‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 102 sur 226 · AMIS DE DIEU · texte numérisé non relu

AMIS DE DIEU

porains, et cette mission n'était pas seulement celle des prêtres, elle appartenait aussi aux laïques illuminés. Plein de ces idées, Nicolas s'associa de bonne heure à quatre compagnons. Pendant quelque temps il vécut à Bàle ; de là il se rendit à Strasbourg, où il gagna le dominicain Tauler et -ie négociant Rulmann Merswin, qui le prirent pour V directeur à la place de Dieu. » Il engagea Merswin à faire Tacquisition d'un couvent abandonné et à le céder à Tordre de Saint-Jean, avec les membres duquel il resta en correspondance. En 1356, après le tremblement de terre qui ravagea Bàle, il écrivit un appel aux chrétiens pour les exhortera la pénitence; il l'envoya à Tauler, qu'il revint visiter dans Isa dernière maladie. En 1367 il se retira avec ses compagnons sur une montagne, non loin d'une ville. En réunissant les diverses données qu'on trouve sur cette émigration, nous sommes arrivé à la conclusion que la ville était Lucerne et la montagne le groupe du Pilate. Un savant allemand, M. Preger, de Munich, croit que c'est plutôt en Alsace, dans les Vosges, qu'il faut chercher la retraite des Amis de Dieu. Notre supposition, au contraire, vient d'être confirmée par les recherches d'un historien suisse, M. Lùtolf, de Lucerne. En 1377, Grégoire IX étant* revenu d'Avignon à Rome, Nicolas et un de ses compagnons se rendirent auprès de lui pour lui faire des représentations sur l'état de la chrétienté; d'abord il se méfia d'eux, mais finit par les écouter, et les renvoya avec des privilèges pour leur établissement. Quand éclata le schisme, ils se réunirent, en mars 1379, sur une montagne près d'une chapelle taillée dans le roc ; ils auraient voulu partir pour prêcher, mais Nicolas raconte qu'ils reçurent de la Trinité l'ordre d'attendre encore un an. Après cette année ils se retrouvèrent au même endroit, cett« fois au nombre de treize ; il y avait parmi eux des frères venus de Hongrie et d'Italie. Nicolas écrit au commandeur de la maison de Saint-Jean, de Strasbourg, que j^r une lettre tombée du ciel ils avaientappris que Dieu donnait au monde encore trois ans de répit, que, si dans cet intervalle les hommes ne se convertissaient pas, la colère divine éclaterait sur eux et qu'alors les Amis de Dieu devaient se disperser « aux cinq coins du monde. » Après ce délai de trois ans, en 138*2, on perd leurs traces; on peut admettre qu'ils exécutèrent ce qu'ils croyaient être l'ordre de Dieu, ils partirent pour prêcher la repentance. D'après le dominicain Nider, Nicolas de Bàle et deux de ses compagnons furent brûlés à Vienne en Autriche; eu 1393 le bénédictin Martin deMayence, de l'abbaye de Reichenau, eut le même sort à Cologne pour s'être soumis à Nicolas de Bâle ; peu auparavant d'autres Amis de Dieu avaient été condamnés à Heidelberg. Gomme les écrits du « grand Ami de Dieu dans ïOberland» ne renferment rien de décidément hérétique , on a pensé qu'il ne convient pas de Tidentifier avec Nicolas de Bâle. Nous ne tenons pas à notre opinion, nous sommes prêt à la modifier dès qu'on nous fournira des raisons suffisantes; mais comme au moyen âge il ne fallait pas beaucoup pour être livré à l'inquisition, nous continuons de croire que TAmi de Dieu \isionnaire, prédicateur enthousiaste de la pénitence, et au surplus laïque, a pu être pris pour un beghard et qu'il a bien été e Nicolas brûlé à Vienne. Après la mort de Rulmann Merswin, les

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