‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 101 sur 226 · AMIENS — AMIS DE DIEU · texte numérisé non relu

AMIENS — AMIS DE DIEU

d'après TUlemont, en 287 {A A. SS., 25 sept., VU). L'histoire de ce saint évéque orne le chœur de la splendide cathédrale gothique^ dédiée à Notre-Dame, qui fut réédifiée de 1220 à 1288 par Robert de Luzarches sous révéque Evrard de Fouilloy et ses successeurs. Los tours datent de 4366. — Gallia^ X ; Daire, Hist. de la ville et du dioc. d'Amiens^ 1757, 2 vol. in-4o; Corblet, Hagiogr. du dioc, d'Amiens, 1869-76, 5 vol.

AMIS DE DIEU. Le terme d'Amis de Dieu se rencontre fréquemment dans des traités mystiques do la seconde moitié du quatorzième siècle, appartenant à TAlsace, à la Suisse, à TAllemagne méridionale. Tauler, Suso et d'autres entendent par là des personnes qui, troublées par la confusion ecclésiastique et politique du temps, et par les calamités qui frappaient les peuples, cherchaient la paix de l'àme dans un complet abandon à Dieu ; ceux qui se consolaient ainsi par une soumission sans réserve à la volonté divine, s'appelaient Amis de Dieu on s'appliquant les paroles du Seigneur à ses disciples (Jean XV, 15). Il y on avait dar.s des couvents et dans dos béguinages ; on en trouvait parmi les nobles, les bourgeois, les paysans. Çà et là ils se réunissaient pour former des associations qui entraient on rapport les unes avec les autres; des prêtres et des moines y onlretenaient la vie pieuse, soit on y prêchant, soit en y communiquant dos traités en langue x-ulgairo. Dans quelques documents du moyen i\ge le même nom d'Amis de Dieu est aussi donné aux Vaudois. Dans un sons plus spécial il sorvail à désigner une société plus ou moins secrète qui, sans se séparer do l'Eglise pour devenir sectaire, s'était proposé le rélablissomont de l'union dos hommes avec Dieu, par la propagation dos doctrines du myslicismo. A sa tète était un laïque, qui, dans les documents contemporains, n est qualifié que de <S grand Ami de Dieu dans VOôerland, » et qui très-probablomonl s'est appelé Nicolas de Bàle. Son histoire, telle qu'on la connaît surtout par ses jHTopres écrits, est môlée d'éléments fantastiques, dont il n'est pas toujours facile de dégager la réalité. Il suffit ici do dire que ce qui caractérisait cet homme extraordinaire , c'était un désir enthousiaste do communication immédiate avec Dieu, une foi sans réserve aux visions et aux rêves, une confusion inconsciente do ce qui se passai! dans son âme avec des faits extérieurs, une grande austérité morale, un ardent amour des hommes. Pour devenir Ami do Dieu, il fallait selon lui, moins le renoncement aux choses terrestres, que le renoncement à la volonté personnelle; toutes choses ne doivent être contemplées qu'en Dieu, en elles-mêmes, elles sont indifférentes, mais vues on Dieu elles son! bonnes; la souffrance même est une grâce, et, non-soulomont colle du corps, mais aussi celle de l'àme; le véritable Ami do Dieu no fait pas d efforts pour résister aux tentations du doute, pas même à colles de la concupiscence, il les accepte comme des grâces passives, il se souvent fe saint Paul, auquel Jésus-Christ a dit : « Ma grâce te suffit, car ma ? vertu manifeste sa force dans l'infirmité » (2 Cor. Xll, 9). Nicolas de Bàle acceptait le catholicisme, avec ses formes et ses dogmes; il ne s'éloignait de la coutume générale qu'en demandant une communion très-fréquente pour les laïques. Il voulait que les Amis de Dieu ne s'isolassent P^du monde, ils devaient se dévouer à la conversion de leurs contem-

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