprès des lombes, des vessies pleines de lait (1).

(1) Est-il nécessaire de faire remar-

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