AMIS DE DIEU — AMIS DES LUMIERES
johanniies de Strasbourg firent des tentatives pour trouver la retraite des Amis de Dieu; ils ne la cherchèrent pas en Alsace, mais en Suisse, et toujours en vain. L*existence de cette association est un des faits les plus curieux du quatorzième siècle; elle avait des ramifications en Lorraine, en Hongrie, en Italie ; le chef exerçait une influence considérable sur des chevaliers, des moines, des religieuses, et même sur des personnes qui ne l'avaient jamais vu; le commandeur de la maison de SaintJean, de Strasbourg, et le maître de Tordre en Allemagne, qui ne savaient pas môme son nom, ne décidaient rien sans le consulter par rintermédiaire de Merswin. — Voyez Nicolaus von Basel, Leben und ausgewxhlie Schrifteriy von C. Schmidt, Wien, 1866. Ch. Schmidt.
AMIS DES LUMIÈRES [Lichtfreunde), Ce ne fut d'abord qu'une appellation railleuse de leurs adversaires ; eux-mêmes se nommèrent « Amis protestants, » « Ck)mmunautés libres » [Frète Gemeinden)^ lorsqu'ils se furent constitués en associations distinctes. Leur mouvement proprement dit éclata en 1841, mais ne fut que la continuation de la lutte entre l'orthodoxie luthérienne et le vieux rationalisme. Il eut pour principal foyer la province de Saxe et s'étendit à Touest sur les duchés d^Anhalty le Hanovre, Télectorat et le landgraviat de Hesse, à l'est sur le royaume de Saxe, le Brandebourg, la province de Pi*usse, la Silésie. Un fait insignifiant détermina une explosion depuis longtemps prévue. Parmi les tableaux exposés pendant le printemps de 1841, à Magdebourg s*en trouvait un qui représentait une famille de cultivateurs agenouillés dans une foret devant le crucifix. Un pasteur d'Halberstadt qui appartenait à la tendance rationaliste, Sintenis, en prit occasion pour s'élever contre une pratique idolâtre; il fut sévèrement réprimandé, menacé même de destitution par le surintendant de la province, l'évéque Drsesecke. Plusieurs de ses collègues se prononcèrent en sa faveur et tinrent une série de réunions qui furent fréquentées par un nombre toujours croissant d'auditeurs (Gnadau,29 juin 1811; Halle, Magdebourg, automne 1841; Leipzig, Kœthen, 1842); elles durent être convoquées en plein air lorsqu'il atteignit plusieurs centaines. Parmi les principaux chefs dii mouvement, il convient de citer outre Sintenis, d'Halberstadt, Uhlich, de Magdebourg; Fischer, de Leipzig; Kœnig, d'Anderbeck; Baltzer, de Nordhausen ; Wislicenus, Niemeyer, Francke, Duncker, Eberty, de Halle. Leur valeur morale l'emportait de beaucoup sur leurs capacités intellectuelles ; c'étaient pour la plupart de dignes pasteurs , des hommes convaincus et dévoués qui auraient désiré une évolution libérale au sein de l'Eglise protestante, mais qui manquaient de clarté et de rigueur dans les idées, de culture scientifique. La piété et le désintéressement d'Uhlich n'ont été mis en doute par aucun historien impartial. La partie négative de leur œuvre coûta moins de peine aux Amis protestants que la partie positive. Ils tombèrent aisément d'accord pour dépouiller de toute autorité religieuse les articles des livres symboliques qui leur paraissaient contraires à l'Ecriture librement interprétée et à la saine raison, pour supprimer dans l'Agende tous les rites qui leur semblaietit entachés de superstition. Par contre, sur tous les points importants de la dogmatique, leurs idées demeurèrent